Un Texte Une Femme : « Pleins feux sur les autrices » !

« Recevez chaque jour un texte écrit par une femme, qui parle des femmes ! De la romancière à la salonnière, de la physicienne à la journaliste, redécouvrez la condition féminine dans tous ses états. »

Voici la présentation de cette merveilleuse application créée par Sarah Sauquet, et Dominique Sauquet, Fondatrice d’It’s Sauquet.com, Directrice technique des applications.

Chaque jour donc, vous pouvez découvrir un article et un extrait d’une oeuvre écrite par une autrice dont l’oeuvre est dans le domaine public.

Je me suis abonnée à cette application dont le coût est extrêmement modique et j’ai pu découvrir ou re-découvrir les textes d’Edith Wharton, Madeleine Pelletier, Aline de Valette.

Chaque texte est resitué dans l’oeuvre, l’oeuvre dans son contexte, et dans l’Histoire, accompagné d’une notice biographique. Leur particularité est d’évoquer tous les sujets qui ont un lien avec les femmes, ainsi Madeleine Brès, première femme docteure en médecine évoque l’allaitement et l’intérêt du biberon, ou Madeleine Pelletier, première femme diplômée en psychiatrie, le célibat, le manque de liberté accordé aux jeunes filles, ou les agences d’avortement.

Un vrai coup de cœur !

Lecture à voix haute : La marche du cavalier de Geneviève Brisac

La guerre des Scarlett

Nous avons pu lire dans la presse ou écouter à la radio différentes chroniques ou des brèves relatant les conflits qui opposent les deux maisons d'éditions Gallmeister et Gallimard pour la réédition du texte (la première édition date de 1939) tombé cette année dans le domaine public mais  publié à l'origine par Gallimard, et la polémique qui n'a cessé d'enfler suite au retrait - pour "contextualisation" du film "Autant en emporte le vent." - réalisé par Victor Fleming - d'une plate-forme de streaming.

Gallmeister réédite le texte, événement salué par la critique, en plusieurs volumes dans une nouvelle traduction portée par Josette Chicheportiche qui a dû travailler pendant une année afin de revisiter l’oeuvre et la façon jugée scandaleuse d’évoquer les rapports raciaux dans le sud des Etats-Unis.

Le passionnant dossier de presse fourni par Gallmeister explique les choix de traduction dans son rapport au texte original. Là où le traducteur historique avait élidé tous les « r », Josette Chicheportiche choisit de coller au plus près du roman de l’autrice..

Gallimard pour sa part conserve la traduction originale de Pierre-François Caillé (1907- 1979) mais la fait suivre, dans sa collection Folio, d’une édition augmentée où figure la correspondance du traducteur avec Margaret Mitchell.

Dans les exemples fournis par l’éditeur, « Scarlet was not beautiful » traduit dans la première édition : « Scarlett n’était pas d’une beauté classique », devient tout simplement « Scarlett n’était pas belle ».

La réédition de Gallimard et celle de Gallmeister

Je déplore, quant à moi, que « Voyage au bout de la nuit » parfaitement nauséabond, ne soit pas, lui aussi, recontextualisé. C’est ma première réaction.. Je trouve vraiment intéressant que l’oeuvre soit retraduite, cela permet de gommer les outrances, et le défaut de perspective mais on ne pourra pas oublier le contexte de l’époque qui est celui de l’esclavage.

Je comprends également que des stéréotypes raciaux véhiculés à travers des œuvres patrimoniales dont l’audience est très large, contribuent à les véhiculer et à les enraciner dans l’inconscient collectif. Il ne faut pas oublier qu’ils sont tellement prégnants qu’un homme et son fils ont été tués alors qu’ils faisaient simplement du jogging. Et cela, c’est proprement insupportable. On ne pourra pas dire qu’ils ont été emportés par le vent, si ce n’est celui, sifflant, d’une balle.

Fières de lettres – Une chronique de Gallica sur Libération

Quel magnifique titre de chronique, j’aurais aimé l’avoir trouvé ! Il dit tout et plus encore !

Chaque première semaine du mois, l’équipe de Gallica, dans une chronique intitulée « Fières de lettres » va mettre en avant une femme de lettres oubliée. Son oeuvre sera téléchargeable gratuitement. Ce mois-ci, il s’agit de Sabine de Marie- Amélie Chartroule de Montifaud, dite Marc de Montifaud (1849-1912). J’en ai lu quelques extraits, et elle semble fleurer bon tous les préjugés de l’époque, notamment à l’égard de l’Afrique du Nord. De nos jours, où l’on fustige « Gone with the wind » pour ses relents de racisme, je ne sais pas encore si l’oeuvre de Marc de Montifaud pourrait réussir l’examen.

Il faut savoir pourtant que Les Courtisanes de l’Antiquité. Marie Magdeleine, son premier ouvrage, lui vaudra de bonnes critiques de Zola.

Ce qui la rend sympathique peut-être est son impertinence ! Elle écrit des contes ou nouvelles érotiques et pour faire ses recherches à la Bibliothèque Nationale, se travestit en homme.

Cette femme étonnante fut même emprisonnée pour avoir écrit un livre contre les religieuses.

Elle était passionnée par l’art mais fut réticente à aimer les impressionnistes. Elle fut en tout cas une sacrée effrontée et une femme libre !

Petit - photo Marc de Montifaud.png
Pierre Petit (1831-1909) — scanned photography

Le texte disponible sur Gallica

 

éditions de l'arbre vengeur

10 ans déjà !

Rachel Carson, pionnière de l’écriture au service de l’environnement !

Rachel Louise Carson, biologiste marine est née à Pittsburgh le 27 mai 1907 et morte le 14 avril 1964 à Silver Spring. Elle a impulsé l’étude des conséquences de l’action humaine sur l’environnement. L’occasion de retrouver les beaux dessins d’Héloïse Dorsan Rachet.

Elle commença sa carrière au Bureau des pêches comme biologiste mais très vite se consacra à l’écriture. En 1951, elle publie son premier best-seller, « Cette mer qui nous entoure » (The sea around us), troisième volet d’une trilogie consacrée à la mer. Il lui assura la reconnaissance et une certaine renommée. Elle explora l’écosystème marin du littoral jusqu’aux profondeurs et à la vie sous-marine. »The edge of the sea » fut le second volet d’Under the sea-Wind

Elle axa ensuite ses recherches sur les biocides de synthèse qui lui inspira Silent Spring (Printemps silencieux) en 1962. Cet essai eut des répercussions notables sur la politique à l’égard du DDT et d’autres pesticides qui furent interdits.

En effet, c’est à la suite de la réception d’une lettre décrivant soudain la chute soudaine d’oiseaux depuis leurs branches d’arbres qu’elle initia ses investigations. Elle attribue leur mort au DDT pulvérisé sur un marais voisin. Elle montre que l’emploi de ce produit qui ne se dissolvait pas dans l’eau, allait s’accumuler dans l’environnement mais aussi dans le corps des insectes et de toute la chaîne alimentaire jusqu’à l’homme. Le danger étant l’altération de la structure des gènes et la répercussion sur les générations futures.

Depuis 1991, un prix portant son nom récompense les défenseurs de l’environnement.

Elle fut pionnière dans la littérature scientifique concernant l’environnement et a fait de nombreux émules et donna naissance certainement au « nature writing ».

Son premier best-seller !

Le repos du guerrier -L’adaptation de Roger Vadim avec Brigitte Bardot

Le repos du guerrier – Christiane Rochefort. Le roman qui fit scandale !

Le Repos du guerrier
Le premier roman de l’autrice qui fit scandale.

Le repos du guerrier, est le premier roman de Christiane Rochefort en 1958. Il fit scandale par sa liberté de ton et de mœurs. En effet, l’héroïne découvre le plaisir sexuel avec son amant Renaud, qu’elle a sauvé du suicide en entrant par erreur dans sa chambre. D’ailleurs, c’est peut-être cela qui fait de cette oeuvre, à l’époque, une proposition romanesque originale. Le langage est cru, et Christiane Rochefort bat en brèche un territoire traditionnellement masculin.

L’autre aspect du roman, est le contrepied permanent à la morale bourgeoise de l’époque : Renaud est cynique et ne fait rien, il profite de l’argent d’une femme et se présente comme l’antithèse du gendre idéal. Les rôles de genre, l’homme soutien de famille, la femme qui tient le ménage, sont complètement dynamités.

Pourtant cette femme est « le repos du guerrier », « Toi tu es le repos du guerrier, du guerrier lâche, de l’embusqué ; Notre-Dame des Déserteurs, aie pitié de moi. Je veux dormir-mourir, et pour ça une femme c’est le meilleur système ». Le seul pouvoir qu’elle détient, est son inlassable patience et son amour. Le repos du guerrier est-il alors un roman féministe ? Ou n’est-il que l’histoire d’une femme, qui une fois encore, se sacrifie, jusqu’à mettre sa vie en danger pour suivre la folie éthylique de son amant ? Son amour ne serait-il pas une sorte de rédemption, de chemin de croix ? A vrai dire, l’héroïne ne ressent jamais aucune culpabilité, et surtout elle choisit de suivre son amant. Rien ne l’y oblige et même, à l’inverse, tout le lui interdit.

En 1971, Christiane Rochefort contribue d’ailleurs à créer le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes » et toute son œuvre sera marquée par son ton irrévérencieux, son style cru, causant le scandale parce qu’elle traitera de sujets non conformistes.

« Je n’aime pas les femmes qui ne résistent pas …quand je vois des signes de résistance, je suis très contente… j’aime la littérature de révolte. » Monique Crochet, « Entretien avec Christiane Rochefort, » French Review 3 (1981): 428-37.

Renaud ne part pas vraiment guerroyer, si ce n’est contre ses démons. Son arme est la bouteille qu’il manie plus souvent que le balai.

Non, lui fait la tournée des bars. Nietzsche ne fait-il pas dire à Zarathoustra : « L’homme doit être élevé pour la guerre et la femme pour le délassement du guerrier : tout le reste est folie » 

Christiane Rochefort dynamite ce modèle. Chez elle, la femme est forte, rebelle, et elle fait ce qu’elle veut. Définitivement.

« Avant l’exil », un webdocumentaire pour mieux connaître ces réfugiés dont on nous parle tant, et que l’on croise parfois sans véritablement les voir…

Charlotte Perkins Gilman – Herland – Une des plus grandes utopies féministes à découvrir de toute urgence…

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Charlotte Perkins Gilman – Herland – Pavillon poche – Robert Laffont, 2016 et 2019 pour la présente édition. Traduit de l’anglais par Bernard Hoepffner.

Charlotte Perkins Gilman, dont j’ai déjà parlé ici, crée, grâce à ce roman, une utopie féministe sans concessions, qui influencera plus tard, selon Alberto Manguel, la génération qui suivit l’œuvre de Betty Friedan, en l’occurrence Les Gurérillères de Monig Wittig en 1963, The Handmaid’s Tale de Margaret Atwood en 1985, et The cleft de Doris Lessing.

Elle imagine une société, où ce que l’on appelle aujourd’hui les valeurs virilistes , c’est-à-dire, la compétition, la rivalité, la prédation, et l’usage de la force pour l’obtenir, n’ont plus cours.

Trois américains découvrent sur un haut plateau un petit pays, pas plus grand que la Hollande. Les homme en ont disparu depuis très longtemps et une société féminine, dont la perpétuation se fait par parthénogenèse, et possédant un très haut niveau d’organisation et de culture, s’est fortement structurée autour de valeurs de partage, de solidarité et de coopération. La maternité y est sacrée mais elle n’est pas la voie exclusive des femmes car la plupart d’entre elles ont une seule fille. Ce qui leur permet de satisfaire leurs aspirations. N’oublions pas qu’à l’époque de Gilman la contraception est peu efficace, quand elle existe. Cette société est gouvernée par une « Land Mother », sorte de figure un peu tutélaire, assez peu démocratique en fait.

Les femmes exercent toutes les professions, n’ont aucune faiblesse congénitale, sont sportives et musclées et ne pratiquent pas la minauderie ! Cette mise en situation permet une critique de l’éducation des filles dans la société de son temps.

L’éducation est très fortement investie et la pédagogie, visant à faire de chacune une citoyenne éclairée et membre à part entière de la communauté, est une véritable science. C’est une société du partage et non de la concurrence. Les femmes de cette fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle ne participent que très peu au monde intellectuel et économique. La critique sociale de Gilman permet de mettre en relief les inégalités dues au patriarcat.

La question que je me suis posée est celle de savoir comment auraient évolué les femmes dans nos sociétés s’il n’y avait pas eu le patriarcat. Sont-elles, par nature, plus éducables, plus compréhensives, plus solidaires ? Ou est-ce seulement une question d’éducation ? Beaucoup de questions qui agitent le féminisme, mais aussi la pensée en général. Hommes et femmes, sommes-nous si différents ? Pour ma part, je ne le crois pas. On peut modeler le corps des femmes par le sport, et le mouvement, les rendre plus aguerries et plus fortes, comme on peut éduquer l’usage de la force chez les hommes. Dans les groupes où les femmes sont en majorité, je n’ai pas remarqué qu’elles étaient plus pacifiques ni plus bienveillantes. Elles sont juste humaines.

Un livre vraiment intéressant, quelques longueurs parfois, de très belles réflexions mais parfois aussi ces femmes s’avèrent trop parfaites, et cela m’a questionné également.

Ce livre a paru d’abord sous forme de feuilleton dans le magazine de Gilman dont elle rédigeait non seulement les articles mais aussi les annonces publicitaires.

Paroles de femmes : Auður Ava Ólafsdóttir

Credit photo : éditions Zulma

« L’idée de l’écrivain s’accordait au masculin [années 60]. il n’y avait pas de place pour une femme et justement on ne pouvait pas la publier parce qu’elle écrivait différemment des hommes. Elle était trop originale. Et je me disais que si le monde avait été différent et la société, on aurait peut-être eu un prix Nobel femme. » Entretien vidéo Libriairie Mollat, à propos de Miss Islande.

Auður Ava Ólafsdóttir – Miss Islande – Interview/ Librairie Mollat

Auður Ava Ólafsdóttir – Miss Islande / Le feu sous la glace

Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir - Grand Format ...

Auður Ava Ólafsdóttir – Miss Islande, 2018 – Zulma, 2019 pour la traduction française.

Sois belle et tais-toi ! Ou plutôt sois belle et n’écris pas ! Dans les années 60, comme partout ailleurs, être une femme et écrire est terriblement compliqué.

L’Islande, à l’époque est très isolée, deux avions transatlantiques seulement, et à peine notée sur la carte.

Lorsque vous êtes belle, on vous passe la main aux fesses, et on vous propose, comme à Hekla,  de devenir Miss Islande.

Mais Hekla est aussi le nom d’un volcan , et en elle tout bouillonne, une farouche soif d’indépendance et de liberté, mais aussi des mots qui tels des coulées de lave, échouent sur le papier.

«  Dans le monde de mes rêves l’essentiel serait : du papier, un stylo-plume et le corps d’un homme. Quand nous avons fini de faire l’amour, je me dis qu’il pourrait aussi remplir le réservoir d’encre de mon stylo. »

Seulement, faire l’amour n’est pas sans danger, sans danger d’enfants. Et là s’enroule une spirale infernale, des bébés à ne plus savoir comment vivre sa propre vie, dans laquelle est entraînée l’amie Isey, condamnée à s’échapper par les mots…

« Les hommes naissent poètes. Ils ont à peine fait leur communion qu’ils endossent le rôle qui leur est inéluctablement assigné : être des génies. Peu importe qu’ils écrivent ou non. Tandis que les femmes se contentent de devenir pubères et de faire des enfants. »

Et puis il y a Jon John, pris par la mer, mais jamais épris du corps d’Heklà. Il coud sans relâche le décousu de leurs vies… L’ami fidèle, le compagnon.

Alors peut-on vraiment écrire, vivre et aimer ?

Il faut lire Auður Ava Ólafsdóttir, et cette drôle de fin qui laisse un peu d’amertume mais annonce aussi les mondes à venir.

Très bonne année 2020 – Mes coups de cœur 2019

Ils sont vraiment très peu nombreux ! Et finalement, je n’ai pas beaucoup lu d’écrits de fiction cette année !

Les Testaments – Margaret Atwood/ Eblouissant !

Dominique Bona –  Berthe Morisot, Le secret de la femme en noir / L’été des femmes artistes – Litterama

Lady Chatterley D.H. Lawrence

Rita Mestokosho – Née de la pluie et de la terre

 

 

Joyeuse fête de Noël !

Je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes de Noël. Pour un cadeau de dernière minute mon coup de cœur du moment  et une très belle revue qu’il faut encourager :

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No 9. Étoffes (déc. 2019)

Photo : L'Eau-forte n°9 (couverture)

« À FLEUR DE PEAU. D’un usage plurimillénaire, les étoffes représentent d’une façon privilégiée l’artifice humain : du mythe d’Arachné chez Ovide à l’industrie textile, ce matériau ouvragé, qu’il soit tapisserie, drap, toile d’habitat nomade, feutre, robe de soie, couvre le corps des hommes et des femmes à la façon d’une «seconde peau».

SOMMAIRE : Michèle Audin, Quarante mètres de soie. – Karine Josse, G.G. de Clérambault, un médecin au service du drapé. – Montaigne, De l’usage de se vêtir. – Ovide, La métamorphose d’Arachné. – Anna Gangloff, La Robe. – Israfil Dough, Le Carré de peau.

La femme du mois : Charlotte Perkins Gilman

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Charlotte Perkins Gilman est connue surtout pour son roman sur la folie, The Yellow Wallpaper (Le papier peint jaune ou La séquestrée), qui « raconte l’histoire d’une jeune mère séquestrée dans une maison de campagne, qui, en l’absence de toute activité intellectuelle, devient peu à peu folle »[1] et dont j’ai fait un compte rendu ici.

Elle fut aussi l’une des principales sociologues de la fin de l’époque victorienne. Née à Hartford, dans le Connecticut, le 3 juillet 1860, elle était la petite nièce de Harriet Beecher Stowe, l’autrice de « La case de l’oncle Tom.

Son père est parti peu après sa naissance et cet abandon est l’une des causes du malheur qui va régner dans sa famille. A l’âge de 24 ans, elle épouse un artiste de sa région, Charles Walter Stetson, et  après la naissance de sa fille, sombre peu à peu dans la dépression. Le neurologue qu’elle consulte alors lui prescrit un régime draconien qui consiste à ne rien faire ou presque : il lui interdit d’écrire, et réduit drastiquement son temps de lecture. de quoi conduire vers la folie.

Sa vie lui étant insupportable, elle quitte son mari et ses enfants et se réfugie en Californie, où les symptômes de son mal finissent par disparaître. Plus tard, elle divorce de son mari et fait venir sa fille auprès d’elle.

Obligée de gagner sa vie, elle donne des conférences, et se joint au mouvement féministe naissant.
Sa renommée débute avec le succès retentissant de son essai « Women and Economics », paru en 1898, qui « elle dénonce l’exploitation systématique des femmes et affirme l’importance d’une autonomie économique comme préalable à leur liberté personnelle »[2].

Elle publie au cours de sa carrière, 6 essais et 4 romans, dont « Herland » qui assure sa postérité en tant qu’utopie féministe et socialiste, essayant de penser et de décrire un monde sans hommes, dont les seules règles seraient écrites par des femmes, et où les ressources seraient équitablement partagées.

En 1935, atteinte d’un cancer, Perkins rédige sa biographie, « The living of Charlotte Perkins Gilman » et abrège ses souffrances par une overdose de chloroforme. Elle fait en sorte que sa fille hérite de ses droits d’auteur.

[1]Dictionnaire des créatrices

[2] idem

Appareil critique de l’édition Robert Laffont

Photo credit : Frances « Fannie » Benjamin Johnston, vers 1900,  wikipedia