J’aimerais, mais à chaque fois avec l’autorisation de leurs auteurs et autrices, partagez mes poèmes préférés, lus sur le net.

J’aimerais, mais à chaque fois avec l’autorisation de leurs auteurs et autrices, partagez mes poèmes préférés, lus sur le net.

Pour cette fête de la poésie, je me permets, avec l’autorisation de Jean de Santec, de partager ce poème qui a fait écho en moi.
Je me tairai pour que tu viennes
Car le silence est ta maison
Je me tairai pour écouter
Le déploiement de ton visage
Je te boirai dans l’eau d’été
et tu seras mon paysage.
*****
Apparence magnifique d´oubli.
Rien de plus étranger qu’un matin.
Retrouve le sentier de la nuit à ta main.
La part de moi que tu me rends
est un pays que je connais plus.
L´étrangeté du monde me revient.
******
J´erre dans la beauté
sans en voir les chemins.
Décalage entre voir et savoir
A cause d´ombre et de lumière.
Le monde étale devant moi
Ce que je fus, ce que je suis,
Demain.
Trois autrices de théâtre vont présenter des lectures d’extraits de leur pièce. Le fil rouge en est le monde du travail et ses dérives. En effet, il semble bien fini le monde où il pouvait être facteur d’épanouissement personnel et d’ascension sociale. La culture du résultat, les injonctions paradoxales, les dilemmes intériorisés, ainsi qu’une banalisation de la violence deviennent facteur de déshumanisation et crée un monde pathologique et paradoxal qui génère de profondes souffrances chez les salariés. L’exclusion, le chômage, l’effacement de la frontière nécessaire entre les sphères publiques et privées qui seule peut garantir l’autonomie, deviennent les conséquences inévitables d’un monde où le culte de la performance et la quête effrénée de la rentabilité font des hommes et des femmes des moyens et non des fins.
Noémie Fargier, dans une recrue, évoque l’entrée dans le monde du travail comme une période de transition entre l’adolescence et l’âge adulte, avec la perte des illusions, et le renoncement inévitable à des idéaux qui ne résisteront pas à la brutalité du monde réel.
Catherine Benhamou (Nina et les managers), décrit de manière ironique et grinçante à travers le parcours de Nina, jeune comédienne recrutée pour animer des ateliers imposés au salariés « Sortir de la crise, manager dans la tempête », les méthodes du nouveau management pour inciter des managers à mettre une nouvelle organisation du travail en place et « dégraisser les effectifs ». Le processus de déshumanisation auquel ces méthodes conduisent par le mépris total de l’humain, et la banalisation de la violence, engendre le désespoir et la soumission des managers au culte de la rentabilité et de la performance.
Sarah Pèpe ( Les pavés de l’enfer), pointe, quant à elle, le danger d’une confusion entre la sphère privée et la sphère publique. L’organisation de l’aide ne doit pas être du ressort des initiatives privées, mais de l’action publique. Car l’enfer est pavé de bonnes intentions, tout le monde le sait, et vouloir faire le bonheur d’autrui peut conduire à toutes sortes de dérives. Toutefois, même l’aide organisée par l’Etat, finit inévitablement par culpabiliser la victime de l’exclusion sociale, et instaurer une relation de pouvoir destructrice.

Il faut écouter la magnifique voix de cette poétesse !
Tu vas à la ville
aspirant à une vie meilleure
Dans ta fuite, tu te fuis
Tu vas de rencontre en rencontre
Tu t’inventes un récit qui te ressemble
Tu t’en vas si loin de ta naissance
Ton évasion ne danse plus
Tes musiques ont perdu leur rythme
Tu vacilles vers des lumières
Tel un papillon qui brûle ses ailes
Où es-tu dans ta vie inachevée
Où es-tu que je ne te trouve pas
Où es-tu que je n’oublie pas
Où es-tu dans ton où es-tu
Un soleil rouge t’accueille
Tu es ailleurs
Tu es une fillette effrayée
Tu ne parles pas ta langue
Tu es là où tu te perds
Des au secours s’enfuient
Vers le vent du nord inquiet
Tu pries pour être entendue mais
ton cri reste silencieux
Ton âme retourne vers les tiens
Josephine Bacon

Photos : réutilisation autorisée sans but commercial – wikicommons
Merci à l’équipe de la médiathèque de Poissy, à son directeur, aux participants de cette soirée littéraire, à leur accueil, en cette soirée du 8 mars consacrée à l’écriture des femmes. Merci donc d’avoir fait une place à Litterama, les femmes en littérature.
De belles présentations de livres, qui ont donné l’envie de continuer les découvertes !


« Je parle ta langue pour que tu me comprennes
Quand nous sommes plusieurs à avoir oublié la nôtre
[…]
Nos femmes sont plus fortes que les tiennes
Elles ont cent mille ans de résistance dans les veines… »
2014 – La marche des peuples pour la Terre-Mère
700km, 34 jours de marche le long du fleuve St-Laurent
Initiative citoyenne de protestation contre les projets de pipelines visant à exporter les sables bitumeux albertains

La beauté pour les poétesses innu, est la beauté de la Terre, de la terre souffrante,
« Ma Terre, je la prendrai dans ma main
Je la soignerai avec un pan de ma jupe
Essuierai ses larmes noires
Mes cheveux ses joues creuses
Je la bercerai en ses tremblements
Je ne dors plus
L’endormirai sur mes genoux
et saluerai mes ancêtres de la main
Avec le bégaiement,
L’enfant à naître que je suis… »
Natasha Kanapé Fontaine
Quel est le songe que je dois faire ?
La vision transparente dans ma peine
Le chant mort des oiseaux
Les immeubles crépitent dans la cassure des neiges
Ils ne savent pas attiser une flamme avec leurs ongles
Elle est blême la neige jadis
Elle arborait un visage de ciel de mer
Quel est donc le manifeste que je dois vous écrire ?

Née en 1941 dans la Creuse, prix Femina en 1990 avec « Nous sommes éternels », dont l’oeuvre tente de sonder les relations familiales et le poids de la famille, Pierrette Fleutiot s’en est allée mercredi 27 février 2019 écrire un peu d’éternité.
Destiny, paru en 2016, écrit avec force le combat pour la survie d’une jeune migrante Nigérian.
Elle militait pour l’effacement des barrières, notamment entre les disciplines puisque elle avait créé des ponts entre la science et la littérature en invitant des scientifiques auteurs de fiction à témoigner de leur expérience lors des rencontres « Sciences et littérature ».
Elle écrivait : « Les morts ont forcément le dernier mot, ils ne lâchent jamais prise, ils sont en vous désormais »
Bibliographie :
Cette année les thématiques féministes sont relativement moins présentes au salon du Livre, à l’inverse des années précédentes, ou plutôt reléguées à la scène Young Adult, sous l’angle des agressions et critiques sexistes, notamment à travers le harcèlement et la stigmatisation dont sont victimes des jeunes femmes et la question d’une « culture du viol » et à la scène jeunesse sous l’angle de la déconstruction des stéréotypes de genre dans les personnages de la littérature de jeunesse.

La scène Agora, cependant proposera une réflexion et un débat, autour de la domination masculine, et de la possible réorientation des luttes des femmes de la sphère publique vers la sphère privée. Comme si au fond, l’égalité était chose acquise, juste une parenthèse qu’il conviendrait de fermer et que le front se déplace vers la sphère de l’intime, le couple (sous toutes ses formes ?) et l’éducation des enfants.
D’ailleurs, la question de l’éducation et de la prégnance des stéréotypes de genre, la question de leur déconstruction et de leur analyse seront surtout évoquées sur les scènes jeunesses, à travers la déconstruction par exemple du personnage de la princesse et l’apparition d’héroïnes dans un genre où elles étaient relativement absentes, à savoir le polar.

La scène européenne invite de nombreuses autrices, Gabriela Adameşteanu (Non Lieu), Ioana Pârvulescu (Seuil) et Adriana Babeţi pour la Roumanie, Hélène Tyrtoff (Editions Phi) pour le Luxembourg, Katarina Marinčič (Literae Slovenica editions), Agata Tomažič pour la Slovénie, Kallia Papadaki (Cambourakis) pour la Grèce, sabelle Wéry, romancière (Belgique, ONLIT), Géraldine Schwarz, journaliste et écrivaine franco allemande (Lauréate du Prix Européen 2018, Flammarion),Sasha Marianna Salzmann (Grasset), allemande, Grazyna Plebanek, polonaise (Editions Emmanuelle Colas), Gabriella Zalapi(Royaume-Uni, Suisse, Italie, Zoé), Vanda Miksic (Ollave), croate.
Mais il est à noter que les grands entretiens se font avec des auteurs !
Quelques femmes à l’honneur cependant : Agatha Christie dans le tournoi des mots (des élèves se livrent à des joutes d’écriture et de lecture, MARIE PAVLENKO, romancière jeunesse et fantasy, Clémentine Beauvais (Young adult).
Bref, elles sont bien là, la littérature est le domaine dans lequel la visibilité des femmes a le plus progressé, mais il reste encore une forme de minoration, surtout lorsque les débats sont axés sur des problématiques économiques ou scientifiques, et lorsqu’il s’agit d’inviter un auteur/autrice censé représenter son pays, ou considéré-e comme une figure phare de la littérature mondiale ou européenne.
Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015, pour « son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque » a créé une oeuvre polyphonique, tissée de témoignages, qui se prête magnifiquement à la scène.
Ainsi ces entretiens de femmes soldats de l’Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale ( « La guerre n’a pas un visage de femme » (1983)), puis ceux des soviétiques ayant participé à la guerre Russo-afghane (« Les cercueils de zinc » (1989)), les témoignages des habitants de la région de Tchernobyl ( « La Supplication – Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse » (1997) qui a reçu le prix de la paix Erich Maria Remarque en 2001), et pour finir ces centaines de témoignages dans différentes régions de l’espace post-soviétique (« La Fin de l’homme rouge ou le Temps du désenchantement », 2013).
Mise en voix, en espace, incarnés, interprétés, ces textes ne peuvent que nous toucher et susciter de l’empathie pour les victimes de la barbarie humaine.
Hier soir, Anne Rouzier, talentueuse professeure au Conservatoire de Poissy, a choisi de faire travailler ses élèves sur le texte de la Supplication au Théâtre Blanche de Castille à Poissy. Les jeunes comédiens s’en sont emparé avec beaucoup de justesse et de sensibilité.
« Les écrits de S. Alexievitch avancent sans cesse des termes spécifiques au théâtre : monologue, interview, chœur…et mettent en évidence une forme de fresque historique à un moment donné, comme une succession de différents tableaux qui coexistent au sein d’un univers tragique », écrit-elle dans sa présentation.
« Je m’intéresse aux sensations, aux sentiments des individus qui ont touché à l’inconnu. Au mystère« , écrit-elle pour conclure. Magnifique conclusion d’une magnifique personne.
La série est parfaitement construite, et elle est relativement fidèle au roman. Remarquablement interprétée par Sarah Gadon, dont la retenue et la subtilité dans le jeu donnent toute l’ambiguïté et le charme nécessaires à un tel personnage, son format permet d’en dessiner suffisamment toute la complexité.
Née le 4 avril 1987 à Toronto, elle a notamment joué dans les films A Dangerous Method, Cosmopolis et Maps to the Stars, trois films du réalisateur canadien David Cronenberg qui excelle à mettre en scène la complexité de personnages ambivalents et troubles.
Depuis 2017 / 45min / Titre original : Alias Grace de Sarah Polley, Noreen Halpern,
avec Sarah Gadon, Edward Holcroft, Rebecca Liddiard
Quatre filles d’aujourd’hui qui ont grandi en banlieue, issues de l’immigration, et dont les témoignages, sans manichéisme, raconte l’itinéraire complexe et parfois douloureux. Elles disent le poids des héritages, la place dévolue aux femmes au sein de leurs familles et leur révolte pour vivre autrement.
Comment exister et quel est le prix à payer ? « Perdre des langues, des familles, des pères, « dit Julie Bérès. Un parcours fait de renoncements, d’appartenances perdues et d’identités complexes à redéfinir.
Et la question du foulard : « Cette femme-là est-elle vraiment libre ? »
Une pièce pétrie d’intelligence, d’authenticité et de liberté, qui n’est jamais « là où on l’attend ».
« Une parole qui existe enfin, réjouissante ».
onception et mise en scène Julie Berès ; Avec Lou-Adriana Bouziouane, Charmine Fariborzi, Hatice Ozer et Séphora Pondi ; Texte Julie Berès, Kevin Keiss, avec la participation d’Alice Zeniter ; Dramaturgie Kevin Keiss ; Travail sur le corps Jessica Noita ; Scénographie Marc Lainé et Stephan Zimmerli ; Création sonore David Segalen ; Création lumière Laïs Foulc ; Création vidéo Christian Archambeau ; Costumes Elisabeth Cerqueira ; Remerciements Nicolas Richard, Leslie Six, Karim Belkacem, Marion Stoufflet