« Pourquoi l’as-tu fait ? demande-t-elle.
Assise dans son fauteuil de lecture à côté de la bibliothèque, les mains nouées entre ses genoux, Virginia Woolf ne répond pas.
Je comprends que tu aies été déprimée par la guerre qui arrivait. Ou un chagrin d’amour ? Mais tu avais du succès. Étais respectée. Avais écrit des livres, des essais et …
Entends-tu les détonations au-dehors? s’enquiert Virginia. Les canons ? Les mitrailleuses? Entends-tu le gène masculin ? Ceux qui demandent la bénédiction de leur dieu pendant qu’ils tuent.
Non, chuchote-t-elle.
Alors, tu as de la chance. Moi, oui. Je marche sur des plages interminables en ramassant des galets. A la fin, mes poches sont pleines. Je vais alors dans les profondeurs. »
In « Ces instants-là »

C’est très beau. Sans doute Virginia Wolf n’acceptait pas de se mentir…Cette clairvoyance l’a peut-être, pour moi, conduite au destin qu’elle s’était fixé.
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Oui, je pense que vous avez raison. Elle était extrêmement lucide. Elle ne trouvait pas sa place dans le monde tel qu’il était. Et elle souffrait aussi beaucoup.
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Je lis Les vagues de Virginia Woolf en ce moment…quelle profondeur, justement… je vois que tu es plongé dans la lecture du dernier Wassmo, j’ai hâte de connaître tes impressions.
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J’ai eu du mal avec les vagues même si la langue est très belle. A force de déconstruire la narration, on parvient à un éclatement complet. D’ailleurs elle a ouvert la voie au nouveau roman. Je préfère Virginia l’essayiste malgré tout.
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La lucidité n’a jamais aidé à vivre ;0) (je pense à Virginia Woolf quand je dis ça) C’est un extrait magnifique, j’ai hâte de lire ce dernier Wassmo, je suis totalement fan de l’auteure…
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Non, tu as raison. Il faut une bonne dose d’illusions pour supporter l’insupportable.
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Encore merci…
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