Anna Akhmatova – L’histoire d’une vie

 Andreïevna Gorenko, dite) –  (1889-1966)

 Jeunesse

English: Ballets Russes, scene from Apollon mu...

English: Ballets Russes, scene from Apollon musagète. (Photo credit: Wikipedia)

Issue d’un milieu aisé, elle passa son enfance à Tsarskoïe Selo, alors lieu de résidence de l’aristocratie, et où elle fit ses études. Elle s’inscrivit à la faculté de droit de Kiev, puis en lettres à l’université de saint-Pétersbourg. En 1903,  elle rencontra le poète Goumiliov, qu’elle épousa en 1910 et dont elle aura un fils Lev.

 Voyage en Europe

Voyageant en Europe avec lui, elle découvrit Paris et rencontra Modigliani, qui fit plusieurs portraits d’elle. Elle assista à Paris au succès des Ballets Russes.

 Oeuvre

Ses premiers poèmes parurent en 1907. En 1911, elle rejoignit la Guilde des poètes. avec Goumiliov et Mandelstam. Égérie des acméistes, surnommée la « reine de la Neva » ou « l’Âme de l’Âge d’Argent », en 1912, elle publia Soir, suivi deux ans plus tard par Le Rosaire (1914), recueil de poésies au lyrisme intense et d’une grande rigueur d’écriture.File:Osip Mandelstam Russian writer.jpg

L’acméisme consistait à retourner à la simplicité et la concision dans la langue.

« Il m’a dit : «Je suis un ami fidèle!»
Et il effleura ma robe.
Combien ressemble peu à une étreinte
Le frôlement de ces mains-là. » Soir extrait

           Ossip Mandelstam

Ses thèmes de prédilection sont « le temps qui passe, les souvenirs, le destin de la femme créatrice et les difficultés pour vivre et pour écrire dans l’ombre du stalinisme. »[1]

Le succès fut immédiat : Akhmatova devint une des figures incontournables de la poésie russe.

En 1917, elle publia son troisième recueil, Volée blanche. Comprenant mal la Révolution, elle refusa néanmoins d’émigrer et publia Plantain en 1921. Dans ses poèmes, s’expriment à la fois le sentiment tragique de la fin d’un monde mais la confiance dans les possibilités de la nouvelle Russie.

 Ses premières œuvres décrivent habituellement un homme et une femme impliqués dans les moments les plus intenses et les plus ambigus de leurs rapports.[2] Elle fut largement imitée . D’ailleurs l’article de Wikipédia mentionne le fait qu’elle aurait été imitée par Wladimir Nabokov lui-même qui méprisait si fort les écrivains femmes .

             Cette même année, son ex-mari (elle avait divorcé en 1918)), fut fusillé à cause de ses convictions monarchistes. Elle épousa par la suite l’orientaliste V. Chileïko et publia en 1922 Anno Domini MCMXXI qui contribua à assurer sa renommée

.            Elle assista aux malheurs de ses amis tel Mandelstam, et raconta les horreurs du régime stalinien dans Requiem, paru à Munich en 1963.

« Au cours des années terribles du règne de Iéjov, j’ai passé dix-sept mois à faire la queue devant les prisons de Leningrad. Une fois, quelqu’un m’a pour ainsi dire ‘reconnue’. Ce jour-là, une femme qui attendait derrière moi, une femme aux lèvres bleuies qui n’avait bien sûr jamais entendu mon nom, a soudain émergé de cette torpeur dont nous étions tous la proie et m’a demandé à l’oreille (là-bas, tout le monde parlait à voix basse) :

         Et ça, vous pouvez le décrire ?

         Je lui ai répondu :

         -Je peux.

         Alors un semblant de sourire a effleuré ce qui avait été autrefois son visage. »[3]

Lev Goumilev , son fils, deviendra un des plus importants historiens russes, initiateur du « néo-eurasisme ». Il fut déporté en 1934 ainsi que son troisième mari, l’historien d’art N. Pounine avec lequel elle vit jusqu’en 1938.

Pour survivre, Akhmatov fit des traductions, écrivit un essai sur Pouchkine dont certains passages furent publiés.

Réduite au silence par le régime de 1923 à 1940, elle fut autorisée néanmoins à publier une anthologie de ses poèmes, suivie des vers du recueil Roseau.

En 1941, lors du siège de Leningrad, elle soutint cette ville dont elle chanta l’héroïsme : Le serment fut placardé sur les murs de la ville

. Refoulée sur Tachlkent, elle porta secours aux blessés et ne rentra à Leningrad qu’en 1944.

 La disgrâce

En 1946, elle fut expulsée de l’union des écrivains pour « érotisme, mysticisme et indifférence politique ». En 1958, parut la somme de ses poèmes. A peine sortis des presses, ses livres s’arrachèrent en quelques heures. Elle fit publier ses deux chefs-d’œuvre : Le poème sans héros à New York en 1962, et le requiem à Munich en 1963. Ce dernier ne sera publié en Russie qu’en 1980.

 La réhabilitation

 Kroutchev en fut l’initiateur puisqu’il lui permit de revoir son fils Lev.

Robert Frost, Dartmouth 1896.

Robert Frost, Dartmouth 1896. (Photo credit: Wikipedia)

Quand le poète Robert Frost lui rend visite en 1962, elle écrit : « J’ai tout eu : la pauvreté, les voies vers les prisons, la peur, les poèmes seulement retenus par cœur, et les poèmes brûlés. Et l’humiliation, et la peine. Et vous ne savez rien à ce sujet et ne pourriez pas le comprendre si je vous le racontais… ».

En 1964, elle fut élue présidente de l’Union des écrivains. Sa nomination de docteur Honoris Causa de l’Université d’Oxford en 1965 lui permit de sortir d’URSS. A son retour, elle mourut d’une crise cardiaque.[4]


[1] wikipedia

[2] idem

[3] Anna Akhmatova Requiem

[4] source : Dictionnaire des femmes célèbres

3 réflexions sur “Anna Akhmatova – L’histoire d’une vie

  1. Les grands esprits… 🙂 J’ai écrit le même type de billet en hommage lors d’une de mes thématiques russes. Cette année, j’ai découvert le texte qu’elle a écrit en souvenir de Modigliani.

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