Tous les articles par Anna G

Festival America 2018 : de Margaret Atwood à Brad Watson, une belle journée.

Le festival America se déploie sur plusieurs lieux, au cœur de Vincennes, et les conversations-conférences ont fait salle comble. Un public nombreux, des intervenants de qualité et des modérateurs talentueux ont fait de cette deuxième journée une réussite.

Margaret Atwood a su charmer son auditoire, même à distance, et a questionné son statut d’icône pour le subvertir, elle se veut davantage iconoclaste, dans ce temps particulier, « bizarre » dit-elle, inédit depuis les années 30, où tout semble sur le point de verser et de se renverser.

Margaret Atwood

Peut-être plus qu’une icône, l’écrivaine se sent-elle responsable. Elle a un pouvoir de parole que n’a pas le simple citoyen, toujours sous la menace d’un licenciement. Elle est chargée de dire ce que les autres ne peuvent pas dire même si cela ne dispense pas le citoyen d’agir.

Elle participe à « After me too », une plateforme qui vise à donner la parole à celles qui en ont besoin.

Plutôt citoyenne que militante, très active sur twiter, elle s’engage pour des causes qu’elle estime importantes. En tant qu’auteure, on la sollicite pour associer son noms à certaines actions et s’exprimer à leur sujet ; elle accepte volontiers tant qu’il s’agit de lutter pour l’environnement, le droit des femmes et le statut des artistes toujours menacé sous les dictatures.

Elle parle, à travers cet écran géant, et tout le monde l’écoute, presque religieusement. Elle est la pythie, l’oracle, et les événements politiques récents aux Etats-Unis font écho à son oeuvre et lui donnent une force nouvelle. Cette écoute prodigieuse est à elle seule un événement.

La situation des femmes, souligne-t-elle, est un bon indicateur de la vie démocratique. Tous les régimes totalitaires cherchent à les contrôler, et mettent en place des politiques particulières qui visent à les assujettir.  Ce qui n’enlève aucunement aux femmes leur part d’ombre, d’ailleurs pourquoi seraient-elles parfaites ? Elles n’ont pas à mériter leur liberté.

Margaret Atwood revient sur la situation des auteurs canadiens dans les années 70, très différente de celle d’aujourd’hui. Il n’était pas question à l’époque de devenir célèbre, c’était plus une vocation qu’une profession. Tout était à faire, les auteurs de sa génération ont mis beaucoup d’énergie à monter des maisons d’édition, des associations, des cercles de lecture. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes auteurs veulent en faire un métier parce que l’exemple du succès de certains de leurs aînés ou même de leurs contemporains leur montre que c’est possible. Mais, et c’est le revers de la médaille, il ne sera pas au rendez-vous pour tout le monde.

Margaret Atwood est malicieuse, elle a le regard qui pétille et ce sourire indulgent que donne la sagesse du grand âge. « Pas de panique, ça va s’arrêter un jour » dit-elle en parlant du succès qui récompense son oeuvre, et puis « J’ai la faculté d’écrire en avion. Il y a un WI-FI, mais je fais semblant que je ne suis pas au courant. » Alors, bien sûr, il y a la fatigue des dédicaces, mais comment s’en plaindre, comment refuser la rencontre à des gens qui attendent parfois pendant des heures ?

Aujourd’hui, reprend-elle, on assiste à un moment intéressant sur la scène littéraire, car beaucoup de jeunes regardent vers l’avenir, et le pense à travers la dystopie dont elle a été la précurseure. Ils regardent vers demain et sont plein d’énergie. Peut-être malgré ce sourire, y a-t-il chez elle un peu de nostalgie.

Elle accepte donc ce rôle de mentor et reçoit de nombreux livres. Elle écrit sur twitter à propos de ceux qu’elle aime, et met le lien vers la maison d’édition ou le site.

A propose des séries qui sont réalisées à partir de son oeuvre, elle reconnaît que ce format d’adapte bien à ses romans car il ne demande pas de narratif long. Justement elle  écrit des chapitres courts. En ce qui concerne l’adaptation de la Servante écarlate, elle a eu un statut de consultante qui lui a permis d’annoter le scénario, sans lui donner  de véritable pouvoir.

Elle finit par redéfinir ce qu’est la littérature spéculative. Outre le fait, elle l’a déjà dit ailleurs, que son oeuvre est toujours basée sur des faits ayant déjà existé, parfois au sein de micro-sociétés, la science-fiction parle de choses qui n’existent pas, tels les robots et les planètes. Ce qui n’est pas le cas de ses livres.

Elle a raison, la littérature spéculative permet de penser un monde déjà-là, celui dans lequel nous nous mouvons.

Mais pour autant est-elle pessimiste ? Non, dit-elle, écrire un livre c’est être optimiste, c’est proposer un futur meilleur.

« Je suis une grande optimiste. je vais réussir à terminer mon livre, à l’éditer et à trouver un lecteur qui le comprendra. »

« Je participe à la bibliothèque du futur, en Norvège, un manuscrit tenu secret est déposé, et ne sera connu que dans cent ans. »

Ce n’est pas être optimiste ça ? Penser qu’il y aura encore des êtres humains pour le lire…

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On se plaît à penser que Margaret Atwood ne disparaîtra pas, car cela semble tout bonnement impossible à ceux qui ont commencé à lire son oeuvre. Peut-être avons-nous tous été sensible, dans la salle, à la force de cette assurance, en dépit de sa fragilité de vieille dame. Elle est de celles qui demeurent…

Festival America – Que deviennent les hommes ? Dimanche 23 septembre 2018 de 15H00 à 16H00

Que deviennent les hommes ?

dimanche 23 septembre 2018 de 15h00 à 16h00
Cœur de ville – Pôle documentaire Localisation

Animé par Jean-Claude Raspiengeas

Trois écrivains, trois hommes qui ont pris leurs semblables pour sujet littéraire. Est-ce pour faire l’éloge de la masculinité canadienne ou pour sonder les failles du mâle dominant ? Qu’ont donc appris en chemin ces trois auteurs ? Que cherchaient-ils en fin de compte ?
En présence de :

Grand Prix de littérature dramatique 2009/ La conférence de Christophe Pellet

  • La Conférence de Christophe Pellet, L’Arche Éditeur

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Présentation de l’éditeur »La Conférence, long monologue d’un personnage à la verve bernhardienne. Cet homme au verbiage illuminé s’en prend au système culturel français. Tel Don Quichotte il s’enflamme et se lance dans un combat perdu d’avance, non contre des moulins à vent et des chimères mais à l’inverse, contre le bloc imprenable d’une autorité certifiée par des fondations kafkaïennement bureaucratiques et par la langue de bois de tous ceux qui y trouvent leur compte. »

L’auteur :

« Christophe Pellet est un auteur et réalisateur français né à Toulon. Il est diplômé de la FEMIS en 1991, section scénario.

Il a publié une quinzaine de pièces chez L’Arche Éditeur depuis 2000. En 2006, il obtient la Bourse Villa Médicis Hors les murs à Berlin et reçoit en 2009 le Grand Prix de Littérature Dramatique pour sa pièce La Conférence. Ses pièces sont montées par Stanislas Nordey, Matthieu Roy, Jacques Lassalle, Madeleine Louarn, Anne Théron, Michael Delaunoy, Jean-Pierre Miquel, Jean-Louis Thamin, Renaud-Marie Leblanc…. Ses pièces sont également jouées en Allemagne et en Angleterre. En 2017, Stanislas Nordey met en scène Erich von Stroheim avec Emmanuelle Béart.

En 2012, il publie à L’Arche son premier essai, Pour une contemplation subversive qu’il présente sous forme de performance à la Chartreuse dans le cadre du Festival d’Avignon et dans différents théâtres.

Christophe Pellet a traduit Atteintes à sa vie de Martin Crimp (cotraduction avec Michelle Pellet. L’Arche Éditeur, 2002), Stroheim de Dimìtris Dimitriàdis (cotraduction avec Dimitra Kondylaki, Espace 34, 2009) et Un crime d’honneur d’Etel Adnan (cotraduction avec Michelle Pellet, L’Arche Éditeur, 2011).

En tant que cinéaste, Christophe Pellet a réalisé six films qui font l’objet d’une rétrospective à la Cinémathèque Française en novembre 2016 : Le Garçon avec les cheveux dans les yeux (2009) avec Édith Scob, Soixante-trois regards (2010) avec Mireille Perrier, Dominique Reymond, Françoise Lebrun, Katarzyna Krotki, Plus dure sera la chute (2011), et Seul le feu (2013) avec Mireille Perrier et Stanislas Nordey, Exoplanète (2014) avec Mireille Perrier et Burning Bridges (2016). »

Festival America 2018 : Entretien avec Margaret Atwood Samedi de 17H00 à 18H00

Conversation en duplex avec Margaret Atwood

samedi 22 septembre 2018 de 17h00 à 18h00
Centre Culturel G. Pompidou Localisation

Animé par Laure Adler

Margaret Atwood, née à Ottawa en 1939, est l’auteure d’une quarantaine de livres. Traduite dans cinquante langues, elle est l’une des plus grandes romancières de notre temps. Elle a notamment écrit Le Tueur aveugle (Man Booker Prize en 2002), la trilogie MaddAddam et C’est le cœur qui lâche en dernier. Ses romans La servante écarlate et Alias Grace ont été adaptés en série, respectivement par Hulu et Netflix.

Habituée du festival AMERICA mais ne pouvant être présente cette année, elle participe à un entretien exceptionnel en duplex vidéo depuis le Canada.
En présence de :

Festival America 2018 – John Irving – lutter contre les discriminations sexuelles

JDescription de cette image, également commentée ci-aprèsohn Irving est une  grande figure, littéraire mais surtout un artiste, une personne, un homme fabuleux. La Grande Librairie , ce soir, mercredi 19 septembre, fêtera en sa compagnie les quarante ans de « Un monde selon Garp » véritable manifeste pour l’émancipation des femmes. Il sera également l’invité d’honneur du Festival America à Vincennes.

John Irving Cologne 2010, photo wikipedia

Il est l’invité d’honneur de cette 9e édition du Festival AMERICA de Vincennes à l’occasion de la réédition du Monde selon Garp par les éditions du Seuil (sortie le jeudi 20 septembre 2018, traduction Maurice Rambaud).

Les événements du festival autour de l’auteur :

Jeudi 20 septembre
18h : Cérémonie d’ouverture (Auditorium Cœur de Ville)

Vendredi 21 septembre
Après-midi : Café des Libraires (Salle des fêtes de l’Hôtel de Ville)
17h : Séance de dédicaces

Samedi 22 septembre
17h : Le Temps des écrivains, émission spéciale France Culture, animé par Christophe Ono-dit-Biot en direct de l’Hôtel de Ville de Vincennes.
18h : Conversation autour du métier d’écrivain et de la naissance des romans avec John Irving, Kevin Hardcastle et Nathan Hill (Centre culturel Georges Pompidou de Vincennes)
21h : L’Amérique de John Irving, rencontre animée par François Busnel, en partenariat avec le magazine America (Centre culturel Georges Pompidou de Vincennes)
22h : Projection du film Le Monde selon Garp de George Roy Hill

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« Jenny Fields ne veut pas d’homme dans sa vie mais elle désire un enfant. Ainsi naît Garp. Il grandit dans un collège où sa mère est infirmière. Puis ils décident tous deux d’écrire, et Jenny devient une icône du féminisme. Garp, heureux mari et père, vit pourtant dans la peur : dans son univers dominé par les femmes, la violence des hommes n’est jamais loin. Un livre culte, à l’imagination débridée, facétieuse satire de notre monde.Né en 1942, John Irving est l’un des plus grands romanciers américains de sa génération. Le Monde selon Garp, partiellement autobiographique, a connu un succès mondial et a été porté à l’écran » Editeur

Interview Anaïs Barbeau-Lavalette

Festival America 2018 : Anaïs Barbeau-Lavalette, La femme qui fuit

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Anaïs Barbeau-Lavalette – La femme qui fuit – Le livre de poche, éditions Marchand de feuilles, 2015

Ce livre a eu un prodigieux succès à sa sortie, et a obtenu de nombreuses récompenses : Prix des libraires du Québec 2016, Prix France-Québec et grand Prix du livre de Montréal.

Les raisons en sont certainement la grande qualité de l’écriture, l’originalité du récit, louvoyant entre la réalité et la fiction, dans la quête de cette grand-mère que l’auteure a très peu connue, et qui a terriblement blessé sa mère en l’abandonnant à l’âge de trois ans et en refusant de la voir plus tard. Mère attendue, espérée et toujours absente. Forcément de récit nous touche, car il fait écho à la peur de l’abandon, profondément enracinée en nous, et la crainte de ne pas être aimé-e-s ou pas assez.

Peut-être a-t-on conscience également, en lisant ce récit, qu’être une femme libre dans la première moitié du XXe siècle était une véritable gageure quand on était une femme. Une femme pouvait être une muse, mais être artiste à part entière, reconnue à l’égale des hommes, il ne fallait pas y compter, c’était plutôt l’exception qui confirmait la règle. Suzanne Méloche était une artiste et l’une des rares femmes, peintre et poétesse, représentante du mouvement automatiste au sein du surréalisme.

Le destin de la plupart des femmes était de procréer et d’être femme au foyer, d’autant plus qu’au Québec, l’Eglise avait une influence extrêmement importante et que ses diktats, ses recommandations, avaient valeur de loi. Une forme de rigorisme moral et de censure, rendaient difficile l’expression artistique et l’évolution des mœurs. Les femmes et les artistes en furent également victimes et les femmes artistes, doublement.

J’ai aimé ces très courts textes-chapitres, comme des instantanés, où des moments de la vie de cette grand-mère inconnue, sont esquissés sur le vif, grâce à l’imagination qui pallie les blancs d’une histoire incomplète.

Un très beau livre, où l’émotion est un fil continu.

Vous pourrez rencontrer l’auteur au Salon du livre de Vincennes le samedi de 15h30 à 16h30,  et le dimanche de 11 h à 12h à et de 17H à 18H.

america chez Plaisirs à cultiver

Festival America 2018 H comme Héroïne : Entre toutes les femmes

H… comme Héroïne : Entre toutes les femmes

Elles ont été nombreuses, les héroïnes, au cours de l’histoire, et célèbres pour la plupart. Qu’aurait fait Zola sans Nana ou Thérèse Raquin, Mauriac sans Thérèse Desqueyroux, Tolstoï sans Anna Karénine, Racine sans sa Phèdre, sans parler des héroïnes balzaciennes ? Femmes fatales ou venimeuses, femmes soumises ou dévouées à travers le personnage de la mère, femmes tragiques telles Antigone ou Médée, les femmes peuplent la littérature. Les années 70 lui apporteront la liberté de parole, l’insoumission, la rage et la révolte. Simone de Beauvoir écrira les « Mémoires d’une jeune fille rangée », Violette Leduc « La bâtarde », Françoise Sagan peindra les affres de la mélancolie, la légèreté, le vide et l’ennui, et Annie Leclerc, livrera sans détours sa  » Parole de femme ».

Pour autant le temps des héros est-il révolu ? Les hommes interrogent-ils à leur tour la masculinité à travers le prisme de leurs héroïnes ? Ou reconnaissent-ils leur propre féminin ? Le monde de la littérature n’est pas étanche, les combats qui s’y livrent n’y sont pas à huit clos, pour la simple raison qu’il y a des lecteurs et des personnes réelles qui les écrivent, porteurs d’une histoire,d’une vision de la société, et de valeurs.Il traduit  également les évolutions de la société, les interrogations et les crises qui la traversent.

« Et si le temps des héros était révolu laissant la place aux héroïnes ? Les récentes mutations de la société vont-elles enfin donner aux femmes la place qu’elles sont en droit de revendiquer ? Jadis minorées, les femmes donnent désormais de la voix avec fierté et bien déterminées à faire entendre leurs désirs et leurs aspirations. Mais peut-être n’est-il plus nécessaire d’être une femme soi-même pour qu’existe sous la plume une héroïne crédible… »
dimanche 23 septembre 2018 de 12h00 à 13h00
Crypte de l’Eglise Notre-Dame de Vincennes Localisation

Animé par Kerenn Elkaïm

En présence de :

Des femmes en littérature 100 textes d’écrivaines à étudier en classe… A quand un matrimoine littéraire ?

Des femmes en littérature

Vous avez certainement suivi la polémique qui a agité les réseaux sociaux, et les pétitions qui ont circulé pour que, enfin, des écrivaines soient au programme du Bac littéraire et qu’une juste place et reconnaissances leur soient dévolus.

La pétition de Françoise Cahen sur Change.org.

Les éditions des femmes- Antoinette Fouque et Delin tentent de réparer l’injustice qui leur est faite et proposent 100 textes d’écrivaines à étudier en classe

 » Des écrivaines enfin dans les programmes scolaires !

Alors que le premier texte de littérature mondiale remonte au XXIIIe siècle avant notre ère et est attribué à une poétesse et scribe mésopotamienne, En-Hedu-Ana, ce n’est qu’en 2017 qu’un texte de femme a pour la première fois été inscrit au programme du baccalauréat littéraire. Et les femmes restent à ce jour encore largement exclues des programmes et des manuels scolaires dans toutes les disciplines.

Les éditions des femmes-Antoinette Fouque ont souhaité, avec le Salon des Dames, les faire entrer de plain pied dans la culture commune à travers l’éducation, permettant ainsi aux élèves d’avoir accès à d’autres visions du monde, à un plus large abord de la création humaine.
Des femmes en littérature est né de ce désir et de l’accueil enthousiaste de Belin Éducation, par ailleurs partenaire historique du Dictionnaire universel des créatrices initié par Antoinette Fouque.

Cette anthologie de cent textes à étudier en classe offre, conformément aux programmes officiels du collège, un panorama complet des grandes œuvres littéraires écrites par des femmes du Moyen Âge à nos jours. Elle propose des rencontres passionnantes avec les œuvres et leurs auteures à travers des présentations originales et « des repères culturels » qui rappellent l’état des connaissances sur les sujets abordés. Elle est accompagnée de nombreuses ressources pédagogiques pour enrichir l’étude des textes.

Destinée aux enseignant.e.s, elle ne manquera pas d’intéresser aussi le grand public par son caractère novateur et original, la richesse de son contenu et le plaisir qu’il suscite à la lecture.

Djamila Belhouchat est professeure de lettres modernes./ Céline Bizière est fondatrice du Salon des dames./Michèle Idels et Christine Villeneuve
Membres de l’équipe responsable du Dictionnaire universel des créatrices et co-directrices des Éditions des femmes – Antoinette Fouque
. »

Prix de littérature de l’Union Européenne 2013

Le prix de littérature de l’Union Européenne,  ouvert aux 37 pays participant au programme «Europe créative» dans les secteurs de la culture et de la création, récompense tous les ans les meilleurs écrivains émergents en Europe. Les critères sont assez exigeants, puisqu’il faut avoir publié entre deux et quatre œuvres et avoir déjà été nominé.

Il est organisé par un consortium composé de la Fédération des libraires européens (EBF), de la Fédération des associations européennes d’écrivains (FAEE) et de la Fédération des éditeurs européens (FEE).

Les œuvres de femmes sont bien représentées mais elles sont très peu traduites en français. D’ailleurs, le fait est que les ouvrages primés sont, dans leur ensemble, très peu traduits. Pour un prix qui vise à  » promouvoir une diffusion plus large de la littérature européenne; encourager les ventes transnationales de livres; renforcer l’intérêt pour l’édition, la vente et la lecture d’œuvres littéraires étrangères », le résultat est un peu décevant en ce qui concerne les traductions en français. Toutefois, très belle initiative, l’Europe existe, bel et bien, quoi qu’on en dise.

En 2013, trois traductions seulement, et 4 romans de femmes disponibles en français. A quand la parité ?

2013

Belgique : Isabelle Wéry, Maryline désossée (Maelström éditions, 2013)

Bosnie-Herzégovine : Faruk Šehić, Knjiga o Uni

Chypre : Emilios Solomou, Hμερολóγιο μιας απιστίας

Danemark : Kristian Bang Foss, Døden kører audi – La Mort roule en Audi () (Nil,2015)

Estonie : Meelis Friedenthal, Mesilased

Finlande : Katri Lipson, Jäätelökauppias

Allemagne : Marica Bodrožić, Kirschholz und alte Gefühle

Luxembourg : Tullio Forgiarini, Amok – Eng Lëtzebuerger Liebeschronik

République de Macédoine : Lidija Dimkovska, РЕЗЕРВЕН ЖИВОТ

Roumanie : Ioana Pârvulescu, Viaţa începe vineri La Vie commence vendredi– Le Seuil 2016

Slovénie : Gabriela Babnik, Sušna doba La Saison sèche Slovene Writers’ Association (23 juillet 2017) Format kindle

Espagne : Cristian Crusat, Breve teoría del viaje y el desierto

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Eliane Viennot, chercheuse magnifique et engagée !

Eliane Viennot est une chercheuse magnifique et engagée. Grâce à elle et quelques autres de ses contemporain-e-s, de très beaux textes nous parviennent, entre autres, par l’entremise d’une collection que j’ai découverte récemment, « La cité des dames », aux Publications de l’Université de Saint-Etienne.

Je me suis procuré les anthologies sur le théâtre, que je chroniquerai bientôt – enfin dans l’année, ce sont les mésaventures des doubles vies, on peut pas toujours être bouchère et blogueuse à la fois ! (Je plaisante, seulement pour la bouchère)

Éliane Viennot est une linguiste et historienne de la littérature française. Elle est professeuse émérite de littérature française de la Renaissance à l’université Jean-Monnet-Saint-Étienne.

Elle présente elle-même cette collection sur son site : « La collection, qui porte symboliquement le nom du premier manifeste féministe connu (Christine de Pizan, 1404) propose des écrits des femmes de l’Ancien Régime en livres de poche. Elle vise à faciliter l’accès aux grands textes ou à des types d’écrits peu connus mais importants du point de vue de l’histoire littéraire, de l’histoire des idées, de l’histoire tout court. Les textes sont édités par les meilleur/es spécialistes des femmes concernées. Ils sont complets dans la mesure du possible, en extraits si trop volumineux, regroupés en anthologie si nécessaire. Ils sont reproduits en orthographe et ponctuation modernisées. Les volumes sont dotés d’un appareil critique léger. »

Mémoires et discours de Marguerite de Valois (1574-1614), éd. Éliane Viennot, 2004, 228 p

Les Angoisses douloureuses qui procèdent d’amour (1543) d’Hélisenne de Crenne, éd. Jean-Philippe Beaulieu, 2005, 380 p.,

L’Histoire des favorites de Mme de La Roche Guilhen (1697), éd. Els Höhner, 2005, 412 p.,

Les Enseignements d’Anne de France à sa fille (1505), suivis de l’Histoire du siège de Brest, éd. Tatiana Clavier & Éliane Viennot, 2006, 148 p.,

Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, vol. 1, XVIe siècle, éd. Aurore Evain, Perry Gethner, Henriette Goldwyn, 2006, 568 p., 10€ – Anthologie reprise par les éditions Classiques Garnier.

Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, vol. 2, XVIIe siècle, éd. Aurore Evain, Perry Gethner, Henriette Goldwyn, 2008, 623 p., 15€ – Anthologie reprise par les éditions Classiques Garnier.

Les Épîtres familières et invectives ; le Songe de Madame Hélisenne d’Hélisenne de Crenne (1543), éd. Jean-Philippe Beaulieu, 2008, 187 p.

Théâtre de femmes de l’Ancien Régime, vol. 3, XVIIe-XVIIIe siècles, sous la dir. d’Aurore Evain, Perry Gethner, Henriette Goldwyn, 2011, 610 p., 17€ – Anthologie reprise par les éditions Classiques Garnier.

A paraître

Traités sur l’excellence des femmes et autres éloges de la Renaissance, Anthologie, éd. Renée-Claude Breitenstein.

Quelques-unes de ses publications :

  Marguerite de Valois    

Les Actes du Colloque international au Château de Nérac, les 21-23 octobre 2015, Marguerite de Valois, 1615-2015 (voir programme), sont en cours de publication. Ils paraitront aux PUR sous le titre : Autrice, mécène, inspiratrice:  de Marguerite de Valois à la Reine Margot

Une exposition virtuelle, consacrée aux
représentations télévisuelles de la reine Margot
par Julien Centrès,  lien vers l’exposition
lien vers la chaine youtube de l’Ina

Merveilleuse nouvelle ! Accréditation presse pour Litterama et le Festival America !

Litterama, les femmes en littérature et moi avons obtenu une accréditation presse autour de notre projet pour le Festival America ! Toutes ces années de recherche et de travail prennent tout leur sens ! Youpiiiiiiii !

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Rencontre autour de TANGENTE de Nina Chataignier  et  ENQUÊTE SUR UNE ÉVAPORATION AVANT OUBLI  d’Aurore Jacob

Les éditions Koiné,  Nina Chataignier et Aurore Jacob organisent une rencontre autour de
 TANGENTE de Nina Chataignier 
et 
ENQUÊTE SUR UNE ÉVAPORATION AVANT OUBLI  d’Aurore Jacob
 
Vendredi 21 septembre  à partir de  18 h 30
Librairie Théâtrale 
3, rue de Marivaux 75002 Paris
Nina Chataignier s’est formée au Théâtre 14 et à l’École du Magasin, puis a obtenu une Maîtrise d’Arts du Spectacle et un Master Professionnel de Mise en Scène et Dramaturgie. Sa pièce Tangente a reçu l’Aide à la Création – Encouragements d’Artcéna (Centre National du Théâtre) ainsi que la Bourse de la Fondation Beaumarchais (SACD). Elle a été lue en Décembre 2017 à la Comédie Française dans le cadre du Bureau des lecteurs et au Théâtre de l’Aquarium en avril 2018. Elle sera présentée au TAPS de Strasbourg en Mars 2019.

Aurore Jacob obtient un Master de théâtre à la Sorbonne en 2008, avant de troquer la théorie pour le plateau. Elle a participé à plusieurs projets de performance, d’écriture de plateau en plus de son travail personnel d’écriture. Elle a bénéficié de résidences à la Chartreuse.

Aurore Jacob a écrit une douzaine de pièces, dont certaines ont été publiées par Théâtre Ouvert, En Acte(s), Lansman. 

Enquête sur une évaporation avant oubli a été accompagné par le Collectif À mots découverts, a fait partie de la sélection du comité de lecture du Panta Théâtre en 2016, de la Sélection Fabulamundi. Playwriting Europe 2015 – 2016 et a été lu à la bibliothèque de l’Odéon en juillet 2014.

 
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Café Hyène de Jana Beňová Prix de littérature de l’Union européenne 2012

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Jana Beňová. Café Hyène. Un plan d’accompagnement. Texte intégral. Traduit du slovaque par Diana Jamborova Lemay. Le Ver à Soie. Virginie Symaniec éditrice 2015

Je voulais faire davantage connaissance avec ces voix distinguées lors du Prix de littérature de l’Union européenne dont les œuvres sont globalement peu traduites en français. Les voix de femmes sont pratiquement inaudibles car, c’est un fait, elles sont encore moins traduites. Et c’est vraiment dommage car ce prix vise à faire connaître la littérature de l’Europe et donc sa culture. Je suis curieuse de tous ces auteurs qui vivent si près de nous, de leur langue, de leur culture et de leur littérature.

Ce prix semble récompenser des œuvres originales, assez éloignées de l’académisme et de la littérature populaire.

Café Hyène est une déambulation intérieure, « une appropriation poétique subjective[1] » de la ville de Bratislava et de ses quartiers périphériques, que l’on découvre à travers les yeux de quatre jeunes slovaques, Elza, Rebeka et leurs deux compagnons, Ian et Elman.

Régulièrement leur voyage les conduit de la périphérie, vers le centre dans un café, le café Hyène, bondé de touristes et de gens aisés.

Ce centre, où  se promènent surtout des touristes : un des nombreux flâneurs qui habitent la vieille ville, slovaque lui,  confesse qu’on le paie pour se balader !  Ce tourisme de masse, cosmopolite, qui vide certaines capitales peu à peu de leurs habitants en provoquant une flambée des prix immobiliers, est le souffle de la mondialisation sur des pays dont l’ouverture au reste de l’Europe, est récente. Les pays de l’ancien bloc communiste ont accédé à l’économie de marché, et le bip, bip du scanner de codes barre enfle à mesure que progresse le récit.

Les déplacements des personnages tentent de relier des espaces en tension, entre le centre-ville préservé et les immenses cités dont fait partie Petržalka, « un endroit où le temps ne joue aucun rôle. Un endroit où vivent des créatures dont l’autre partie de la Terre pense qu’elles n’existent plus, qu’elles ont disparu. » Le post-socialisme n’a pas changé outre mesure la vie des habitants du quartier.

« Nous vivons avec Ian dans le ventre de Staline comme Pinocchio dans la baleine ». (p 82)

D’ailleurs, les amours d’Elza sont également nomades. Ces flux, et reflux, sont comme une respiration entre les différents espaces, tout au moins est-ce ainsi que je l’ai ressenti.

Pour ceux qui ne sont pas obsédés par la « ligne », car toute obsession peut conduire à la folie.

Elza écrit, elle tente de fixer sur le papier « son plan d’accompagnement », au fur et à mesure qu’elle déambule dans la ville.

Ce récit a beaucoup de charme, l’écriture est belle et les personnages attachants. Cela donne envie de bouger à son tour et d’aller voir ailleurs si on y est aussi.

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le centre                                                       Petržalka

Photos : réutilisation autorisée sans but commercial

[1] Alfrun Kliems, « « Localisme agressif » et « globalisme local » – La poétique des villes postsocialistes en Europe centrale », Revue des études slaves [En ligne], LXXXVI-1-2 | 2015, mis en ligne le 26 mars 2018, consulté le 14 août 2018. URL : http://journals.openedition.org/res/673 ; DOI : 10.4000/res.673

Cycle Margaret Atwood – Captive

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Margaret Atwood, Captive (Alias Grace, 1996) , traduit de l’anglais (Canada) par Michèle Albaret-Maatsch, Robert Laffont, 10/18 , 1998 pour la traduction française, 613 pages

Captive est le deuxième roman que je lis de cette auteure et je suis toujours aussi séduite par l’écriture de Margaret Atwood, sa façon de camper les personnages, de nouer l’intrigue, et de créer en nous le désir de lire, de la lire.

Ce roman retrace la vie de Grace marks, 16 ans, condamnée à perpétuité pour le meurtre de son employeur. Le second crime, celui de la gouvernante, ne sera pas jugé.  Qui est Grace Marks, et quelle comédie joue-t-elle lorsqu’elle prétend ne pas se souvenir de ce qu’elle a fait le jour du meurtre ? N’est-elle qu’une habile manipulatrice ? C’est ce que le docteur Jordan va s’attacher à découvrir, curieux des nouvelles méthodes de la psychiatrie, influencé par les études sur l’hystérie de Charcot, et les balbutiements de ce qui sera plus tard la psychanalyse. Il souhaite sonder le mystère de ces profondeurs, de cet inconscient, nouveau continent presque vierge de cette fin du XIXe siècle. Est-on ce que l’on se rappelle ou alors ce que l’on a oublié ? Margaret Atwood brosse avec talent les polémiques de cette fin de siècle, les débats qui l’animent sur la nature de l’âme ou de l’esprit.

A travers Grace, le poids du déterminisme social, la violence qu’il exerce sur la classe laborieuse, dont le destin est la pauvreté – les chances de s’élever dans la hiérarchie sociale étant quasi-inexistantes – est finement analysé. La condition des servantes dans les familles bourgeoises, l’injuste répartition des richesses, sert de filigrane au récit.

Mais ce sont ces relations entre Grace et le docteur Jordan qui donnent sa profondeur au récit, et peut-être son romanesque. Elles illustrent le danger de la relation thérapeutique particulière instaurée entre eux, où le manque de distance compromet ce qui pourrait être une guérison.

Et parfois, peut-être vaut-il mieux ne pas se souvenir…

Ce cycle est aussi un challenge auquel vous pouvez participer jusque en septembre 2019.

La fabrique de l’intime – Ecrits autobiographiques de femmes du XVIIIe siècle

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La Fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle, par Catriona Seth, Robert Laffont, Bouquins, 1216 p., 30 euros

On ne peut que se réjouir de l’intérêt de la critique et d’une certaine partie des lecteurs pour l’histoire de l’écriture des auteures. Cela pourrait bien être la revanche post-mortem de ces femmes dont Rousseau disait  dans une lettre écrite à d’Alembert en  1758 : « Les femmes, en général, n’aiment aucun art, ne se connaissent à aucun, et n’ont aucun génie. Elles peuvent réussir aux petits ouvrages qui ne demandent que de la légèreté d’esprit, du goût, de la grâce, quelquefois même de la philosophie et du raisonnement. Elles peuvent acquérir de la science, de l’érudition, des talents et tout ce qui s’acquiert à force de travail. Mais ce feu céleste qui échauffe et embrase l’âme, ce génie qui consume et dévore, cette brûlante éloquence, ces transports sublimes qui portent le ravissement jusqu’au fond des cœurs, manqueront toujours aux écrits des femmes : ils sont tous froids et jolis comme elles. »

Malheureusement cette vision étroite et misogyne a empêché l’accès des femmes au monde de la littérature, en les enfermant dans le cercle étroit du foyer.

« Cette première anthologie de textes autobiographiques de femmes du XVIIIe siècle embrasse tout le siècle des Lumières, du journal de Rosalba Carriera, jeune pastelliste à Paris pendant la Régence, aux souvenirs de Victoire Monnard, apprentie sous la Révolution, en passant par le journal de Germaine de Staël, les Notes sur l’éducation des enfants d’Adélaïde de Castellane ou de Charlotte-Nicole Coquebert de Montbret, ou encore les Mémoires particuliers de Manon Roland sous la Terreur. Une artiste italienne en France, une actrice anglaise célèbre en visite à la cour de Versailles, une Française inconnue, fille d’artisan, côtoient ici une religieuse limousine dans sa province ou la princesse de Parme, mariée à l’héritier du trône autrichien.
Toutes ont livré par écrit leurs pensées secrètes, leurs sentiments, leurs craintes, leurs joies, leurs espoirs, comme un envers de la  » grande histoire « . Leurs textes, très divers dans leur forme et leur contenu, témoignent du développement d’une véritable écriture personnelle, faite de repli sur soi ou d’élan vers l’autre.
Écrire, pour ces femmes attachantes, pleines d’esprit, généreuses, qui s’affirmaient tout en doutant d’elles-mêmes, a été le moyen de conquérir un espace intime où elles pouvaient exprimer leur caractère et leur désir d’émancipation. Elles apparaissent comme les pionnières de la littérature féminine moderne. Et elles demeurent en cela, d’une certaine manière, nos contemporaines.

Ce volume contient des textes de : Rosalba Carriera (1675-1757), Marguerite-Jeanne de Staal-Delaunay (1684-1750), Suzanne Necker (1737- 1794), Françoise-Radegonde Le Noir (1739-1791), Isabelle de Bourbon-Parme (1741-1763), Félicité de Genlis (1746-1830), Jeanne-Marie Roland (1754-1793), Mary Robinson (1758-1800), Charlotte-Nicole Coquebert de Montbret (1760-1832), Adélaïde de Castellane (1761-1805), Germaine de Staël (1766-1817), Marie-Aimée Steck-Guichelin (1776-1821) et Marie-Victoire Monnard (1777-1869). »

Biographie de l’auteur

Catriona Seth est professeur des universités en littérature française à l’université de Lorraine et professeur associé au département d’histoire de l’université Laval (Québec). Elle est l’auteur de nombreux travaux importants sur la littérature et l’histoire des idées du XVIIIe siècle, entre autres Marie-Antoinette. Anthologie et Dictionnaire (Bouquins, 2006), Les rois aussi en mouraient. Les Lumières en lutte contre la petite vérole (Desjonquères, 2008) et la récente édition des Liaisons dangereuses de Laclos (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2011).