
Vous avez certainement suivi la polémique qui a agité les réseaux sociaux, et les pétitions qui ont circulé pour que, enfin, des écrivaines soient au programme du Bac littéraire et qu’une juste place et reconnaissances leur soient dévolus.

Les éditions des femmes- Antoinette Fouque et Delin tentent de réparer l’injustice qui leur est faite et proposent 100 textes d’écrivaines à étudier en classe
» Des écrivaines enfin dans les programmes scolaires !
Alors que le premier texte de littérature mondiale remonte au XXIIIe siècle avant notre ère et est attribué à une poétesse et scribe mésopotamienne, En-Hedu-Ana, ce n’est qu’en 2017 qu’un texte de femme a pour la première fois été inscrit au programme du baccalauréat littéraire. Et les femmes restent à ce jour encore largement exclues des programmes et des manuels scolaires dans toutes les disciplines.
Les éditions des femmes-Antoinette Fouque ont souhaité, avec le Salon des Dames, les faire entrer de plain pied dans la culture commune à travers l’éducation, permettant ainsi aux élèves d’avoir accès à d’autres visions du monde, à un plus large abord de la création humaine.
Des femmes en littérature est né de ce désir et de l’accueil enthousiaste de Belin Éducation, par ailleurs partenaire historique du Dictionnaire universel des créatrices initié par Antoinette Fouque.
Cette anthologie de cent textes à étudier en classe offre, conformément aux programmes officiels du collège, un panorama complet des grandes œuvres littéraires écrites par des femmes du Moyen Âge à nos jours. Elle propose des rencontres passionnantes avec les œuvres et leurs auteures à travers des présentations originales et « des repères culturels » qui rappellent l’état des connaissances sur les sujets abordés. Elle est accompagnée de nombreuses ressources pédagogiques pour enrichir l’étude des textes.
Destinée aux enseignant.e.s, elle ne manquera pas d’intéresser aussi le grand public par son caractère novateur et original, la richesse de son contenu et le plaisir qu’il suscite à la lecture.
Djamila Belhouchat est professeure de lettres modernes./ Céline Bizière est fondatrice du Salon des dames./Michèle Idels et Christine Villeneuve
Membres de l’équipe responsable du Dictionnaire universel des créatrices et co-directrices des Éditions des femmes – Antoinette Fouque. »
On ne peut que se réjouir de l’intérêt de la critique et d’une certaine partie des lecteurs pour l’histoire de l’écriture des auteures. Cela pourrait bien être la revanche post-mortem de ces femmes dont Rousseau disait dans une lettre écrite à d’Alembert en 1758 : « Les femmes, en général, n’aiment aucun art, ne se connaissent à aucun, et n’ont aucun génie. Elles peuvent réussir aux petits ouvrages qui ne demandent que de la légèreté d’esprit, du goût, de la grâce, quelquefois même de la philosophie et du raisonnement. Elles peuvent acquérir de la science, de l’érudition, des talents et tout ce qui s’acquiert à force de travail. Mais ce feu céleste qui échauffe et embrase l’âme, ce génie qui consume et dévore, cette brûlante éloquence, ces transports sublimes qui portent le ravissement jusqu’au fond des cœurs, manqueront toujours aux écrits des femmes : ils sont tous froids et jolis comme elles. »
Elle ne manque pas de caractère Euphrosine car à douze ans, elle refuse tout net de se marier! Elle a déjà le goût d’une vie indépendante, prend le voile très jeune, et organise une solitude qu’elle aime paticulièrement, à la cathédrale Sainte Sagesse où elle obtient l’autorisation de résider. Elle aime l’écriture, copie des manuscrits, et la vente des livres lui permet de gagner sa vie et de distribuer aussi des aumônes.
« Je suis devenue écrivain à cause de ces événements. Parce que quand je suis rentrée au Portugal à l’âge de onze ans, la réalité était tellement insupportable que j’ai été obligée de m’inventer des histoires pour que le quotidien soit supportable justement. Mais je ne savais pas vraiment comment raconter cette histoire parce que je ne voulais pas me contenter d’exhiber la souffrance de ces gens. Donc il m’a fallu une trentaine d’année pour que j’arrive à définir une proposition de réflexion pour écrire ce roman. Je ne voulais pas de règlement de comptes, je ne pensais pas qu’il y avait les bons d’un côté et les méchants de l’autre, je pense que nous étions noirs et blancs, bons et méchants en même temps, ce que j’ai compris c’est que ce roman devait être une radiographie de la perte. Et le roman est organisé comme si c’était l’histoire d’un deuil, avec toutes les phases que la psychologie décrit comme étant celles du deuil, étant entendu qu’à la fin c’est le renouveau, un recommencement, ce roman évoque la fin d’un cycle, en l’occurrence la fin de l’empire portugais, comme en ce moment on se trouve à la fin d’un cycle, la fin du rêve européen, mais cela ne signifie pas que la fin d’un cycle soit tragique. Il dépend de nous de faire en sorte que ce recommencement soit meilleur, c’est pour cette raison que le personnage est un adolescent, afin que ça corresponde à une nouvelle étape dans sa vie, car lui aussi doit redéfinir son futur, son avenir, et ça coïncide avec ce qui se passait dans le pays lui-même. Cette histoire est racontée à la première personne par Rui, et c’était ça pour moi le plus grand défi, au niveau formel, pour écrire ce roman. J’essaye de relever un défi formel à chaque roman, et pour celui-ci c’était l’adolescent qui devait s’exprimer. J’écrivais pendant des semaines et des semaines et quand je m’arrêtais, je relisais et j’avais vraiment l’impression que c’était une femme qui s’exprimait, et qui plus est, une femme âgée. Ca a été très difficile pour moi de restituer la voix de cet adolescent qui s’étonnait de tout, qui avait la rage, qui avait une forme d’ingénuité, qui avait aussi de l’espoir, tous les sentiments de quelqu’un qui a quinze ans alors que moi j’étais près d’avoir cinquante ans. Ça ça a été le plus grand défi pour moi, aussi quand les lecteurs hommes me disent qu’ils se reconnaissent dans ce personnage, c’est le meilleur éloge qu’on puisse me faire. Pour moi écrire, c’est être quelqu’un d’autre, et parvenir à être quelqu’un d’autre, c’est-à-dire un homme, un jeune homme, c’est ce qu’il y a de plus difficile. »




Elles ne sont ni sexy, ni bonnes ménagères, encore moins mères exemplaires. Au contraire, elles sont dépressives, mal dans leur peau, alcooliques, misanthropes ou inadaptées à la vie sociale. Elles sont à la dérive, abandonnées de leurs maris et de leurs enfants, sous l’emprise des médicaments ou de l’alcool. Au fond, de quoi sont-elles capables ? Leurs addictions les rendent inquiétantes et imprévisibles et cela ajoute au suspense.
comportement est plutôt inquiétant. Le lecteur non plus ne sait plus qui croire, et il se trouve en proie aux sentiments les plus divers.



