La nostalgie des blattes, un trio de feu avec Catherine Hiegel, Pierre Notte  et Tania Torrens 

Deux monstres sacrés, deux comédiennes dont la présence fait vivre, frémir et haleter le plateau. Oui, tout est chamboulé, les lumières, même le rideau qui pourrait en trembler et un souffle gagne la salle, ravit les spectateurs. Elles sont deux femmes. Belles et souveraines, habitées par le temps qui passe, qui a passé, et qui passera encore un peu.

Elles attendent… Assises sur deux chaises, en mouvement, mais immobiles car les mouvements sont intérieurs, parfois violents, parfois tendres mais plus rarement. Un geste vers l’autre, vite interrompu, une parole amène, vite brisée.

On venait les voir comme au musée, ces deux belles vieilles, non retapées, non retouchées, dont les rides, les joues qui tombent, les poches sous les yeux constituent une curiosité dans un monde futuriste où le jeunisme, le bon ton, et un idéal du bonheur règnent en maître.

Elles résistent encore… Elles attendent, mais qui viendra dans ce musée qui semble étrangement désert…

Ce sont Catherine Hiegel et Tania Torrens qui ont soufflé à Pierre Notte l’idée de cette pièce où deux femmes, les seules vieilles qui existent encore, se livrent à un combat sans merci.

Texte et mise en scène Pierre Notte | avec Catherine Hiegel et Tania Torrens | lumière Antonio de Carvalho | son David Geffard | administration, diffusion et production En Votre Compagnie | photo © Giovanni Cittadini Cesi

production Compagnie Les gens qui tombent | coproduction Théâtre du Rond-Point ; Théâtre Montansier de Versailles

création le 5 septembre 2017 au Théâtre du Rond-Point, vue hier soir au théâtre Montansier à versailles

Cette pièce voyage, si elle passe près de chez vous, ne la manquez pas !

Anna Karénine par Golshifteh Farahani

A Livre Paris aujourd’hui ne manquez pas… le faux procès d’Anna Karénine !

« De 18h00 à 19h00, le roman magistral de Tolstoï, un des plus grands chefs d’œuvre de la littérature russe, fait ici l’objet d’un faux-procès inédit sur la Grande Scène de Livre Paris. L’occasion de revenir sur le destin de Anna Karénine, figure magnifique de l’émancipation et de la liberté, dans une époque qui, encore aujourd’hui, est marquée par de vifs débats entourant les questions de la famille et de la place de la femme dans la société.  » Communication Livre Paris

« Anna Karénine est-elle coupable ? Assistez au faux procès littéraire d’un des plus grand chefs d’oeuvres de la littérature russe. L’occasion de revenir sur le destin tragique d’une des figures emblématiques de l’émancipation et de la liberté.
Présidé par Jean Lebrun et avec Catherine Cusset dans le rôle d’Anna, Le Mock dans ceux d’Alexis et de Vronski, en partenariat avec France Inter. »

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Portrait d’une jeune femme (dite Anna Karénine).Alexey M. Kolesov  (1834–1902)  Source : Wikipédia

Parlement des écrivaines Francophones

Le 20 mars, sera lancé le Parlement des écrivaines Francophones à l’initiative de l’Organisation Internationale de la Francophonie, sur la proposition de Fawzia Zouari, journaliste à l’hebdomadaire « Jeune Afrique » et écrivain, prix des 5 Continents de la francophonie 2016. Le but de ce parlement sera de rendre visible la littérature écrite par ces femmes, permettre la constitution de réseaux favorisant la communication et la diffusion pour des femmes souvent absentes des cercles du pouvoir.

Ce parlement se tiendra normalement à Orléans, en partenariat avec l’Université. Orléans avait déjà abrité l’édition 2016 consacrée aux femmes « Comment le Monde pense les femmes – Comment les femmes pensent le monde ». Elle a donné plus de détails dans une émission radiodiffusée au Salon du Livre.

Instantáneas africanas del norte literario, breve ...

David Szalay ce qu’est l’homme Albin Michel – Un livre qui me tenterait bien et vous ?

Voilà un livre qui me tente beaucoup ! Des critiques élogieuses, une magnifique couverture, et une approche par le genre qui peut avoir beaucoup d’intérêt, car comme tout le monde le sait, les hommes sont (presque) des femmes comme les autres !
David Szalay   Ce qu’est l’homme  Traducteur : Etienne Gomez

« Neuf hommes, âgés de 17 à 73 ans, tous à une étape différente de leur vie et dispersés aux quatre coins de l’Europe, essayent de comprendre ce que signifie être vivant. Tels sont les personnages mis en scène par David Szalay à la façon d’un arc de cercle chronologique illustrant tous les âges de la vie. En juxtaposant ces existences singulières au cours d’une seule et même année, l’auteur montre les hommes tels qu’ils sont : tantôt incapables d’exprimer leurs émotions, provocateurs ou méprisables, tantôt hilarants, touchants, riches d’envies et de désirs face au temps qui passe. 
Et le paysage qu’il nous invite à explorer, multiple et kaléidoscopique, apparaît alors au fil des pages dans sa plus troublante évidence : il déroule le roman de notre vie.
Avec ce livre, finaliste du Man Booker Prize, le jeune auteur britannique offre un portrait saisissant des hommes du XXIe siècle et réussit, en disséquant ainsi la masculinité d’aujourd’hui, à dépeindre avec force le désarroi et l’inquiétude qui habitent l’Europe moderne. » 

« La démonstration d’une puissance littéraire hors du commun. Magnifique. » The New York Times

Les figures féminines dans la littérature young adult – Le 8 mars de 19h à 20H30

Le 8 mars de 19h00 à 20h30
📍Médiathèque de la Canopée, Paris

L’image contient peut-être : 1 personne, texte
« A la croisée des genres, le secteur « Young Adult » est une grande tendance littéraire actuelle qui a pour particularité de s’adresser principalement aux 15-25 ans. En 2018, le salon Livre Paris lui consacre une toute nouvelle scène, afin de mettre en avant les spécificités des œuvres et auteurs qui l’incarnent. 

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le salon Livre Paris et la Ville de Paris s’associent pour organiser une rencontre sur la représentation des figures féminines dans la littérature Young Adult, en présence d’auteurs et de spécialistes. Ce courant très lié au « Girl power » fait en effet la part belle aux lectrices, aux auteures et aux personnages féminins non stéréotypés ! 

Événement gratuit, tout public, réservation recommandée :
01 44 78 80 80 ou sur bibliocité.fr « 

Les invitées :

 Marie-Lorna Vaconsin est une comédienne et romancière française de science-fiction et fantasy. Elle est l’auteure du roman Le monde des possibles (Fasciné, 2013) et de la saga young adult Starpoint, dont le tome 1 La fille aux cheveux rouges est paru chez La Belle colère en mars 2017.

 Anne Lanoë, auteure française d’ouvrages pour la jeunesse, fait aussi parti du groupe de rock Lili Brik. Son dernier roman Des lendemains qui chantent (Fleurus, 2017) narre le parcours d’une fille d’émigrés russes qui arrive en Paris en 1933 et rêve de devenir photographe reporter.

– Sophie Nanteuil, programmatrice de la scène Young Adult Paris, est éditrice freelance en littérature jeunesse (elle travaille notamment pour Larousse Nathan , Milan, Hatier…). Elle est également auteure en parenting et en jeunesse.

– Sophie Rosemont, programmatrice de la scène Young Adult Paris, est aussi journaliste culture pour Rolling Stone, Paris-Match ou Glamour, et chroniqueuse pour France Culture. Egalement auteure, elle est professeur en école de journalisme et à Columbia University.

Événement gratuit, tout public, réservation recommandée :
01 44 78 80 80 ou sur bibliocité.fr

Portrait de femme – Madeleine – Pierre Lemaître, Couleurs de l’incendie

Couleurs de l'incendie

Les couleurs de l’incendie – Pierre Lemaître – 03 janvier 2018

Ce second volet de la trilogie inaugurée par « Au revoir là-haut », prix Goncourt 2013, fait la part belle aux femmes, et surtout à l’une d’entre elles, Madeleine, la fille de Marcel Péricourt dont les obsèques sont célébrées en ce mois de février 1927.

Eduquée comme l’étaient les femmes de la grande bourgeoisie des années trente, Madeleine ne sait rien faire, on peut dire qu’elle a juste appris à lire et à peine à compter, et surtout à dépenser l’argent que lui octroie l’Homme de la famille, son père, qui n’a pas cru bon de l’initier aux arcanes de son empire financier. Elle est la maîtresse de maison, organise repas et réceptions quand cela est nécessaire et dirige la domesticité de la maison.

Les femmes vivent à travers les hommes, et réussissent à travers un bon mariage qui seul peut leur assurer la prospérité.

Madeleine, à la mort de son père, jeune divorcée d’un mari passablement indigne, a tout le profil d’une possible victime, prisonnière d’un monde dont elle ne connaît pas les rouages. Elle est aveugle à ce qui se passe autour d’elle mais aussi en elle.

Cette cécité conduit au drame, Paul, son fils, se jette de l’immeuble familial, et l’élucidation de ce drame, la ruine qui va l’accompagner, vont permettre à Madeleine de prendre son destin en main.

Pour cela, elle va se servir des hommes, des autres, pour assouvir sa vengeance et punir les coupables, dans un machiavélisme qui n’a rien à envier à celui des hommes ambitieux, cupides et corrompus qui l’entoure.

D’ailleurs les rapports de force s’organisent autour des hommes, une femme seule ne peut rien faire, et Madeleine, dans ce contexte,  saura armer son bras. Mais les couleurs de l’incendie illuminent une Europe décadente, antisémite et violente qui fait écho à ce drame familial et social.

Ce second volet de la trilogie est particulièrement réussi. Pierre Lemaître orchestre savamment son récit, ménage le suspense et n’est pas avare de retournements de situations. Il fait progresser la narration de manière implacable à la façon d’un piège qui se resserre inexorablement et qui procure bien des frissons au lecteur. A lire et à suivre …

Selon la Presse, le troisième volet se situerait dans les années quarante, et l’auteur, emporté par son sujet, envisagerait même de poursuivre cette fresque jusqu’au tome 10 (1920-2020). Lire ici !

Etre femme …

J’ai écouté ce soir avec beaucoup d’intérêt le débat avec Elizabeth Badinter, et les invités de la GB, notamment ce monsieur que j’adore et qui a travaillé sur l’histoire des émotions, l’historien Georges Vigarello (« Histoire du viol», «Histoire des émotions», «La robe »), l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat (« Le Grand Détournement», éditions du Cerf),et la romancière Belinda Cannone (« S’émerveiller», Stock). Les vieux débats entre le féminisme essentialiste et culturaliste a montré le bout de son nez encore une fois. C’est le oui…mais… Oui, c’est bien que les femmes osent s’exprimer mais il ne faudrait pas confondre harcèlement et séduction. Il me semble que la plupart des femmes font la différence entre les deux et que nous sommes très loin, dans notre pays latin, du féminisme américain et des contrats négociés autorisant la séduction. Je pense juste que ce n’est pas le moment parce que ces arguments sont ressentis comme des attaques par certaines femmes que leurs blessures occupent totalement. Il me semble qu’aucune femme n’est hostile aux tentatives de séduction, à partir du moment où elles se font dans les formes, et où un non est entendu comme un non, par des hommes éduqués qui ont cessé d’être de gros lourdingues libidineux. De chaque côté l’amalgame a lieu.

«No perdono que la izquierda haya abandonado la laicidad ...

Etre femme, à mon avis, est avoir une histoire et une mémoire particulières. Cela nous constitue et c’est bien plus fort qu’un savant dosage d’hormones. J’entends bien, moi non plus je ne pense pas en tant que femme toute la journée, sauf bien sûr quand on me le fait ressentir, assez rarement en fait, surtout dans mon milieu, où il y a une majorité de femmes. Je ne considère pas non plus qu’être femme soit une qualité en soi, mais nous sommes évidemment situées dans le temps et dans l’espace : ce n’est pas la même chose être une femme ici en Occident ou en Iran par exemple. Les combats gagnés ici ont été perdus ailleurs, ou plutôt ne sont pas encore véritablement nés. Rien n’est acquis pour toujours. Et dire que après Simone de Beauvoir et sa célèbre formule « On ne naît pas femme on le devient » plus rien ne sera jamais comme avant est bien présomptueux. La barbarie aussi a un visage humain. Les livres écrits par les femmes ici ne sont pas ceux qui sont écrits là-bas, ceux aussi qui ne peuvent s’écrire encore sont plus bruyants que les autres et les mots qui ne les habitent pas  sont parfois des hurlements.

Plus que notre corps, nos hormones, notre culture, c’est notre histoire, « outrepassant » l’ensemble des pratiques, connaissances, traditions et normes d’une communauté donnée, et la dimension du temps affectant ces cultures qui travaille l’ensemble des événements et faits passés relatifs à l’humanité. Je ne suis pas, je fais, assénait l’une des invitées, mais peut-être suis-je ce que je fais et ce que je ne fais pas. Et la façon dont ce que je fais sera l’objet ou pas d’une narration, ou sera constitué comme fait ou comme événement.

Etre femme, c’est devoir constituer des appuis qui n’existent pas tout à fait encore, continuer à écrire une histoire dont nous sommes parfois absentes. C’est ce qui fait la raison d’être de Litterama … je suis moi et toutes les femmes avant moi, comme j’aimerais être toutes celles qui seront après moi. C’est être dans le fil du temps. Une histoire différente à chaque fois.

Prix artemisia 2018 : Lorena Canottiere pour Verdad

De très beaux albums à découvrir, que ce prix donne à voir, et met en relief, et qui pourraient passer inaperçus. En dehors de récompenser des femmes, souvent ignorées à Angoulême, ce prix est une certaine vision de la société  et des rapports humains, ainsi que de la place que devraient avoir les femmes dans la société. Je me pose souvent la question de mon engagement à rendre davantage visible les œuvres de femme, de sa pertinence et de son utilité. Lorsque j’en sonde les raisons, je me dis que peut-être je fais montre de sectarisme et en même temps mon intuition (qui est une autre forme d’intelligence) m’assure que ce combat est légitime. Alors il faut lire tout le monde, mais aussi les femmes.

 

Remise du Grand Prix Artémisia 2018 à Lorena Canottiere pour son album Verdad

http://www.assoartemisia.fr/video-remise-grand-prix-artemisia-2018/

Mention spéciale « Hors de prix » (Créatrice également du prix Artemisia). Déjà publié, mais revisité, au niveau du dessin, de la mise en couleurs et du lettrage, et en rajoutant trente pages de plus (avec une nouvelle fin) .

SheltermarketCOUVlight

 

Catégorie dessin

Catégorie documentaire

Mention spéciale pour le combat féministeParoles d'honneur - Les critiques

Catégorie avenir

Catégorie humour

Catégorie fiction historique

Couverture La guerre de Catherine

 

L’enfant perdue – L’amie prodigieuse IV – Elena Ferrante

L'amie prodigieuse (Tome 4) - L'enfant perdue - Elena ...

L’enfant perdue – L’amie prodigieuse IV – Elena Ferrante –  roman traduit de l’italien (2014) par Elsa Damien.  NRF Gallimard, collection du monde entier, 2018

Ce roman est pénétré d’une terrible mélancolie qui se distille tout au long du récit. Les deux amies vieillissent, et au passage de ce temps qui les éreinte, et des pauvres joies qui restent, quand tout ralentit et tout est voué à disparaître, Elena raconte inlassablement, cherchant à percer le mystère de cette amitié si profonde et parfois malmenée par les événements, qui aura duré toute une vie ou presque.

Je me suis dit qu’aucun amour peut-être n’a cette profondeur, ce souffle, n’inflige de pareilles meurtrissures, oscillant sans cesse entre engagement total auprès de l’autre, jalousie, et parfois haine.

Au fond, il est presque impossible de parler de ce dernier volume de la saga napolitaine, car il faudrait en dire trop ou trop peu, rappeler pour combler le vide, les événements passés ou l’arbre généalogique de chacune des deux amies. Et alors ce serait trop long.

J’avoue que je suis ressortie de cette lecture percluse tellement il fait mal parfois, à force de retournements, de drames, passant d’une émotion à une autre, rattrapée par ce sentiment de solitude auquel est vouée la narratrice, et qui serait le mien.

Il y a au creux des mots, un détonateur silencieux, celui qui s’allumera à l’aube de votre vieillesse, de votre solitude, de votre sentiment d’abandon, ou d’intense finitude. En fait, c’est cela, de la littérature

L’histoire de cette petite fille sera chantée à l’Eurovision ! Et cette chanson représentera la France !

la vengeance secrète se Tilly Rosalie Ham / Kate Winslet

 

La Vengeance secrète de Tilly de Rosalie Ham, et paru le 07 septembre 2017 chez Pocket, traduit de l’anglais par Marianne VERON

 

Paru sous le titre « The dressmaker », le présent ouvrage est la réédition de la traduction française paru une première fois sous le titre « Haute couture ».

Kate Winslet, magnifique interprète, en a redessiné les contours de sa pulpeuse silhouette dans un film de Jocelyn Moohouse, baptisé du même nom, paru en 2015 et distribué par Netflix. Il me semble donc qu’il n’est pas sorti sur les écrans français.

1951, Tilly Dunnage débarque chez sa mère, folle, malade, dans l’outback australien. Quelques maisons dans un paysage semi-désertique, et une atmosphère lourde. Tilly se met à couper à coudre, avec rage, avec fièvre et provoque des bouleversements inédits dans ce milieu étriqué et bien-pensant dans lequel se cachent bien des secrets. Derrière les portes closes et les apparences savamment entretenues, règne parfois l’enfer. Telle cette femme que son mari drogue pour mieux la violer.

Tilly a été exilée, à dix ans, accusée de meurtre. Elle revient, jeune femme à la beauté étourdissante, pour se venger… Elle a appris l’art des étoffes, des drapés et des plissés. Elle peut rendre à chaque femme sa beauté, et aux hommes le désir. La couture est , chez elle, un art…

J’ai vu quelque part sur la toile ce livre classé dans la catégorie Romance, quelle méprise !  Ce livre est tout sauf une romance, et si vous regardez ensuite le film, vous pourrez en savourer toutes les subtilités.

Ce petit bourg isolé, loin de tout, est le théâtre des passions humaines, des veuleries, des violences silencieuses, et de l’injustice des Hommes.

Jusqu’à ce jour qui ressemblera pour eux à l’enfer…

 

La douleur de Marguerite Duras porté à l’écran !

Bonne année 2018 ! Petit bilan des lectures de l’année 2017 …

 

Je remercie tout d’abord Héloïse Dorsan Rachet  jeune artiste qui a créé tous ces merveilleux dessins pour le blog. En lui souhaitant une grande année professionnellement…et personnellement !

Voici un petit résumé de l’année 2017 en lectures, celles qui m’auront particulièrement marquée. Vous n’y trouverez aucun roman de la rentrée littéraire, oups :

mais vous pourrez découvrir, pêle-mêle, des romans populaires, des romans plus « littéraires », et des pépites, des romans confidentiels issus de la littérature mondiale, de minorités dont je vous recommande particulièrement la lecture si vous êtes un esprit curieux, et indépendant.

Pénélope Bagieu, Culottées 1

Oui, beaucoup d’émotion dans cette BD, une émotion douce qui laisse le coeur ravi.

Lamia Berrada Berca, Kant et la petite robe rouge

Véritable parcours initiatiquel’éveil d’une femme au désir et à la liberté… L’histoire pourrait paraître banale : une jeune femme marocaine vient rejoindre son mari en France. Très ancrée dans la tradition patriarcale, elle ne sait ni lire ni écrire et ne sort qu’à l’abri de son voile intégral. Elle est soumise à son mari et se plie au devoir conjugal sans se poser véritablement de questions sur ce qu’elle désire. Son éducation l’a conditionnée à être une épouse soumise, entièrement dévouée aux besoins de sa famille. Jusqu’au jour où le désir va faire irruption dans sa viesous la forme d’une jolie robe rouge dans une vitrine.

Les luminaires d’Eleanor Catton, 

Sous une facture, à premier abord, assez classique, dans une très belle langue (et une très belle traduction) il est aussi un roman expérimental dans sa structure et sa narration relativement asymétrique. Œuvre d’une jeune prodige, il en acquiert un intérêt supplémentaire. A lire…

Lydie Dattas, La nuit spirituelle 

Un texte magnifique, dans une langue très poétique, des accents profondément touchants, électrisants …

Elena Ferrante, Celle qui fuit et celle qui reste

Nous retrouvons nos deux héroïnes, Elena et Lila, dans l’Italie de la fin des années soixante, emportées par les soubresauts de l’histoire : les événements de mai 68, le féminisme dont les mouvements commencent à s’organiser, les attentats. Elena tente de trouver le bonheur au sein de son couple, et Lila commence une période plus heureuse, couronnée de succès mais toujours liée à la mafia. Son intelligence trouve enfin sa récompense et lui permet une certaine ascension sociale.

Fiona Kidman, Rescapée

Un grand roman d’aventures, un talent d’exception pour nouer une intrigue et entretenir le suspense, mais aussi pour donner un souffle profond au récit, et construire des personnages, font de ce livre un dépaysement total !

Susan Fromberg Schaeffer, Folie d’une femme séduite

Ce roman rappelle les personnages d’ Emma Bovary, Tess d’Urberbille et ceux des Hauts de Hurlevent. La passion y est portée à son paroxysme faisant de son héroïne une femme obsessionnelle, incapable de vivre pour elle-même, et d’une jalousie dévorante. Une femme dont le corps et la tête ont opéré un irrémédiable divorce qui vont la conduire à la folie et au crime (On le sait très vite au début du roman). La narration est d’une qualité et d’une force exceptionnelle ! A lire absolument !

Helen Simonson, L’été avant la guerre

Passionnant roman qui évoque à merveille les mentalités dans l’Angleterre conservatrice de ce début du siècle.

Leïla Slimani, Chanson douce

A peine ouvre-t-on le livre, la première phrase vous saute au visage avec une violence inouïe. Le bébé est mort. Pourquoi, dans quelles circonstances, on ne le sait pas encore. Par petites touches, Leïla Slimani, brosse le portrait des différents protagonistes de l’action, celle qui a précipité la mort du petit.  Elle ne s’embarrasse pas de fioritures, la langue est concise, presque sèche mais efficace et aussi redoutable qu’un scalpel. Elle nous maintient en haleine jusqu’à la fin. Prix Goncourt, un roman redoutable.

Alice Tawhai, Le festival des miracles

Voilà un curieux objet littéraire, passionnant à découvrir. Son auteure, Alice Tawhai tient à préserver son anonymat, aussi n’ai-je trouvé aucune photographie d’elle.

L’auteure a souvent été comparée à Janet Frame et Amélie Nothomb a dit d’elle qu’elle avait la grâce. Il faut lire Alice Tawhai…

Voilà ce petit parcours de lecture, peut-être certains s’y reconnaîtront…

Cette seconde vie – Virginia Woolf

« Observez perpétuellement, observez l’inquiétude, la déconvenue, la venue de l’âge, la bêtise, vos propres abattements, mettez sur le papier cette seconde vie qui inlassablement se déroule derrière la vie officielle, mélangez ce qui fait rire et ce qui fait pleurer. inventez de nouvelles formes, plus légères, plus durables. »

Virginia Woolf (Cité par Geneviève Brisac dans « Les filles sont au café »)

A lire aussi :

Fanny, Jane, Mary,Virginia et les autres….

Marie Morel : peintures/dictionnaire de femmes jusqu’au 30 décembre 2017

400 femmes ayant réalisé une oeuvre dans le domaine artistique, philosophique, littéraire, scientifique, … de l’époque préhistorique au XIXe siècle, enfin sorties de l’ombre.
Cette grande peinture est un véritable dictionnaire de ces femme totalement exceptionnelles et scandaleusement effacées de l’histoire de l’humanité.
Plus que quelques jours pour courir voir cette exposition de Marie Morel:
En voici un extrait :
 
Exposition du 30 novembre au 30 décembre 2017
Vernissage jeudi 30 novembre à partir de 19h
Galerie Librairie des femmes 35 rue Jacob 75006 Paris

« Je n’ai pas fait un tableau imaginaire : chacune des femmes qui y figure a bel et bien existé. Ce fut donc un énorme travail de recherche historique, parfois difficile, car leur présence est souvent cachée ou gommée, leurs traces effacées, leurs archives détruites. En plus, en cas de mixité, on utilise toujours le masculin.

Mon choix s’est porté sur les femmes qui ont réalisé quelque chose dans le monde scientifique, artistique, philosophique, littéraire ou qui, par leur démarche, ont marqué le monde dans les siècles passés.

Chaque portrait réalisé mesure environ 40 cm sur 50 cm, il se compose au centre d’un médaillon ovale peint à l’ancienne du visage de la femme (j’ai retrouvé la trace des visages de ces femmes grâce à des sculptures, des fresques, des mosaïques, des dessins, des gravures, des peintures anciennes, ou des photos pour le XIXe siècle). Au-dessus du médaillon j’ai inscrit le nom de la femme et, en-dessous, ses dates de naissance, de mort et le pays où elle a vécu. Ensuite, l’ensemble du portrait est peint de façon à ce que l’on voie très rapidement ce qui a fait la force de cette femme, et il est accompagné d’un résumé peint et écrit de sa vie et de ce qu’elle a réalisé.

Je déteste les discriminations, d’où cette recherche pour comprendre pourquoi et comment celle qui concerne ces femmes exceptionnelles a pu durer ainsi depuis des siècles.

Mais je veux surtout, à ma manière, avec ma peinture, rendre hommage à toutes ces femmes oubliées et les remettre à leur place dans nos mémoires. »

Marie Morel