Litterama, les femmes en littérature

Lac aux dames – Vicki Baum

Lac-aux-dames

jaime-adoréjaime-adoréjaime-adoré

Lac au Dames, Vicki Baum, Le livre de poche n° 167 (1962 ?), paru en 1932 en langue allemande, rédité en Phébus Libretto en 2008 (240 pages)

Je ne sais pas d’où Vicki Baum tient sa réputation de légèreté, peut-être à sa collaboration avec le cinéma Hollywoodien, aux lieux où elle plante ses décors, Grand Hôtel, plage, endroits exotiques , ou alors aux personnages eux-mêmes dont quelques-uns sont occupés à des vies mondaines sans grand intérêt. En tout cas, cette réputation est fausse, Vicki Baum est loin d’être un auteur superficiel même si certains de ses personnages, eux, le sont.

Dans Lac aux Dames, les drames sont silencieux et passent le plus souvent inaperçus. Les classes sociales se côtoient sans jamais se mélanger, un mur invisible les sépare qui est le souci de la bienséance et l’argent.

Nous sommes en 1930, et sur les rives d’un lac tyrolien se dressent le grand hôtel Petermann et l’établissement de bains où Urbain vient de se faire embaucher comme maître-nageur. Commence alors une vie difficile, soumise aux caprices de la météo, puisque le jeune homme vit uniquement des leçons de natation qu’il donne. Tiraillé presque quotidiennement par la faim, Urbain vit également tous les émois d’une passion naissante avec une jeune fille fortunée qui loge à l’hôtel. Mais leurs amours sont bientôt compromis et la tragédie guette.

Sous-titré Un roman gai d’amour et de disette, (on cherche vainement la gaieté dans ce roman), ce roman montre la virtuosité de l’auteur à analyser les rouages d’une société rigide à l’agonie avant la grande crise des années qui suivront. Elle décrit un monde crispé sur les apparences et d’une extrême cruauté. L’individu ne vaut que par sa position sociale, et doit absolument cacher la moindre faille au risque d’en mourir.

Ce roman est aussi une peinture sociale de l’Europe de l’entre-deux-guerres. Les femmes se débarrassent peu à peu du corset, font de la gymnastique, flirtent et dansent au sein d’une jeunesse avide de plaisirs. Elles commencent à travailler, May revendique ce droit : «  Je travaille mes huit heures par jour comme tout homme qui se respecte […] ». Les relations entre les sexes évoluent elles aussi ; les femmes deviennent camarades et compagnes. Toute une société semble en mouvement pour sombrer à nouveau quelques années plus tard dans l’holocauste.

J’ai lu ce roman parfois dans une tension extrême, tellement j’étais prise par l’histoire, dans les affres de ce jeune homme. J’ai découvert une auteure talentueuse, qui manie l’ironie et la satire sociale avec beaucoup de virtuosité. Vicki Baum est à redécouvrir !

Un commentaire

  1. Commentaires anciens blog

    Je ne connaissais pas cette auteure… j’aime beaucoup le ton de ce billet. Je note donc.
    Commentaire n°1 posté par Fumex le 05/04/2013 à 16h22

    J’ai été très surprise. je pensais trouver une littérature de gare, un peu légère. Et bien non c’est plus profond qu’il n’y paraît et c’est aussi une chronique sociale.
    Réponse de Anis le 05/04/2013 à 18h09

    Je l’ai lue (et aimée) dans mon adolescence mais c’est vrai, tu as raison, j’ai gardé le souvenir d’une écrivaine de romans légers; je me disais aussi que c’est une prose qui devait avoir vieilli. Je constate, à te lire, qu’il n’est est rien. Tu me donnes donc envie de m’y replonger.
    Commentaire n°2 posté par claudialucia le 31/03/2013 à 21h57

    Oui, je pensais trouver une littérature d’écervelée et bien pas du tout !
    Réponse de Anis le 01/04/2013 à 10h36

    Curieux sentiment en lisant ce nom et ce titre ! Une réminiscence mais laquelle ? Mon souvenir était plutôt péjoratif alors que je n’ai jamais lu de livres de V. Baum. Peut-être ce qu’on disait à l’époque de mon adolescence ? En attendant tu m’as donné envie de la lire. C’est le principal !
    Commentaire n°3 posté par Annie le 29/03/2013 à 17h42

    C’était pareil pour moi. J’ai donc été pas mal surprise à la lecture…
    Réponse de Anis le 02/04/2013 à 22h31

    j’avais quelques a-priori sur elle, comme tu le dis dans l’autre article ur elle

    à lire , donc

    et as-tu vu que Lydie Salvayre a publié « 7 femmes », un futur challenge!!! : elle parle de Ingeborg Bachmann à redécouvrir
    Commentaire n°4 posté par denis le 29/03/2013 à 16h24

    Il faut que j’aille voir cela. Denis, tu es un fin limier …
    Réponse de Anis le 02/04/2013 à 22h34

    Encore une fois Phebus met à notre disposition des textes introuvables!
    Commentaire n°5 posté par keisha le 29/03/2013 à 08h11

    Oui, je les aime beaucoup.
    Réponse de Anis le 02/04/2013 à 22h39

    J'aime

Quelques mots de vous...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :