Archives pour la catégorie Les femmes et la littérature

Autrices ?

« Autrice n’est pas un néologisme : le vocable est attesté jusqu’au XVIe siècle et se construit comme actrice. Ce n’est qu’à partir du XVIIe que les femmes ont été exclues d’un certain nombre de professions et reléguées à la cuisine »  Bernard Cerquiglini

 

Vendredi 8 mars 19H30-21H00, Médiathèque de Poissy (Yvelines) « Y a-t-il une écriture féminine ? »

J’aurai le plaisir de participer à cette soirée…

Cachées par la forêt : 138 femmes de lettres oubliées – Eric Dussert

Cachées par la forêt sur France Culture

Une émission a eu lieu aujourd’hui à 15H sur France Culture, « Ces femmes qui écrivent », Avec : Eric Dussert, critique littéraire et essayiste, auteur de Cachées par la forêt : 138 femmes de lettres oubliées (Table ronde, 2018) et Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette et directeur du Festival international des écrits de femmes. Elle est disponible en podcast.

Une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Une chercheuse espagnole s’est vu attribuer une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Nous le défendons ici à Litterama depuis plus de dix ans maintenant, de nombreux chercheurs travaillent dans l’ombre, avec assez peu d’échos auprès du grand public, et les bénéfices de tant de travail et d’acharnement se font enfin sentir : jugez plutôt, une bourse de 1,5 millions d’euros pour retrouver les textes de femmes en Europe entre 1500 et 1780 !

Quelle satisfaction, quelle joie !

De nombreux textes de femmes ont été perdus tout au long de l’Histoire, victimes de la dévalorisation systématique du féminin. Et si quelques jeunes hommes aujourd’hui, comme l’indiquait la chronique précédente,  cherchent cette part en eux, tant l’éducation les a obligés à la refouler, je ne suis pas vraiment surprise. Le monde change !

Carme Font – docteure en philologie anglaise de l’Université autonome de Barcelone sera responsable de ces recherches, (selon El Pais et The Guardian) . Elle a 5 ans pour parcourir toutes les bibliothèques, archives et collections privées, afin de trouver et recenser les lettres, poèmes et pensées philosophiques rédigés par des femmes entre 1500 et 1780 afin de les faire connaître au grand public. ( source Figaro-Madame)

Merci à mon amie Karine d’avoir repéré pour moi cette information.

Le débat est rouvert : existe-t-il une écriture féminine ? Dialogue avec Nathalie Léger- Cresson

L’autrice Nathalie Léger- Cresson a publié sur le blog un commentaire que je trouve éminemment intéressant, j’aimerais le mettre en avant afin que vous réagissiez à son propos.

Qui est Nathalie Léger-Cresson ?

Nathalie Léger-Cresson est née à Paris. Quatre ans au Mexique pour son doctorat en biologie l’orientent vers l’écriture. Elle publie d’abord pour la jeunesse. Auteure d’une pièce de théâtre et de fictions radiophoniques pour France Culture, elle anime des ateliers d’écriture, notamment à l’École de la deuxième chance de Seine- Saint-Denis. Ses trois derniers livres Encore et Angkor (2012 ), Hélice à deux(2014) et À vous qui avant nous vivez (2018) ont été publiés aux éditions des femmes-Antoinette Fouque.

« Auteure de trois fictions éditées aux Editions des Femmes-Antoinette Fouque, cette question m’intéresse. Il me semble que certaines écritures -pas toutes!- sont sexuées, au-delà du propos de l’auteur. Une vision du monde mais aussi une langue peuvent être imprégnées d’une sensualité plus typique de l’un ou l’autre sexe. Cas de Virginia Woolf ou de Pascal Quignard, par exemple. Nous sommes tous pourvus des deux aspects féminin et masculin de la libido. Un auteur peut donc fort bien écrire à partir de l’aspect qui n’est pas le plus associé à son sexe ou jouer des deux, (ou d’aucune libido si il ou elle écrit « d’ailleurs »). Mais il existe des écritures féminines, comme il existe des écritures masculines (question subsidiaire qui n’est jamais posée). Et elles correspondent quand même souvent au sexe de leur auteur… »

Quelques questions se posent : comment caractériser une écriture féminine ? Par ses thèmes, par son style, par l’utilisation d’une syntaxe, d’un champ lexical ? Par l’écriture du corps, mais de quelle manière ?  Nous avons tous cinq identités sexuelles : chromosomique, anatomique, 
hormonale, sociale et psychologique. A quelle identité se référer ?  Le débat reste ouvert, qu’en pensez-vous ?

Encore et Angkor Résultat de recherche d'images pour "Hélice à deux livre"Résultat de recherche d'images pour "a vous qui avant nous vivez"

Deux blogs, tenus par des hommes, traitent uniquement du féminin,

mon presque homonyme ,  femmesdelettres.wordpress.com  et  Il était une fois…le féminin

Survivre le coeur des femmes / Vidéo/Festival America 2018

La femme auteur au XVIIe siècle – Citation Mona Ozouf « Les mots des femmes »

« Toutes connaissent le prix que doit payer à la société la femme auteur : la marginalité, le ridicule, le manque d’amour, l’affrontement direct et violent avec le monde masculin. » Mona Ozouf page 14 « Les mots des femmes »

La tradition des romans de femmes XVIIIe-XIXe siècle textes réunis et présentés par Catherine Mariette-Clot et Damien Zanone

 

 

Présentation de l’éditeur

Les noms de Mmes de Charrière, Cottin, de Duras, Gay, de Genlis, de Graffigny, Guizot, de Krüdener, de Montolieu, Riccoboni, de Souza, de Tencin (donnés ici dans l’ordre impersonnel de l’alphabet), romancières réputées en leur temps, ont difficilement passé les années : dès le milieu du XIXe siècle, ils n’ont plus été retenus que des érudits qu’intéressaient l’histoire de la littérature ou l’histoire du roman, l’histoire des femmes aussi. Quant à la notoriété qui a toujours entouré les noms de Mme de Staël et de George Sand, elle s’est souvent plus occupée d’aspects de leur biographie, construits et chéris comme des stéréotypes, que de leur oeuvre de romancières.
Le fait est, pourtant, qu’au XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe, les romans écrits et publiés par des femmes occupent la scène littéraire d’une manière qui les met suffisamment en valeur pour que les lecteurs reconnaissent en eux une tradition, celle des « romans de femmes ». L’unité de l’appellation collective suggère la présence dans ces textes d’un maniement spécifique du langage romanesque, avec des traits récurrents (modèles d’intrigues, constantes thématiques, normes du discours moral). Par jeu de reprises et de variations, cet ensemble d’éléments créerait des conventions et ainsi déterminerait un genre (notion que le mot de tradition revient à dire par euphémisme). C’est à la rencontre d’un tel contenu objectivable que le présent ouvrage veut se risquer : existe-t-il ? Le discours critique doit-il valider l’idée qu’il y eut, au XVIIIe et au XIXe siècles, une tradition des romans de femmes ?

Biographie de l’auteur

Catherine Mariette-Clot est maître de conférences en littérature française à l’Université de Grenoble, membre du « Centre d’études stendhaliennes et romantiques » de l’équipe E.A. 3748 – Traverses 19-21. Spécialiste de littérature française du XIXe siècle, elle a publié de nombreux travaux sur Stendhal et George Sand.
Damien Zanone est professeur à l’Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve). Il travaille sur la littérature romanesque et autobiographique du XIXe siècle. On lui doit en particulier un ouvrage de référence sur le genre des Mémoires dans cette période (Écrire son temps, Presses universitaires de Lyon, 2006) ainsi que plusieurs éditions critiques de George Sand.

Romans de femmes du XVIIIe siècle

Présentation de l’éditeur

« Le siècle des Lumières a été porté à sa plus haute expression par des femmes de génie dont quelques-unes ont été réunies dans ce volume.

Contrairement à la poésie et au théâtre, le roman, à l’âge classique, ne connaît pas de règles fixes. D’où un foisonnement sans précédent de récits en tout genre : romans épistolaires, pseudo-mémoires, romans d’aventure, romans sentimentaux. Les auteurs femmes y prennent une part importante et affirment clairement leur différence en revendiquant, pour la première fois peut-être, le droit au bonheur, à une vie sentimentale, à une sexualité qui leur soient propres. Elles instruisent, avec plus de force et d’humour que les hommes le procès des conventions sociales, des interdits, des tabous ; elles cultivent une langue plus libre en se montrant moins respectueuses des normes traditionnelles que leurs confrères masculins. Ce volume réunit treize textes représentatifs couvrant tout le siècle des Lumières et la période révolutionnaire et qui n’avaient guère été réédités.

Biographie de l’auteur

Ce volume a été préparé par Raymond Trousson, professeur à l’université libre de Bruxelles et spécialiste réputé du siècle des Lumières. On lui doit une histoire de la libre pensée au XVIIIe siècle, de nombreux livres sur le mythe de Prométhée, Rousseau, Mme de Charrière, ainsi que l’édition dans  » Bouquins « des Romans libertins du XVIIIe siècle. »

La fabrique de l’intime – Ecrits autobiographiques de femmes du XVIIIe siècle

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La Fabrique de l’intime. Mémoires et journaux de femmes du XVIIIe siècle, par Catriona Seth, Robert Laffont, Bouquins, 1216 p., 30 euros

On ne peut que se réjouir de l’intérêt de la critique et d’une certaine partie des lecteurs pour l’histoire de l’écriture des auteures. Cela pourrait bien être la revanche post-mortem de ces femmes dont Rousseau disait  dans une lettre écrite à d’Alembert en  1758 : « Les femmes, en général, n’aiment aucun art, ne se connaissent à aucun, et n’ont aucun génie. Elles peuvent réussir aux petits ouvrages qui ne demandent que de la légèreté d’esprit, du goût, de la grâce, quelquefois même de la philosophie et du raisonnement. Elles peuvent acquérir de la science, de l’érudition, des talents et tout ce qui s’acquiert à force de travail. Mais ce feu céleste qui échauffe et embrase l’âme, ce génie qui consume et dévore, cette brûlante éloquence, ces transports sublimes qui portent le ravissement jusqu’au fond des cœurs, manqueront toujours aux écrits des femmes : ils sont tous froids et jolis comme elles. »

Malheureusement cette vision étroite et misogyne a empêché l’accès des femmes au monde de la littérature, en les enfermant dans le cercle étroit du foyer.

« Cette première anthologie de textes autobiographiques de femmes du XVIIIe siècle embrasse tout le siècle des Lumières, du journal de Rosalba Carriera, jeune pastelliste à Paris pendant la Régence, aux souvenirs de Victoire Monnard, apprentie sous la Révolution, en passant par le journal de Germaine de Staël, les Notes sur l’éducation des enfants d’Adélaïde de Castellane ou de Charlotte-Nicole Coquebert de Montbret, ou encore les Mémoires particuliers de Manon Roland sous la Terreur. Une artiste italienne en France, une actrice anglaise célèbre en visite à la cour de Versailles, une Française inconnue, fille d’artisan, côtoient ici une religieuse limousine dans sa province ou la princesse de Parme, mariée à l’héritier du trône autrichien.
Toutes ont livré par écrit leurs pensées secrètes, leurs sentiments, leurs craintes, leurs joies, leurs espoirs, comme un envers de la  » grande histoire « . Leurs textes, très divers dans leur forme et leur contenu, témoignent du développement d’une véritable écriture personnelle, faite de repli sur soi ou d’élan vers l’autre.
Écrire, pour ces femmes attachantes, pleines d’esprit, généreuses, qui s’affirmaient tout en doutant d’elles-mêmes, a été le moyen de conquérir un espace intime où elles pouvaient exprimer leur caractère et leur désir d’émancipation. Elles apparaissent comme les pionnières de la littérature féminine moderne. Et elles demeurent en cela, d’une certaine manière, nos contemporaines.

Ce volume contient des textes de : Rosalba Carriera (1675-1757), Marguerite-Jeanne de Staal-Delaunay (1684-1750), Suzanne Necker (1737- 1794), Françoise-Radegonde Le Noir (1739-1791), Isabelle de Bourbon-Parme (1741-1763), Félicité de Genlis (1746-1830), Jeanne-Marie Roland (1754-1793), Mary Robinson (1758-1800), Charlotte-Nicole Coquebert de Montbret (1760-1832), Adélaïde de Castellane (1761-1805), Germaine de Staël (1766-1817), Marie-Aimée Steck-Guichelin (1776-1821) et Marie-Victoire Monnard (1777-1869). »

Biographie de l’auteur

Catriona Seth est professeur des universités en littérature française à l’université de Lorraine et professeur associé au département d’histoire de l’université Laval (Québec). Elle est l’auteur de nombreux travaux importants sur la littérature et l’histoire des idées du XVIIIe siècle, entre autres Marie-Antoinette. Anthologie et Dictionnaire (Bouquins, 2006), Les rois aussi en mouraient. Les Lumières en lutte contre la petite vérole (Desjonquères, 2008) et la récente édition des Liaisons dangereuses de Laclos (Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2011).

 

Pour moi , écrire, c’est être quelqu’un d’autre … Dulce Maria Cardoso

Aéroport de Lisbonne – chanteuse de fado

« Je suis devenue écrivain à cause de ces événements. Parce que quand je suis rentrée au Portugal à l’âge de onze ans, la réalité était tellement insupportable que j’ai été obligée de m’inventer des histoires pour que le quotidien soit supportable justement. Mais je ne savais pas vraiment comment raconter cette histoire parce que je ne voulais pas me contenter d’exhiber la souffrance de ces gens. Donc il m’a fallu une trentaine d’année pour que j’arrive à définir une proposition de réflexion pour écrire ce roman. Je ne voulais pas de règlement de comptes, je ne pensais pas qu’il y avait les bons d’un côté et les méchants de l’autre, je pense que nous étions noirs et blancs, bons et méchants en même temps, ce que j’ai compris c’est que ce roman devait être une radiographie de la perte. Et le roman est organisé comme si c’était l’histoire d’un deuil, avec toutes les phases que la psychologie décrit comme étant celles du deuil, étant entendu qu’à la fin c’est le renouveau, un recommencement, ce roman évoque la fin d’un cycle, en l’occurrence la fin de l’empire portugais, comme en ce moment on se trouve à la fin d’un cycle, la fin du rêve européen, mais cela ne signifie pas que la fin d’un cycle soit tragique. Il dépend de nous de faire en sorte que ce recommencement soit meilleur, c’est pour cette raison que le personnage est un adolescent, afin que ça corresponde à une nouvelle étape dans sa vie, car lui aussi doit redéfinir son futur, son avenir, et ça coïncide avec ce qui se passait dans le pays lui-même. Cette histoire est racontée à la première personne par Rui, et c’était ça pour moi le plus grand défi, au niveau formel, pour écrire ce roman. J’essaye de relever un défi formel à chaque roman, et pour celui-ci c’était l’adolescent qui devait s’exprimer. J’écrivais pendant des semaines et des semaines et quand je m’arrêtais, je relisais et j’avais vraiment l’impression que c’était une femme qui s’exprimait, et qui plus est, une femme âgée. Ca a été très difficile pour moi de restituer la voix de cet adolescent qui s’étonnait de tout, qui avait la rage, qui avait une forme d’ingénuité, qui avait aussi de l’espoir, tous les sentiments de quelqu’un qui a quinze ans alors que moi j’étais près d’avoir cinquante ans. Ça ça a été le plus grand défi pour moi, aussi quand les lecteurs hommes me disent qu’ils se reconnaissent dans ce personnage, c’est le meilleur éloge qu’on puisse me faire. Pour moi écrire, c’est être quelqu’un d’autre, et parvenir à être quelqu’un d’autre, c’est-à-dire un homme, un jeune homme, c’est ce qu’il y a de plus difficile. »

Source : entretien Librairie Mollat

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Maria Judite de Carvalho – Les femmes et la littérature

L’ironie :

 » Je suis sûre que la plupart des femmes écrivent ou peignent tout comme ma mère brodait des nappes à thé. Pour sentir qu’elles sont utiles en quelque sorte. Utiles à leur manière féminine. Pour ne pas se sentir de trop en ce monde. En somme pour payer leur séjour. »

page 56 – Maria Judite de Carvalho – Ces mots que l’on retient – Minos La Différence 2011 pour la traduction française

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Des femmes en littérature ou la vie de Georges Sand revisitée / Les autrices

La petite sœur de Shakespeare – Les femmes et la littérature / Virginia Woolf

« Je crois que c’est, à peu de choses près, ainsi que l’histoire se serait déroulée si une femme au temps de Shakespeare avait eu le génie de Shakespeare […]. N’importe quelle femme, née au XVIe siècle et magnifiquement douée, serait devenue folle, se serait tuée ou aurait terminé ses jours dans quelque chaumière éloignée de tout village, mi-sorcière, mi-magicienne, objet de crainte et de dérision . »

Woolf V., Un lieu à soi, nouvelle traduction de Marie Darrieussecq, éditions 10/18, chapitre X, p. 41.

Cycle romancières portugaises – Un peu d’Histoire

Les femmes et l'ecriture 3A partir de 1600, les encyclopédies répertorient essentiellement deux auteures , Soror Mariana Alcoforado (1640-1723) et Leonor de Almeida Portugal. Est-elle l’auteure des cinq lettres portugaises adressées au comte de Saint-Léger pendant la Guerre de Restauration de l’Indépendance ou s’agit-il de Gabriel de Guilleragues ? Le débat reste ouvert.

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Il n’en reste pas moins que ce texte est fondateur pour la littérature écrite par des femmes. L’exclusion des femmes de la littérature est appréhendé comme un fait politique au sein d’une société où se combinent l’idéologie fasciste et le patriarcat. Il est revendiqué et s’inscrit au cœur d’une résistance ou d’un combat , écrit par « les trois Maria » Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa, composé de 120 textes (lettres, poèmes, rapports, textes narratifs, essais et citations), qui questionne ce que peuvent la littérature, les mots et le langage. Publié et interdit en 1972 sous la dictature renversée par le coup d’état du 25 avril 1974, pamphlet virulent contre la guerre coloniale, la situation des femmes et l’arbitraire du système judiciaire. (Voir l’excellent article Les « Nouvelles lettres portugaises » et l’émancipation féminine)

cet intertexte revendiqué des Lettres de la Religieuse Portugaise, trouve « une nouvelle signification au sein d’ un réseau de filiations : de Sapho au romantisme en passant par la littérature féminine de la première moitié du XXe siècle, et la littérature de couvent. »

Au XVIIIe siècle,  Leonor de Almeida Portugal (1750-1930). Elle a laissé une correspondance et des poèmes dont aucun n’est traduit en français mais répertorié womens writers in History ( voir ici ).

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Il faudra attendre la fin du XIXe siècle, et le  saudosismo, pour constater l’émergence de nouveaux auteurs, dont Florbela Espanca, rare femme de son époque à avoir fait des études. Elle rejoint un groue d’écrivains féminins et écrit des articles dans Le Portugal Féminin. En 1919 elle publie sa première œuvre poétique, Livro de Mágoas. Elle se suicide dans la nuit du 7 au 8 décembre 1930 à Matosinhos après avoir ingéré une trop forte dose de somnifère.

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A partir des années 1900, deux noms vont apparaître principalement sur la scène littéraire : Sophia de Mello Breyner Andresen, poétesse,  (également prix Camões )  (1919-2004), et Agustina Bessa-Luis (née en 1922) et qui obtiendra les plus hautes distinctions pour son œuvre (dont le prix prix Camões ). Certaines de ses œuvres sont traduites en français notamment aux éditions Métailié dont le travail remarquable permet d’accéder  à de nombreuses œuvres. « Agustina Bessa-Luís est née dans la région du Douro en 1922. Son roman A Sibila (La Sibylle) publié en 1954 fut certainement un des textes les plus novateurs de la littérature portugaise. Depuis, cette immense romancière n’a cessé d’écrire, de publier: elle a à son actif une cinquantaine de romans, ainsi que des pièces de théâtre, des chroniques, des nouvelles. Elle décortique la société portugaise, ses racines historiques et son évolution tout le long de ces dernières cinquante années, ses mythes et son actualité, avec une écriture d’une forte densité, aux conclusions pertinentes et de vraies axiomes qui transcendent le récit. Son « dialogue » avec le grand cinéaste Manoel de Oliveira est à l’origine de plusieurs films, soit inspirés de ses romans (Francisca à partir de Fanny Owen, Val Abraham du roman homonyme, Le Principe de l’incertitude du roman homonyme) soit de scénarios expressément écrits (Party). Elle a aussi assumé des charges publiques importantes : la direction d’un quotidien à Porto, puis celle du Théâtre National Portugais à Lisbonne. Elle vit à Porto.  ( et Olga Gonçalves ( née en 1929). « 

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A partir de 1930 et pour toute la première partie du XXe siècle, Maria Gabriela LLansol (1931), Maria Ondina Braga (1932-2003), Maria Teresa Horta (1937), Maria Velho da Costa (1938), Maria Isabel Barreno (1939-2016), Hélia Correia (1949). Ces romancières naissent pendant la dictature de L’Estado Novo (« Nouvel État »), paternaliste et clérical, au sein duquel les droits des femmes sont extrêmement réduits. D’ailleurs faut-il y voir la raison de cette pléthore de Maria ? Elles auront une trentaine d’année à la fin de la dictature, ce qui va marquer le destin de trois d’entre elles.

Maria Gabriela Llansol occupe une place à part, « caractérisée par la singularité d’une écriture qui prend ses distances avec le narratif, le descriptif et le psychologique, brisant les frontières entre les genres littéraires et sollicitant constamment notre participation active. »

Maria Teresa Horta, accusée d’atteintes aux bonnes mœurs ainsi que Maria Isabel Barreno et Maria Velho da Costa pour la publication de leur livre Les Nouvelles Lettres portugaises, elles ont été depuis réhabilitées, après la révolution des Œillets qui a renversé le régime autoritaire salazariste est membre du Parti communiste portugais depuis 1975, tout en menant une lutte féministe, tant dans son métier d’écrivaine que dans son action militante. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef de la revue Mulheres et auteure de romans, de nouvelles, de nombreux recueils de poésies et d’un essai sur l’avortement au Portugal. Mulheres et auteure de romans, de nouvelles, de nombreux recueils de poésies et d’un essai sur l’avortement au Portugal.

Maria Velho da Costa  a publié en français L’Oiseau rare et autres histoires, et Myra. Les thèses féministes font partie de son œuvre ainsi qu’une certaine liberté dans les structures narratives.

Maria Isabel Barreno a été un écrivain prolifique mais très peu d’œuvres sont traduites ( La Disparition de la Mère, Les Veillées Oubliées (source Wikipédia). Elle fait partie des « trois Maria » qui se sont engagées dans le combat féministe.

Helia Correja est l’auteure d’une oeuvre importante et a reçu le prix camoes 2015. invisible dans la traduction française, je n’ai trouvé qu’un livre qui évoque son travail dramaturgique (les antigones contemporaines : de 1945 à nos jours de Stépahanie Urdician). la littérature contemporaine retient sur tout le nom de Lidia Jorge.

Il en existe bien d’autres mais je n’ai cité que celles dont on lit le plus d’occurrences, si vous en connaissez d’autres …

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Les anti-héroïnes de la grip lit

Elles ne sont ni sexy, ni bonnes ménagères, encore moins mères exemplaires. Au contraire, elles sont dépressives, mal dans leur peau, alcooliques, misanthropes ou inadaptées à la vie sociale. Elles sont à la dérive, abandonnées de leurs maris et de leurs enfants, sous l’emprise des médicaments ou de l’alcool. Au fond, de quoi sont-elles capables ? Leurs addictions les rendent inquiétantes et imprévisibles et cela ajoute au suspense.

On peut les plaindre parfois, les détester souvent, car elles ne sont ni fiables, ni vertueuses et brisent tous les stéréotypes. Elles portent un certain féminisme car elles mettent en question le rôle et la place des femmes dans la société, dans la famille, le travail et le couple.

D’où vient le terme Grit Lit ?

Tout d’abord, il vient du polar. Ensuite, il est la contraction des mots anglais grip « accrocher » et lit pour « littérature ». Ils sont des « page turner », car une fois que vous les avez commencés, vous ne les lâchez plus.

Le premier du genre peut-être ou du moins celui qui s’en rapproche le plus est « Les apparences » (Gone girl) de Gillian Flynn, sorti en octobre 2013 chez Livre de Poche.

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Mais c’est Paula Hawkins qui est considérée comme la maîtresse du genre , son livre, « La fille du train », a été vendu à 20 millions d’exemplaires, dont 1 000 005 en France (source France Inter, le 09/07/2018), publié en France par Sonatine et adapté au cinéma.

Rachel, au chômage, prend le train tous les matins pour Londres, afin de cacher qu’elle est au chômage, et observe l’endroit où elle vivait avec son ex-mari quand elle aperçoit son ex-voisin embrasser sa maîtresse qui disparaît quelques jours plus tard. Mais comment le dire et qui la croirait ? Elle boit trop, possède une mémoire vacillante et son Résultat de recherche d'images pour "la fille du train livre"comportement est plutôt inquiétant. Le lecteur non plus ne sait plus qui croire, et il se trouve en proie aux sentiments les plus divers.

Les écrivains s’y mettent aussi, et A.J. Finn (jusque-là éditeur) remporte un succès considérable avec « La femme à la fenêtre ». Il met en scène une ancienne pédopsychiatre qui a tout perdu, son mari, son enfant et son travail et qui se noie dans l’alcool.

Elle sort rarement, utilise essentiellement internet et passe son temps à épier ses voisins. Jusqu’au jour où …

Le piège risque finalement se refermer sur ces inquiétantes anti-héroïnes qui risquent devenir les prototypes d’une littérature commerciale et stéréotypée. Sur certains sites, on avertit que les éditions Harlequin sont déjà sur le coup.

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La grit lit comme la chick lit risque être victimes de son succès, et n’être au fond qu’une mode passagère …

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