Archives pour la catégorie Les femmes et la littérature

Cycle Littérature féminine à Saint-Germain-en-laye dans les Yvelines

L’Université libre de Saint-Germain-en-laye , dans les Yvelines, en région parisienne, propose des conférences sur le thème de la littérature féminine. Ont déjà été évoquées Colette, et prochainement  LUNDI 14  mars : Cycle Littérature féminine George Sand et la créativité féminine  par Béatrice DIDIER, Professeur émérite à l’Ecole Normale Supérieure (Ulm)

Université libre de Saint-Germain-en-laye et sa région
(liée par convention à l’Université de Paris Ouest – Nanterre la Défense)
2, rue Henri IV, Espace Paul et André Véra
tél : 01 39 73 42 55

courriel : universite.libre[at]wanadoo[dot]fr

L’Université libre qui entre dans sa vingt-septième année, propose des activités universitaires pour tous, sans condition d’âge ou de diplôme. C’est un lieu d’échanges, un point de rencontre entre le monde universitaire et le grand public, dans une perspective d’enrichissement mutuel.

L’enseignement est dispensé par des professeurs d’Université et des spécialistes reconnus.

Aperçu du programme :

·    12 conférences générales sur des thèmes variés

·    Des cycles d’études de 7 à 8 conférences :
L’actualité de la recherche sur François 1er : le pouvoir et les arts – Littérature féminine – Réforme des territoires, réforme de l’Etat – Matisse – La Chine en défi, enjeux politiques d’un géant – La Terre et son histoire – Les opéras de Mozart.

Paroles de femme : Yannick Lahens

                                                                                                                                                  (photo extraite de la vidéo précédente)

« Je pense que les femmes ne changent pas la littérature, elles ne peuvent pas changer les règles de la littérature mais je crois que les femmes apportent leur vécu, leur situation, quand vraiment elles y mettent le tout d’elles-mêmes. Je crois que ça apporte quelque chose de différent, et je crois qu’aujourd’hui il y a un phénomène qui est en train de se vivre en Haïti, la voix des femmes donne une autre perspective des choses, […] il y a un chemin qui est en train de se tracer… »

Yanick Lahens – Influences et confluences

Paroles de femme : Silvina Ocampo (1903-1993)

Les femmes et l'ecriture 3

« Cette histoire d’écrire fait partie de l’amour… Écrire est un acte d’amour… Parfois j’écris pour une personne amie, qui m’est chère, et qui ressent ce que j’écris.  »

 

La stratégie des romancières anglaises au XVIIIe siècle : contournement et auto-effacement mais aussi affirmation de soi

Étude passionnante à lire sur la toile,  de Aleksandra KOWALSKA /Université Charles de Gaulle – Lille 3

vignette femme qui écrit« L’écriture des femmes fut aussi influencée par leur
situation dans la société et par leur vision d’elles-mêmes en tant
qu’écrivains dont la tâche était difficile en raison des contraintes idéologiques. En premier lieu, la société patriarcale attachait une grande importance à la bienséance des femmes. On faisait l’amalgame entre leur vie et leurs romans(des écrits scandaleux pouvaient être un motif d’accusation de conduite non vertueuse dans la vie, et l’inverse – une vie sexuelle libre risquait de faire cataloguer l’œuvre littéraire comme immorale). De plus, la bonne réputation d’une femme auteur dépendait principalement de la pudeur et non de la valeur artistique de ses écrits. »
Fanny Burney (1752-1840)  Mary Wollstonecraft (1759-1797)

Paroles de femmes : Jeanette Winterson

Photo éditeur

« Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’il existe deux types d’écriture ; celle que l’on écrit et celle qui nous écrit. Celle qui nous écrit est dangereuse. Nous allons là où nous ne voulons pas aller. Nous regardons où nous ne voulons pas regarder. »P68

« Quand j’ai connu le succès, plus tard, et qu’on m’accusait d’arrogance, j’aurais voulu traîner à Accrington tous ces journalistes qui n’y comprenaient rien, et leur montrer que pour une femme, une femme de la classe ouvrière, vouloir être écrivain, un bon écrivain, et croire que l’on avait assez de talent pour cela, ce n’était pas de l’arrogance ; c’était de la politique. »

in « Pourquoi être heureux quand on peut être normal »Points/Editions de l’Olivier

 Jeanette Winterson est née à Manchester en 1959. Icône féministe, elle est l’auteur de nombreux romans irrévérencieux, dont « Les oranges ne sont pas les seuls fruits « 

 

Paroles de femmes : Eugénie de Keyser

« Le chien fut écrit presque entièrement le soir, à la lampe.
La surface de l’eau à des heures diverses (tout entier face au jardin).
Aujourd’hui je n’écris guère que le matin.
La machine? Vieille! Rien d’autre à en dire.
Il faut avouer qu’elle n’est pas le seul instrument. Il arrive que ce qu’on transporte avec soi ait une vie différente de la chose ou du personnage. La phrase aussi peut surgir d’endroit en endroit, n’importe où, dans le tram, dans une salle de cours, en promenade, pendant que l’on consulte un ouvrage de référence pour tout autre
chose, et c’est le stylo alors qui est le maître de l’«œuvre». »

Paroles de femmes : Wislawa Szymborska

Wislawa

A l’occasion du salon du livre et du mois des auteures polonaises, je remets à l’honneur cet article publié il y a quelques années sur une grande dame des lettres polonaises, prix Nobel de littérature.

Le poète contemporain est un être sceptique et méfiant, même, sinon surtout, à l’égard de lui-même. Il hésite à se déclarer poète, comme s’il en avait honte. À notre époque si tonitruante, il est beaucoup plus facile d’avouer ses défauts, s’ils sont spectaculaires et pittoresques, que ses qualités, plus profondément cachées celles-ci, et auxquelles, en outre, on ne croit guère soi-même…

  • Je ne sais quelles gens, Wisława Szymborska (trad. Piotr Kaminski), éd. Fayard, coll.Poésie, 1997, p. 7

[L]’inspiration n’est pas un privilège exclusif des poètes, ou des artistes en général. Il existe, il a toujours existé, il existera toujours d’autres hommes qu’elle fréquente. Ce sont ceux qui, en toute connaissance de cause, choisissent leur travail, et l’exercent avec amour et imagination. Certains sont médecins, d’autres enseignants ou jardiniers, que sais-je encore.

  • Je ne sais quelles gens, Wisława Szymborska (trad. Piotr Kaminski), éd. Fayard, coll. Poésie, 1997, p. 10-11

Confessions nocturnes de Nina Bouraoui – De l’amour…

Les femmes et la littérature : Sara Stridsberg

« Je ne me vois pas comme une femme écrivain mais comme un écrivain, c’est tout. Qu’est ce que c’est qu’un homme écrivain ? Y-a-t-il une littérature d’homme et une écriture de femme ? Je ne crois pas. Justement, ce que j’aime dans la littérature et l’art en général c’est qu’il est transgressif. L’art n’a pas de frontières. Ni celles du genre, ni celle de la couleur de peau, ni même celle des frontières géographiques. La littérature est un papillon qui n’a pas de sexe. « 
En savoir plus sur site de l’Express

http://lexpress.fr/culture/livre/sara-stridsberg-la-litterature-est-un-papillon-qui-n-a-pas-de-sexe_977961.html

Les femmes et la littérature : Sara Stridsberg

« Une des raisons d’être de ma littérature est de faire naître le paradoxe. La littérature embrasse le monde entier et peut être un asile pour les indésirables et tous les marginaux du monde. »

Sara Stridsberg

alt=Description de l'image Sara Stridsberg.JPG.

Photo wikipédia

Sara Stridsberg (née en 1972 à Solna) est un écrivain et traducteur suédois

Son premier roman, Happy Sally, évoque Sally Bauer, la première scandinave à traverser la Manche à la nage.

En 2007, elle reçoit le grand prix du Conseil nordique pour son deuxième roman Drömfakulteten, une fiction sur Valerie Solanas, l’auteur du SCUM manifesto, que Stridsberg a traduit en suédois.

Paroles de femmes (3) : Médée de Heiner Müller

Tout en moi est à toi instrument tout entière

Pour toi j’ai tué et enfanté

Moi ta chienne ta putain moi

Moi barreau sur l’échelle de ta gloire

Ointe de tes déjections sang de tes ennemis

et voudrais-tu pour commémorer ta victoire

Sur mon pays et mon peuple qui fut ma trahison

de leurs entrailles tresser une couronne

Autour de tes tempes ils sont à toi

Mon bien la vision des massacrés

Les cris des écorchés ma propriété

Depuis que j’ai quitté la Colchide ma patrie

Suivant ta trace sanglante du sang des miens

Pour ma nouvelle patrie la trahison

Aveugle à cette vision sourde aux cris

J’étais jusqu’à ce que tu aies déchiré le filet

Tissé de mon et de ton plaisir

Médée matériau in Germania, Mort à Berlin Heiner Müller, Les éditions de Minuit

paris_comedie_vanloo_Carle Vanloo, Portrait de Mademoiselle Clairon en Médée, sans date (artiste du XVIIIe siècle), musée de la Comédie Française

Paroles de femmes : Herbjørg Wassmo

Herbjørg-Wassmo

« Pourquoi l’as-tu fait ? demande-t-elle.

Assise dans son fauteuil de lecture à côté de la bibliothèque, les mains nouées entre ses  genoux, Virginia Woolf ne répond pas.

Je comprends que tu aies été déprimée par la guerre qui arrivait. Ou un chagrin d’amour ? Mais tu avais du succès. Étais respectée. Avais écrit des livres, des essais et …

Entends-tu les détonations au-dehors? s’enquiert Virginia. Les canons ? Les mitrailleuses? Entends-tu le gène masculin ? Ceux qui demandent la bénédiction de leur dieu pendant qu’ils tuent.

Non, chuchote-t-elle.

Alors, tu as de la chance. Moi, oui. Je marche sur des plages interminables en ramassant des galets. A la fin, mes poches sont pleines. Je vais alors dans les profondeurs. »

In « Ces instants-là »

Etre femmes et écrire… Ces instants-là de Herbjørg Wassmo

Ces instants-là

Ces instants-là de Herbjørg Wassmo Gaïa éditions (2014) – édition originale 2013 traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier

Herbjørg Wassmo est née en 1942, dans le nord de la Norvège. Ses romans et nouvelles sont empreints de l’atmosphère de ces régions septentrionales.
Auteure de sagas flamboyantes telles que la Trilogie de tara, Le livre de Dina et Cent ans, elle a vu son œuvre récompensée de nombreux prix.

Les femmes des romans de Herbjørg Wassmo sont toujours en mouvement. Elles font de terribles efforts pour se libérer du carcan familial, pour briser les tabous imposés par la société et revendiquer leur liberté. Nées dans des contrées rudes, assez inhospitalières, leur caractère est trempé dans l’acier. Si elles peuvent douter parfois, rien ne leur fait peur. Elles sont en marche …

Ce roman a quelque chose d’universel, elle pour la femme, l’homme pour tous les hommes, aucun ne sera vraiment nommé, la fille, le fils pour tous les enfants passés, présent et à venir.
Les brumes du nord, le froid mordant, les jours sombres donnent à ce roman une certaine mélancolie et une atmosphère en demi-teintes au charme puissant.

Elle porte déjà un terrible fardeau et le poids de la culpabilité. Elle pourrait se laisser terrasser mais décide d’avancer coûte que coûte. Elle prend appui sur « ces femmes courageuses qui ont travaillé dur et véritablement risqué quelque chose. Lutté pour le droit de vote et l’égalité des salaires. Se sont érigées contre les généraux et les bastions masculins. »
Elle lit Simone de Beauvoir (On écrit à partir de ce qu’on s’est fait être), mais aussi les auteures scandinaves Edith Södergran, Karin Boye, Tove Ditlevsen, Inger Hagerup et Magli Elster. Et met ses pas dans les leurs.

   Être femme et écrire… Être en charge du foyer et de l’éducation des enfants, soumise aux attentes et aux désirs de l’homme et pourtant vouloir écrire. « Les romans requièrent des nuits longues », des nuits à écrire, car quand et comment écrire quand autant de tâches vous accaparent ?
Être femme et écrire, c’est toujours sacrifier quelque chose, c’est pourquoi les femmes entretiennent un rapport singulier à la littérature qui devient leur combat.

Être femme et écrire devient un credo, un espoir, un long chemin vers la liberté…

A Nadael, Les mots de la fin, qui a attiré mon attention sur ce livre

Paroles de femmes : Colette

Colette

« Renaître n’a jamais été

au-dessus de mes forces. »

 Cité par Julia Kristeva , émission de France Culture

Paroles de femmes : Virginie Despentes

« Non, on ne décrit pas un auteur homme comme on le fait pour une femme. Personne n’a éprouvé le besoin d’écrire que Houellebecq était beau. S’il avait été une femme, et qu’autant d’hommes aient aimé ses livres, ils auraient écrit qu’il était beau. »

King Kong théorie