
Les anges et tous les saints ( Saints for All Occasions) – Julie Courtney Sullivan, 2017, Editions rue fromentin 2018, traduit de l’anglais (américain) par Sophie Troff (413 pages)
Je lis cette auteure depuis sa première édition en français, et ce magnifique roman, Les débutantes. Elle fait partie de mes affinités électives. Une forme de sororité. J’ai l’impression de comprendre ce qu’elle écrit, sa véritable profondeur, sa portée. J’ai l’impression qu’elle me rend meilleure.
L’épigraphe est de Margaret Atwood, « J’existe en deux endroits,
Ici et là ou tu es ((Corpse song)
C’était de bon augure.
Deux sœurs irlandaises de 17 et 21 ans, quittent leur Irlande natale, comme beaucoup d’irlandais souffrant de la misère, pour rejoindre Boston, Etats-Unis, où les attend Charlie le fiancé de Nora, la sœur aînée.
La vérité est-elle supportable, ou le secret permet-il d’épargner ceux que l’on aime ? Je me souviens de cette formule d’un de mes professeurs de philosophie, Mr Florenti, « Mentir c’est voler la vérité à quelqu’un ». Cela m’avait beaucoup impressionnée à l’époque. Cela me semblait si juste, si vrai !
Ce roman, encore une fois, décrit les ravages que provoquent les secrets de famille, et combien ils font souffrir ceux qui les détiennent.
Mais ici, ils sont du côté des femmes, en quelque sorte condamnées au secret car « l’époque dans laquelle naissait une femme déterminait ce qu’elle serait autorisée à devenir. »
On fait en cachette ce qui est interdit, on tait ce qui est défendu parce que c’est une question de survie sociale. Il fallait parfois payer un prix trop élevé pour avoir le courage de vivre librement et selon ses convictions.
Surtout dans la communauté catholique irlandaise où sont convoqués les saints pour chaque occasion de la vie, et où les règles et les principes tirés de la Bible valent comme seule morale possible. La transgression pouvait conduire à la mort (physique ou symbolique). Les hommes sont plutôt soumis à l’alcoolisme.
C’est aussi un roman sur une mère incapable d’exprimer ses émotions ou ses sentiments, pour laquelle le sacrifice est une valeur fondatrice. Les générations successives feront cependant le chemin qui reste à parcourir en matière d’émancipation.
Une autrice à découvrir si vous ne la connaissez pas encore.


chez 







Elle ne manque pas de caractère Euphrosine car à douze ans, elle refuse tout net de se marier! Elle a déjà le goût d’une vie indépendante, prend le voile très jeune, et organise une solitude qu’elle aime paticulièrement, à la cathédrale Sainte Sagesse où elle obtient l’autorisation de résider. Elle aime l’écriture, copie des manuscrits, et la vente des livres lui permet de gagner sa vie et de distribuer aussi des aumônes.



Ce personnage de femme est tout à fait particulier. Nimbé d’une lumière presque surnaturelle, sanctifié par des qualités qui, pour ne pas être totalement absentes de ce monde, sont relativement rares, elle avance dans la vie portant sur les êtres et les choses un regard d’une grande bonté. On dit souvent que les gens heureux n’ont pas d’histoire, et bien Sonia démentirait tout à fait cet adage. Elle a quelque chose d’une sainte, sans la souffrance et le renoncement auxquelles celles-ci sont associées.
Il est particulièrement intéressant de lire ou de relire aujourd’hui « La servante écarlate » de Margaret Atwood, à la lumière de l’histoire récente des Etats-Unis, et des manifestations qui ont eu lieu pour protester contre les restrictions au droit à l’avortement, suivant la politique menée par Donald Trump, dans certains Etats américains ( 
» Les cinq volumes de cette anthologie au format poche présentent une trentaine d’autrices de théâtre nées sous l’Ancien Régime, dont la production s’étend des années 1530 (la reine de Navarre, première dramaturge connue à ce jour), jusqu’aux dernières productions théâtrales de Mme de Staël-Holstein (1811). En tout, une cinquantaine de pièces qui retracent l’Histoire du théâtre à travers la production de ses autrices, dans les différents genres dramatiques où elles se sont illustrées : comédies, tragédies, tragi-comédies, pastorales, drames, proverbes dramatiques… Les registres couvrent aussi bien la scène professionnelle que le théâtre amateur, dans des domaines aussi variés que les comédies religieuses de Marguerite de Navarre, le théâtre d’éducation de Mme de Genlis ou les pièces politiques révolutionnaires d’Olympe de
Gouges. Presque toutes ces pièces ont été jouées, et près de la moitié ont été représentées sur les scènes de la Comédie-Française ou de la Comédie-Italienne. C’est donc tout un pan du répertoire dramatique français qui est ainsi remis à jour, offrant là une nouvelle page de l’histoire littéraire des femmes sous l’Ancien Régime, encore méconnue malgré les recherches de plus en plus nombreuses menées au cours de la dernière décennie. A travers les pièces de théâtres de ces autrices, professionnelles ou amatrices, se fait également entendre la voix de femmes décidées à braver l’interdit traditionnel d’un genre dit « mâle », pour accéder à la parole publique et à la mise en scène des rapports de sexe dans l’espace social et politique que constituait le théâtre de l’Ancien Régime. » Présentation de l’éditeur
Ce site internet présente les volumes, accompagnés de documents inédits et d’extraits de pièces, ainsi que toute l’actualité consacrée au théâtre de femmes de l’Ancien Régime : articles, colloques, lectures, représentations, etc.