Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (5)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Sous la mitraille allemande, Arabes de Ouarzazate ou Noirs du Sine-Saloum, les hommes tombaient parce qu’ils valaient français, autant que les Orléanais. » C’est quand même curieux, là il n’y avait pas de contrôle au faciès. Tout le monde était gris, mesdames, messieurs, tout le monde était aussi gris que la terre de cendres qui marquait les visages et les noyaient dans la mort et la souffrance.
  • « Voilà pourquoi les canards boiteux, exilés, réfugiés, migrants, déshérités, handicapés, homosexuels, les ségrégués, tous ces bâtards du monde sont miens. » : Nous sommes soeurs, Fatou Diome, et pourtant au temps du féminisme et de la lutte pour les droits des femmes, lorsque ces slogans flottaient sur les bannières des manifestants, des ségrégués de tout poils continuaient à tenir les femmes pour une sous-catégorie de l’espèce humaine. Le respect est parfois unilatéral, mais que cela n’empêche pas d’avancer. Ma mère qui s’appelait Gangloff, réfugiée en Dordogne en 1942,  cheveux châtains et yeux bleus, était appelée « La boche » par équanimité. Elle était blanche, mais pas de la manière qu’il faut. Fatou, il faut que je te dise, dans le blanc aussi  il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
  • « Il faut enseigner l’Histoire et rappeler qu’au cours des deux grandes guerres mondiales, les ascendants des indexés pas-assez-d’ici, réquisitionnés ou volontaires, se battaient aux côtés des patriotes, mouraient en terre européenne, endeuillant l’Afrique pour l’avenir de la France, pendant que les traîtres à Marianne perdaient leur dignité au garde-à-vous devant la petite moustache outre-rhénane » . C’est curieux, n’est-ce pas, ces subites pertes de mémoire. La France, paraît-il, était à Londres, aux côtés du Général de Gaulle. Dans cette France-là, il n’y avait que des fantômes, tout le monde s’était carapaté ! On se demande alors qui étaient tous ces gens qui dénonçaient, ceux qui sanglés dans leur uniforme parfaitement repassé, venaient arrêter et déporter des gens qui étaient aussi français qu’eux.  Fatou, il faut que je te dise, dans le blanc aussi  il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (4)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Vous avez une amie noire, soit ! Devrions-nous vous décerner une médaille ? Est-il donc si difficile de nous aimer ? » Incroyable alibi, qui ferait d’un visage pâle un authentique xénophile antiraciste. Regardez, je montre patte noire mais mon âme est pure ! Dis-moi quels sont tes amis et je ne te dirai pas qui tu es.
  • « Honte à ces accueillis pas accueillants, devenus de redoutables diviseurs de la France ! Marianne porte plainte. » : Il y a parmi nous, des Français qui voudraient être plus français que d’autres, lesquels élite d’une ancienne immigration, ayant fait preuve de leur francité voudraient en interdire l’accès à ceux qu’ils jugent moins méritants qu’eux. Ils ont prévu tout un parcours d’obstacles afin de tester votre appétence à la nationalité. Qui aime bien, châtie bien.
  • « Autant qu’à vous, la France, en sa liberté, appartient aux descendants de ceux qui sont morts pour la défendre. » J’ai vu il y a deux jours, aux Actualités, que d’anciens tirailleurs sénégalais s’étaient vus octroyer la nationalité française par notre Président de la République. La nationalité n’est pas question d’opportunisme, ce n’est pas le refrain « je t’aime, je te jette ». Merci encore à tous ceux qui nous permis d’être et de rester français.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (3)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Qu’ils sachent qu’ici comme ailleurs, l’identité de toute nation, ce sont d’innombrables ruisseaux, de longueurs, de saveurs et de couleurs différentes, qui versent tous dans le même fleuve. » Voilà toute la fierté de notre littérature, ces innombrables mots qui roulent sur les galets, qui ont la saveur des contrées lointaines, qui remodèlent nos paysages intérieurs et nous permettent de repousser l’horizon. La langue se nourrit de tous ses ailleurs, de la Bretagne, du Pays basque, ou de la Réunion. De tous ces endroits dans le Monde où l’on parle le français, en le tissant de tournures particulières, et d’un vocabulaire inédit. Voir les très belles initiatives en Guadeloupe, où le français se nourrit du créole.
  • « La France est multiple, ses passions successives, ses idoles innombrables, son identité lui ressemble. » : La France au carrefour de toutes les confluences, aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands artistes, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Ionesco, Tahar ben Jelloun, Milan Kundera et tant d’autres ont caressé la langue française.
  • « La France n’a aucune raison d’avoir peur, c’est son ouverture, l’amour qu’on lui porte de par le monde et la liberté qu’on y vient chercher qui la protègent, même de vous. » La France, terre d’accueil, s’est enrichie de tous ceux qui ont foulé son sol et s’y sont installé. Nombreux sont nos hommes et femmes politiques qui viennent d’ailleurs, faut-il le rappeler ?

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (2)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « […]il s’agit d’agir pour, de susciter un élan. » Nous avons vraiment l’impression que cette campagne s’articule contre, contre les étrangers, contre l’Europe, contre … contre… les fraises pas assez sucrées, le vent un peu trop frais, le café amer, contre…
  • « Parce que le savoir ôte de la force à la haine, l’éducation reste le meilleur antidote face aux menaces qui guettent la société. » : Oui, bien sûr, mais les SS étaient parfaitement éduqués et retrouvaient leurs familles le soir après avoir envoyé à la mort des centaines de Juifs. Certains cadres de partis qui prônent la haine et le repli ont usé leurs culottes sur le banc des grandes écoles ou des universités.  Et dans nos classes, certains esprits semblent imperméables aux discours humanistes, occupés la plupart du temps à vouloir en découdre avec le voisin ! La haine aussi se transmet, ailleurs que sur les bancs de l’école (enfin depuis on a mis des chaises).
  • « Pour communiquer avec Marianne, j’ai invité mes pangôls, esprits de mes ancêtres ceddos, voici mes masques animistes, mes calebasses de mil, mes jarres de lait caillés destinées aux libations, mes danses endiablées, mes polyphonies, ma musique composite, ma plume de pélican, mon encre mauve d’errance, ma franco-sénégalaise langue aux sept accents et même cette grosse fraise sous mon décolleté. » Et nous sommes heureux de ces merveilleux cadeaux que tu nous apportes, et je les contemple émerveillée, je ne me lasse pas de tes trésors et de cette langue aux sept accents qui nous emporte et nous ravit. La beauté de cette langue, la force de ton art (Excuse-moi je te tutoie, mais nous sommes compagnonnes de lutte, cela crée forcément une intimité), devrait contraindre à l’humilité tous ceux qui ne possède pas plus de quatre ou cinq mots à leur vocabulaire, tellement leurs idées sont rases, au niveau de leur gazon (s’ils en ont un). Parfois dans ma classe, parmi toutes ces têtes (dont très peu sont blondes), je surprends une future Fatou faire un clin d’oeil au destin.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Dernières nouvelles du cosmos

Babouillec – Poétesse du silence

Le voyage « intersidérant » de Babouillec, Les Echos Week-end

Etre autiste

Concept ordinaire de l’autocritique

 

Les ordres bousculent l’initiative itinérante. Tu es en chemin

D’exécution d’un acte dicté par la raison

Quelqu’un t’interpelle,

Otage de ton silence, tu perds la Raison de ton Acte

 

Livré à toi-même, ordre ou désordre, seul responsable,

Tu plonges dans le plus proche état disponible,

Egarant le mode d’emploi du contrat social,

 

KO relationnel puis Big Bang émotionnel

La faute à qui tout ça ?

 

Edifiante question

Est-on responsable de nos déficiences ?

Les autres sont-ils garants de nos absences ?

« Babouillec autiste sans paroles » est Hélène Nicolas, une jeune femme autiste diagnostiquée « déficitaire à 80 % ». Elle écrit ses textes qui sont d’une très grande puissance poétique à l’aide de lettres en carton disposées sur une page blanche après vingt ans de silence où elle ne pouvait pratiquement communiquer avec personne. Elle n’a jamais été scolarisée et n’a jamais appris à lire, à écrire et à parler. Parlant d’elle-même, elle se qualifie de « lot mal calibré, ne rentrant nulle part », de « télépathe ». Elle a publié déjà plusieurs recueils de poèmes et plusieurs comédiens et metteurs en scène se sont intéressés à son oeuvre. Dans un documentaire réalisé par Julie Bertuccelli , « Dernières nouvelles du cosmos »  sorti en le 9 novembre 2016 et nommé aux césars, » on fait sa connaissance et on est souvent traversé par ses fulgurances, par celle qui « eN libre racoNteuse D’histoire – le cosmos Nourrit mes voyages » nous connecte à ses antennes subtiles.

Un de ses recueils, « Raison et Acte dans la douleur du silence » a été adapté au théâtre sous le titre « A nos étoiles », un spectacle de Pierre Meunier et Marguerite Bordat, intitulé « Forbidden di sporgersi, d’après « Algorithme éponyme », créé à Clermont-Ferrand en janvier 2015 et joué la même année au Festival d’Avignon.

Sa mère l’a accompagnée tout au long de ses découvertes, cherchant une voie, à travers l’art, dans un centre associatif ouvert aux alentours de Rennes. ce qu’elle explique très fortement dans le documentaire.

On peut aussi écouter ses textes sur http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-de-la-creation-fantome-d-la-langue-ou-qu-est-ce-qui-fantome-ta-langue-2015-09-02
Adapté au théâtre sous le titre « À nos étoiles », ce texte a reçu les encouragements du Centre National du Théâtre en 2010.

 

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte !

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Je ne suis pas française par le hasard d’une naissance, que nul ne doit à son mérite. » Dans ma famille, il y a tous les continents réunis par les soubresauts de l’Histoire : l’Europe, l’Afrique, l’Asie, mais il me manque toutefois l’Océanie (Sans parler de l’Antarctique »). Nous sommes tous des fervents défenseurs de Marianne et avec elle et Fatou nous portons plainte ! Je compte sur mes descendants pour réparer ces quelques oublis. Il y aura peut-être un jour une chercheuse en Antarctique !
  • « […] je suis française par choix, donc par amour, mais aussi par résistance, car le saut d’obstacles que l’on exigea de moi, huit années entières, briserait les jambes d’une jument. » J’ajouterai avec Fatou Diome que certains des miens sont nés ici pour autant il semble qu’ils n’auront jamais fini de faire leurs preuves.
  • « En revanche, je suis certaine que les grandes dames de France comme Louise Michel, Lucie Aubrac, Germaine Tillion, Louise Weiss – qui toutes combattaient les ténèbres pour la justice et la liberté – ne seraient pas restées dans leur boudoir, à juger de la finesse de leurs dentelles, en attendant qu’on démembre, saucissonne leur République de femmes d’honneur; […] Ha, et elles sont encore plus nombreuses sur ce blog, Manon Roland, Fanny Raoul, Olympe de Gouges, ici pas de doute, on peut se tenir chaud. Et moi, je te le dis, nous sommes toutes derrière toi.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Va et poste une sentinelle – Harper Lee / La fin d’une idole

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Harper Lee, Va et poste une sentinelle Le livre de poche Editions Grasset &Fasquelle 2015 ; traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierrre Demarty

La publication du deuxième roman d’Harper Lee a fait l’effet d’une bombe dans le milieu de  l’édition américaine, mais aussi plus largement dans la société où « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (To kill a mocking bird), unique roman de l’auteure était devenu un roman national mettant en scène la lutte pour les droits civiques de la population noire américaine à travers le personnage d’Atticus Finch, courageux et intègre homme de loi commis d’office dans la défense d’un Noir accusé d’avoir violé une Blanche dans une petite ville d’Alabama, Maycomb, au temps de la Grande Dépression. La narratrice, Scout Finch, fille d’Atticus était confrontée à l’injustice et la violence dans une société profondément raciste. Toute l’histoire était racontée du point de vue d’un enfant.

Dans ce deuxième roman, on retrouve Jean Louise Finch une vingtaine d’années après. Elle vit désormais à New York où elle poursuit ses études et revient pour les vacances dans la ville de son enfance. Chronologiquement ce roman a lieu après « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » mais il semble avoir été écrit avant et proposé à un éditeur qui aurait conseillé certains ajustements. Une vive polémique a eu lieu au moment de la sortie du livre en 2015, après la mort de la sœur de l’auteure qui s’occupait des intérêts de Nelle Harper. Le précédent livre s’était vendu à des millions d’exemplaires et avait reçu, l’année suivant sa publication, en 1961, le prix Pullitzer avant d’être adapté au cinéma par Robert Mulligan, puis oscarisé à travers la personne de Gregory Peck.

Dans ce second opus, où l’on retrouve à peu près les mêmes personnages, le héros a pris du plomb dans l’aile, sa fille découvre qu’il lit un pamphlet raciste et qu’il siège, aux côtés de personnages nauséabonds, dans un Conseil de citoyens qui lutte pour préserver la suprématie blanche.

Que va faire notre héroïne ? Voilà tout l’intérêt de ce roman, beaucoup moins lisse que le précédent, peut-être plus plausible, où Scout Finch apparaît comme la nouvelle génération capable de faire évoluer un sud profondément traditionaliste.

A vrai dire, ce roman n’a pas les qualités techniques du premier, l’intrigue aurait gagné à être davantage resserrée et j’ai parfois été gagnée par l’ennui avant d’être franchement passionnée par le dernier tiers où l’affrontement entre le père et la fille donne tout son sel au roman.

Il est vraiment dommage que l’auteure, écrasée par son succès, n’ait pu continuer à écrire, elle aurait pu produire d’autres chef-d ’œuvres.

A lire…

Ne tirez pas…

Bahaa Trabelsi – Parlez-moi d’amour/ Interview

Etre femme et écrire : le Maroc à travers Bahaa Trabelsi, Maria Guessous et Halima Hamdane

Trois auteures, Bahaa Trabelsi (1966), Maria Guessous (1973?) et Halima Hamdane ( ?) parmi les invités de Livre Paris 2017 écrivent en français et représentent une certaine génération d’écrivains puisqu’elles sont toutes trois nées fin des années soixante, début des années 70, un doute cependant pour Halima Hamdane dont je n’ai pas trouvé la date de naissance mais dont on sait qu’elle est venue s’installer en France en 1986 alors qu’elle était déjà professeur de français au Maroc. Elle avait donc une vingtaine d’années au moins, et aujourd’hui plus de quarante ans. 

Les trois livres lus, Une femme tout simplement, Hasna ou le destin d’une femme, Une femme tout simplement, mettent en scène des destins de femme qui se débattent entre tradition et modernité, entre le français (langue de l’oppresseur, de l’Occident, mais aussi de la liberté des femmes) et l’arabe ( langue du foyer, de l’affectif, de l’identité mais aussi de la tradition et de la soumission des femmes). La position qu’elles doivent tenir est extrêmement compliquée et rendent compte des problématiques qui se jouent à travers leur statut. « Je me heurtais, je le savais, aux piliers de notre société où il n’a jamais été question pour une femme de vivre seule. Cela supposerait qu’elle est libre de disposer d’elle-même, de son corps, de l’orientation qu’elle veut donner à sa vie. Ce sont des prérogatives qui reviennent à son père, à son mari ou à son frère. il n’y a pas de place pour une femme célibataire et libre. l’existence d’une vie sexuelle n’est pas concevable en dehors du mariage. » dit l’héroïne d’une femme tout simplement.

Que prône au juste la tradition ? « Elles sortaient chaperonnées par des membres de la famille, et la tête couverte. De toutes les manières, le mariage était une affaire de famille. »  A cette époque, une femme ne se mariait pas par amour, le mariage était affaire d’alliance et il fallait choisir le meilleur parti : un homme capable de subvenir aux besoins d’une famille.

Si les romans offrent parfois une analyse sociologique, elle est inévitablement datée, ces romans après tout ont  au moins une dizaine d’année et le Maroc d’aujourd’hui doit être différent de celui évoqué dans ces récits.

Toutefois ce qui ressort est que l’écriture et donc les études, le savoir sont des facteurs d’émancipation pour les femmes. Dans une majorité de cas, les sociétés traditionnelles et patriarcales enferment les femmes dans la maternité et les tâches domestiques. Elles sont étroitement surveillées car elles sont garante de la pureté de la lignée qui se fait par le père. Elles assurent également la transmission de l’héritage ou du nom par le fils.

Il faut qu’un nouvel ordre règne pour briser le carcan, et dans tous les mouvements d’émancipation, ce renversement est synonyme de solitude et d’exclusion. Tout le monde n’est pas prêt à le supporter, et c’est pourquoi même si le bât blesse on peut préférer le bât. La liberté ne garantit pas le bonheur.

« Elles ne sont pas prêtes à prendre des risques. Elles n’ont pas de garanties et un poids terrible à porter. Tu oublies la tradition, les préjugés, la férocité des gens. On peut ouvrir grand les cages, tous les oiseaux ne se sauvent pas. » dit un des personnages de « Laissez-moi parler ».

Le roman de Maria Guessous est un peu différent en ce qu’elle dénonce des préjugés de classe et l’asservissement des petites gens. Elle dépeint des couples qui vivent à l’occidentale, où les femmes sont infidèles. Leur liberté n’est que le signe de leur dépravation.

Les deux romans de Halima Hamdane et Bahaa Trabelsi sont intéressants et très bien écrits. J’ai peut-être préféré celui de Bahaa Trabelsi.

  Maria Guessous - Hasna - Ou le destin d'une femme.

Luvsandorj Ulziitugs – Aquarium – Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui.

... NOUVELLES DE LA MONGOLIE CONTEMPORAINE de L. Ulziitugs (Souscription

« Au moment où j’ai acheté cet aquarium, je ne me doutais pas que je préparais mon cercueil. Si je l’avais su, j’en  aurais bien sûr choisi un plus grand. Je suis claustrophobe. Au-delà des frontières de ce petit aquarium, mon appartement de quatre pièces et mon bureau, si spacieux et  lumineux qu’il fait s’extasier tout le monde, et même la vaste steppe de ma Mongolie natale aux étendues infinies honorées dans tous les poèmes et les chansons, tout cela me semblait ne pas suffire à reprendre ne serait-ce qu’une seule fois mon souffle, tant j’étouffais. J’avais besoin de plus, de beaucoup plus d’espace que les autres. »

L’auteure
Best-seller dans son pays, auteure d’une centaine d’oeuvres littéraires, L. Ulziitugs fait partie de la jeune génération d’écrivains et de poètes mongols, des écrivains urbains fiers de la culture des cavaliers des steppes et de leur spiritualité. (site de l’éditeur)

Son premier livre paru en France, Aquarium. Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui, est composé de  13 nouvelles issues de trois de ses ouvrages les plus reconnus. Elle est traduite par R. Munkhzul, récompensée en 2016 par le Ministère mongol des Affaires Étrangères pour son œuvre de traduction de la littérature mongole.

Il ne faut pas manquer ce recueil venant d’une partie du monde que l’on connaît peu, et dont les voix féminines nous sont encore plus étrangères. A quarante-cinq ans, Luvsandorj Ulziitugs est une poétesse et écrivaine reconnue dans son pays. Elle est publiée très jeune, à 17 ans, et reconnue meilleur auteur de l’année. Elle ne cessera jamais d’écrire, de la poésie à la prose, suscitant, par ce glissement de vives critiques parmi les Mongols pour lesquels la poésie est l’art suprême !

Maï-Do Hamisultane parle de son livre « Santo Sospir »

Romancières franco-marocaines, Livre Paris 2017 Maï-Do Hamisultane – Santo Sospir

13 ET 14 FÉV. 2016 : MAÏ-DO HAMISULTANE INVITÉE AU 22e MAGHREB DES ...

Maï-Do Hamisultane – Santo Sospir, éditions La cheminante, 2015

Encore une découverte des éditions la Cheminante avec une auteure franco-marocaine, née à la Rochelle. Maï-Do Hamisultane a passé une partie de son enfance à Casablanca, dans un milieu composé d’intellectuels, d’écrivains et de cinéastes. De ses multiples origines, marocaine, chinoise, vietnamienne et un nom de famille originaire d’Inde, l’auteure se place d’emblée dans une géographie universelle, loin de tous les ethnocentrismes. Après une licence de lettres, parcours plutôt rare, elle entame des études de médecine et se spécialise en psychiatrie. Elle publie d’abord des poèmes puis un premier roman aux mêmes éditions, « La Blanche ».

Ce nouveau roman prend sa respiration dans les fresques de Cocteau offertes à la villa Santo Sospir de Saint-Jean-Cap-Ferrat. Villa des Saints Soupirs que poussent des femmes de pêcheurs qui attendent le retour de leurs maris. Des femmes qui attendent alors que les hommes vaquent à leurs occupations, entièrement tournés vers le dehors et vers l’action.

Pourquoi les femmes attendent-elles aujourd’hui alors qu’elles pourraient elles aussi tromper leur ennui dans la réalisation de leurs désirs ou dans la construction d’une œuvre.

Des messages anodins rythment le récit, ils sont vides et ne disent rien, ils atterrissent sur le téléphone portable, nouveau messager de l’ère contemporaine.

On dit le style de l’auteure profondément habité par l’écriture de Marguerite Duras :

« Tu m’as laissée sans nouvelle.

Je t’ai appelé en vain.

Je t’ai envoyé des SMS pour que tu me rappelles.

Le silence et ce froid qui s’empare de Paris.

Cette solitude glacée. Plongée dans l’anti-vie pour anéantir l’attente. Hiberner. Etre cette Belle au bois dormant et attendre d’être réveillée par ton baiser. »

Je considère que l’attente amoureuse des femmes est très culturelle. Je me souviens avoir observé cela plus jeune. Les hommes étaient toujours occupés, l’amour ne tenait pas autant de place dans leur vie; il me semblait que l’attente des femmes étaient une impardonnable faiblesse et qu’elles auraient vraiment mieux à faire que de se morfondre pour des hommes souvent volages ou indifférents. J’ai été surprise par ce roman écrit par une jeune femme talentueuse. Je pensais que les femmes avaient appris enfin à ne plus attendre.

Conférences sur la littérature et les femmes au salon du livre de Paris – Mars 2017

Carte blanche à Alice Zeniter :

Vous avez dit écrivaine ?

24 mars 2017, 18:00 – 19:00, Scène littéraire

 

« Auteures, autrices, écrivaines… Les femmes qui écrivent ont-elles un statut particulier ? La romancière Alice Zeniter convoque trois de ses paires, pour interroger la situation de celles qu’on ne sait pas toujours (ou toujours pas) nommer. »

 

Avec Alice Zeniter (Flammarion), Kaoutar Harchi (Actes Sud, Pauvert), Julia Kerninon (Rouergue) et Cloé Korman (Seuil).

 

La nostalgie de la Méditerranée me prend de façon aussi régulière ... Julia Kerninon en signature aux Galeries 

 

Samedi 25 mars Espace Hiwar 13h45-14h45

Genre et identités dans le roman marocain

Discutant : Jean Zaganiaris Avec Sanae El Aji, Abdellah Taïa et Bahaa Trabelsi

 

Dimanche 26 mars

Espace Kalam  11h30-12h30

Portraits de femmes du Maroc

Discutant : Hicham Houdaïfa Avec Yasmine Belmahi, Bahaa Trabelsi et Nadia Larguet

Et ne manquez pas :

LOUISE ERDRICH/Philipp Meyer

louise erdrich que es de origen alemán e indio tiene

Scène littéraire 14h00 – 15h00 / America America

Animé par Julien Bisson (Lire). 
Avec Philipp Meyer (Albin Michel) et Louise Erdrich (Albin Michel). 
« Roman après roman, Philipp Meyer et Louise Erdrich explorent la part d’ombre d’une Amérique désenchantée, hantée par la violence. Une rencontre privilégiée avec deux des auteurs américains les plus importants de leur temps. »

Philipp Meyer (Schriftsteller) – Wikipedia

Romancières franco-marocaines, salon du livre de Paris mars 2017 : Lamia Berrada-Berca – Kant et la petite robe rouge

Kant et la petite robe rouge - roman d'actualité

Lamia Berrada-Berca – Kant et la petite robe rouge La cheminante 2016

Cette longue nouvelle est un vrai coup de cœur.

Véritable parcours initiatique, l’éveil d’une femme au désir et à la liberté… L’histoire pourrait paraître banale : une jeune femme marocaine vient rejoindre son mari en France. Très ancrée dans la tradition patriarcale, elle ne sait ni lire ni écrire et ne sort qu’à l’abri de son voile intégral. Elle est soumise à son mari et se plie au devoir conjugal sans se poser véritablement de questions sur ce qu’elle désire. Son éducation l’a conditionnée à être une épouse soumise, entièrement dévouée aux besoins de sa famille. Jusqu’au jour où le désir va faire irruption dans sa vie sous la forme d’une jolie robe rouge dans une vitrine.

« Le désir d’une robe rouge est un affreux péché quand on sait depuis toute petite qu’on est née pour porter une robe noire, pour porter des vêtements longs qui cachent bien tout le corps, qui cachent le noir des cheveux, qui vont jusqu’à cacher ce qu’exprime le noir des yeux. C’est être protégée que d’être dans le noir, protégée du désir des hommes qui ont le droit, eux, de désirer. »

La tentation va la tarauder longtemps et bousculer les principes auxquels elle obéit sans se poser vraiment la question de leurs fondements.

Elle va voler aussi, sur le palier du voisin, un livre qui traduit par sa fille, se révèlera être un livre de Kant, qui pose la question de ce que sont les Lumières. Et il répond : « C’est sortir d’une minorité qui n’est imputable qu’à lui. » Et la minorité est « l’incapacité de se servir de son entendement sans la tutelle d’un autre. »

La révolution Kantienne, aussi importante que la révolution copernicienne, qui place l’autonomie dans l’entendement humain.

A la fin du livre, un recueil de textes évoquant l’émancipation, l’égalité, la liberté des femmes complète ce très original périple littéraire.

J’ai découvert une auteure dont j’aimerais beaucoup lire les autres œuvres.

Les origines de Lamia Berrada-Berca sont multiples, un arrière-grand-père suisse, une arrière-grand-mère écossaise, une mère française et un père marocain né d’une mère berbère et d’un père berbère  lui permet de dépasser les particularismes culturels..

Devenue professeur de Lettres Modernes après des études à la Sorbonne, elle a enseigné plusieurs années en région parisienne avant de se tourner vers l’écriture et le journalisme.

Les femmes et la littérature : Maï-Do Hamisultane

Maï-Do Hamisultane — Wikipédia

« J’écris depuis toujours, depuis ma petite enfance, à l’époque où j’habitais à Casablanca. Jean-Pierre Koffel qui était le meilleur ami de ma grand-mère et qui a d’ailleurs eu le prix Atlas en 1995 pour Nous l’appellerons Mehdi, me gardait quand j’étais petite. Il me demandait souvent, à l’âge de 5 ans, pour rire, ce que je voulais faire dans la vie. Je répondais toujours : écrivain. Il m’initia dès l’âge de six ans à l’écriture en me donnant une feuille et un stylo et en me demandant d’écrire quelque chose sur le chien de la maison, Snoopy. Avant La Blanche, dont j’ai entamé l’écriture à dix-sept ans, j’avais écrit un autre roman que je n’ai jamais publié. A quatorze ans, j’ai écrit des poèmes qui sont parus dans le quotidien marocain Al Bayane.

Pour moi, écrire est une nécessité, une nature, plus qu’une passion. Le théâtre est une passion, mais l’écriture est plus que cela, elle m’est aussi nécessaire que l’air que je respire. »

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