Printemps des poètes : le désir féminin (5) Thérèse Plantier

Parce que j’avais senti la première odeur de l’été

j’avais cru que je vivrais mille ans

auprès de toi

mais j’étais en retard il aurait fallu

prendre le train de tes yeux

puis descendre à contre-voie

parmi les bardanes et les orties violettes

battre les buissons tambouriner dessus

avec des paumes de laine

cardée par les ronciers

l’avenir se chargea de me détromper

vira au bleu-silence

tandis que les gousses des genêts-à-balai

percutaient sec sur le ciel

plié à gauche dans l’odeur de tes doigts.

(Chemins d’eau, 1963)

Un moment liée avec les surréalistes, dans la force de tous ses appétits, poétesse à la fois baroque et libertaire.

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