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Art de Yasmina Reza / Berling, Darroussin, Fromager – Patrice Kerbrat

« Ils sont trois amis. Ils se nomment : Marc, Serge et Yvan.

Ils sont amis depuis trente ans jusqu’au jour où Serge achète un tableau entièrement blanc (si on cligne les yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux…).

Serge présente à Marc son acquisition. Marc contemple l’oeuvre et s’enquiert de son prix. Cette scène anodine est le point de départ d’un « cataclysme » entre les trois amis. »

J’ai assisté hier soir à cette pièce au théâtre de Poissy, de manière tout à fait  imprévue, il n’y avait plus de places depuis longtemps et c’est grâce à un charmant monsieur qui cédait les siennes, que nous avons pu avoir le bonheur d’assister à la performance de nos trois trublions. Quelques mots avec Jean-Pierre Darroussin, que j’adore, et la vie soudain devient belle !

Yasmina Reza conduit une pensée critique du jugement esthétique. En effet comment juger de la qualité d’une oeuvre d’art, quels sont les critères qui permettent le jugement esthétique, ou les œuvres d’art ne sont-elles que des produits dont la seule la côte, la valeur marchande va déterminer la valeur ?

Un tableau monochrome va être le point de départ d’une dispute qui va enfler entre trois amis, prétexte à quelques jugements assénés, vis à vis de l’un ou de l’autre. Yasmina Reza passe les relations humaines au vitriol , n’a-t-on des amis que pour pouvoir parler de soi à un autre, ou par humaine solitude ?

Art est une pièce drôle, cruelle et décapante. Elle est jouée et rejouée et son succès ne se dément pas.

« Écrite en 1994 et traduite dans une quarantaine de langues, la pièce « Art » de Yasmina Reza a été jouée et primée dans le monde entier. Elle a fait l’objet de productions mémorables dont certaines se jouent encore en répertoire. Elle a obtenu de nombreux prix prestigieux dont le Tony Award de la meilleure pièce aux USA et le Laurence Olivier Award de la meilleure pièce au Royaume-Uni. »


De Yasmina Reza

Avec Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager

Mise en scène : Patrice Kerbrat / Décor : Edouard Laug / Lumière :

Laurent Béal / Assistante mise en scène : Pauline Devinat

Une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Une chercheuse espagnole s’est vu attribuer une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Nous le défendons ici à Litterama depuis plus de dix ans maintenant, de nombreux chercheurs travaillent dans l’ombre, avec assez peu d’échos auprès du grand public, et les bénéfices de tant de travail et d’acharnement se font enfin sentir : jugez plutôt, une bourse de 1,5 millions d’euros pour retrouver les textes de femmes en Europe entre 1500 et 1780 !

Quelle satisfaction, quelle joie !

De nombreux textes de femmes ont été perdus tout au long de l’Histoire, victimes de la dévalorisation systématique du féminin. Et si quelques jeunes hommes aujourd’hui, comme l’indiquait la chronique précédente,  cherchent cette part en eux, tant l’éducation les a obligés à la refouler, je ne suis pas vraiment surprise. Le monde change !

Carme Font – docteure en philologie anglaise de l’Université autonome de Barcelone sera responsable de ces recherches, (selon El Pais et The Guardian) . Elle a 5 ans pour parcourir toutes les bibliothèques, archives et collections privées, afin de trouver et recenser les lettres, poèmes et pensées philosophiques rédigés par des femmes entre 1500 et 1780 afin de les faire connaître au grand public. ( source Figaro-Madame)

Merci à mon amie Karine d’avoir repéré pour moi cette information.

Homme/femme : bousculer les codes

Ce jeune homme tente de représenter la France à l’Eurovision cette année. Il déchaîne les passions sur les réseaux sociaux, autant chez ceux qui le soutiennent que ceux qui le critiquent parfois très violemment. En effet, il parle de la différence mais questionne aussi nos identités de genre. Il revendique des attributs la plupart associés au féminin, le maquillage, les vêtements et cela ne peut manquer de nous intéresser ici à Litterama. A suivre…

Ce qui nous attend en 2019 !

L’Europe à l’honneur de l’édition 2019 de Livre Paris
1) Un communiqué Livre Paris

« En mai 2019, les citoyens des 28 pays membres de l’Union européenne seront
invités à choisir l’Europe qu’ils veulent pour demain.
Et le livre ? Et la culture dans tout ça ?
Livre Paris s’invite dans le débat et fera exception à la tradition d’inviter chaque
année un pays à l’honneur, pour accueillir pour la première fois, un continent :
l’Europe.
Rendez-vous du 15 au 18 mars 2019 !
Livre Paris est l’un des plus grands événements littéraires en Europe et a accueilli 165 000
visiteurs et 50 pays en mars 2018, dont de nombreux pays européens. »

2) Un biopic sur Colette avec la belle Keira Knightley

3 ) Une adaptation de The hate u give de Angie Thomas

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Top ten de l’année 2018 – Litterama, Les femmes en littérature

Tout d’abord, cette année 2018 aura été pour moi la découverte, tardive il est vrai, de Margaret Atwood, avec deux romans

1- 2 :  La servante écarlate et La femme comestible

La littérature étant indissociablement liée dans ma vie aux voyages et à la découverte d’autres cultures, j’ai rencontré cet été, la littérature portugaise avec

3 – Le retour de Dulce Maria Cardoso 

J’ai continué ma découverte de la littérature britannique avec le magnifique roman de Anna Hope :

4 – La salle de bal

Et Pierre Lemaître m’a séduite avec ces deux premiers opus : Au revoir, là-haut que j’ai découvert au cinéma et

5 – Les couleurs de l’incendie où il campe un magnifique personnage de femme, Madeleine, qui à lui seul, anéantit tous les clichés sur la prétendue douceur féminine !

Puis c’est une maison d’édition spécialisée dans le théâtre et quatre de ses autrices, Claire Barrebes, Marie-Pierre Cattino, Sarah Pèpe et Sabine Révillet qui m’a enthousiasmée grâce au recueil

6 – « Embra(S)ser la nuit »

J’ai découvert les trois derniers auteurs et autrices au Festival America qui a vraiment été un temps fort dans mon activité de blogueuse et m’a permis la découverte de la littérature canadienne, et québécoise avec

7 – Johnny de Catherine-Eve Groleau

8 –  La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette

Et plus au sud, ce très beau roman de Brad Watson :

9 – Miss Jane

Et pour finir, une des plus belles plumes du moment de la littérature afro-américaine, Yaa Gyasi et une formidable saga :

10 –  No home

J’espère que l’année 2019 sera aussi belle et riche de découvertes !

Bientôt Noël, quelques cadeaux de dernière minute …

Cette fin d’année est une bonne occasion de découvrir ou de redécouvrir des beaux textes de l’histoire littéraire. Ils ont le parfum secret des livres un peu oubliés, ils sont teintés du combat enragé ou des doutes de leurs autrices ou de leurs auteurs :

Résultat de recherche d'images pour "catriona seth la fabrique de l'intime" « Cette première anthologie de textes autobiographiques de femmes du XVIIIe siècle embrasse tout le siècle des Lumières, du journal de Rosalba Carriera, jeune pastelliste à Paris pendant la Régence, aux souvenirs de Victoire Monnard, apprentie sous la Révolution, en passant par le journal de Germaine de Staël, les Notes sur l’éducation des enfants d’Adélaïde de Castellane ou de Charlotte-Nicole Coquebert de Montbret, ou encore les Mémoires particuliers de Manon Roland sous la Terreur. Une artiste italienne en France, une actrice anglaise célèbre en visite à la cour de Versailles, une Française inconnue, fille d’artisan, côtoient ici une religieuse limousine dans sa province ou la princesse de Parme, mariée à l’héritier du trône autrichien.

Ce roman est une pépite dans l’histoire de la littérature et des femmes. Non seulement il est extrêmement bien écrit et traduit mais il est aussi d’une intelligence rare dans la mise en place des situations, la psychologie des personnages et la construction du récit. Sans parler de la documentation fouillée, et précise, sur la vie de cette époque. D’autre part, il garde son souffle tout au long des 1076 pages de l’édition de poche.

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Il s’agit d’amour multiples, entrelacés, d’une terrible force, de ceux qui vous arrachent à votre vie pour vous élever vers une autre, plus grande, plus pure, plus passionnée.

Léonor de Récondo est musicienne, et cela s’entend, son écriture a la beauté des musiques baroques, où les motifs se dilatent et se multiplient dans un éternel recommencement. « Les uns contre les autres s’aimer ». Un jeu de tensions et de détentes…

 

Texte fondateur, livre-culte de la littérature écrite par les femmes, « La séquestrée » a la force d’un manifeste, devenu un classique des lettres américaines. Écrit en 1870, il dénonce l’asservissement des femmes à un modèle patriarcal qui les enferme dans leur fonction naturelle de reproduction, la maternité, et leur interdit toute vie de l’esprit.

 

châteletLa pensée fut longtemps interdite aux femmes mais quelques éditeurs mettent à l’honneur des textes oubliés dans certaines de leur collection : pour preuve cet intéressant « Discours sur le bonheur » écrit par Madame du Châtelet (1706-1749) et publié en 1997 aux Editions Payot &Rivages. Fini l’idéal d’un cartésianisme ennemi des passions et qui se voulait « maître et possesseur de la nature ».

 

 

Fanny-Raoul

En 1801, une jeune Bretonne de 30 ans dont on ne sait aujourd’hui presque rien, s’adresse aux femmes de son temps pour les prendre à témoin des interdits, servitudes et violences qu’il leur faut encore affronter, aux lendemains de la Révolution.

Ce texte est extrêmement émouvant car c’est le cri et la révolte d’une femme qui nous parvient par-delà les siècles et prend à témoin la postérité. Une jeune femme qui  assure avec force, dans des élans visionnaires, qu’un jour les servitudes auxquelles sont assujetties les femmes et qui semblent si enracinées dans les traditions, cesseront.

Quelques titres qui vous prendront au cœur je l’espère et vous feront aussi réfléchir

Femmes qui courent avec les loups

Des femmes comme autant d’héroïnes du monde … JR, « MOMENTUM. La mécanique de l’épreuve » à la Maison européenne de la photographie.

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  Photographie Steve Jurvetson

JR (Jean René, mais aussi allusion directe au JR de Dallas) est un artiste exceptionnel qui fait son art dans la rue, dans des installations monumentales, dont les héros et les héroïnes ordinaires (Je pense notamment à  » women are heroes ») d’une favella, d’un quartier, d’une communauté, se retrouve au Musée , à la Maison Européenne de la photographie, pour quelques mois encore (Il faut savoir toutefois que suite à une panne d’électricité de grande ampleur, le musée est fermé toute la semaine). Au sein de l’exposition des oeuvres inédites permettent de comprendre le parcours de l’artiste. On dit qu’à 17 ans, il trouva un appareil photo dans le métro, et que ce fut pour lui la découverte de l’art de la photographie, en photographiant ses copains graffeurs, il voulut montrer que tous ces jeunes étaient comme les autres, qu’ils aimaient rire, s’amuser,  et qu’ils n’étaient pas seulement ces « bad boys » que l’on se plaisait à décrire. Il choisit toujours des inconnus auxquels ils donne un visage, une place, il opère un renversement social,  désir de reconnaissance et d’écoute dont les manifestations des gilets jaunes est symptomatique aujourd’hui dans notre actualité brûlante. Les héros en fin de compte ce sont ceux que l’on ne remarque pas, sauf lorsqu’ils protestent, ou qu’ils ne ramassent plus vos poubelles. Tous ceux aussi auxquels on dénie toute dignité dans un discours politique souvent méprisant. Cette exposition de JR, fait écho, selon moi, de manière urgente à l’actualité que nous vivons.

L’art de JR, ou plutôt son originalité viendra de l’utilisation qu’il fera de la photocopie et des agrandissements pour réaliser ses « fresques ». C’est donc une exposition de rue dans un musée, et aussi une consécration, une reconnaissance par l’institution.

« Le parcours de l’exposition présente t des séries d’envergure : Portrait d’une génération (un projet d’affichage illégal de portraits réalisés avec un objectif 28 millimètres) ; Women are heroes(soulignant la dignité des femmes qui sont souvent les premières victimes lors de conflits ou de guerres) ; The Wrinkles of the City (dont les actions visent à révéler l’histoire et la mémoire d’un pays ou d’une ville en se focalisant sur les rides de ses habitants) ; Unframed (dans lequel JR s’approprie des images réalisées par d’autres photographes et qu’il recontextualise en leur donnant un sens nouveau)… »

Ses dernières œuvres sont participatives, et véhiculent une nouvelle conception de l’art. Il décrit sa photo comme une photographie « engageante », non pas engagée mais qui suscite le débat, le dialogue. mais il ne prend pas partie.

Dans le métro parisien, jusqu’au 10 février 2019, ses œuvres sont installées.

« MOMENTUM. La mécanique de l’épreuve » de JR
Du 7 novembre 2018 au 10 février 2019 à la MEP

Commissaires : Dominique Bertinotti et Jean-Luc Monterosso

La princesse de Clèves, dîner-théâtre au Théâtre de Montansier décembre 2018

 « La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat. Jamais cour n’a eu autant de belles personnes ni d’hommes admirablement bien faits. Le goût que le roi François Ier avait pour la poésie et pour les lettres régnait encore en France, et le roi, son fils Henri II, bonsoir votre majesté, comme vous aimiez les exercices du corps, tous les plaisirs étaient à la cour. »

Bruno Schwartz  joue « La princesse de Clèves » de Madame de Lafayette, avec talent, et nous emporte dans ce magnifique texte classique dont l’austérité disparaît dans les ombres et les lumières de la scène de ce théâtre somptueux qu’est le théâtre de Montansier à Versailles,  proposant à chaque spectateur une complicité particulière, choisissant au sein du public quelques spectateurs qui assument les rôles de quelques personnages à leur corps consentant, autour d’une table dressée où sera servi le dîner à la fin du spectacle. Des pauses ménagées dans le récit sont consacrées à la description des usages de la table à l’époque de Mme de Lafayette.

« Quand le sucre est mis au goût du jour, il vaut littéralement son pesant d’or. Pour montrer son pouvoir et sa richesse, on le met donc à toutes les sauces… […]

Un très beau moment, une belle soirée, où se conjuguent plaisirs de l’ouïe, plaisir des yeux, et plaisir de la table.

D’après Madame de la Fayette, conception et mise en scène Benoit Schwartz, scénographie Elisabeth de Sauverzac et Benoit Schwartz, lumières Nicolas Villenave

avec Benoit Schwartz, Production Compagnie La Bao Acou, Espace culturel Luxembourg/Meaux

Jusqu’au 05 décembre pour des scolaires et en tournée

Laisser la vie nous porter pour découvrir l’extraordinaire – Kim Thuy – Interview par La télé de Lilou

Entretien avec Hélène Dorion, poétesse québécoise

Debout les femmes et ceux, précieux, qui les accompagnent….

Nous qui sommes sans passé, les femmes            Le temps de la colère, les femmes
Nous qui n’avons pas d’histoire                             Notre temps, est arrivé
Depuis la nuit des temps, les femmes                    Connaissons notre force, les femmes
Nous sommes le continent noir.                            Découvrons-nous des milliers !

Refrain :                                                                    Reconnaissons-nous, les femmes
Debout femmes esclaves                                        Parlons-nous, regardons-nous,
Et brisons nos entraves                                         Ensemble, on nous opprime, les femmes
Debout, debout, debout !                                       Ensemble, Révoltons-nous !

Asservies, humiliées, les femmes                        Dernier refrain :
Achetées, vendues, violées                                   Debout femmes esclaves
Dans toutes les maisons, les femmes                Et jouissons sans entraves
Hors du monde reléguées.                                  Debout, debout, debout !

Seules dans notre malheur, les femmes
L’une de l’autre ignorée
Ils nous ont divisées, les femmes
Et de nos soeurs séparées.

Demain, samedi 23 novembre, une manifestation est annoncée à l’appel du collectif #NousToutes. Ce dimanche 25 novembre (comme tous les 25 du mois je crois), est célébrée la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes. 39 musiciennes, emmenées par le duo Brigitte, se sont réunies pour reprendre « Debout les femmes », l’hymne du Mouvement de libération des femmes (MLF).

Avec entre autres,  Olivia Ruiz, La Grande Sophie, Jennyfer Ayache, Elodie Frégé, Agnès Jaoui, ou encore Barbara Carlotti. Cette chanson s’accompagne d’un appel aux dons qui seront reversés à La Maison des Femmes de Saint-Denis, qui accueille les femmes victimes de violences. 

Je sors un peu du domaine de la littérature…. Merci à Nadège (de Les mots de la fin, immense blogueuse s’il en est) de m’avoir rappelée à cette actualité.

Chimanda Ngozi Adichie : portrait

« Au Nigéria, je ne m’étais jamais dit que j’étais noire mais c’est en arrivant aux États-Unis que je le suis devenue »

Chimanda Adichie: Le danger d’une histoire unique / The danger of a single story

F… comme Femmes : Portraits de femmes #1/ Vidéo/Festival America 2018

Conversation en duplex avec Margaret Atwood