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Festival Paris en toute lettres 7-18 novembre 2019/ «MOTS ÉCRITS, ARCHIVES DE FEMMES, HISTOIRE DES FEMMES : LES AUTRICES» mardi 12 novembre 20 H

 

 

 

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mardi 12 novembre 20 H

«MOTS ÉCRITS, ARCHIVES DE FEMMES,
HISTOIRE DES FEMMES : LES AUTRICES»
Par Sophie Bourel & des lecteurs et lectrices amateurs
« «Mots Écrits» est une création artistique, intellectuelle et citoyenne, pour
résister à l’invisibilité dans laquelle l’histoire, la vie, les réalisations des femmes
sont maintenues. La mise en espace de la lecture d’archives concernant les
femmes autrices, dans le cadre de cette première édition de Mots Écrits,
permet de dévoiler une partie des mécanismes qui les a exclues de l’histoire
collective de notre pays. Restaurer cette mémoire, la faire entendre à haute
voix, mettre à jour des parcours et révéler des modèles de femmes est un
préalable incontournable à l’égalité femmes-hommes. Cette restitution, qui fait
suite à un appel à participation auprès de lecteurs et lectrices amateurs,
mettra en valeur notre matrimoine.
Avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles
d’Île-de-France- Ministère de la Culture et du Crédit Mutuel. »

Source : maison de la poésie.

Programme

Auteure du mois de septembre : Cristina Di Belgiojoso (1808-1871), écrire pour lutter dans l’Italie du XIXe siècle…

Il aurait été dommage de ne pas vous parler de Cristina Di Belgiojoso (1808-1871), cette brune à la beauté particulière que vous pouvez contempler sur ce portrait, dont les activités littéraires sont très dépendantes de son activité politique et militante dans l’Italie du XIXe siècle. Ecrire permet de penser et de réformer.

J’ai dû croiser un grand nombre d’informations dont certaines divergeaient légèrement.

Elle a été la première femme à diriger un journal, « la Gazzetta italiana » en 1842. Elle écrira 4 volumes « L’essai sur la formation du dogme catholique » qui prône un catholicisme libéral, écrira dans la Revue des Deux Mondes (1848) à propos des événements auxquels prend part.

Elle publie dans le premier numéro de la revue Nuova Antologia de 1866 son étude Della presente condizione delle donne e del loro avvenire (« des conditions actuelles des femmes et de leur avenir »)[1].

Mais qui est-elle ?

Elle fait partie de la noblesse, née marquise Trivulzio, et épouse en 1824 le prince Emilio de Belgiojoso qui, mari infidèle, lui transmit la syphilis [2]. Il était à la tête d’une société secrète « la Federazione », ennemi irréductible de l’Autriche[3]et fervent patriote. Elle devient une activiste en faveur de l’unité italienne et tente de soulever l’opinion en faveur de la libération de l’Italie grâce à son journal.

En 1831, pour fuir la répression, elle s’exile à Paris, tient un salon où elle fréquente Balzac, Musset, Heine, Liszt ou l’historien François-Auguste Mignet.

Sa personnalité originale et exaltée en fera l’icône du romantisme mais aussi de l’indépendance de la femme.

En 1848, elle participe à l’insurrection milanaise qui sera un échec, fait lever à ses frais une troupe de volontaires, portant un immense drapeau déployé aux couleurs italiennes.[4]

Elle s’exile et entreprend un voyage avec sa fille et quelques autres exilés en Grèce et Asie mineure, et écrira des mémoires d’exil.
A partir de 1856, elle se fixe à Locato près de Milan et entreprend des réformes sociales en faveur des paysans.  La proclamation du royaume d’Italie se réalise le 17 mars 1861 et un an avant sa mort, en 1871, elle assiste à la dernière phase de l’unification de son pays avec l’annexion de Rome.

[1] Ginevra CONTI ODORISIO in Dictionnaire des créatrices.

[2] idem

[3] Dictionnaire des femmes célèbres, Laffont

[4] idem

Vivre-Ecrire – Marina Tsvetaeva

« Il ne s’agit pas du tout de Vivre Et Ecrire, mais de Vivre-Ecrire. Car Ecrire – c’est Vivre. »

Photo en 1917- Source Wikipédia

Cité dans « Je t’aime affreusement  » d’Estelle Gapp

Auteure du mois d’Août : Louise Ackermann (1813-1890)

Louise Ackermann

Louise Ackermann est née Victorine Choquet le 30 novembre 1813 à Paris et décédée le 2 ou 3 août 1890.

Elle a passé une enfance plutôt triste et solitaire dans l’Oise, à la campagne.

Elle résume ces années ainsi : « …une enfance engourdie et triste, une jeunesse qui n’en fut pas une, deux courtes années d’union heureuses, vingt-quatre ans de solitude volontaire. »

Ses relations étaient assez lointaines, son père, voltairien convaincu l’éduqua dans l’Esprit des lumières. Elle fut pensionnaire à Paris et écrivit ses premières poésies, assez pessimistes, très influencée pas Schopenhauer. Elle y évoque l’angoisse existentielle et le refus de tout secours religieux. Elle va tenter de se démarquer de la poésie subjective qu’on attribue généralement aux femmes.

A partir de 1832, ses poèmes sont publiés dans des journaux, dont Les Œuvres (Elan mystique, 1832, Aux femmes, 1835, Renoncement, 1841, de plus en plus désespérés. Elle décrit un monde sans Dieu, et la finitude de l’esprit humain.

Elle fut qualifiée de « Sapho de l’athéisme », de « Pythonisse proudhonienne »

Elle épousa Paul Ackermann, grammairien et pasteur protestant et s’installa avec lui à Berlin jusqu’à sa mort trois ans plus tard. Elle s’initia alors à la philosophie allemande et laissera de côté la poésie.  La critique soulignera la « virilité de [sa] pensée ». Louise Ackermann répondra :

« Quoi ! ce cœur qui bat là, pour être un cœur de femme,

En est-il moins un cœur humain ? »

Elle est toutefois hostile à tout féminisme militant et demeure assez conformiste.

Elle tenta de concilier ses aspirations philosophiques et la création poétique : Contes (1850-1853) , Premières poésies (1863), Poésies philosophiques (1871) dans lesquelles elle tenta une fusion entre poésie et science, Ma vie (1874), Les pensées d’une solitaire (1882). Elle passa la dernière partie de sa vie à Nice.

Des théories évolutionnistes, elle dira qu’elles sont « en parfait accord avec les tendances panthéistes de [son]esprit ».[1]

Elle jouit à son époque d’une reconnaissance incontestable et fut saluée par Barbey d’Aurevilly admiratif de cet « athéisme net, articulé, définitif. », Caro et Léon Bloy.[2]

Aux femmes

S’il arrivait un jour, en quelque lieu sur terre,
Qu’une entre vous vraiment comprît sa tâche austère,
Si, dans le sentier rude avançant lentement,
Cette âme s’arrêtait à quelque dévouement,
Si c’était la Bonté sous les cieux descendue,
Vers tous les malheureux la main toujours tendue,
Si l’époux, si l’enfant à ce cœur ont puisé,
Si l’espoir de plusieurs sur Elle est déposé,
Femmes, enviez-la. Tandis que dans la foule
Votre vie inutile en vains plaisirs s’écoule,
Et que votre cœur flotte, au hasard entraîné,
Elle a sa foi, son but et son labeur donné.
Enviez-la. Qu’il souffre ou combatte, c’est Elle
Que l’homme à son secours incessamment appelle,
Sa joie et son appui, son trésor sous les cieux,
Qu’il pressentait de l’âme et qu’il cherchait des yeux,
La colombe au cou blanc qu’un vent du ciel ramène
Vers cette arche en danger de la famille humaine,
Qui, des saintes hauteurs en ce morne séjour,
Pour branche d’olivier a rapporté l’amour.

Paris, 1835

Louise Ackermann, Premières poésies, 1871

Sources : Dictionnaire des femmes célèbres, Dictionnaire des créatrices, des femmes-Antoinette Fouque, Femmes poètes du XIXe siècle, une anthologie, sous la direction de Christine Planté.

 

[1] Femmes poètes du XIXe siècle, une anthologie, sous la direction de Christine Planté

P 205

[2] Femmes poètes du XIXe siècle, une anthologie, sous la direction de Christine Planté

La bibliothèque sonore des femmes est à Paris

La bibliothèque sonore des femmes est à Paris, une magnifique initiative !

Avatar de Le deuxième texteLe blog de l'association « Le deuxième texte »

LeDeuxiemeTexte-Bibliotheque_sonore_des_femmes-LibrairieL’installation de l’autrice franco-suisse Julie Gilbert, La bibliothèque sonore des femmes, est visible (et écoutable !) gratuitement depuis hier dans l’espace d’exposition et la librairie du Centre culturel suisse à Paris.

Approchez-vous d’un des vingt téléphones, et décrochez le combiné pour écouter ces femmes de lettres des siècles passés vous raconter leur vie et vous parler de leurs écrits… par l’intermédiaire de monologues écrits par des autrices de théâtre contemporaines et interprétées par des actrices.

Et si vous souhaitez explorer davantage l’œuvre de ces femmes, vous pourrez acheter dans la librairie un de leurs ouvrages placés à proximité des téléphones. Ou bien, pour celles dans le domaine public comme Olympe de Gouges, Sophie de Ségur ou Isabelle Eberhardt, télécharger leurs livres numériques librement accessibles en ligne, par exemple sur Wikisource.

LeDeuxiemeTexte-Contes_et_paysages-Isabelle_EberhardtNous avons d’ailleurs consacré notre dernier atelier Wikisource autrices, samedi dernier au siège de…

Voir l’article original 130 mots de plus

La comtesse de Ségur a 220 ans — Le blog du projet « Le deuxième texte »

L’équipe de Gallica nous rappelle sur Twitter aujourd’hui que la comtesse de Ségur est née il y a exactement 220 ans à Saint-Pétersbourg : Le 1er août 1799 naissait à Saint-Pétersbourg Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur : retrouvez son œuvre sur @GallicaBnF, dont plusieurs epub à télécharger.https://t.co/9XTW9iDqqN pic.twitter.com/m5bEkjW5YQ — Gallica BnF (@GallicaBnF) August 1, 2019 […]

via La comtesse de Ségur a 220 ans — Le blog du projet « Le deuxième texte »

Mahsati Ganjavi (1089-1181) – Quatrains

Voici les quatrains (rubaiyat) d’une poétesse contemporaine d’Omar Khayyam, Mahsati Ganjavi (1089-1181), née à Ganja, Azerbaïdjan, offerts par Ulka que je remercie chaleureusement pour cette découverte.

« Depuis la période soviétique, il existe en Azerbaïdjan des rues et des écoles qui portent son nom. À Ganja, sa ville natale qui avait été rebaptisée Elisabethpol sous l’empire tsariste, un monument a été érigé en son honneur en 1980. »Voir ici…

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Hier, j’ai vu un homme sur le chemin:
Avec le bâton qu’il tenait à sa main
Il frappait violemment une pauvre femme.
Les passants admiraient ce beau souverain.
 
Tu ne peux pas me forcer parce que tu es le roi
Tu ne peux pas me garder par la force de la loi
Tu ne peux pas enchaîner une femme chez toi
Une femme dont les tresses sont une chaîne de soie
 
On ne peut faire de nous objet pour le mari
Impossible de nous séquestrer dans une salle de torture.
Un femme, comme une tresse de cheveux, hélas,
Enchaînée, ne peut être détenue dans une cellule si petite.

Lire les Femmes de lettres – Camille Aubaud

Lire les femmes de lettres: Camille Aubaud

« A travers ce parcours chronologique en six chapitres, des origines de la littérature française à nos jours, complété par une anthologie de textes, Camille Aubaud démontre que les femmes de lettres ont eu du mal à échapper « à une imagerie sur les femmes ». Cette imagerie discriminatoire « a à la fois bridé et encouragé » leur écriture : elles se révoltent de siècle en siècle contre les conditions de vie qui leur sont faites, contre les lois et les moeurs qui leur imposent soumission et effacement, mais leurs oeuvres sont immédiatement enfermées dans des stéréotypes, classées au rayon des accessoires féminins, déconsidérées. »

Gasiglia-Laster Danièle. Camille Aubaud, Lire les femmes de lettres. In: Romantisme, 1994, n°85. Pouvoirs, puissances : qu’en pensents les femmes? pp. 110-111; https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1994_num_24_85_6243

 

Histoire du mot « Autrice »

La pièce de Sarah Pèpe est un tel succès que je n’ai pu trouver de billets ! Mais j’en suis véritablement heureuse pour elle !

Autrices ?

« Autrice n’est pas un néologisme : le vocable est attesté jusqu’au XVIe siècle et se construit comme actrice. Ce n’est qu’à partir du XVIIe que les femmes ont été exclues d’un certain nombre de professions et reléguées à la cuisine »  Bernard Cerquiglini

 

Profession : autrice, Catel/ Claire Bouilhac – Mme de La Fayette (1634-1693)

Marie Nizet (1859-1922) – La bouche

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Deux recueils de poèmes, un roman consacré aux déboires historiques des roumains, un mariage, un divorce. l’amour secret pour le marin Cecil Axel Veneglia lui inspira un recueil posthume, tout d’audace, de défi à la morale convenue et d’ardeur quasi mystique.

 

Peinture de François Martin-Kavel

 

La bouche

Ni sa pensée, en vol moi par tant de lieues,

Ni le rayon qui court sur son front de lumière,

Ni sa beauté de jeune dieu qui la première

me tenta, ni ses yeux – ces deux caresses bleues ;

 

Ni son cou ni ses bras, ni rien de ce qu’on touche,

Ni rien de ce qu’on voit de lui ne vaut sa bouche

Où l’on meur de plaisir et qui s’acharne à mordre,

 

Sa bouche de fraîcheur, de délices, de flamme,

Fleur de volupté, de luxure et de désordre,

Qui vous vide le cœur et vous boit jusqu’à l’âme…

 

(Pour Axel de Missie)

Elisa Mercoeur (1809-1835) – La feuille flétrie

Native de Nantes, née de père inconnu, à onze ans, elle travaillait pour vivre, à dix-sept ans publiait ses premiers poèmes. Encouragée par Chateaubriand et Lamartine, elle connut le succès qui lui tourna la tête. Malade, elle mourut à vingt-six ans. Elle écrit avec fébrilité, l’âme ferme, la pensée sûre, en état d’urgence.

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La feuille flétrie

Pourquoi tomber déjà, feuille jaune et flétrie ?

J’aimais ton doux aspect dans ce triste vallon.

un printemps, un été furent toute ta vie,

Et tu vas sommeiller sur le pâle gazon.

Pauvre feuille ! il n’est plus, le temps où ta verdure

Ombrageait le rameau dépouillé maintenant.

Si fraîche au mois de mai, faut-il que la froidure

Te laisse à peine encore un incertain moment !

L’hiver, saison des nuits, s’avance et décolore

Ce qui servait d’asile aux habitants des cieux.

Tu meurs ! un vent du soir vient t’embrasser encore,

Mais ces baisers glacés pour toi sont des adieux.

œuvres complètes

Antoinette Deshoulières (1638-1694)) – Jouissance

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Elle tint un salon, fut mêlée à la Fronde, s’occupa de savoir et de plaisir, connut ensuite la maladie et la misère. Ses vers frivoles et ses bergeries ne doivent pas nous faire oublier ses confidences vraies sur la vie intérieure ni l’acuité de sa pensée.

Entre deux draps

Entre deux draps de toile belle et bonne,

Que très souvent on rechange, on savonne,

La jeune Iris, au cœur sincère et haut,

Aux yeux braillant, à l’esprit sans défaut,

Jusqu’à midi volontiers se mitonne.

Je ne combats de goûts contre personne,

Mais franchement sa paresse m’étonne ;

C’est demeurer seule plus qu’il ne faut

Entre deux draps

Quand à rêver ainsi l’on s’abandonne,

Le traître amour rarement le pardonne:

A soupirer on s’exerce bientôt :

Et la vertu soutient un grand assaut,

Quand une fille avec son cœur raisonne

Entre deux draps.

Poétesse

Marie-Catherine-Hortense Desjardins, dite de Villedieu (1640-1683) – Jouissance

Elle est une écrivaine et dramaturge française, issue de la petite noblesse terrienne.

Une femme agitée : comédienne, dramaturge, romancière, inventeur de la nouvelle historique – mais aussi femme galante et intrépide, elle contracta un mariage illégal avec un capitaine, prit le voile quand il mourut, fut chassée du couvent?…avant d’épouser un sien cousin, son premier amour, à Alençon.

Jouissance

Aujourd’hui, dans tes bras, j’ai demeuré pâmée,

Aujourd’hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur

Triomphe impunément de toute ma pudeur

Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.

Ta flamme et ton respect m’ont enfin désarmée ;

Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur

Et je ne connais plus de vertu, ni d’honneur

Puisque j’aime Tirsis et que j’en suis aimée.

O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas

Les plaisirs les plus doux que l’on goûte ici-bas,

Apprenez les transports dont mon âme est ravie !

Une douce langueur m’ôte le sentiment,

Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,

Et c’est dans cette mort que je trouve la vie.

Oeuvres, recueil de poésies, lettres, annales galantes, 1664

Catherine Des Roches (1542-1587) – Sonnets

Contemporaine de Ronsard  et de l’humaniste Estienne Pasquier  qu’avec sa mère,  Madeleine des Roches, elle connaissait bien, Catherine Des Roches était, avec celle-ci, au centre d’un cercle littéraire à Poitiers entre 1570 et 1587 . Grâce à sa mère, qui lui a servi de mentor intellectuel, Catherine Des Roches a plus écrit que cette dernière. Son œuvre la plus connue est son sonnet À ma quenouille où « ayant dedans la main, le fuzeau et la plume », elle dépeint la femme partagée entre ses tâches domestiques et les activités de l’esprit.

Elle refusa de se marier pour pouvoir se consacrer à ses travaux intellectuels. Elle mourut de la peste  le même jour que sa mère.

CatherineDesRoches-CostumesHistoriquesDeLaFrance.jpg

Sonnets

Bouche dont la douceur m’enchante doucement

par la douce faveur d’un honnête sourire,

Bouche qui soupirant un amoureux martyre

Apaisez la douleur de mon cruel tourment !

 

Bouche, de tous mes maux le seul allègement,

Bouche qui respirez un gracieux zéphyr(e) :

Qui les plus éloquents surpassez à bien dire

A l’heure qui vous plaît de parler doctement ;

 

Bouche pleine de lys, de perles et de roses,

Bouche qui retenez toutes grâces encloses,

Bouche qui recelez tant de petits amours,

 

Par vos perfections, ô bouche sans pareille,

Je me perds de douceur, de crainte et de merveille

dans vos ris, vos soupirs et vos sages discours.

 

(« Sonnets », Les Oeuvres de mesdames des Roches, 1579)

 

Portrait par Par Camus , Domaine public