Romancières marocaines au Salon du livre de Paris, mars 2017 : Et ton absence se fera chair de Siham Bouhlal

Et ton absence se fera chair par Bouhlal

Et ton absence se fera chair : Un roman érotique émouvant de Siham Bouhlal, 5 juillet 2016, éditions Yovana

Siham Bouhlal est une romancière, poète et médiéviste née à Casablanca dans une famille originaire de F7s et installée en France depuis vingt-sept ans. Titulaire d’un doctorat en littérature de l’Université de Paris-Sorbonne, elle se consacre à la traduction de textes médiévaux. L’art de vivre, le fonctionnement de la société arabo-musulmane classique, la pratique d’un certain islam « ancien » restent ses sujets de prédilection. La question de l’amour courtois, du corps et de l’acte amoureux dans son ensemble demeurent aussi une obsession chez elle.

Publié un peu moins d’une dizaine d’années après la mort de son grand amour, Driss Benzekri, figure de proue des droits de l’homme, marocain, décédé des suites d’un cancer en mai 2007, Siham Bouhlal évoque l’absence et sa douleur et tente de faire revivre son amour par le pouvoir d’évocation des mots. L’écriture est lutte contre l’oubli et recréation des moments du passé. Elle tente de faire revivre la présence dans le creux même de l’absence car ce qui est vécu ne peut être écrit dans le même temps qu’il est vécu. Elle est témoignage, résurrection et trahison, fantasme et récit.

Le désir est évocation de l’absent : « Amarg, c’est le désir qui erre dans le désert, cherche l’aiguade, l’atteint encore brûlant mais essoufflé, anéanti, qui s’y jette, s’y consume, s’en emplit, s’y renforce et puis, plus sûr de lui encore, plus puissant, qui continue à chercher, qui devient encore plus « désir » à chaque fois. »

Un désir qui oublie son objet est condamné à l’errance sans fin dans les méandres d’un deuil impossible à accomplir.

C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de ce livre, une ode à l’aimé disparu, une dernière tentative contre l’oubli, la volonté de détourner l’absence au profit du sentiment intérieur de la présence à l’autre. Une révolte contre le sort, en fin de compte inutile. Il ne reviendra pas. Et le livre en est le constat. Des bribes de souvenir s’enfuient déjà. Pourtant, qui a véritablement aimé, connaît la force de ce sentiment, de cette présence intérieure qu’acquiert l’aimé lorsqu’il disparaît. L’absence est totale présence de l’autre à soi-même. Et lorsque ce sentiment, la plupart du temps anesthésié pour que l’endeuillé puisse continuer à vivre sans sombrer dans la folie, resurgit, c’est avec la même force et la même violence, comme un coup de poing à l’estomac. La douleur, elle, s’atténue.

J’ai trouvé très curieux cette partie du titre : un roman érotique émouvant. Même si l’union des corps y est célébrée, je ne qualifierais pas ce roman d’« érotique », mais de conversation intérieure, à laquelle se joignent les voix d’inconnus, qui aident au tissage, la voix de ceux qui lisent avec leurs amours présentes, passées ou à venir.

Tahar Ben Jelloun au salon du livre de Paris Mars 2017. L’écrivain et les femmes …

Dans son livre « Le terrorisme expliqué à nos enfants » Tahar Ben Jelloun tente d’expliquer  le rapport à la femme des extrémistes qui selon lui est « un problème de sexualité non résolu » et a pour conséquence d’empêcher la femme d’être libre, de la rendre invisible dans l’espace public sous quantité de voiles et de la cantonner à un statut de mineure.

Pour les extrémistes, le corps des femmes est une véritable obsession, il est complètement érotisé et objet de tentation permanente. Ce qui signifie également que le regard des hommes est lui-même érotisé à l’extrême et obsessionnel. Le corps ne peut être détaché des significations qu’on lui prête et chaque parcelle de peau est surgissement du désir, il n’y a pas d’espace neutre où le corps est simplement corps fait pour se mouvoir, pour s’alimenter et pour s’émouvoir. Il s’agit alors d’un corps trivial, voué uniquement au désir et à la reproduction. Selon l’auteur, cela provoque aussi la peur de l’islam, car dans certains pays musulmans : « la femme ne jouit pas des mêmes droits que l’homme », « la polygamie est autorisée, la répudiation aussi, et même la lapidation ».

Dans une interview donnée au journal MarocHebdo, il confie : « Mes premiers livres parlaient de la condition de la femme dans mon pays, puis j’ai abordé la question des relations entre l’homme et la femme dans la société marocaine musulmane, traditionnelle. » , « « Respecter une femme, c’est pouvoir envisager l’amitié avec elle ; ce qui n’exclut pas le jeu de la séduction, et même, dans certains cas, le désir et l’amour. »

Fakhereeddine RADI a publié une thèse sur « Figure de la femme dans les romans de Tahar Ben Jelloun » dont le sujet est celui-ci : « La tragédie du personnage féminin dans certains écrits de Tahar Ben Jelloun, au regard de la réalité, sociale, religieuse, culturelle, économique et politique impose une analyse herméneutique des contours de la situation authentique de la femme marocaine, d’hier et d’aujourd’hui. Cette démarche tentera, dans un premier temps, de mettre en lumière, l’imaginaire littéraire qui met le thème du fantasme de la décadence, de l’érotisme exacerbé et de la volupté débridée au cœur du dispositif narratif chez l’auteur marocain. L’ébauche analytique,des figures féminines dans les romans choisis dans cette étude, cheminera vers l’exposition d’un modèle féminin stéréotypé qui met en exergue la relation conflictuelle de Tahar Ben Jelloun, auteur francophone et francophile par excellence, avec certaines formes de la culture marocaine. Cet apport permettra en fin la mise en évidence d’une forme de nomadisme linguistique mêlant exotisation, oralité et langue française dans un processus de recyclage et de renouvellement thématique constant et permanent. »

Il razzismo spiegato a mia figlia”, di Tahar Ben Jelloun, è un ...

Salon du livre de Paris Mars 2017 Kaoutar Harchi présente « L’Ampleur du saccage »

Poétesse marocaine – Salon du livre de Paris – Mars 2017/ Ce que je veux ? Siham Bouhlal

 

Ce que je veux ?

 

Que tu vois

Mon désir

Se consumer sous les cyprès

Puis incendier

L’Univers et

Voir ton désir

Envahir mon sol

Puis laisser jaillir

Son arc-en-ciel.

Siham Bouhlal

                                                                                                                                                                                                                                                                     Ensemble –

Héloïse Dorsan Rachet

Chanson douce – Leïla Slimani

Le Prix Goncourt 2016 – disponible à la médiathèque ...

Leïla Slimani – Chanson douce – Editions Gallimard 2016

A peine ouvre-t-on le livre, la première phrase vous saute au visage avec une violence inouïe. Le bébé est mort. Pourquoi, dans quelles circonstances, on ne le sait pas encore. Par petites touches, Leïla Slimani, brosse le portrait des différents protagonistes de l’action, celle qui a précipité la mort du petit.  Elle ne s’embarrasse pas de fioritures, la langue est concise, presque sèche mais efficace et aussi redoutable qu’un scalpel.

Elle analyse les rapports de domination et de soumission. La nounou, si parfaite, qui devance les moindres désirs de ses patrons, ne vit plus qu’à travers eux ; elle a aboli toute distinction entre sa vie privée et sa vie professionnelle, et chaque humiliation est ressentie comme une injure que rien ne vient amortir, parce qu’elle est ressentie à travers le prisme de la sensibilité et de l’affect.

Les patrons Myriam et Paul font partie de cette classe aisée, éduquée et cultivée qu’on appelle les « bobos » parisiens, parce qu’ils ont des valeurs dues à leur éducation, mais que leur réussite professionnelle ou leur ambition amènent à distendre de telle façon qu’ils basculent sans le vouloir dans la cruauté.

Au fond, ils ne se préoccupent pas de leur nounou, Louise, et ils ne savent rien d’elle, trop préoccupés par leur propre réussite. Ils vivent à cent à l’heure et n’ont jamais le temps. Ils naviguent à vue entre désir et culpabilité.

Myriam surtout voudrait être une mère parfaite mais souhaite aussi réussir sa vie professionnelle. Femme moderne, elle est conduite à déléguer une part importante de la vie affective de ses enfants à Louise.

Mais à force d’ignorer l’autre, cette indifférence sauvage qui consiste à ne penser qu’à soi va les conduire au drame. On assiste, impuissants, à la montée de la folie de Louise.

Un petit clin d’œil de Leïla Slimani, à propos d’une nounou maghrébine : « Elle craint que ne s’installe une complicité tacite, une familiarité entre elles deux. Que l’autre se mette à lui faire des remarques en arabe. A lui raconter sa vie et, bientôt, à lui demander mille choses au nom de leur langue et de leur religion communes. Elle s’est toujours méfiée de ce qu’elle appelle la solidarité d’immigrés. »

Les femmes et la littérature : Leïla Slimani

THE VIEW FROM FEZ: Art and Literature at the French Institute in Fez

« On écrit parce qu’on a une forme de souffrance en soi ou quelque chose en tout cas comme une … vous savez Céline, grand écrivain français, il disait : « Un écrivain c’est quelqu’un qui a une plaie et qui passe son temps à remuer le stylo dans la plaie ». Il faut surtout jamais laisser cicatriser. C’est ça le principe d’un écrivain. Le jour où tu cicatrises, tu n’écris plus. »

Conférence au Connect Institute

 

Leïla Slimani parle de son roman « Chanson douce »

Pénélope Bagieu – Culottées Tome 1

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Ce premier opus écrit et dessiné par Pénélope Bagieu retrace la vie et les oeuvres de femmes  au destin singulier, qui ont marqué leur temps ou plus modestement la vie de leur entourage si ce n’est celle de leurs contemporains. Il est souvent très émouvant, car en guise de faits d’armes, il s’agit pour certaines de ces femmes de s’accepter, et de revendiquer leur identité, je pense notamment à l’histoire de la femme à barbe et de sa pilosité toute masculine ou à celle de Margaret Hamilton qui rêvait de jouer des rôles romantiques mais que le physique jugé disgracieux obligea à jouer des rôles de sorcières, mais aussi  à Christine Jorgensen qui naquit homme mais se sentait femme. Toutes ces femmes ont en commun un courage magnifique, une ténacité incroyable et certainement une personnalité hors du commun : pour preuve l’histoire de Giogina Reid qui pour sauver le phare de sa région, conçut et réalisa pendant plus de quinze ans, avec l’aide de bénévoles,  un dispositif ingénieux pour empêcher l’érosion de la falaise sur laquelle il était juché.

Elles ont toutes pour dénominateur commun, d’inventer, de créer et de refuser de rentrer dans le rang : Annette Kellerman révolutionna le maillot de bain féminin, Delia Akeley, divorcé de son explorateur de mari, se lança à son tour seule dans l’aventure, Tove Jansson vécut son homosexualité tout en créant sa série de Moumines que, devenus embarrassants, elle refourgua à son frère, Agnodice alla étudier la médecine en Egypte pour contourner l’iniquité des lois athéniennes en – 350, qui interdisaient au femmes d’étudier et d’exercer la médecine, et Lozen, femme apache, au XIXe siècle refusa de se marier pour pouvoir combattre.

Oui, ces femmes se moquent bien de ce qui est interdit et n’en font qu’à leur tête, quitte à prendre la culotte réservée aux hommes.

Elles prirent également le pouvoir politique ou combattirent l’oppression : Wu Zetian devint la première impératrice de Chine, Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba, et Las Mariposas, quatre sœurs courageuses et têtues combattirent la dictature de Trujillo au péril de leurs vies.

Quant à Josephine Baker, tout le monde connaît sa vie ou presque, mais le coup de crayon de Pénélopé Bagieu la fait revivre avec talent sous nos yeux. Pour finir j’évoquerai l’histoire de Josephina van Gorkum qui imagina un stratagème très efficace et néanmoins poétique pour défier les traditions de son pays qui maintenaient les différentes communautés dans une sorte de ségrégation interdisant aux époux d’être enterrés ensemble s’ils étaient de confessions différentes.

Je ne voudrai pas oublier Leymah Gboweee qui obtint le Prix Nobel de la Paix grâce à son action auprès des femmes du Liberia et parvint à alerter la communauté internationale sur les exactions au Liberia, rassembla les femmes de toutes confessions dans la lutte, et lorsque Charles Taylor accepta de quitter le pouvoir, battit la campagne pour convaincre les femmes d’aller voter. C’est ainsi que Ellen Johnson Sirleaf devint la première présidente d’Afrique.

Oui, beaucoup d’émotion dans cette BD, une émotion douce qui laisse le coeur ravi.

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Pénélope Bagieu – Culottées / des destins de femmes célèbres ou méconnues

Claza Zetkin

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Il est vraiment dommage que les écrits de Clara Zetkin soient si difficiles à trouver en France car elle fut une figure féminine de premier plan au début de ce siècle et milita activement pour les droits des femmes.

Née le 5 juillet 1857 à Wiederau en Saxe et morte près de Moscou le 20 juin 1933, elle a été enseignante, fervente militante et journaliste. Elle a dirigé en 1892 le journal l’Egalité qui a été l’organe des femmes socialistes allemandes et, pacifiste, a créé avec Rosa Luxembourg, autre figure éminente, la création du parti communiste allemand.

Forte de sa position de secrétaire internationale par les déléguées socialistes de quinze pays, on lui doit  la journée du 8 mars, « Journée Internationale de lutte pour les droits des femmes ».

Députée au Reichtag durant la République de Weimar de 1920 à 1933, ses interventions contre Hitler en 1932 firent grand bruit. Mais victime de terribles pressions et menaces de la part des nazis, elle a été contrainte à l’exil et a trouvé refuge en Russie où elle a été élue présidente de l’Internationale des femmes.

« Les murs de sa maison gênent plus la femme qu’il ne la protège ».

Selon Geneviève Brisac, dans un article publié dans le Monde diplomatique en 1981, à l’occasion du livre « Batailles pour les femmes », recueil en français de ses écrits : « Mais les écrits théoriques témoignent, chez une dirigeante de cette envergure, d’un étonnant manque de confiance en soi ; elle n’avance qu’à l’abri de Marx, de Bebel ou de Lénine, et, dès que celui-ci sourcille, bat en retraite, terrorisée à l’idée de sombrer dans le féminisme. Ainsi la force créative est-elle relativement absente de ce recueil qui trace le portrait d’une grande organisatrice, d’une femme de parti qui fit beaucoup pour la syndicalisation et la politisation des ouvrières de ce début de siècle, mais qui n’apporta pas grand-chose à l’élaboration d’une théorie de leur libération. Et cela en dépit de son immense expérience de militante et de journaliste circulant sans cesse dans toute l’Europe. »

 

Les romancières et essayistes marocaines (ou franco-marocaines)

couverture Le diable est dans les détails Leïla SlimaniParlez-moi d'amour ! par Trabelsi

 

Bouthaina Azami, Lamia Berrada Berca, Siham Bouhlal, Zakya Daoud, Kaoutar HarchiMaria Guessous, Halima Hamdane, Maï-do Hamisultane Lahlou,

Résultat de recherche d'images pour "Au café des faits divers (La Croisée des Chemins, Casablanca, 2013)"

Résultat de recherche d'images pour "Et ton absence se fera chair : un roman érotique émouvant, Yovana, 2015."Résultat de recherche d'images pour "La révolution arabe (Perrin, 2015)."

Asma Lamrabet, Leïla Slimani (Prix Goncourt 2016) , Bahaa Trabelsi, Zakia Iraqui Sinaceur

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seront présentes au salon du livre de Paris du 24 au 27 mars 2017

Journée des droits de la femme…

 

C’était hier la « Journée des droits de la femme » (Je rectifie), et je n’ai rien publié. A vrai dire, sur ce blog, les créations des femmes sont à l’honneur toute l’année, même si en ce moment je suis très occupée par ma vie professionnelle, ce blog a toute ma tendresse et sert de veille. Il continuera à explorer l’immense richesse des productions littéraires des femmes dans le monde entier. Vive la littérature !

La chambre de Médée, texte et mise en scène de Alain Ubaldi/ Le mythe encore une fois revisité.

Festival Féminin pluriel du 20 février ou 1er avril 2017

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Nous en avons déjà parlé ici, sur ce blog, mais le plafond de verre ne se limite pas aux entreprises, à la littérature ou à la bande-dessinée (littérature de bande-dessinée) mais règne aussi dans le domaine des arts du spectacle vivants et du théâtre, dont nous parlons de temps en temps sur ce blog grâce aux liens étroits qu’il entretient parfois avec la littérature : selon le Parisien, « seulement 21 % des directeurs de théâtre en France et 27 % des metteurs en scène étaient des femmes ». Le réseau Créat’yve, association composée de directeurs de théâtre des Yvelines, a décidé de réagir  et de montrer un pan peut-être méconnu de la création féminine dans ce domaine. Jusqu’au 1er avril prochain (Alors, il n’est pas trop tard , même si nous avons raté le coche depuis quelques jours), le premier festival « Féminin pluriel » va battre son plein dans les Yvelines et dans le Val d’Oise,  avec 28 spectacles montés, mis en scène, joués, dansés, chantés par des femmes, un peu partout, notamment  à la Ferme de Bel-Ebat à Guyancourt. à l’Onde à Vélizy-Vill à La Lanterne à Rambouillet. acoublay, au théâtre du Vésinet.  au théâtre Eurydice Esat à Plaisir, à La Lanterne à Rambouillet, salle Malesherbes à Maisons-Laffitte, au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie, au Colombier à Magnanville, au Prisme à Élancourt et quelques autres salles.

Vous pouvez retrouver le programme sur le site de Creat’yve :  http://www.creatyve.eu/femininpluriel-programmation

Métamorphoses – Aurélie Van Den Daele
Lorenzaccio – Catherine Marnas
Regarde les lumières mon amour – Clotilde Moynot
Le songe d’une nuit d’été  Lisa Wurmser
Camille, Camille, Camille – Marie Montegani
On va faire la cocotte – Hélène François et Emilie Vandenameele
Fratries – Eve Ledig
Antigone – Lucie Berelowitsch
C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde – Les Filles de Simone (Au mois de mai, elles seront à Poissy !)
Le saut de l’ange – Aurélie Van Den Daele
Les nouveaux maîtres du monde – Marie-Charlotte Biais

 

L’amie prodigieuse (tome 3) Celle qui fuit et celle qui reste de Elena Ferrante

L'amie prodigieuse, tome 3 : Celle qui fuit et celle qui reste par Ferrante

L’amie prodigieuse (tome 3) Celle qui fuit et celle qui reste de Elena Ferrante, traduit de l’italien par Elsa Damien, Gallimard 2017

Nous retrouvons nos deux héroïnes, Elena et Lila, dans l’Italie de la fin des années soixante, emportées par les soubresauts de l’histoire : les événements de mai 68, le féminisme dont les mouvements commencent à s’organiser, les attentats. Elena tente de trouver le bonheur au sein de son couple, et Lila commence une période plus heureuse, couronnée de succès mais toujours liée à la mafia. Son intelligence trouve enfin sa récompense et lui permet une certaine ascension sociale.

Elena étouffe auprès de son mari Pietro et Nino, le beau Nino qui lui avait chaviré le cœur revient dans sa vie. Elle se rend compte de tout ce qu’il lui a fallu sacrifier pour pouvoir réussir.

« J’avais conscience que l’école avait rejeté mes frères et sœur simplement parce qu’ils avaient été moins obstinés que moi et moins disposés aux sacrifices. »

Elle se souvient de la misère du quartier et de la bataille perdue de son amie à qui son père avait interdit de continuer ses études. Et la culpabilité qu’il lui a fallu porter pour cela. Qui l’avait rendue illégitime à ses propres yeux.

« Les études étaient considérées comme un truc d’enfants astucieux pour éviter de se fatiguer. Comment pourrais-je expliquer à cette femme, me dis-je, que depuis mes six ans, je suis esclave des lettres et des nombres, que mon humeur dépend de la bonne combinaison avec lesquels ils sortent, et que la joie de réussir est rare, fragile et ne dure qu’une heure, un après-midi ou une nuit ? »

L’Italie est en proie à des mouvements violents qui la secouent, période qu’on nommera les années de plomb. Des amis disparaissent emportés par la violence des embrasements de la lutte armée.

Elena doit choisir désormais quel avenir lui appartient…

Cet opus n’est pas le moins passionnant des trois. On suit le parcours de ces jeunes femmes si attachantes, si singulières et universelles à la fois. On se laisse embarquer encore une fois, et il faut bien terminer le livre même si on a tout fait pour le faire durer le plus longtemps possible. On peut se rassurer, il y aura un quatrième tome, mais ce sera le dernier …

Etre femme et écrire : Claude Pujade-Renaud et le déclic de l’écriture

« Tout n’est pas transférable. Mais lorsque j’écris, j’essaie de ne pas perdre le contact avec une sorte de pulsation du dedans qui conserve tout de même quelque chose de corporel et une respiration. Parfois il y a une pulsation, une respiration qui passe dans la phrase.
L’apprentissage du sport puis de la danse m’a montré que souvent il faut « tenir bon ». Affiner un geste, trouver le mot, modifier le rythme d’une phrase n’est pas donnée d’emblée. C’est valable pour n’importe quelle activité. 90% de transpiration, 10 % d’inspiration. »

Entretien avec Claude Pujade-Renaud paru dans le n°13 de la revue Contre-pied, novembre 2003, page 74. Revue du centre national d’étude et de formation, EPS et société.

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Quelques-uns de ses livres pêle-mêle …