Archives pour la catégorie Actua-Litté

Survivre le coeur des femmes / Vidéo/Festival America 2018

F…comme Féminisme : Le Deuxième Sexe – Festival America 2018

Dilili à Paris, un conte féministe de Michel Ocelot

Michel Ocelot, pour la première fois, met en scène une héroïne, une petite fille nommée Dilili.

« Au départ, je veux défendre les femmes et les petites filles qui ont besoin d’être défendues partout dans le monde et pour défendre les petites filles, je me suis dit qu’il fallait que ce soit une petite fille, et c’est comme ça qu’elle est arrivée. En choisissant Paris en 1900 pour la beauté des costumes et des décors, je me suis dit mais en 1900 à Paris, il n’y a que des blanchâtres, il faut que je trouve un peu plus de couleurs, j’ai trouvé Chocolat et Randolph le barman grâce aux peintures de Toulouse Lautrec, et j’ai fait venir de Nouvelle Calédonie une petite kanake, qui est venue tout naturellement, parce qu’on faisait des villages reconstitués indigènes dans les jardins publics », explique Michel Ocelot lors des interviews.

Dilili enquête, en compagnie de son ami Orel, jeune coursier parisien, sur la disparition de petites filles, dans le Paris de la Belle-Epoque. Ce sont les maîtres-mâles qui sont à l’origine de ces enlèvements de fillettes. Un conseil de guerre, composé de Sarah Bernhard, Marie Curie et Louise Michel, va se tenir afin de préparer un plan d’attaque et et mettre ces bandits hors d’état de nuire.  C’est cependant la cantatrice Emma Calvé, qui va accompagner la fillette dans ses aventures. Ce film est aussi une galerie des intellectuels et des artistes de cette époque, Marcel Proust, Claude Monet, Auguste Renoir… Mais ce sont les femmes toutefois qui tiennent le haut du pavé. Ce sont elles qui sont d’ailleurs menacées, car les premières étudiantes sont acceptées dans les Universités, et les premières chercheuses, avec Marie Curie, marquent de leurs noms les découvertes scientifiques. Dilili est aussi une jeune métisse, dont l’identité est parfois contestée, trop noire pour les « blancs », trop blanche pour les « noirs » – si tant est qu’il y ait des blancs et des noirs – « blessure secrète qui s’ajoute aux autres », dit le personnage d’Emma Calvé.

Dilili est une petite fille qui me tient particulièrement à cœur.

Dilili est devenue messagère de l’UNICEF en faveur des petites filles,  « Nous, les filles, avons le droit de grandir, de découvrir le monde et d’étudier en sécurité. La curiosité des filles ne doit connaître aucune limite. Avec l’UNICEF donnons aux filles le pouvoir d’inventer l’avenir. Nous délivrerons toutes les filles pour qu’elles puissent vivre leur enfance », promet-elle. 
Vu sur: https://www.unicef.fr/article/dilili-heroine-de-michel-ocelot-devient-messagere-de-l-unicef

Girl – un chef d’oeuvre !

Girl est un film belge réalisé par Lukas Dhont, sorti en 2018 au Festival de Cannes 2018. Il est sélectionné en section Un certain regard au Festival de Cannes 2018 et remporte la Caméra d’or, le Prix FIPRESCI et la Queer Palm, alors que Victor Polster remporte le Prix d’interprétation de la section Un certain regard. (Wikipédia)
Date de sortie :   10 octobre 2018 (France)
Réalisateur : Lukas Dhont
Bande originale : Valentin Hadjadj
Récompenses : Caméra d’or, Prix du milleur acteur un certain regard
Langues : Néerlandais, français
Ce film porte magnifiquement la voix d’une adolescente qui a choisi de quitter son sexe biologique pour être en accord avec elle-même.  En effet nos identités sexuelles sont multiples et ne coïncident pas toujours : chromosomique, anatomique, 
hormonale, sociale et psychologique, elles sont autant de manières d’être soi. 
Tous ceux qui en éprouvent les ambiguïtés doivent emprunter des chemins parfois épineux pour retrouver une cohésion personnelle et une identité plus stable.
L’adolescence est un âge où les mouvements du cœur et l’urgence du désir portent à leur paroxysme les possibles contradictions. C’est la grande force du film d’exploiter les ressorts de l’adolescence pour en nourrir la narration, les mouvements intérieurs du personnage guident l’écriture cinématographique.
Ce personnage est porté avec une grande justesse, une grâce infinie, par le jeune prodige Victor Polster, né à Bruxelles en 2002, danseur à l’École Royale de Ballet d’Anvers. Il a seulement 14 ans quand il incarne le personnage sous la direction de Lukas Dhont.
A voir absolument !

F..comme Festival

 

Festival America – Que deviennent les hommes ? Dimanche 23 septembre 2018 de 15H00 à 16H00

Que deviennent les hommes ?

dimanche 23 septembre 2018 de 15h00 à 16h00
Cœur de ville – Pôle documentaire Localisation

Animé par Jean-Claude Raspiengeas

Trois écrivains, trois hommes qui ont pris leurs semblables pour sujet littéraire. Est-ce pour faire l’éloge de la masculinité canadienne ou pour sonder les failles du mâle dominant ? Qu’ont donc appris en chemin ces trois auteurs ? Que cherchaient-ils en fin de compte ?
En présence de :

Interview Anaïs Barbeau-Lavalette

Merveilleuse nouvelle ! Accréditation presse pour Litterama et le Festival America !

Litterama, les femmes en littérature et moi avons obtenu une accréditation presse autour de notre projet pour le Festival America ! Toutes ces années de recherche et de travail prennent tout leur sens ! Youpiiiiiiii !

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Rencontre autour de TANGENTE de Nina Chataignier  et  ENQUÊTE SUR UNE ÉVAPORATION AVANT OUBLI  d’Aurore Jacob

Les éditions Koiné,  Nina Chataignier et Aurore Jacob organisent une rencontre autour de
 TANGENTE de Nina Chataignier 
et 
ENQUÊTE SUR UNE ÉVAPORATION AVANT OUBLI  d’Aurore Jacob
 
Vendredi 21 septembre  à partir de  18 h 30
Librairie Théâtrale 
3, rue de Marivaux 75002 Paris
Nina Chataignier s’est formée au Théâtre 14 et à l’École du Magasin, puis a obtenu une Maîtrise d’Arts du Spectacle et un Master Professionnel de Mise en Scène et Dramaturgie. Sa pièce Tangente a reçu l’Aide à la Création – Encouragements d’Artcéna (Centre National du Théâtre) ainsi que la Bourse de la Fondation Beaumarchais (SACD). Elle a été lue en Décembre 2017 à la Comédie Française dans le cadre du Bureau des lecteurs et au Théâtre de l’Aquarium en avril 2018. Elle sera présentée au TAPS de Strasbourg en Mars 2019.

Aurore Jacob obtient un Master de théâtre à la Sorbonne en 2008, avant de troquer la théorie pour le plateau. Elle a participé à plusieurs projets de performance, d’écriture de plateau en plus de son travail personnel d’écriture. Elle a bénéficié de résidences à la Chartreuse.

Aurore Jacob a écrit une douzaine de pièces, dont certaines ont été publiées par Théâtre Ouvert, En Acte(s), Lansman. 

Enquête sur une évaporation avant oubli a été accompagné par le Collectif À mots découverts, a fait partie de la sélection du comité de lecture du Panta Théâtre en 2016, de la Sélection Fabulamundi. Playwriting Europe 2015 – 2016 et a été lu à la bibliothèque de l’Odéon en juillet 2014.

 
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Le Canada invité au Festival America du 20 au 23 septembre 2018

Parmi les auteurs invités, vingt-huit sont canadiens, et sur ces vingt-huit, dix seront des femmes. C’est le hasard, je pense qu’il n’y a pas lieu de faire ici du mauvais esprit. Tout de même, ce n’est pas loin de la moitié ! Aie, c’est vraiment tout près du tiers… Enfin, si on se met à compter, on n’est pas sorti de l’auberge, comme disait ma grand-mère !

Je suis sûre qu’il y a une explication toute simple :

  • Elles ne peuvent pas faire garder les enfants.
  • Elles ont déjà pris toutes leurs vacances.
  • Elles se sont fait voler leurs papiers d’identité, et comme tout le monde le sait, ça prend un temps fou pour les faire refaire.
  • Au Canada, les femmes écrivent moins que les hommes, elles ont mieux à faire (shopping ?manucure ?).
  • Elles écriraient moins bien ?

Je blague bien sûr, et quand on aime, on ne compte pas.  Des progrès sont nets en France, si on consulte l’Observatoire des inégalités 2018,  la Part des femmes parmi les lauréat·e·s de quelques prix littéraires emblématiques, 1900-2017, est de 41%. La Part des femmes dans les jurys de quelques prix littéraires emblématiques, 2012-2017, est de 38% pour la composition de ceux-ci et 18% sont présidentes desdits jurys.

« Dans la majorité des domaines, les femmes sont exclues de la consécration artistique. []Malgré le nombre significatif de femmes dramaturges ou mettant en scène des pièces de théâtre, la part de femmes sélectionnées ou primées est très faible, sans présenter d’amélioration réelle depuis les années 1990.

Le livre est l’un des rares secteurs dans lequel les femmes reçoivent des prix (tableau 55), en dépit de jurys majoritairement masculins (tableau 54). » Observatoire des inégalités 2018

Mais qu’en est-il du Canada ?

Difficile de trouver des informations pour le Canada dans son intégralité, des études distinctes ont été réalisées pour le canada francophone et anglophone, mais elles commencent à dater. A la lecture des grands titres rencontrés sur le web, il semble que la situation soit assez similaire à celle que les femmes vivent dans le reste du monde occidental, mais je n’ai pas plus de précision. Si des canadiens passent par-là, peut-être pourront-ils nous éclairer ?

Qu’à cela ne tienne, nous essaierons de compenser cela en leur donnant un peu plus de visibilité. Il est très important que les français fassent véritablement leur connaissance.

Qui sont-elles ?

Margaret Atwood –  Anaïs Barbeau-LavaletteNaomi FontaineCatherine-Eve GroleauEmma HooperNancy LeeJulie MazzieriAndrée A Michaud Heither O’NeillLise Tremblay

Qui sont-ils ?

Christophe BernardDavid Chariandy – deWitt Patrick – Dickner Nicolas – El Akkad Omar – Goudreault David – Grenier Daniel – Guay-Poliquin Christian –  Hardcastle Kevin – Larue Stéphane –  McCabe Alexandre – Morissette Guillaume – Plamondon Éric – Reid Iain – Vigna John – Villeneuve Mathieu Wilson D.W. – Winter Michael

Nous lirons aussi un écrivain américain : Gabriel Tallent avec My absolute darling

Lecture des monologues du recueil Embras(S)ser la nuit

Lecture des monologues du recueil Embras(S)ser la nuit, Claire Barrabes, Marie-Pierre Cattino, Sabine Revillet et Sarah Pèpe, le jeudi 13 décembre 2018, Bibliothèque Lancry, Paris 10eme.(Rue de Lancry, près de la place de la République). A confirmer car la maison d’édition mentionne le 18e.

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Challenge « Lire Margaret Atwood »

A l’occasion de la venue de Margaret Atwood au Festival America à Vincennes, je propose à ceux qui le souhaitent de lire en commun autour de cette auteure magnifique et prolifique.

Plusieurs parcours de lecture sont possibles :

Etincelle : 1 à 2 œuvres- Philisine Cave de Je me livre

Oeil-de-chat : 3 et 4 œuvres

Captive : 5 et 6 œuvres

L’odyssée  : Plus de 6

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Voici sa bibliographie sur Wikipedia

Œuvre

Son œuvre se compose d’une quinzaine de romans, nouvelles, de recueils de poèmes et d’essais.

Romans

Trilogie romanesque Le Dernier Homme

  1. Le dernier homme, Robert Laffont, 2005 ((en) Oryx and Crake, 2003)
  2. Le Temps du déluge, Robert Laffont 2012 ((en) The Year of the Flood, 2009)
  3. MaddAddam, Robert Laffont, 2014((en) MaddAddam, 2013)

Autres romans

  • La Femme comestible, Robert Laffont, 2008 ((en) The Edible Woman, 1969)
  • Faire surface, Grasset, 1978 ((en) Surfacing, 1972)
  • Lady Oracle, Étincelle, 1980 ((en) Lady Oracle, 1976)
  • La Vie avant l’homme, Robert Laffont, 1981 ((en) Life Before Man, 1979)
    Publié également sous le titre La Vie devant l’homme aux éditions Quinze en 1981
  • Marquée au corps, Étincelle, 1983 ((en) Bodily Harm, 1981)La Servante écarlate
  • La servante écarlate, Robert Laffont, 1987 ((en) The Handmaid’s Tale, 1985)
  • Œil-de-chat, Robert Laffont, 1991 ((en) Cat’s Eye, 1988)
  • La Voleuse d’hommes, Robert Laffont, 1994 ((en) The Robber Bride, 1993)
  • Captive, Robert Laffont, 1998 ((en) Alias Grace, 1996) adapté en 2017 sous forme de mini-série de six épisodes par Netflix
  • Le Tueur aveugle, Robert Laffont, 2000 ((en) The Blind Assassin, 2000)
  • L’Odyssée de Pénélope, Flammarion, 2005 ((en) The Penelopiad, 2005)
  • C’est le cœur qui lâche en dernier, Robert Laffont, 2017 ((en) The Heart Goes Last, 2015)

Album jeunesse

  • Tout là-haut dans l’arbre, Rue du monde, 2010 (Up in the Tree, 1978)
    Adaptation par Alain Serres

Recueils de nouvelles

  • Les Danseuses et autres nouvelles, Quinze, 1986 ((en) Dancing Girls, 1977)
  • Meurtre dans la nuit, Remue-ménage, 1987 ((en) Murder in the Dark, 1983)
  • L’Œuf de Barbe-Bleue, Libre Expression, 1985 ((en) Bluebeard’s Egg, 1983)
  • (en) Through the One-Way Mirror, 1986
  • Mort en lisière, Robert Laffont, 1996 ((en) Wilderness Tips, 1991)
  • La petite poule vide son cœur, Serpent à plumes, 1996 ((en) Good Bones, 1992)
    Réédité sous le titre La Troisième Main aux éditions La Pleine Lune en 2005
  • (en) Good Bones and Simple Murders, 1994
  • Le Fiasco du Labrador, Robert Laffont 2009 ((en) The Labrador Fiasco, 1996)
  • (en) The Tent, 2006
  • (en) Moral Disorder, 2006
  • Neuf contes, Robert Laffont, 2018 ((en) Stone Mattress: Nine Wicked Tales, 2014)

Recueil de poésie

  • (en) Double Persephone, 1961
  • Le Cercle vicieux, Prise de parole- Du Noroît, 2000 ((en) The Circle Game, 1964)
  • (en) Expeditions, 1965
  • (en) Speeches for Doctor Frankenstein, 1966
  • (en) The Animals in That Country, 1968
  • Le Journal de Susanna Moodie, Bruno Doucey, 2011 ((en) The Journals of Susanna Moodie, 1970)
  • (en) Procedures for Underground, 1970
  • Politique de pouvoir, L’Hexagone, 1995 ((en) Power Politics, 1971)
  • (en) You Are Happy, 1974
  • (en) Selected Poems, 1976
  • (en) Two-Headed Poems, 1978
  • (en) True Stories, 1981
  • (en) Love songs of a Terminator, 1983
  • (en) Interlunar, 1984
  • Matin dans la maison incendiée, Écrits des Forges, 2004 ((en) Morning in the Burned House, 1996)
  • (en) Eating Fire: Selected Poems, 1965-1995, 1998
  • (en) The Door, 2007

Essais

  • Essai sur la littérature canadienne, Boréal, 1987 ((en) Survival: A Thematic Guide to Canadian Literature, 1972)
  • (en) Days of the Rebels 1815-1840, 1977
  • Cibles mouvantes, Boréal, 2006 ((en) Second words: Selected Critical Prose, 1982)
  • (en) Strange Things: The Malevolent North in Canadian Literature, 1995
  • (en) Negotiating with the Dead: A Writer on Writing, 2002
  • Cibles mouvantes, Boréal, 2006 ((en) Moving Targets: Writing with Intent, 1982-2004, 2004)
  • (en) Writing with Intent: Essays, Reviews, Personal Prose–1983-2005, 2005

Les moments littéraires n°40, feuilles d’automne : Mais pourquoi lire des journaux intimes ? Vingt-six écrivains vous livrent leur journal intime.

Pierre Bergounioux, René de Ceccatty, Anne Coudreuse, Colette Fellous, Claire Dumay, Roland Jaccard, Lambert Schlechter, Charles Juliet, Belinda Cannone, Annie Ernaux, Lydia Flem, Marcelin Pleynet, Béatrice Commengé, Michel Braud, Emmanuelle Pagano, Hervé Ferrage, Jocelyne François, Dominique Noguez, Patrick Combes, Denis Grozdanovitch, Christian Garcin, Camille Laurens, Anne Serre, Régine Detambel, Fabienne Jacob, Jeanne Hyvrard.

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Les moments littéraires est une revue littéraire, dirigée par Gilbert Moreau, qui publie exclusivement des écrits relevant de l’écriture de soi, de l’intime, à travers récits autobiographiques, carnets de notes, journaux intimes, correspondances. Vingt-cinq auteurs et autrices ont été sollicités afin de livrer leur journal écrit du 23 au 29 octobre.

Que cherche-t-on dans la lecture d’un journal intime ? Chacun certainement a sa réponse. En ce qui me concerne, j’en trouve souvent la lecture fastidieuse, soit je me sens exclue à la lecture – je ne connais parfois ni les gens dont on parle, ni les événements qui ne sont pas explicités,- soit j’ai l’impression d’être dans une position de voyeurisme qui me gêne un peu. Pourtant ici rien de tel.

Les journaux publiés dans cette revue ont une caractéristique commune : ils sont bien, voire très bien écrits car les diaristes sont des écrivains qui s’expriment dans des formes brèves ou longues, échappant peu ou prou au récit linéaire, acceptant de se livrer, ou se dissimulant tant bien que mal derrière l’écran des mots. Mais tout voilement est aussi un dévoilement, et l’on devine parfois ce qui est tû.

De l’immersion dans le présent du journal, les échos de l’actualité, l’affaire Weinstein, régulièrement évoquée, des prises de position politiques, bref tout ce qui agite le quotidien d’un individu.

La majeure partie des écrivains souligne la difficulté d’écrire un journal dont on sait d’avance qu’il va être publié : « Impossible d’être vraiment sincère dans l’exercice », « ce qu’il faut préciser, clarifier pour les autres, où à l’inverse, omettre, taire, afin de les épargner, lorsqu’on les connaît d’un peu trop près », « Au fond, je n’aime pas ça. Que je le veuille ou non, je me regarde écrire ».

Pourtant l’idée de Gilbert Moreau est vraiment intéressante, car chacun se confronte à sa manière à l’exercice, et s’y révèle. La saison aussi, donne une atmosphère un peu mélancolique, une sorte de retenue parfois heureuse, parfois douloureuse à l’ensemble des récits. Le lecteur a l’impression d’aller à la rencontre de chacun dans une sorte de speed-dating littéraire, où il ne parlerait pas avec des mots mais avec son corps, son regard, sa lecture.

J’ai eu l’impression d’aller à la rencontre d’êtres dont certains sont devenus des amis, des amis de littérature, dans une sorte de communauté bienfaisante, humaine, de valeurs et d’émotions partagées. A d’autres moments j’ai conçu de l’irritation, de l’agacement, et je me suis surprise à grommeler intérieurement, à objecter. Mais la plupart du temps, j’ai aimé rencontrer chacun, même dans les rodomontades, ou une légère crânerie, voyez-donc qui je suis, mais enfin si légère ! J’ai aimé rencontrer chacun disais-je, j’ai été parfois bouleversée, dans une totale empathie, émerveillée souvent devant la délicatesse de l’écriture, les vibrations intérieures, la beauté.

Merci.

Lisbonne et Lidia Jorge

« Je crois que Lisbonne est une ville secrète, est une ville labyrinthique. Et je ne suis pas née à Lisbonne, je suis venue quand j’étais jeune, et Lisbonne m’a pris complètement au cœur. »

Lidia Jorge archives INA

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Photo wikipédia

Vous pensiez qu’il n’y avait aucune femme dramaturge avant le XIXe siècle ? Que nenni…

« Pour la première fois en France, une anthologie réunit une cinquantaine de pièces écrites par des femmes dramaturges entre le XVIe et le début du XIXe siècle…

Enfin, toute l’énergie rassemblée par les chercheuses et les féministes de tous les continents portent enfin leurs fruits. Les auteures effacées des Histoires littéraires et des anthologies vont enfin pouvoir reprendre leur place grâce à ce magnifique travail de recherche et d’édition. Et dans une collection prestigieuse, puisqu’il s’agit des classiques Garnier (J’y ai lu « Le discours de la méthode de Descartes ! ) Vous pensiez qu’il n’y avait aucune femme dramaturge avant le XIXe siècle ? Que nenni…

Je vous invite à lire ce très bon article sur Catherine Bernard, dont l’oeuvre fut plagiée par … Voltaire !  Et dont un lent travail de sape fit oublier jusqu’à son nom. Mais elle n’est pas la seule … Des auteures oubliées parce qu’effacées

 » Les cinq volumes de cette anthologie au format poche présentent une trentaine d’autrices de théâtre nées sous l’Ancien Régime, dont la production s’étend des années 1530 (la reine de Navarre, première dramaturge connue à ce jour), jusqu’aux dernières productions théâtrales de Mme de Staël-Holstein (1811). En tout, une cinquantaine de pièces qui retracent l’Histoire du théâtre à travers la production de ses autrices, dans les différents genres dramatiques où elles se sont illustrées : comédies, tragédies, tragi-comédies, pastorales, drames, proverbes dramatiques… Les registres couvrent aussi bien la scène professionnelle que le théâtre amateur, dans des domaines aussi variés que les comédies religieuses de Marguerite de Navarre, le théâtre d’éducation de Mme de Genlis ou les pièces politiques révolutionnaires d’Olympe de Gouges. Presque toutes ces pièces ont été jouées, et près de la moitié ont été représentées sur les scènes de la Comédie-Française ou de la Comédie-Italienne. C’est donc tout un pan du répertoire dramatique français qui est ainsi remis à jour, offrant là une nouvelle page de l’histoire littéraire des femmes sous l’Ancien Régime, encore méconnue malgré les recherches de plus en plus nombreuses menées au cours de la dernière décennie. A travers les pièces de théâtres de ces autrices, professionnelles ou amatrices, se fait également entendre la voix de femmes décidées à braver l’interdit traditionnel d’un genre dit « mâle », pour accéder à la parole publique et à la mise en scène des rapports de sexe dans l’espace social et politique que constituait le théâtre de l’Ancien Régime. » Présentation de l’éditeur

Une équipe éditoriale internationale…

La direction de l’anthologie est assurée par trois spécialistes du théâtre des femmes sous l’Ancien Régime : Aurore EVAIN (Sorbonne Nouvelle), Perry GETHNER (Oklahoma State University) et Henriette GOLDWYN (New York University). La présentation et l’annotation des textes sont réalisées en collaboration avec des spécialistes reconnu-es des autrices/de la littérature féminine/du théâtre.

5 volumes brochés, format poche, textes en orthographe et ponctuations modernisées…

  • volume 1 : XVIe siècle. Marguerite de Navarre, Louise Labé, Catherine Des Roches. Parution : décembre 2006. 562 p., 10€.
  • volume 2 : XVIIe siècle. Françoise Pascal, Mme de Villedieu, sœur de La Chapelle, Anne de La Roche-Guilhen, Mme Deshoulières. Parution : mai 2008. 624 p., 15€.
  • volume 3 : XVIIe-XVIIIe siècle. Catherine Bernard, Mme Ulrich, Catherine Durand, Marie-Anne Barbier, Mme de Sainctonge, Mme de Gomez. Parution : 2009.
  • volume 4 : XVIIIe siècle Mlle Monicault, Mme Ricobonni-Baletti, Mme de Staal-Delaunay, Mme Duboccage, Mme de Graffigny, Mme de Montesson, Mme Benoist. Parution : 2010.
  • volume 5 : XVIIIe-XIXe siècle Mme de Genlis, Fanny de Beauharnais, Mlle de Saint-Léger, Olympe de Gouges, Isabelle de Charrière, Mme de Staël-Holstein. Parution : 2011.

Un site « compagnon »…

Ce site internet présente les volumes, accompagnés de documents inédits et d’extraits de pièces, ainsi que toute l’actualité consacrée au théâtre de femmes de l’Ancien Régime : articles, colloques, lectures, représentations, etc.

Des lectures videos

Un DVD de la lecture du Favori de Mme de Villedieu a été réalisé, sous le parrainage du GRAC (Université Lyon 2), de l’Université de Saint-Etienne, de l’Université de Liège et du département de français de l’Université de New York. Destiné aux centres de recherches, bibliothèques et départements universitaires, il est disponible au prix de 35€. (contact)

En savoir plus sur le projet

« Théâtre de femmes : les enjeux de l’édition », Agoravox.

Un biopic de Mary Shelley au cinéma, à ne pas rater ! J’ai vu, j’ai aimé !

Ne pas oublier de mentionner que Haifaa Al Mansour est la réalisatrice saoudienne de ce chef d’oeuvre qu’est Wadjda, sorti en février 2013, s’il n’y en avait qu’une, ce serait une raison suffisante pour courir voir ce film.

En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation amoureuse passionnée avec  le poète Percy Shelley. Elle n’a que seize ans mais à l’époque les filles se marient jeunes. mais surtout, elles obéissent à leurs parents et les mariages d’amour ne sont pas légion. Mary choisit qui elle veut aimer et s’enfuit avec son amant. Cela fait bien sûr scandale.  Ils sont tous les deux en avance sur leur temps et leurs idées libérales en amour, comme dans tous les autres domaines va permettre à Mary de faire éclore son talent. C’est en 1816, près du Lac Léman, alors invités dans la demeure de Lord Byron, que Mary inventera le personnage de Frankenstein. Elle le publiera d’abord anonymement, puis luttera pour revendiquer son oeuvre.

Date de sortie 8 aôut 2018 (2h00);  De Haifaa Al Mansour; Avec  Elle Fanning, Douglas Booth, Tom Sturridge; Film américain
     J’ai vu aujourd’hui ce film dans un petit cinéma près de la gare Saint-Lazare. Elle Fanning (Mary Wollstonecraft Shelley) est remarquablement filmée et Douglas Booth (Percy Bysshe Shelley)  tient à merveille son rôle de génie et de séducteur (un peu bellâtre toutefois). Leur rencontre et leur vie commune, dans une sorte de ménage à trois avec Claire Clairmont, fille de la belle-mère de Mary, font l’objet d’une première partie du film, assez longue. Malgré son adhésion aux idées de l’amour libre, Mary souffre et va de désillusion en désillusion, terrassée par la dépression à la mort de sa fille. Claire Clairmont peine à trouver sa place, entre ces deux génies, et fait la connaissance de Lord Byron, magnifiquement campé en poète extravagant et cruel par Tom Sturridge. Lors d’un séjour chez lui, germera dans l’esprit de Mary l’idée de Frankenstein, à la faveur d’un défi lancé par le Lord lui-même pour occuper ses invités (Je ne sais pas le degré de vérité biographique, mais complètement allumé, et complètement misogyne !) .
     De la publication anonyme à la reconnaissance de son oeuvre, due à son père William Godwin, cette seconde partie qui était la plus intéressante, est un peu bâclée. Toutefois on saisit bien l’atmosphère de l’époque, teintée de spiritisme, et la tradition du gothique dans laquelle est profondément enracinée  « Frankestein », ainsi que l’influence des recherches scientifiques et du galvanisme qui lui en inspira la création. On comprend comment cela a pu mûrir en elle et donner naissance à l’ oeuvre majeure qui assure  sa postérité encore aujourd’hui. La critique féministe des années 70, a renouvelé l’intérêt pour cette auteure qui menaçait d’être engloutie par l’oubli.
J’ai été souvent émue par la lutte, l’énergie, la ténacité de Mary face à des éditeurs misogynes, sûrs de leur bon droit et de leur pouvoir, pétris par la morale étroite de leur temps qui ne jugeait pas convenable pour une jeune femme d’écrire ce genre de roman où  la monstruosité, l’indigence et l’indifférence des hommes étaient prises pour cible au lieu de se cantonner aux romans pour dames, convenables, édifiants, sentimentaux et compassés !
Un beau film, un peu malmené par certaines critiques mais beaucoup plus apprécié des spectateurs.