Archives pour la catégorie – Femmes du Monde entier

Chibundu Onuzo – La fille du roi araignée / Nigéria

Livre: La fille du roi araignée, Onuzo, Chibundu, 10-18, Littérature ...

Chibundu Onuzo – La fille du roi araignée (2012), traduit de l’anglais (Nigeria) par Sylvie Schneiter

Editions Les Escales 10/18

Jeune prodige, l’auteure n’a que dix-sept ans lorsqu’elle rédige ce récit. Originaire de Lagos au Nigéria, elle attendra encore deux ans avant que son manuscrit soit accepté par Faber § Faber, maison d’édition anglaise dont elle devient la plus jeune auteure. Depuis, elle étudie l’histoire au King’s College à Londres. Son second roman, non traduit encore en français, « Welcome to Lagos », a été publié en janvier 2017. Elle a émigré en Angleterre à l’âge de 14 ans.

« I knew from a young age about injustice and was aware of that aspect of Nigeria. », avoue l’auteure dans le Guardian

Le roman campe une société où la corruption n’a d’égale que la misère du peuple. L’argent détourné au profit de quelques-uns et une injustice criante gouvernent les vies dans cette partie du monde. Il est aussi facile d’y vivre que d’y mourir. Et les plus faibles n’ont nul recours face à ce pouvoir écrasant. Tel celui de ce roi araignée dont la toile emprisonne chaque jour de nouvelles proies, et dont la puissance s’alimente de ses victimes.

La fille du roi a dix-sept ans, et son père pour l’endurcir, l’entraîne à subir la Frustration, dans une espèce de jeu sadique où ce à quoi elle tient peut toujours être piétiné. Pour se montrer forte, il lui faut serrer les dents et faire croire qu’elle n’éprouve rien.

Elle rencontre, sur la route qui la conduit à l’école (ou plutôt le chauffeur, enfin les deux) un jeune homme, un colporteur qui la sort de son indifférence glacée. Mais peut-elle encore éprouver de l’amour, ou son père a-t-il fait d’elle irrémédiablement une copie à son image, un monstre ?

On apprend tout au long du roman comment le père a bâti sa richesse, et les liens qui l’unissent mystérieusement à son ami Runner G.

Dans cet espèce de Roméo et Juliette des temps modernes, un monde sépare les deux jeunes gens et les conventions sociales mais aussi le poids du crime risquent bien avoir raison d’eux.

Emily Perkins – La nouvelle amie / Nouvelle-Zélande

La nouvelle amie  La Nouvelle amie

Emily Perkins – La nouvelle amie (2001) – traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Anouk Neuhoff

2003, Plon pour la traduction française.

Dans une bourgade éloignée de tout, une bande d’adolescents s’ennuie. La piscine est fermée, la rivière polluée, et il n’y a vraiment rien à faire. Aussi lorsque Miranda, qui arrive de la grande Ville, propose d’animer des ateliers dédiés à la découverte de soi, est-elle plutôt bien accueillie. Les trois amies inséparables, Julia Chicky et Rachel, s’inscrivent en attendant les résultats de leur BAC (ou ce qui y correspond) dans un temps suspendu par l’ennui et l’attente. Partiront-elles à leur tour ou resteront-elles, comme leurs parents dans ce trou perdu ?

Emily Perkins sait parfaitement camper le décor et nouer l’intrigue. On ressent parfaitement l’ennui de cette petite bourgade, le désœuvrement des adolescents et le naufrage de certains dont la vie, à force de médiocrité, s’est engluée ici. Peu à peu s’esquisse le personnage de Miranda, par petites touches, et le mystère s’épaissit. Qui est-elle et ne joue-t-elle pas avec le feu avec des jeux, proche du psychodrame, qu’elle organise durant les sessions de son atelier d’été ? Personnage trouble, ambivalent, manipulatrice ? Le lecteur découvre peu à peu ses multiples facettes. Et puis il y a Julia, si attachante, qui fera l’expérience de la désillusion, à travers la trahison de celle en qui elle croyait tant. Le récit met son point final en orchestrant un drame dont on ne connaîtra l’issue qu’à la dernière ligne.

 

Ce livre a été réédité en poche dans la collection 10/18.

En 2015, a été publié un nouveau roman en français, Les Forrest, que j’ai aussi très envie de découvrir.

Les Forrest
« Il y a Lee, la mère, et Frank, le père. Dorothy et ses soeurs, Eve et Ruth, leur frère Michael. Et Daniel, le fils quasi adoptif, au passé tumultueux. Dans cette famille, excentrique et sans le sou, chacun essaye de se construire en dépit des failles des autres.
Pour Dorothy, le salut, ce sera Daniel. Un amour secret, initié dans l’enfance à l’abri des hautes herbes de la communauté hippie qui les accueillera un temps. Mais quelques années plus tard, Dorothy s’est mariée avec un autre et c’est désormais Eve qui partage le lit de Daniel. Daniel, personnage magnétique, omniprésent mais disparaissant sans cesse, sorte de Heathcliff au charme envoûtant.
Récit sensuel et palpitant, ode à l’énergie vitale qui existe en chacun de nous, Les Forrest nous entraîne dans le sillage de Dorothy. Trop perméable aux sensations du monde qui l’entoure, elle assiste peu à peu à l’effondrement de tout ce qu’elle a construit. Un seul espoir, retrouver Daniel, un jour, dans une autre vie peut-être.
Une structure romanesque remarquable, audacieuse, au service d’une exploration extrêmement juste des ressorts humains et des valeurs familiales. »

Rebecca Wells   Les divins secrets des petites yayas

HT LIVRE - OCCITANIE : Les divins secrets des petites ya-ya de Rebecca ...

Rebecca Wells   Les divins secrets des petites yayas , traduit de l’anglais par Dominique Rinaud, Belfond 1998, Charleston 2016

Ce roman est un de ceux que l’on n’oublie pas. Les détails peuvent s’estomper, certains éléments du récit paraître anecdotiques, l’essentiel garde toute sa virulence. Pourtant, il faut beaucoup avancer dans la lecture avant que les événements soient révélés, ou que l’on soupçonne la violence qui semble tapie dans les pages, comme une bête prête à bondir.

Pourquoi Siddy accuse-t-elle sa mère de l’avoir maltraitée, c’est ce que prétend la journaliste qui l’a interviewée, alors qu’elle est au faîte de son succès. Sa pièce « Femmes à l’aube d’un jour nouveau » lui apporte la renommée mais cet éclairage soudain n’est pas sans quelques inconvénients.

Peut-on aimer un parent qui vous maltraite, d’ailleurs où commence la maltraitance, les sévices corporels ? Les traditions dans ce domaine varient selon les contrées et les époques. Ils étaient prônés dans l’éducation comme quelque chose de nécessaire et faisaient partie de la panoplie de l’éducateur. L’Ancien Testament prête au roi Salomon « Qui épargne la baguette hait son fils, qui l’aime prodigue la correction. » Il fallait répondre à une violence par une autre et endurcir l’âme autant que le corps. Ils ont été interdits relativement tardivement dans certains pays.

Pourtant cette violence institutionnalisée a été meurtrière, et les enfants martyrs sont encore trop nombreux. En 2008, l’Aide sociale à l’enfance estimait à 19 000, le nombre d’enfants victimes de mauvais traitements en France. Dans 90% des cas, ces violences leurs sont infligées par des membres de leur propre famille.

Revenons à notre livre, Siddy a-t-elle été une enfant martyr ? Elle part faire une retraite sur une île alors que sa mère refuse désormais de la voir et reçoit un paquet des petites yayas, nom cajun donné aux amies intimes de sa mère Vivi, qui vont tenter de renouer les relations entre la mère et la fille. Elle va découvrir les souffrances et la jeunesse de cette mère qui l’a tant blessée et remonte le cours de son enfance à travers ses souvenirs et ceux des ya-yas.

Dans ce roman, règne toujours l’ambivalence des sentiments, comment pardonner à un parent qui a failli vous tuer ? Je ne sais pas moi si je pourrais donner la réponse qui est celle du livre. Livre bouleversant et profond.

Et plus bouleversant encore, à peine le livre publié, l’auteure a dû se battre contre les symptômes de la maladie de Lyme.

Un livre puissant, à lire.

Un film en a été tiré dont la critique a été très mitigée

Kerry Hudson – La couleur de l’eau / Une plume venue d’Ecosse

Kerry Hudson - La Couleur De L'eau (2015) » telecharger-magazine

Kerry Hudson – La couleur de l’eau – 2014 et 2015 pour la traduction française – Editions Philippe Rey 10/18, traduit de l’anglais par Florence Lévy-Paoloni

Prix Femina étranger 2015

L’amour offre parfois l’opportunité d’une formidable résilience. Lorsque la confiance s’installe, que chacun accepte de se laisser profondément toucher par l’Autre, alors les carapaces tombent et mettent à nu la profonde richesse de chacun. Boris Cyrulnik en a fait un très beau livre « Parler d’amour au bord du gouffre » et il définit l’amour ainsi :

« C’est le plus joli moment pathologique d’une personnalité normale. Joli, parce qu’il s’agit d’une extase mais celle-ci côtoie souvent l’angoisse. On est donc au bord de la pathologie. Pour un fait, pour un regard raté de l’autre, les grandes amours se muent en grande souffrance. Ça paraît anormal de -souffrir quand on aime ! Mais l’état amoureux est un état anormal, hors norme! Cette intensité affective enferme l’individu dans son propre monde intime : le reste du monde devient fade et non perçu. C’est presque un état délirant, au sens étymologique du terme : délirer = je sors du sillon, je quitte la société, je quitte ma famille, parfois je quitte ma femme ou mon mari, tellement je suis prisonnier de ce qui se passe en moi, de ce qu’il ou elle a déclenché en moi. »

Le livre de Kerri Hudson organise la rencontre de deux êtres blessés qui vont s’apprivoiser. Alena est russe et s’envole vers Londres dans l’espoir d’une vie meilleure. Elle tombe dans un guet-apens. Dave, vigile dans un magasin, va croiser la jeune fille et lui offrir son aide de la manière la plus inattendue qui soit : en la laissant partir.

Tous les deux ont des rêves immenses que la souffrance peine à contenir, tous les deux ont soif d’une autre vie, et tenteront peut-être d’unir leurs forces. Parfois c’est simplement plus facile à deux. Il faudra aller jusqu’à la fin du livre pour savoir s’ils réussiront.

Histoire d’amour moderne qui ménage rebondissements et suspense, portrait social de l’Angleterre d’aujourd’hui, l’indifférence pour ceux qui sont à la marge, et la lutte pour la survie. L’Angleterre, un modèle ?

J’ai lu avec beaucoup de plaisir cette histoire qui parle un peu de chacun de nous …

« Kerri Hudson est née en 1980 à Aberdeen. Avoir grandi dans une succession de HLM, Bed and Breakfasts et camping à l’année lui a fourni la matière de son premier roman. Après Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, elle signe La couleur de l’eau. Elle vit, travaille et écrit à Londres. » Editeur

Zora Neale Hurston

Author Zora Neale Hurston

Grâce à CultURIEUSE, je me suis procuré enfin « Une femme noire » de Zora Neale Hurston. Née en janvier 1901, dans une petite ville du Sud, elle est considérée par de nombreuses femmes de lettres afro-américaines, Toni Morrison, Paule Marshall et Alice Walker entre autres, comme l’initiatrice, celle par qui tout a été rendu possible. Première femme noire anthropologue, elle a participé au mouvement « Harlem renaissance » qui a initié un renouveau de la littérature et de l’art. La littérature écrite par les femmes noires a un intérêt particulier : elle permet de redéfinir la culture propre en dehors des critères des « Blancs » dominants dans un monde régi par les lois ségrégationnistes, mais aussi de s’élever contre l’oppression masculine. Ces femmes ont une singulière énergie car elles se battent sur plusieurs fronts à la fois. Elle puise dans la littérature orale, et célèbre une culture populaire sans s’appesantir  sur l’amertume de la communauté noire face à l’exclusion et à la violence. Elle utilise l’écriture phonétique pour rendre le rythme particulier du « black speech », et volontiers lyrique, s’appuie sur les dialectes du sud riches d’une grande variété de nuances entre le parler des villes, le patois des campagnes et le jargon des ouvriers.

« Une femme noire » est considéré comme le premier véritable roman féministe de la littérature afro-américaine. Il exalte « la richesse et l’authenticité des traditions noires » et symbolise « la descente en soi-même », selon Françoise Brodsky. Elle poursuit ses études grâce à une bourse pour Barnard College et devient la première Noire anthropologue. Elle célèbre dans ses écrits la beauté noire du « Black American », influencée par le blues, les contes populaires et les negro spirituals.

Elle étudie, à partir de 1927, le folklore des Noirs du Sud et un an plus tard, part à la Nouvelle Orléans, essaie de pénétrer les arcanes de la culture vaudou en étant initiée elle-même. Suite à ces différents travaux, elle publie « Mules and Men », un recueil de folklore. Puis ce sera un premier roman inspiré de la vie de ses parents, « Jonah’s Gourd Vine ». Ce n’est qu’en 1936, alors qu’elle se rend à la Jamaïque et Haïti pour enquêter à nouveau sur le vaudou, qu’elle rédigera « Une femme noire ».

Quelques années plus tard, en 1942, elle publie son autobiographie « Dust tracks on a road. « . Fait marquant, elle publiera en 1959, « Seraph on the Sunwanee », qui pour la première fois met en scène des personnages blancs.

Elle mourra  des suites d’une attaque en janvier 1960. En 1972, Alice Walker (la couleur pourpre) lui rendra hommage en faisant poser une pierre tombale à l’endroit supposé de sa tombe.

Zora Neal Hurston: An Introduction to the Supreme – Literary Others ...

Source : informations données par Françoise Brodsky dans sa préface.

A quiet passion -Emily Dickinson – You’re alone in your rebellion, Mrs Dickinson… /sortie le 036 mai 2017

Lorraine Hansberry – première femme afro-américaine dont la pièce a été jouée à Broadway

Lorraine Hansberry, que j’ai découverte lors du documentaire consacré à James Baldwin sur Arte (magnifique !) est la première femme noire américaine dont la pièce ( A raisin in the sun) en 1959 a été jouée à Brodway.

« Raisin in the Sun de Lorraine Hansbury, prend son titre du célèbre poème de Langston Hughes « A Dream Deferred », dont le thème fait écho dans toute la pièce. Dans un petit appartement à Chicago dans les années 1950, les membres de la famille Younger, une famille afro-américaine, ont chacun de grands rêves de quoi faire avec l’argent d’assurance-vie qu’ils vont recevoir du passage de Big Walter. Pour certains membres de la famille, leurs rêves ont été reportés, «différés», pendant des années; Pour d’autres, il ya des obstacles qu’ils doivent surmonter pour poursuivre leurs rêves. »a consulter, source

Les femmes et la littérature : Luvsandorj Ulziitugs / Mongolie

Le métier d’écrivain est  « ce métier magique qui permet de discerner les différentes odeurs de la parole »

Cité in « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

Elle est née dans la ville de Darkhan en Mongolie. Elle a débuté sa carrière au journal officiel Ardii Erkh et au magazine Uchigdur. Elle a également des fonctions d’éditrice et dirige de nombreuses publications, et d’oeuvres littéraires,  artistiques et de culture générale. Elle est le poète de la nouvelle génération, et est l’auteure d’une dizaine de livres de poésie et de prose, parmi lesquels « Images restées sur les lunettes », « Contes citadins » et « Limite du visible dont sont extraites les nouvelles de « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

source : Préface de « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

Fiona Kidman – Fille de l’air / Nouvelle-Zélande

 

Fiona Kidman, Fille de l’air (The infinite air), 2013,  roman traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Dominique Goy-Blanquet, Sabine Wespieser éditeur, 2017

La néo-zélandaise Fiona Kidman excelle à brosser des portraits, et à saisir les basculements d’un destin. Ce talent ne se démentit pas dans ce dernier livre traduit en français. Et même si vous n’avez aucun goût pour l’aviation, vous serez emporté vous aussi par le souffle épique de ce roman.

Le roman est basé sur un personnage réel, Jean Batten, surnommée la « Garbo des airs », aviatrice mondialement célèbre dans les années 1930, née au nord de la Nouvelle-Zélande dans une famille de dentiste. Peut-être la photo d’aviateur accrochée par sa mère au-dessus de son lit, a-t-elle présidé à sa vocation, nul ne le saura jamais, toujours est-il qu’elle mènera un combat acharné contre la misogynie ambiante, afin de pourvoir voler, même si la voie a déjà été ouverte par quelques pionnières.

Inutile de rappeler le danger que représentait les vols en avion à l’époque, fragiles esquifs soumis aux tempêtes, aux orages, et à la technologie balbutiante comparée à celle des avions d’aujourd’hui. Les défis se soldent souvent par un crash et la mort des pilotes ; il faut donc beaucoup de courage et de sang-froid pour s’aventurer dans les airs et Jean Batten n’en manque pas.

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Si elle se révélera douée pour la conduite des avions, elle l’est aussi pour la danse et pour la musique. Et c’est sous prétexte d’étudier la musique, qu’elle partira pour Londres, s’inscrira à des cours de pilotage, à l’insu de son père, qui ne voit pas d’un très bon œil le goût de Jean pour ce sport masculin. D’ailleurs on peut dire que ces premières femmes aviatrices, et surtout Jean Batten, ne négligeront pas toujours le glamour de leurs tenues de pilotage.

Elle s’attellera à plusieurs records, notamment entre l’Angleterre et l’Australie, et pour finir survolera la mer de tasman.

L’habileté de Fiona Kidman à saisir les multiples facettes de la personnalité de son héroïne, ses doutes, ses contradictions, ses succès et ses échecs font tout l’intérêt de ce passionnant portrait de femme.

Fiona Kidman, née en 1940, vit à Wellington. Ecrivain de tout premier plan, elle est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs déjà parus en français chez le même éditeur : rescapée (roman, 2006), gare au feu, (nouvelles, 2012), et le Livre des secrets (roman, 2014)

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Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (8 et dernière)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Qu’on les reconnaisse d’abord concitoyens; leur fierté retrouvée, ils surprendront par leur entrain et leur joie d’être enfin respectés chez eux et non tolérés. » Je crois qu’on ne parle pas assez de ce besoin de reconnaissance et de la frustration et de la rancune que peuvent provoquer l’injustice et le rejet. Je pense qu’il est important de développer le sentiment d’appartenance des citoyens qui composent une nation. Ils ont besoin de se sentir soudés et cela n’est possible que grâce à la reconnaissance dont chacun a besoin pour se sentir intégré dans une société.
  • « A défaut de changer le pinceau du bon Dieu, que les critiques admettent ses toiles ! » : Que chaque Homme soit une oeuvre d’art, qu’il s’affine à la pointe de lui-même. Et que chaque être humain puisse contempler l’autre avec des yeux émerveillés. Si l’on prend garde, si on prend le temps surtout, on peut découvrir chez l’autre des trésors qu’on ignorait.
  • « Vos papiers ! Encore, nos papiers ! Toujours nos papiers ! Dans la rue, dans les trains, à travers les wagons, entre les travées, nous repérant parmi tous comme si nous clignotions, ils réclament toujours nos seuls papiers ! » Je comprends l’exaspération et la colère de Fatou Diome. Je trouve terrible qu’elle appréhende ses voyages par crainte de se faire contrôler. L’actualité la plus récente a montré combien nous sommes exposés à la violence aveugle de l’extrémisme, et cette période particulièrement tendue est forcément dangereuse car elle peut conduire à tous les amalgames et aussi à une forme d’aveuglement. A nous tous de faire attention. Notre destin repose entre nos mains… pour une grande part.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Et pour pouvoir continuer à battre la campagne, je vous propose de lire le livre de Fatou Diome.

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (7)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Il est temps de cesser de lier systématiquement la nationalité aux origines ethniques et culturelles. »Oui, le peuplement de cette France, au carrefour de l’Europe, s’est fait grâce aux migrations successives. Nous nous amusons souvent mes élèves et moi, à prendre tous les noms de la classe, afin d’entendre à travers eux les grands voyages des ancêtres. Je leur dis  : « Soyez fiers de ce pays si riche de ses habitants, de son infinie variété, de ses possibilités infinies, et de tous ces apports si précieux. » Est-ce cela être patriote ?  Une remarque d’un élève : « Déjà les Francs, ils venaient de l’Est, et si jamais les gallo-romains avaient voulu les renvoyer chez eux, on serait mal. » Tout à fait d’accord, ce serait une autre Histoire.
  • « A cette époque de mondialisation, l’apparence ne suffit plus pour présager de l’origine géographique, encore moins de la nationalité. » : On met toujours les blonds au nord, les bruns au sud, les roux outre-manche et que sais-je encore. Ce n’est pas toujours malintentionné mais cela peut être casse-pied. Ce soupçon de l’ a-priori tu n’es pas d’ici mais d’ailleurs empoisonne notre vie sociale. Il faut toujours réitérer, confirmer, valider. On peut avoir l’impression de passer éternellement un examen déjà réussi. Pour ceux qui ont osé le mélange, le soupçon se porte sur la filiation même. Grande douleur parfois pour les métis, difficulté à construire son identité, quand on remet régulièrement en cause celle de tes géniteurs. « Mais enfin, elle ne PEUT PAS être ta mère ! ». Et toi qui as couvé jalousement cette perle en ton sein, qui a parfumé ton liquide amniotique des mille saveurs de l’amour, ton sang fait moins d’un tour et …
  • « L’anonymat chromatique, pour sûr, réduirait drastiquement le taux du chômage et relèverait le moral des victimes du tri sélectif. » On critique souvent les fonctionnaires, mais au moins pour une partie des examens et concours, l’anonymat garantit l’égalité. Oui, il faudra s’atteler à ce problème, qui n’est pas le moindre. Je me souviens, lorsque j’étais enfant, dans ma province lointaine, le grand jeu consistait à regarder les plaques d’immatriculation. Dans le chauvinisme ambiant, il ne faisait pas bon venir de Paris. Le racisme est un bon cran au-dessus et il fait des ravages. Il renvoie une image dévaluée de soi, exclut et met en sommeil les richesses humaines de ce pays.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (6)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Assimilation ou dissolution de soi, à moins qu’il ne s’agisse de dissimulation ? » L’intégration à la française suscite de nombreux débats. Je me rappelle ce que me racontait ma grand-mère lorsque j’étais petite, sur l’interdiction de parler occitan à l’école. Et la langue s’enfonçait dans ta tête à coups de règle sur les doigts, quand ce n’était pas pire. Aujourd’hui, tout le monde a une langue commune. Cette homogénéisation s’est faite par la violence. Il fallait dissimuler les mots qui cognaient contre les dents, ceux qui voulaient s’enrouler autour de ta langue, ou se coinçaient dans la glotte.
  • « Or l’affirmation de soi n’est pas une négation des autres, mais bien la capacité d’être parmi eux « : Prendre garde à ce qui est commun et partager ce qui ne l’est pas. mais les résistances sont de tous les côtés.
  • « La France est-elle ignifugée, pour laisser ses enfants turbulents jouer avec des allumettes ? » Non, Fatou Diome, et c’est pourquoi je sors de ma réserve moi aussi pour converser avec toi. Ma famille est une famille de sang-mêlés, d’outrecuidants, d’esprits libres et tout cela pourrait nous coûter très cher à l’aube des temps nouveaux.

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Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (5)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Sous la mitraille allemande, Arabes de Ouarzazate ou Noirs du Sine-Saloum, les hommes tombaient parce qu’ils valaient français, autant que les Orléanais. » C’est quand même curieux, là il n’y avait pas de contrôle au faciès. Tout le monde était gris, mesdames, messieurs, tout le monde était aussi gris que la terre de cendres qui marquait les visages et les noyaient dans la mort et la souffrance.
  • « Voilà pourquoi les canards boiteux, exilés, réfugiés, migrants, déshérités, handicapés, homosexuels, les ségrégués, tous ces bâtards du monde sont miens. » : Nous sommes soeurs, Fatou Diome, et pourtant au temps du féminisme et de la lutte pour les droits des femmes, lorsque ces slogans flottaient sur les bannières des manifestants, des ségrégués de tout poils continuaient à tenir les femmes pour une sous-catégorie de l’espèce humaine. Le respect est parfois unilatéral, mais que cela n’empêche pas d’avancer. Ma mère qui s’appelait Gangloff, réfugiée en Dordogne en 1942,  cheveux châtains et yeux bleus, était appelée « La boche » par équanimité. Elle était blanche, mais pas de la manière qu’il faut. Fatou, il faut que je te dise, dans le blanc aussi  il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
  • « Il faut enseigner l’Histoire et rappeler qu’au cours des deux grandes guerres mondiales, les ascendants des indexés pas-assez-d’ici, réquisitionnés ou volontaires, se battaient aux côtés des patriotes, mouraient en terre européenne, endeuillant l’Afrique pour l’avenir de la France, pendant que les traîtres à Marianne perdaient leur dignité au garde-à-vous devant la petite moustache outre-rhénane » . C’est curieux, n’est-ce pas, ces subites pertes de mémoire. La France, paraît-il, était à Londres, aux côtés du Général de Gaulle. Dans cette France-là, il n’y avait que des fantômes, tout le monde s’était carapaté ! On se demande alors qui étaient tous ces gens qui dénonçaient, ceux qui sanglés dans leur uniforme parfaitement repassé, venaient arrêter et déporter des gens qui étaient aussi français qu’eux.  Fatou, il faut que je te dise, dans le blanc aussi  il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

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Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (4)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Vous avez une amie noire, soit ! Devrions-nous vous décerner une médaille ? Est-il donc si difficile de nous aimer ? » Incroyable alibi, qui ferait d’un visage pâle un authentique xénophile antiraciste. Regardez, je montre patte noire mais mon âme est pure ! Dis-moi quels sont tes amis et je ne te dirai pas qui tu es.
  • « Honte à ces accueillis pas accueillants, devenus de redoutables diviseurs de la France ! Marianne porte plainte. » : Il y a parmi nous, des Français qui voudraient être plus français que d’autres, lesquels élite d’une ancienne immigration, ayant fait preuve de leur francité voudraient en interdire l’accès à ceux qu’ils jugent moins méritants qu’eux. Ils ont prévu tout un parcours d’obstacles afin de tester votre appétence à la nationalité. Qui aime bien, châtie bien.
  • « Autant qu’à vous, la France, en sa liberté, appartient aux descendants de ceux qui sont morts pour la défendre. » J’ai vu il y a deux jours, aux Actualités, que d’anciens tirailleurs sénégalais s’étaient vus octroyer la nationalité française par notre Président de la République. La nationalité n’est pas question d’opportunisme, ce n’est pas le refrain « je t’aime, je te jette ». Merci encore à tous ceux qui nous permis d’être et de rester français.

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Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (3)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Qu’ils sachent qu’ici comme ailleurs, l’identité de toute nation, ce sont d’innombrables ruisseaux, de longueurs, de saveurs et de couleurs différentes, qui versent tous dans le même fleuve. » Voilà toute la fierté de notre littérature, ces innombrables mots qui roulent sur les galets, qui ont la saveur des contrées lointaines, qui remodèlent nos paysages intérieurs et nous permettent de repousser l’horizon. La langue se nourrit de tous ses ailleurs, de la Bretagne, du Pays basque, ou de la Réunion. De tous ces endroits dans le Monde où l’on parle le français, en le tissant de tournures particulières, et d’un vocabulaire inédit. Voir les très belles initiatives en Guadeloupe, où le français se nourrit du créole.
  • « La France est multiple, ses passions successives, ses idoles innombrables, son identité lui ressemble. » : La France au carrefour de toutes les confluences, aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands artistes, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Ionesco, Tahar ben Jelloun, Milan Kundera et tant d’autres ont caressé la langue française.
  • « La France n’a aucune raison d’avoir peur, c’est son ouverture, l’amour qu’on lui porte de par le monde et la liberté qu’on y vient chercher qui la protègent, même de vous. » La France, terre d’accueil, s’est enrichie de tous ceux qui ont foulé son sol et s’y sont installé. Nombreux sont nos hommes et femmes politiques qui viennent d’ailleurs, faut-il le rappeler ?

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (2)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « […]il s’agit d’agir pour, de susciter un élan. » Nous avons vraiment l’impression que cette campagne s’articule contre, contre les étrangers, contre l’Europe, contre … contre… les fraises pas assez sucrées, le vent un peu trop frais, le café amer, contre…
  • « Parce que le savoir ôte de la force à la haine, l’éducation reste le meilleur antidote face aux menaces qui guettent la société. » : Oui, bien sûr, mais les SS étaient parfaitement éduqués et retrouvaient leurs familles le soir après avoir envoyé à la mort des centaines de Juifs. Certains cadres de partis qui prônent la haine et le repli ont usé leurs culottes sur le banc des grandes écoles ou des universités.  Et dans nos classes, certains esprits semblent imperméables aux discours humanistes, occupés la plupart du temps à vouloir en découdre avec le voisin ! La haine aussi se transmet, ailleurs que sur les bancs de l’école (enfin depuis on a mis des chaises).
  • « Pour communiquer avec Marianne, j’ai invité mes pangôls, esprits de mes ancêtres ceddos, voici mes masques animistes, mes calebasses de mil, mes jarres de lait caillés destinées aux libations, mes danses endiablées, mes polyphonies, ma musique composite, ma plume de pélican, mon encre mauve d’errance, ma franco-sénégalaise langue aux sept accents et même cette grosse fraise sous mon décolleté. » Et nous sommes heureux de ces merveilleux cadeaux que tu nous apportes, et je les contemple émerveillée, je ne me lasse pas de tes trésors et de cette langue aux sept accents qui nous emporte et nous ravit. La beauté de cette langue, la force de ton art (Excuse-moi je te tutoie, mais nous sommes compagnonnes de lutte, cela crée forcément une intimité), devrait contraindre à l’humilité tous ceux qui ne possède pas plus de quatre ou cinq mots à leur vocabulaire, tellement leurs idées sont rases, au niveau de leur gazon (s’ils en ont un). Parfois dans ma classe, parmi toutes ces têtes (dont très peu sont blondes), je surprends une future Fatou faire un clin d’oeil au destin.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio