Archives pour la catégorie – Femmes du Monde entier

Printemps des poètes : mois des poétesses innues Joséphine Bacon lit son poème en langue innue et en français

Il faut écouter la magnifique voix de cette poétesse !

Résultat de recherche d'images pour "réserve innue canada"Tu vas à la ville

aspirant à une vie meilleure

Dans ta fuite, tu te fuis

Tu vas de rencontre en rencontre

Tu t’inventes un récit qui te ressemble

Tu t’en vas si loin de ta naissance

Ton évasion ne danse plus

Tes musiques ont perdu leur rythme

Tu vacilles vers des lumières

Tel un papillon qui brûle ses ailes

Résultat de recherche d'images pour "portrait native canada"Où es-tu dans ta vie inachevée

Où es-tu que je ne te trouve pas

Où es-tu que je n’oublie pas

Où es-tu dans ton où es-tu

Un soleil rouge t’accueille

Tu es ailleurs

Tu es une fillette effrayée

Tu ne parles pas ta langue

Tu es là où tu te perds

Résultat de recherche d'images pour "portrait native women canada"Des au secours s’enfuient

Vers le vent du nord inquiet

Tu pries pour être entendue mais

ton cri reste silencieux

Ton âme retourne vers les tiens

Josephine Bacon

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Photos : réutilisation autorisée sans but commercial – wikicommons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toi Innu – Joséphine Bacon

Joséphine Bacon – Hommage aux femmes autochtones disparues et/ou assassinées

Natasha Kanape Fontaine – Bleuets et abricots

A mon amie Claire, pour son anniversaire…

Nanimissuat Île-tonnerre, Natasha Kanapé Fontaine , Mémoire d’encrier 2018

Nanimissuat Île-tonnerre, Natasha Kanapé Fontaine , Mémoire d’encrier 2018

L’oiseau-tonnerre (1)

Nanimissuat IÎle tonnerre de Natasha Kanapé Fontaine est l’histoire bouleversante d’une renaissance.

En proie à l’alcoolisme, l’auteure prend conscience des blessures de ses ancêtres qui sont en elle, qu’elles lui ont été léguées, même si elles ne lui en ont jamais parlé. Qui la font souffrir. Ce manque de repères la noie et il faut qu’elle se sauve, il lui faut une île.

« Je me suis rendu compte que j’avais les mêmes symptômes que quelqu’un qui aurait vécu des atrocités, alors que je n’en ai pas vécu. J’ai mesuré pour la première fois tout ce que je porte en moi depuis des années et qui ne m’appartient pas » lit-on sur le site du Devoir. Je vous en recommande la lecture.

Le recueil s’ouvre sur une première partie : « Je suis trois femmes en une »,  « Nous sommes mortes/ensevelies/Sous des pluies diluviennes/ De migrantes/ D’assassinées/ Disparues ».
Les blessures sont les siennes. Elles ont l’odeur de leurs plaies.

De cet amalgame, elle doit séparer les trois éléments afin de les faire parvenir à sa conscience, de les imaginer heureuses aussi.

Sa grand-mère, partie trop tôt à l’âge de 59 ans, « Je perds pied/ Les tempêtes/ Mes empreintes/ Sur la grève s’envolent. »

De sa mère, elle récoltera la mémoire : « Les enfants plongent dans le sable/ Et récoltent les fruits/ leur mère »

La fille ne sait pas encore « parler aux étrangères » qui « l’habitent ».

Il lui faut trouver son île, « qui regorge de constellations. »

Les tambours se mettent alors à résonner, si importants dans la culture innue, fait de la peau des caribous, qui relient l’homme à la nature et à tous les êtres vivants.

« Combattre/ Que nous puissions/ Faire fondre nos chaînes/ A force de friction »

Extraire la mémoire,  c’est en Nouvelle-Zélande que l’auteure trouvera son île. L’oiseau apparaît dans le ciel, pour recommencer le récit du monde, réécrire l’histoire.

L’histoire sera peuplée de volcans, d’ouragans et d’éclairs mais peu importe, la paix est retrouvée.

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Thunderbird on top of Totem Pole in Thunderbird Park in Victoria, BC Canada. Taken by Dr Haggis on 29JUL04

 

Natasha Kanapé Fontaine :  » La poétique de la relation au territoire

 

« Le nomadisme a beaucoup influencé la perception du monde, de l’être humain dans son environnement, et la perception de l’être humain avec les animaux, avec les autres êtres vivants, les végétaux, non seulement le territoire, l’environnement, la nature, la planète, mais aussi avec l’univers, de cela a résulté une certaine perception extraterrestre et intraterreste. »

« Le mot « innu » veut dire « être humain ». »

« Le concept de mouvement a beaucoup forgé, j’imagine, la perception de l’innu dans son environnement, […], cela a influencé sa philosophie, mais aussi sa spiritualité, la spiritualité étant un aspect de l’être innu, de la vie innue, étant le concret de la relation au territoire, […]constitué du tambour qui était un instrument qui servait à entrer en relation soit avec l’univers, soit avec l’environnement, les animaux, mais surtout à placer l’innu dans cette relation-là et rappeler à l’environnement qu’elle existe et que l’être humain accepte chaque jour de dire « oui » à cette relation que la nature lui propose. »

Femmes innues à Mingan en 1947 Les Innus de Ekuanitshit

Français : Femmes montagnaises à Mingan, 1947, public domain

source : banq.qc.ca

Photo d’archives du Bas-Saint-Laurent

Marche des peuples #3 – Slam de Natasha Kanapé Fontaine

« Je parle ta langue pour que tu me comprennes

Quand nous sommes plusieurs à avoir oublié la nôtre

[…]

Nos femmes sont plus fortes que les tiennes

Elles ont cent mille ans de résistance dans les veines… »

2014 – La marche des peuples pour la Terre-Mère

700km, 34 jours de marche le long du fleuve St-Laurent

Initiative citoyenne de protestation contre les projets de pipelines visant à exporter les sables bitumeux albertains

Réflexion sur la féminité native au XXIe siècle – Natasha Kanapé Fontaine

« Cela faisait longtemps que les aînées nous disaient : « Femmes, reprenez votre place, reprenez votre parole, reprenez la force de votre culture, de votre spiritualité, et mettez ça dans un tout et vous verrez, ce que ça va faire. »

Il y a quatre ans, on a assisté au mouvement pancanadien « Idle no more »[1] qui fait que maintenant, un mouvement de réaffirmation identitaire des femmes à l’intérieur des communautés autochtones partout au pays et à travers le monde. Par cette force, cette énergie qui passe au travers de nous, on sent finalement qu’on peut appartenir à notre époque, on peut appartenir à cette renaissance, à cette revitalisation des êtres au sein des individus, des communautés, de recréer des politiques organiques qui sont à l’image de notre tradition, et qui avaient cours avant la colonisation, avant qu’un autre système soit imposé, en totale opposition  de la manière dont on pense. A l’intérieur de ces communautés, les femmes sont en train de recréer ça et ça a vraiment des répercussions sur la santé spirituelle , mentale, de la plupart des individus de la communauté. »

« Notre capacité de résilience est assez phénoménale. »

[1] Le mouvement Idle No More – Jamais plus l’inaction1, désigne le mouvement de contestation des Premières Nations du Canada, déployé en réaction à l’adoption par le gouvernement harper d’une loi qui entraîne selon les manifestants, la violation des traités ancestraux.

Dès le 2 décembre 2012 , le mouvement Idle No More est lancé dans l’Ouest du Canada par quatre femmes : Nina Wilson, Sylvia McAdam, Jessica Gordon et Sheelah McLean.

Innu de Pessamit, Natasha Kanapé Fontaine est poète, slameuse, peintre, comédienne et militante pour les droits autochtones. Elle a publié « N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures » (Prix de poésie de la Société des Écrivains francophones d’Amérique 2013), « Manifeste Assi » (2014) et « Bleuets et abricots » (2016) chez Mémoire d’encrier.

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Printemps des poètes : mois des poétesses innu : Natasha Kanapé Fontaine, lecture

Résultat de recherche d'images pour "portrait native women canada"Quel est le songe que je dois faire ?

La vision transparente dans ma peine

Le chant mort des oiseaux

Les immeubles crépitent dans la cassure des neiges

Résultat de recherche d'images pour "portrait native women canada"Ils ne savent pas attiser une flamme avec leurs ongles

Elle est blême la neige jadis

Elle arborait un visage de ciel de mer

Quel est donc le manifeste que je dois vous écrire ?

Pierrette Fleutiaux s’en est allée, de ses pas ailés

Crédit photo : Site société des gens de lettres

Née en 1941 dans la Creuse, prix Femina en 1990 avec « Nous sommes éternels », dont l’oeuvre tente de sonder les relations familiales et le poids de la famille, Pierrette Fleutiot s’en est allée mercredi 27 février 2019 écrire un peu d’éternité.

Destiny, paru en 2016, écrit avec force le combat  pour la survie d’une jeune migrante Nigérian.Résultat de recherche d'images pour "destiny pierrette fleutiaux"

 

Elle militait pour l’effacement des barrières, notamment entre les disciplines puisque elle avait créé des ponts entre la science et la littérature en invitant des scientifiques auteurs de fiction à témoigner de leur expérience lors des rencontres « Sciences et littérature ».

Elle écrivait : « Les morts ont forcément le dernier mot, ils ne lâchent jamais prise, ils sont en vous désormais »

 

Bibliographie :

  • Destiny, Arles, Actes Sud, 2016
  • Loli le temps venu, Paris, Éditions Odile Jacob, 2013
  • Bonjour, Anne : Chronique d’une amitié (Actes Sud, 2010)
  • La saison de mon contentement (Actes Sud, 2008)
  • Neuf leçons de littérature, ouvrage collectif (Thierry Magnier, 2007)
  • Les étoiles à l’envers : New York, Photoroman co-écrit avec JS Cartier (Actes Sud, 2006)
  • Les Amants imparfaits (Actes Sud, 2005)
  • Des phrases courtes, ma chérie (Actes Sud, 2001)

Annie Salager : Quelqu’un

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Quelqu’un

Au souvenir adorable de ce qui jamais fut la vie
sous sa paupière de mythes quelqu’un
avait d’enfance un jouet de lumière
Quand trop d’humain l’eut piétiné
dans le cœur jour à jour sali
par son double de violence
quand trop d’humain l’eut piétiné
il se remit à respirer comme il l’avait cru impossible
en trébuchant sur le chaos
des sueurs d’angoisse et des voix
l’air lui emplissait la poitrine d’une musique de couleurs
et son cœur silencieux choisit de les aimer
sous l’humiliation obscure de ce qui jamais fut la vie

Annie Salager

Source : printemps des poètes

Le secret des conteuses du 15 mars au 27 avril 2019 – Théâtre Déjazet

Le secret des conteuses
du 15 mars au 27 avril 2019/ du mardi au samedi 19h / Matinées samedi 16h /

« Au 36 rue des Tournelles, chez Ninon De Lenclos, on pouvait croiser Molière, La Rochefoucauld, Jean de La Fontaine, Saint-Evremond, Huygens… Tout
ce beau monde se rendait aussi à la cour.
Le Roi en personne prenait toujours de ses nouvelles en ces termes «Comment se porte sa Majesté du Marais » ?
Que les travers d’une grande demoiselle se résolvent en qualités historiques pourra
surprendre la morale d’aujourd’hui, sans doute, mais guère celle d’hier.
Cette déesse Aphrodite, grande séductrice se distingua dans l’Art de se faire aimer et
inventa une jeu curieux et amusant intitulé : Le Secret des Conteuses.
Ninon de Lenclos prient quelques grandes dames, qui représentent à elles seules : L’Esprit Féminin Français du XVIIe siècle, Madame de Sévigné, Madame Scarron, Mademoiselle de Scudéry à confier un secret d’alcôve, à narrer une passion cachée dans laquelle ces dames se seraient jetées éperdument pour les beaux yeux d’un  galant homme dont le nom ne saurait être révélé avant que toutes n’aient parlé.
Le bruissement de la soie des robes se mêle aux arias qui enchanteront les oreilles de tous les amoureux de la musique baroque. »
Auteur et Mise en scène Martine Amsili
Avec Ninon De Lenclos – Anne Jacquemin,
Mademoiselle De Scudéry – Annie Sinigalia,
Madame Scarron – Emma Colberti,
Madame De Sévigné – Niseema Theillaud
et Louison – Léa Betremieux

L’AUTEUR – METTEUR EN SCÈNE MARTINE AMSILI
Comédienne-Auteur-Metteur en scène . Après le conservatoire d’art dramatique,
Martine Amsili poursuit des études de lettres et intègre l’Institut d’Études Théâtrales à
Censier. Ses professeurs Alexandre Grecq et Yves Furet de la Comédie-Française, éminents disciples de Louis Jouvet lui transmettent l’art du théâtre.
Elle joue les grands rôles du répertoire : Armande et Célimène dans Les Femmes Savantes et le Misanthrope de Molière, Émilie dans Cinna de Corneille, la Duchesse dans Louison, Marianne dans Les caprices de Marianne d’Alfred de Musset, Esther de Racine.
Ses dernières adaptations pour le théâtre sont issues de correspondances : Maux d’Auteurs, Lettres de Westerbork d’Etty Hillesum qu’elle interprète avec Emmanuelle Galabru, Voyage terrestre et Céleste de Simone Martini de Mario Luzi qu’elle interprète avec Serge Barbuscia. Elle crée avec Bastien Miquel (écrivain, historien et journaliste) Compagnie Nuits d’Auteurs.
Martine Amsili partage son temps entre l’écriture, la direction d’acteurs et l’enseignement.
Elle a mis en scène La Collection d’Harold Pinter, La Mère confidente de Marivaux, Lettres aux Hébreux. Auteur de pièces de théâtre, Martine Amsili a publié Chez Ninon de Lenclos aux Éditions de la Librairie Théâtrale (rue Marivaux), L’Épistolière aux Éditions Fiacre. Elle travaille actuellement à l’écriture d’une pièce intitulée Le théâtre Monsieur!.
Au cinéma et à la télévision, elle tourne avec Patrick Jamain, Rémy Duchemin, George Lautner ou encore David Delrieux. Elle a coréalisé et joué dans un court-métrage d’après une nouvelle de Mark Twain Quelle heure est-il ? de Bastien Miquel avec Michel Galabru. »

Svetlana Alexievitch, mise en voix, mise en scène

Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015, pour « son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque » a créé une oeuvre polyphonique, tissée de témoignages, qui se prête magnifiquement à la scène.

Ainsi ces entretiens de femmes soldats de l’Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale ( « La guerre n’a pas un visage de femme » (1983)), puis ceux des soviétiques ayant participé à la guerre Russo-afghane (« Les cercueils de zinc » (1989)), les témoignages des habitants de la région de Tchernobyl ( « La Supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse » (1997) qui a reçu le prix de la paix Erich Maria Remarque en 2001), et pour finir ces centaines de témoignages dans différentes régions de l’espace post-soviétique (« La Fin de l’homme rouge ou le Temps du désenchantement », 2013).

Mise en voix, en espace, incarnés, interprétés, ces textes ne peuvent que nous toucher et susciter de l’empathie pour les victimes de la barbarie humaine.

Hier soir, Anne Rouzier, talentueuse professeure au Conservatoire de Poissy, a choisi de faire travailler ses élèves sur le texte de la Supplication au Théâtre Blanche de Castille à Poissy. Les jeunes comédiens s’en sont emparé avec beaucoup de justesse et de sensibilité.

« Les écrits de S. Alexievitch avancent sans cesse des termes spécifiques au théâtre : monologue, interview, chœur…et mettent en évidence une forme de fresque historique à un moment donné, comme une succession de différents tableaux qui coexistent au sein d’un univers tragique », écrit-elle dans sa présentation.

« Je m’intéresse aux sensations, aux sentiments des individus qui ont touché à l’inconnu. Au mystère« , écrit-elle pour conclure. Magnifique conclusion d’une magnifique personne.

Auteure du mois (février) : Evelyne Bustros, militante libanaise

Evelyne Bustros (1878-1971). Elle est une personnalité éminente du Liban, qu’elle contribua à transformer par son action militante, politique et féministe. Femme de lettres, issue de l’une des familles les plus en vues du Liban[1], possédant une grande culture dans le domaine des arts et des lettres, son salon à Beyrouth réunissait l’intelligentsia littéraire  libanaise et contribua à diffuser les idées émancipatrices qui les réunissaient. Elle participa activement à la fondation de l’Union des organisations des femmes libanaises[2]. Son action sociale et politique en faveur des femmes fut déterminante et lui valut de siéger à la Commission d’études de la condition de la femme. En ce qui concerne son action politique, elle lutta pour la libération du Liban sous mandat français[3]. En 1942, elle présida l’Union féminine libanaise arabe, fédération groupant les trente associations féminines reconnues par l’État libanais, puis, en alternance, jusques en 1946, puis de 1949 à 1953.  Elle tint de nombreuses conférences et publia deux romans, « La main d’Allah » (paris, 1926) et « Sous la baguette de coudrier ». Le gouvernement libanais l’a décorée de la médaille d’or du mérite.

[1] Dictionnaire des femmes célèbres, article, Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Robert Laffont, Paris 1992

[2] Le dictionnaire universel des créatrices, des femmes, Antoinette Fouque, Noha BAYOUMI

[3] wikipédia

Alias Grace – La série d’après le roman de Margaret Atwood – Captive

  • Captive, Robert Laffont, 1998 ((en) Alias Grace, 1996) adapté en 2017 sous forme de mini-série de six épisodes par Netflix

La série est parfaitement construite, et elle est relativement fidèle au roman. Remarquablement interprétée par Sarah Gadon, dont la retenue et la subtilité dans le jeu donnent toute l’ambiguïté et le charme nécessaires à un tel personnage, son format permet d’en dessiner suffisamment toute la complexité.

Née le 4 avril 1987 à Toronto, elle a notamment joué dans les films A Dangerous Method, Cosmopolis et Maps to the Stars, trois films du réalisateur canadien David Cronenberg qui excelle à mettre en scène la complexité de personnages ambivalents et troubles.

Depuis 2017 / 45min / Titre original : Alias Grace de Sarah Polley, Noreen Halpern,

avec Sarah Gadon, Edward Holcroft, Rebecca Liddiard