Archives pour la catégorie – Femmes du Monde entier

L’hostie de mer de Béatrix Balteg pour la ville de Cancale / En ces premiers jours de vacances…

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L’hostie de mer

Malika porta la main à son ventre. La douleur disparut pendant un instant, pour revenir encore plus violente. L’enfant qu’elle abritait avait glissé d’elle, tous ses espoirs étaient réduits à néant.

Le néant, le vide… voilà ce qu’elle ressentait, ce matin, en se promenant sur la plage. Ses yeux ne voyaient plus rien, un poids immense pesait sur sa tête, ses épaules. Tout ce que l’enfance évoquait de doux, de tendre, avait fui dans un ailleurs inaccessible. Elle se trouvait nue jusqu’à l’os parcourue d’éclairs vertigineux à la limite de l’insoutenable.

Elle avait repris sa voiture, roula en direction de Cancale, et la gara dans le parking, qui fait face au port. Ses pas la portèrent vers la promenade de la Houle. Elle distinguait les autres promeneurs, les chiens qui couraient en jappant, les enfants qui se poursuivaient en riant. Bien sûr, ils sont en vacances pensa t’elle. Elle alla jusqu’au bout de la jetée, s’accouda à la balustrade derrière le phare, ferma les yeux, les rouvrit. Des vaguelettes venaient clapoter rythmiquement contre la paroi de béton. La mer s’étendait devant elle, calme, sereine.

Granville, le Mont Saint-Michel, Mont-Dol se profilaient au loin, comme des repères familiers. Elle aspira l’air et éprouva un plaisir qui la surprit. Il était chargé de l’odeur âcre du goudron et de celle si spéciale des algues. Il lui sembla que l’eau inondait ses narines, sa tête, son corps. Elle eut l’impression d’être portée, de flotter sur un coussin moelleux. Elle soupira et , détachant ses yeux de al mer qu’elle venait de fixer, reprit la direction du port. Elle regarda quelques vitrines, huma au passage le parfum de brioche qui provenait de la boulangerie, puis décida brusquement d’entrer au « Pied de cheval » et de déguster des huîtres. La jeune fille, souriante, vint prendre la commande, lui proposant des « pieds de cheval » ou des « portugaises ». Elle opta pour ces dernières. Lorsqu’elle revint vers sa table, chargée d’une assiette d’où débordaient des algues, Malika se détendit, sourit, et en contempla le contenu avant de se mettre à manger.

La première huître portée à sa bouche la remplit de joie. D’une joie qui dépassait de beaucoup le simple plaisir gustatif. Elle but le jus frais et une grande vague la frappa au visage, lui fit perdre pied, l’attira dans un fond marin, la comblant d’une félicité primitive, aqueuse et ronde. Elle flottait dans le ventre de sa mère, dans le ventre de la mer. Et du plus profond d’elle même remontait la certitude d’une autre filiation, celle qui la liait à la terre. Elle sut, d’une façon instinctive, que rien n’était irrémédiablement perdu. Que l’embryon qui s’était détaché de son ventre pour rouler vers la mort vivait mystérieusement quelque part dans une goutte d’eau salée, comme celle de la mer. Il lui semblait toucher toutes les vies et les morts, et qu’elles convergeaient vers un point unique que la goutte englobait.

Soudain, elle repensa à un rêve qu’elle avait fait quelques années auparavant : il en ressortait une phrase nette, inexplicable à ce moment là : « Cancale est le dernier bastion de la royauté ». Comme cela était vrai aujourd’hui. La clé du monde trouvée dans la goutte d’eau de la mer la sacrait reine de sa propre vie.

Source : printemps des poètes

Image : wikipédia

Le temps des métamorphoses de Poppy Adams

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Poppy Adams – Le temps des métamorphoses (The Behaviour of Moths) , traduit de l’anglais par Isabelle Chapman,  Belfond 2009, collection 10/18, 382 pages

Poppy Adams – Le temps des métamorphoses (The Behaviour of Moths) , traduit de l’anglais par Isabelle Chapman,  Belfond 2009, collection 10/18, 3825 pages

Deux sœurs se retrouvent au soir de leur vie dans la grande maison familiale cinquante ans plus tard. A Bulburrow Court, Virginia Stone vit recluse, et l’arrivée inopinée de sa sœur Vivien après une si longue absence la laisse désemparée. Les souvenirs affluent, et les secrets qu’elle aurait aimé laisser enfouis.

Peu à peu, se dévoilent au cours du récit, de terribles révélations qui les conduiront vers l’issue la plus fatale. L’auteure distille savamment doutes et retournement de situations : Vivien a-t-elle véritablement accompli cette terrible chute du haut de la tour ou quelqu’un l’aurait-elle poussée ? Et la mère qui glisse sur les marches humides de la cave, un simple accident ?

Virginia serait-elle un peu « spéciale » ? Manipulée à son tour par une sœur égocentrique ? Un père qui ne voit rien en dehors de ses obsessions ? Une mère qui sombre …

L’histoire se déroule sur quatre jours du vendredi au mardi. L’auteure plante minutieusement le décor, avec force détails, le lecteur ne s’aventure guère au-delà du manoir, dans un huis-clos étouffant que les critiques ont souvent comparé à l’atmosphère hitchcockienne. Le drame s’annonce dès les premières pages, et les souvenirs s’égrènent comme une litanie qui révèle les vices, les traumatismes enfouis, l’incapacité à prendre en compte les désirs de l’Autre pour ramener tout à ses propres obsessions, qui mènera chacun vers une sorte de folie ou de fureur, étouffées derrière les murs épais de ce manoir victorien d’apparence respectable.

Les mœurs des lépidoptères illustrent parfaitement le déterminisme qui nous rend prisonniers de nos passés, à l’instar de ces insectes dont les actes répondent à des stimuli, programmés par leur instinct, et n’ont pas d’autre alternative.  La seule chose qui nous différencie d’eux est notre conscience de ce qui nous arrive.

Le père entomologiste, obsédé par ses insectes lépidoptères au point de tout leur sacrifier, la relation particulière qu’il a entretenu avec Virginia, la mère qui perd pied peu à peu, la violence entre les êtres … Le récit se métamorphose à l’instar d’un lépidoptère, mais au lieu de se transformer en une créature merveilleuse, plonge au contraire dans la noirceur des êtres, et de leur inconscient.

Il faut déplorer quelques longueurs, quelques lenteurs, mais si vous aimez les âmes noires, ce livre est pour vous.

English summary

« From her lookout on the first floor, Ginny watches and waits for her younger sister to return to the crumbling mansion that was once their idyllic childhood home. Vivien has not set foot in the house since she left, forty-seven years ago; Ginny, the reclusive moth expert, has rarely ventured outside it.

But with Vivien’s arrival, dark, unspoken secrets surface. Told in Ginny’s unforgettable voice, this debut novel tells a disquieting story of two sisters and the ties that bind – sometimes a little too tightly. »

 

Mahsati Ganjavi (1089-1181) – Quatrains

Voici les quatrains (rubaiyat) d’une poétesse contemporaine d’Omar Khayyam, Mahsati Ganjavi (1089-1181), née à Ganja, Azerbaïdjan, offerts par Ulka que je remercie chaleureusement pour cette découverte.

« Depuis la période soviétique, il existe en Azerbaïdjan des rues et des écoles qui portent son nom. À Ganja, sa ville natale qui avait été rebaptisée Elisabethpol sous l’empire tsariste, un monument a été érigé en son honneur en 1980. »Voir ici…

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Hier, j’ai vu un homme sur le chemin:
Avec le bâton qu’il tenait à sa main
Il frappait violemment une pauvre femme.
Les passants admiraient ce beau souverain.
 
Tu ne peux pas me forcer parce que tu es le roi
Tu ne peux pas me garder par la force de la loi
Tu ne peux pas enchaîner une femme chez toi
Une femme dont les tresses sont une chaîne de soie
 
On ne peut faire de nous objet pour le mari
Impossible de nous séquestrer dans une salle de torture.
Un femme, comme une tresse de cheveux, hélas,
Enchaînée, ne peut être détenue dans une cellule si petite.

Lady Chatterley D.H. Lawrence

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H. Lawrence, Lady Chatterley, Le livre de poche n° 5398 , Editions des Deux-Rives (1955,1980), 384 pages

Lady Chatterley ou L’amant de Lady Chatterley a fait date dans l’histoire de la littérature et dans la construction des personnages féminins par des auteurs. Lady Chatterley est devenue une héroïne, qui s’émancipe de son milieu et  brise les chaînes de son aliénation par la force de sa vie sensuelle.

Je ne sais pas s’il est utile de rappeler le scandale qui accueillit le roman à sa sortie en Angleterre en 1960, le procès qui s’ensuivit, et qui se solda par un acquittement, mais la liberté de ton, la sensualité, et l’érotisme magnifique de ce roman ne pouvaient laisser personne indifférent, et la pudibonderie de l’époque ne manqua pas de s’en offusquer.

Mais la version qui fut ainsi jugée comme outrage aux bonnes mœurs et délit d’obscénité n’est que la troisième version du roman. Il y en eut deux autres, toutes écrites de 1925 à 1928

Lady Chatterley en est la première, à laquelle il manquait quelques pages, le départ en est sensiblement le même, à savoir le retour de la guerre de Clifford Chatterley, mutilé et paralysé dans son foyer auprès de sa femme. Toutefois le titre même annonce la focalisation sur le personnage féminin et c’est ce qui nous intéresse ici.

Lady Chatterley souhaite avoir un amant pour s’épanouir sexuellement,et avoir un enfant;  son mari accepte. Elle entame alors une liaison avec le garde-chasse, Oliver Parkin.

La découverte de l’amour sensuel va transformer l’héroïne profondément. Cet appel à nos forces essentielles et primitives illustre pour D. H. Lawrence sa thèse de la nécessité d’un retour à la vie naturelle et sa critique féroce de la civilisation industrielle déshumanisante. C’est par la sensualité et la sexualité que nous retrouvons ce lien à la vie naturelle, aux forces primitives et harmonieuses qui la régissent. Pas de mot d’amour, ni de serment, ni de conventions n’entravent ce pur élan. Les barrières artificielles forgées par les êtres humains que sont les classes sociales et l’argent n’ont plus lieu d’être. L’être humain dans son authenticité ne se présente plus masqué mais nu, d’une beauté nue et magnifique.

Toute une civilisation judéo-chrétienne contemptrice du corps, et toute une philosophie héritée du platonisme qui font du corps le lieu de la chute, de la déchéance ou d’une pauvreté ontologique se trouvent ici déminées.

Le corps est qui nous sommes, mais il est aussi le lieu d’une forme de spiritualité et d’accord avec le monde, car il est aussi un ensemble de nerfs, de conducteurs tactiles qui nous font accéder aux émotions et à l’amour.

Car il n’y a pas d’amour sans le corps, ou alors n’est-ce qu’une façon hypocrite de masquer notre impuissance. D. H. Lawrence comprend et saisit la sensualité féminine dans sa profondeur et son tumulte. Le titre original devait être normalement « Tenderness » et cet amour en est tissé, tendresse pour le corps et pour nos forces vives.

« Cette fois, et pour la première fois de sa vie, la passion éclata en elle. Tout à coup, des profondeurs les plus intimes de son être, des frémissements surgirent venant des régions où, autrefois, existait seul le néant. S’élevant, se gonflant, augmentant comme une volée de cloches qui carillonnaient en elle de plus en plus frénétiquement, la nouvelle clameur l’emplissait toute entière. Extasiée, elle entendait, sans les reconnaître pour les siens, ses cris à elle, ses cris brefs et sauvages à mesure que se déroulaient ces ondulations splendides, de plus en plus profondes qui, tout à coup, s’échappèrent en une richesse semblable à celle des derniers bourdonnements des grandes cloches. »

Profession : autrice, Catel/ Claire Bouilhac – Mme de La Fayette (1634-1693)

Parvana

Date de sortie : 27 juin 2018  (1h 33min)
De  Nora Twoney
Avec  Golshifteh Farahani, Saara Chaudry, Soma Bhatia 
Genres Animation, famille
Nationalités Canadien, Irlandais, Luxembourgeois
Qui est Norah Twoney ?

Elle est cofondatrice et directrice de la création de Cartoon Saloon,  et supervise l’ensemble des projets dont  Puffin Rock, série jeunesse diffusée par Netflix. Elle a également réalisé les courts métrages « From Darkness » et « Cuilin Dualach (Backwards Boy) », plusieurs fois primés. Pour son premier long métrage, Brendan et le secret de Kells co-réalisé avec Tomm Moore , elle obtient une nomination aux Oscars. Un autre bijou du cinéma d’animation est passé entre ses mains « Le chant de la mer »,  de la même société, réalisé par Tomm Moore, et également nommé aux Oscars. Parvana est son premier long métrage dont la première s’est tenue au Festival international du film de Toronto en septembre 2017, avant sa sortie aux États-Unis et au Canada .

Un sacré talent !

Parvana - Une enfance en Afghanistan Résultat de recherche d'images pour "On se reverra Parvana" Résultat de recherche d'images pour "Je m'appelle Parvana"

« Kaboul est en ruines. Déguisée en garçon, Parvana fuit la ville, sous peine d’être livrée aux talibans. Seule sur les routes, elle n’a qu’une idée en tête : retrouver sa mère et sa sœur. En chemin, elle se lie d’amitié avec d’autres enfants qui, comme elle, n’ont plus rien. Et même si la vie ne tient qu’à un fil, Parvana a le don de la rendre précieuse et de rallumer l’espoir dans les cœurs. »

J’avais lu ce livre bouleversant pour mes élèves, et j’en étais ressortie enthousiaste. Magnifiquement écrit, sans pathos excessif, mais décrivant une réalité crue et souvent violente, on s’attache aux pas de Parvana et à sa lutte contre les barbares du régime taliban.

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Qui est Deborah Ellis ?

Deborah Ellis a vécu la plus grande partie de sa vie à Ontario mais maintenant elle habite et travaille à Toronto.

Suite à une visite dans un camp de réfugiés au Pakistan, elle a écrit « Parvana, une enfance en Afghanistan » (2000), suivi de « Le voyage de Parvana », de « On se reverra Parvana  » (2003) et d’un quatrième volume « Je m’appelle Parvana » (2012).

Les droits d’auteur que tire Deborah Ellis de la vente de l’édition originale au Canada sont reversés pour l’éducation des filles afghanes dans les camps de réfugiés au Pakistan.

Elle a gagné le prix de « Gouvernor General Litterature » avec son premier livre « Looking for X » (1999).

Auteure du mois (avril) – Pauline Johnson /Tekahionwake

Description de cette image, également commentée ci-après

Pauline JOHNSON (ou TEKAHIONWAKE ) (1861 Brantford-1913 Vancouver) , Poétesse, auteure dramatique et actrice canadienne.

D’origine mohawk par son père et anglaise par sa mère[1], elle est surtout connue pour ses poésies célébrant la culture des Amérindiens du Canada. Issue d’une double culture, élevée dans la réserve des Six-nations en Ontario, elle est nourrie par la poésie romantique anglaise du côté de sa mère et par les légendes innues racontées par son père. Son grand-père joue un rôle important dans sa passion pour la culture amérindienne, elle adopte son nom de famille qui signifie « double wampum », signifiant « double vie ». Sa poésie évoque son héritage amérindien, magnifie l’amour, les paysages et le mode de vie du Canada et quelques-uns de ses poèmes paraissent dans la revue revue Gems of Poetry, en 1884 et The Globe and MailThe Week ou Saturday Night.

Vêtue d’un costume traditionnel indien, elle récitera ses poèmes dans les salles de spectacle du Canada, des États-Unis et de l’Angleterre . Elle acquit quelque célébrité.

Son premier recueil de poésie, The White Wampum, est publié en Angleterre, en 1895, suivi de Canadian Born, en 1903, et de Flint and Feather (« silex et plume »), en 1912.[2]

Atteinte d’un cancer su sein, elle continue cependant à écrire. Après sa mort, son poème The song my paddle sings est apprise aux écoliers canadiens. Il y aura un regain d’intérêt pour son œuvre dans les années vingt dû à son statut de première poétesse autochtone ayant réussi à vivre de sa plume.

Des critiques récents attribuent certains stéréotypes de ses portraits au public et à sa vision des « natives » forcément limitée. Pour une femme, et plus encore pour une auteure revendiquant ses racines amérindiennes, écrire c’était aussi s’adapter.

[1] Wikipedia

[2] Dictionnaire universel des créatrices, Antoinette Fouque, des femmes

The song my paddle sings

Rita Mestokosho – Entre poésie et chant

Rita Mestokosho – Née de la pluie et de la terre

La relation avec la terre, notre mère – Rita Mestokosho

Minna Canth, engagée et enragée contre l’injustice et la misère/ 19 mars jour de l’égalité en Finlande

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Mina Canth (1844-1897) , née Ulrika Johnsson, romancière et dramaturge finlandaise.

Après trois années à l’école de filles, elle entre à l’institut de formation des maîtres de Jyväskylä, ouvert en 1863, qui lui permet d’apprendre un métier et d’être indépendante, à une époque où la poursuite des études est limitée pour les femmes. Cependant elle ne deviendra pas institutrice car elle épouse son professeur d’histoire naturelle !

Elle écrit pour les journaux, sous un pseudonyme des articles servant à promouvoir Résultat de recherche d'images pour "minna canth"l’éducation des filles, et analysant les difficultés de la condition féminine.

Elle fut veuve très jeune à trente-cinq ans et mère de sept ans (rien que ça) commence une carrière de journaliste et de femme de lettres.

Kaarlo Bergbom, le directeur du Théâtre national de Finlande en visite à Jyväskylä, lira sa première pièce Murtovarkaus (Vol avec effraction), et acceptera de la monter.

Femme courageuse, malgré les idées étroites du temps, elle défend les idées progressistes, prend le parti des plus faibles, des plus démunis et s’insurge contre la condition qui est faite aux ouvriers, aux prisonniers et aux aliénés. Féministe militante, elle dénonce dans « La femme de l’ouvrier » les lois injustes envers les femmes, la morale hypocrite de l’Eglise et l’alcoolisme. Elle suscita de vives polémiques et choqua profondément ses contemporains, notamment les conservateurs, et se fit quelques ennemis ! Nous devons beaucoup, je crois, en Occident à ces femmes courageuses.

Elle tient salon et réunit sous son toit, dans sa maison de Kuopio, un groupe de jeunes écrivains qui forma le mouvement jeune Finlande.

Son œuvre rassemble essentiellement des pièces de théâtre, très marquées par l’influence d’Ibsen (Ou est-ce Ibsen qui fut influencé par elle ?)  et a laissé deux romans de veine naturaliste, engageant des problématiques sociales.

« Sans verser dans l’excès, il est possible de qualifier la littérature dramatique finlandaise de forme d’expression féminine. »[1]

Ses trois derniers drames, où se font sentir l’influence de Tolstoï et d’Ibsen acquièrent plus de finesse psychologique :  La Famille du pasteur, puis Sylvi, écrite en suédois, et enfin, Anna Liisa, qui traite de l’infanticide et du déni de grossesse.

Le 19 mars est jour d’égalité en Finlande, ses nouvelles et ses pièces sont étudiées dans les lycées finlandais.

En français, Hanna : Et autres récits, Editions Zoé, coll. « Les classiques du monde », 19 août 2012, 414 p. (ISBN 978-2881828744)

 En voici un extrait : « Salmela était au comble du bonheur, il la serrait dans ses bras au point de presque l’écraser et il lui embrassait fougueusement les joues, les lèvres et le cou. Le chapeau d’Hanna tomba par terre et ses cheveux se répandirent sur ses épaules. Mais elle était heureuse et encore plus heureuse du bonheur de Salmela. Puis ils apprirent à se tutoyer et à s’appeler par leur prénom.“Kalle.”

Dans son for intérieur, Hanna pensa que ce n’était pas un joli prénom, mais sans doute apprendrait-elle à l’aimer peu à peu.

http://data.bnf.fr/12572765/minna_canth/

[1] Hanna HELAVUORI, dictionnaire universel des créatrices

sources wikipedia, Dictionnaire des femmes célèbrs, Laffont 1992.

Josephine Bacon, lecture

Le nord m’interpelle,

Ce n’est pas un domaine vers d’autres directions,

aux couleurs des quatre nations,

blanche, l’eau,

jaune, le feu,

rouge, la colère, noir, cet inconnu

où réfléchit le mystère,

Cela fait des années que je ne calcule plus

Ma naissance ne vient pas d’un baptême,

mais d’un seul mot

Son nom, si loin, la montagne à gravir,

Mes sœurs, mes frères,

de l’est, de l’ouest,

du sud et du nord,

chantent-ils, qui les guérira

de la douleur meurtrière de leur identité ?

Notre race se relèvera-t-elle de l’abîme de sa passion ?

Je dis, au sein du cercle, libérez les rêves ,

comblez l’église inachevée,

poursuivez le courant de la rivière,

Dans ce monde multiple,

accommodez le rêve,

Le passage d’hier à demain devient aujourd’hui,

l’unique parole de ma sœur, la terre,

Seul le tonnerre absout,

une vie vécue.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parfum de la terre, Rita Mestokosho

Viens marcher avec le printemps

Sens le vent sur tes joues

Sois libre de tes mouvements

Prends le temps de vivre

car demain ne t’appartient pas

N’oublie pas ta promesse

D’aller retrouver la paix

Dans une forêt, dans une maison en bois,

Retrouve les battements de ton cœur,

Nous partirons les yeux fermés,

Le cœur enveloppé du parfum de la terre.

Chloé Sainte-Marie et Joséphine Bacon : Je sais que tu sais

Mes soeurs – Joséphine Bacon

Joséphine Bacon, poétesse innue – Ma langue est importante car elle est en danger / Pessamit