Jeu concours autour de « Mourir est un art comme tout le reste » de Oriane Jeancourt Galignani

Sylvia-Plath

Litterama (Les femmes en littérature)  et les éditions Albin Michel vous propose de gagner un exemplaire du livre « Mourir est un art comme tout le reste » de Oriane Jeancourt Galignani.

Pour cela il suffit de répondre à quelques questions et d’adresser les réponses à litterama-jeuconcours@laposte.net.

Et c’est Kathel qui a gagné ! Bravo !

Ne répondez surtout pas en commentaire.

1) Quelle était la nationalité de Sylvia Plath ?

2) Quel était le nom et le prénom de son mari ?

3) Quel prix s’est-elle vu attribuer à titre posthume ?

4) De quel poème est tiré le titre du livre « Mourir est un art comme tout le reste »?

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Interview d’Oriane Jeancourt Calignani

Mourir est un art, comme tout le reste – Oriane Jeancourt Galignani / Le secret de Sylvia Plath

Mourir est un art comme tout le reste

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« Mourir

est un art comme tout le reste.

Je m’y révèle exceptionnellement douée.

On dirait l’enfer tellement.

On jurerait que c’est vrai.

On pourrait croire que j’ai la vocation. »

(extrait de Dame Lazare) Ariel poèmes 1960-1962

Oriane Joncourt Galignani , dans ce roman d’une vie imaginaire, retrace la dernière année de la vie de Sylvia Plath avant sa mort. Elle évoque avec talent l’univers mental de l’écrivain, et son écriture fait surgir avec brio la femme, la mère et la créatrice aux proies avec une réalité qui la submerge et qu’elle ne maîtrise plus.

            Ce n’est pas une dépression de plus qu’elle relate ici mais l’origine d’un basculement dans un récit parsemé de flèches brûlantes et glacées que sont les vers de Sylvia Plath.

            « J’ai neuf vies comme les chats » , écrit celle qui se donnera la mort dans son appartement de Londres. Neuf vies et donc neuf morts, pas une de plus.

Ses derniers moments sont connus mais ils surprennent par leur caractère méthodique et précis : après avoir couché ses enfants, elle a déposé des tartines de pain beurré et des tasses de lait près des lits de ses enfants, a ouvert en grand la fenêtre, a calfeutré la porte de leur chambre avec des serviettes et du ruban adhésif. Au terme d’une nuit sans sommeil elle a mis fin à ses jours le 11 février février 1963, à l’âge de trente ans.

Elle devint l’égérie emblématique des féministes américaines, le symbole de l’auteure sacrifiée à l’ego d’un jeune mari poète brillant, Ted Hugues, mais égoïste, car, en effet, « la liberté de Ted Hugues ne se consumera pas à huit heures pour le premier biberon, les années conserveront son génie, l’épanouiront. Il est le grand poète britannique, l’homme que la BBC arrache au Guardian, le jeune patriarche d’une famille moderne – dont la délicatesse est allée jusqu’à épouser une femme jolie et intelligente-, il doit consacrer sa vie à son œuvre. »

            Un mari, mais un ogre, avec le quel Sylvia fut dans une grande dépendance affective.

            Oriane Joncourt Galignani brosse un portrait intimiste et bouleversant, d’une grande finesse psychologique, excelle à décrire les mouvements intérieurs de celle dont la mort restera une énigme et une tragédie. La fin prématurée et violente de cette jeune femme, belle, intelligente et talentueuse marquera la mémoire collective, et sera explorée par des générations de femmes à la recherche du sens de leur existence.

            L’entreprise était donc ardue, dégager de ce fatras mythique, une figure singulière. L’auteure a parfaitement réussi ce pari et se présente comme une lauréate possible du Prix pour le Premier Roman de Femme.

             Des quatre en lice, il me reste à lire « La cattiva », il m’est donc difficile d’établir un pronostic mais il y a fort à parier que « Mourir est art, comme tout le reste » sera un concurrent sérieux.

Oriane jeancourt Galignani est critique littéraire. Franco-allemande, elle a fait une partie de ses études de littérature à Tübingen. Elle travaille depuis six ans pour le magazine Transfuge et en est devenue la rédactrice en chef littérature en 2011. Elle représente le magazine à la télévision dans la Matinale de Canal + et en radio sur RCJ. Elle a dans le passé publié différents articles dans Philosophie Magazine et d’autres pages littérature.

Je remercie Laure Wachter  et Carol.Menville des éditions Albin Michel qui m’ont permis de suivre ce prix et de lire les ouvrages sélectionnés pour leur maison d’édition. Ils font partie de ces éditeurs qui œuvrent à faire connaître et à réhabiliter les grandes figures féminines de la littérature. Un autre de leur roman a été sélectionné pour ce prix que je lirai par la suite  : L’héritier de Roselyne Durand-Ruel.

La lecture d’Anne « Des mots et des notes »

 

Deuxième sélection des ouvrages pour le Prix du Premier Roman de Femme

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  • DEUXIEME SÉLECTION DES OUVRAGES – 2013

    Après une seconde sélection par le jury, les romans encore en lice sont :
    · Le Coursier de Valenciennes, Clélia Anfray, éditions Gallimard
    · Un héros, Félicité Herzog, éditions Grasset
    · Mourir est un art comme tout le reste, Oriane Jeancourt Galignani, éditions Albin Michel
    · La Cattiva, Lise Charles, éditions P.O.L.

Félicité Herzog présente « Un héros »

Un héros – Félicité Herzog

herzogune-648608-jpg_447673Félicité Herzog publie « Un héros » chez Grasset. © Jérôme Bonnet/Grasset

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Félicité Herzog retrace un pan de son histoire familiale à travers deux figures masculines, celle de son père Maurice Herzog, vainqueur de L’Annapurna, et Laurent, son frère dont la psychose fut diagnostiquée tardivement et qui dut livrer un combat terrible contre sa maladie.

En contrepoint, la figure de la mère, femme libérée et peu disponible pour ses enfants, paradoxalement adepte de Françoise Dolto dont la fragilité ne pourra servir de barrage à la folie du frère.

«  La Femme entrait enfin dans l’Histoire. Elle pouvait enfin ouvrir un compte en banque sans l’autorisation de son mari et gagner autant que l’Homme pour son labeur. »

Quel fut véritablement le véritable héros ?

 D’une famille d’éditorialisteset de mémorialistes, Félicité Herzog prend à « contre-plume » la tradition familiale. « J’ai choisi le roman qui dit la vérité » dit-elle, « alors que les mémorialistes réécrivent l’histoire ».

Elle raconte une entrevue avec son oncle qui évoque la biographie de la comtesse Greffulhe, vie d’une parente, écrite par une autre parente. Alors qu’elle s’insurge contre ce modèle de femme et explique qu’elle veut être indépendante financièrement, être libre et ne pas être cette « femme du monde » produit de son milieu, son oncle la raille :

« Mais enfin, pauvre innocente, il est beaucoup plus important d’avoir servi de modèle à un personnage de La recherche ! » (La recherche du temps perdu de Proust)

Car voilà le drame de cette famille, qui à l’abri du mensonge, fabrique la folie ! Félicité Herzog met à jour la mécanique familiale, à travers les mythes familiaux et nationaux, le confinement du lignage (famille noble du côté de la mère descendante de la duchesse d’Uzès) qui pactisa avec la France de Vichy, férocement antisémite.

Un concours de circonstances et une alliance particulièrement pathogène entre deux familles, résultat d’un certain hasard.

Pour une fille, assignée à des rôles bien précis, ce fut l’expérience de la misogynie du père, de sa froideur, de son insensibilité, dévoreur de femmes, dont la sensualité et l’appétit génèrent assez d’ambiguïté pour la mettre mal à l’aise. Un père de « cartes postales », aimé et détesté, terriblement absent, dont l’amour lui manque cruellement. On se console difficilement d’un amour filial sans retour car il introduit un doute terrifiant : « Si je ne suis pas aimée c’est que je ne suis pas aimable. ». On ne se délivre jamais du père comme on ne se remet jamais totalement de son abandon. Premier homme, premier miroir qui donne à une fille assez d’assurance pour risquer l’amour d’un autre.

Dans ce roman, on sent la colère de Félicité Herzog, et cette terrible souffrance, ce manque abyssal du père.

Celui dont la stature de surhomme au lendemain de la guerre, a des relents de posture fasciste et dont il souffrit certainement, « retranché de son humanité », se sentant comme « Elephant man ». Son frère fut l’héritier de cette monstruosité, tenu à son tour de perpétuer le mythe, s’épuisant dans un travail que commandaient des ambitions démesurées.

Ce roman-biographie a eu un grand retentissement dans les médias à cause de la personnalité et de la notoriété du père , Maurice Herzog qui a occulté selon moi ce qui en fait l’extrême richesse : la description minutieuse d’un sentiment d’abandon, d’une solitude absolue dans l’enfance que l’auteure tenta tour à tour d’endiguer dans le travail, le sport et une vie personnelle passablement déréglée. Cette petite Félicité m’a énormément touchée, j’ai pu lire toute la gamme de ses émotions.

Le seul bémol que je mettrais est cette écriture dont l’élégance est parfois maladroite parce qu’elle relève d’une extrême maîtrise. J’aurais aimé que la colère soit moins froide.

Je remercie les éditions Grasset pour l’envoi de ce livre dans le cadre

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Jeanine Baude /Dans la démesure des torrents

dis-moi les jours faciles
ceux qui viennent de loin
soustraire les plis de la mémoire
à la mesure d’un pain chaud

la table servie, le poème en creux
dans cette soif, dans cette faim
le rythme quotidien, le pas sur la page
Il suffit d’aller et nous le savons bien
annexées à la mort, annexées à la terre

Dis-moi le livre, le chant, les radeaux
qui remontent le fleuve
les ombelles, les alcôves
la course folle vers l’estuaire
la course folle vers l’incendie

Si l’étoile devint l’étoile
dans le fracas dans l’ombre
du commencement

Dis-moi le sel son acidité
son érosion et l’implosion es rocs
là où se trame la vie
là où se trame la mort
sur la durée ses labours
son écorce

Dis-moi le redoublement des racines
la femme qui s’avance sans amarres
et sans peur debout dans la distance
celle qui écrit au revers des courants

celle qui pense sous la cognée
à l’arbre qui perdure
aux forteresses aux clôtures
pour mieux les cisailler

d’un poème tranchant
comme l’or au soir des certitudes
quand l’âme se délivre
de sa robe charnelle

et que liens se délient
comme fleurs sous l’orage

Le grain serré des morts
a tissé notre chair

Les femmes enlacées dans les flammes
ont crié
contre les rochers du soir
les douves du matin

la sueur perlée, l’aube drue
le bas du ventre

et gluantes, cernées de toute part
ont célébré

le centre blanc

si solstice il y a
quand bascule l’été

son cri de tourterelle

Extraits de Fleuve premier inédits

Poète et critique, née le 18 octobre 1946 à Eyguières dans les Bouches du Rhône. D.E.A de Lettres Modernes (Aix-en-Provence U1). D.R.H. dans une entreprise privée pendant plus de vingt années. Actuellement vit et travaille à Paris. Originaire des Alpilles, elle a suivi la route des rocs d’est en ouest et revient depuis Saint-Rémy de Provence et Cassis, des Hautes-Tatras à la Pointe de Pern, d’Ouessant à New York sur le lieu de houle intime : le poème. Elle aime à dire « J’écris avec mon corps, je marche avec mon esprit » ou bien « Je commets le délit d’écriture » ainsi explorer l’indéfinissable champ.

poetisons-MartineMembre du Pen Club International, Secrétaire générale du Pen Club Français.
Présidente des Amis de Louis Guillaume et du Prix du Poème en Prose.

Martine doit être au marché de la poésie mais comme tous les dimanches

(Source : printemps des poètes)

Le coursier de valenciennes – Clélia Anfray / Une auteure est née !

Le coursier de valenciennes

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Je ne sais comment j’ai lu ce livre… Amoureusement si je puis dire, lovée autour de la belle écriture de Clélia Anfray, suspendue au rythme de sa prose qui est comme un souffle à la fois léger et puissant. « Le coursier de valenciennes » est un de ces livres qui pour moi a été presque une expérience charnelle.

 L’histoire en est simple : Simon Abramovitch doit remettre un paquet d’un de ses camarades de camp à sa famille – un poème et une lettre. Il l’ rencontré au camp de Klein Mangersdorf où tous deux étaient détenus et Simon seul en a réchappé. Il rencontre deux femmes dont « le beau regard de ciel flamand » va faire basculer son existence.

 L’écriture de Clélia Anfray a ce talent singulier d’épouser les contours de cet homme – Simon- de marcher à son pas, à la fois lourd mais assuré. On se métamorphose, on devient cet homme brisé par la guerre mais qui n’a pas oublié tout espoir, on sent dans son corps l’écriture de l’attente et cette faim intérieure prête à tout dévorer. L’auteure sait rendre compte de « ces affaires de perception », son écriture est comme la parole Mme de Viéville pour Simon :

« […]Valenciennes, sous l’effet de la parole de Mme Viéville, avait repris des couleurs. »

Le monde prend une autre épaisseur que seuls les mots ont le pouvoir de lui donner, « Son austérité grise s’était dissipée d’un coup, d’un seul, comme par magie pour ainsi dire. »

 L’écriture a aussi ce battement de fièvre, cette légère crispation due à la douleur des personnages :

« Renée s’arrêtait parfois pour regarder la paume de sa main droite qu’elle compressait de son pouce gauche pour apaiser une vive douleur. »

 « Le style c’est l’homme », a dit Buffon. Clélia Anfray aurait pu me raconter n’importe quoi, je l’aurais suivie. La forme de sa phrase, son rythme, son épaisseur, sa douceur, ou parfois une certaine sauvagerie retenue, est la forme de sa pensée. Une forme de pulsation qui est la vie même, le sang dans nos veines, le chaos des émotions, les douleurs infimes et qui donnent une vie incandescente à ses personnages. 

 Une auteure est née…

L’auteure s’est inspirée de l’histoire de Pierre Créange qui est mort dans ces conditions, qui a réussi à écrire dans les camps et dont les poèmes ont été rapportés par la suite par un codétenu.

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Gérard d’Houville (1875-1963)

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Marie de Heredia, née à Paris le 20 décembre 1875 et morte à Paris le 6 février 1963, qui signait Gérard d’Houville, est une romancière et une poétesse française, fille de José-María de Heredia.

Elle a fréquenté les poètes et artistes les plus célèbres du temps : Leconte de Lisle, Anna de Noailles, Paul Valéry…  Elle défraya la chronique par une vie sentimentale assez peu conventionnelle: épouse d’Henri de Régnier, elle fut la maîtresse de Pierre Louÿs dont elle eut un fils. Femme libre, elle ne se priva pas d’autres amants, dont le poète Gabriele d’Annunzio.

Son pseudonyme vient de « Girard d’Ouville », un gentilhomme normand de ses ancêtres. Sous ce nom de plume elle reçut en 1918 le 1er prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

Itinéraire d’une blogueuse n°9

John Mantha

          Lorsque nous, lecteurs, rendons nos opinions publiques, ce que nous exprimons n’est pas la qualité littéraire ou intrinsèque d’une œuvre mais le chemin qu’une œuvre fait en nous, la façon dont elle parcourt nos veines, les frissons qu’elle provoque, tout ce concert d’émotions ou de sensations qui naissent de cette rencontre avec les mots d’un autre.

          La lecture n’est pas qu’une activité cérébrale, c’est aussi une expérience sensuelle. De là les positions alanguies des lectrices dans les tableaux des peintres, de là ce trouble aussi qui naît dans le regard du spectateur.

          Quand une histoire nous prend, tous nos sens sont éveil, et nous connaissons alors une forme d’attente qui est pure tension de tout notre être. Les mots arrivent parfois par vagues, et se retirent en nous laissant exsangues. Ce ne sont pas forcément les meilleurs livres qui produisent cela, non, mais l’acte de lecture lui même, le rythme du récit ou notre propre capacité d’enchantement.

       L’écriture est charnelle, en elle se fondent les pensées, les émotions, les souffrances de celui qui écrit. Toutes choses qui transitent ou naissent dans le corps. Il faudrait pouvoir abandonner définitivement cette dualité judéo-chrétienne dans laquelle nous sommes éduqués. Alors, lecteurs, nous pourrions vivre  le texte de manière radicale.

Prix du Livre Inter 2013 – Alice Zeniter – Sombre dimanche

Alice zeniter

Alice Zeniter a obtenu le 39è Prix du Livre Inter pour son roman Sombre Dimanche. Un prix conquis de haute lutte après 6 heures de débats et 5 tours de scrutin
Née en 1986, Alice Zeniter est normalienne, doctorante en études théâtrales et chargée d’enseignement à Paris III. Elle a publié son premier roman, Deux moins un égal zéro (éditions du petit véhicule), à 16 ans. (communiqué France Inter)

«Bérénice 34-44», d’Isabelle Stibbe

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«Bérénice 34-44», d’Isabelle Stibbe, Serge Safran Éditeur, 316 p., 2012

Isabelle Stibbe, née à Paris en 1974, a été responsable des publications de la Comédie-française, puis du grand Palais. Elle est aujourd’hui secrétaire générale de l’Athénée Théâtre Louis-Jouvet. Bérénice 34-44 est son premier roman.

Bérénice, jeune adolescente juive, veut être comédienne envers et contre tous : elle affronte la colère de ses parents, fourreurs juifs d’origine russe, et quitte la maison familiale sous la malédiction de son père. Sa passion du théâtre l’habite toute entière et son plus grand désir est d’intégrer la Comédie Française. Rien ne résiste à la force de sa vocation : arrivée première au conservatoire à l’âge de quinze ans, elle entame une fulgurante ascension sous la tutelle du grand Louis Jouvet. Au cœur du Paris de l’Occupation, Bérénice va jouer son destin.

Bérénice a la force des tragédiennes, elle joue sa vie sur scène et force le destin. Elle veut être la plus grande, quitte à défier le temps et l’Histoire, et sur scène elle est toute puissante. Folie, démesure, orgueil ? L’art peut-il être au-dessus de la vie ? Le destin de l’individu est-il une puissance supérieure qui s’accomplit en dépit des aléas de l’Histoire, ou selon le mot célèbre de Marx , « L’homme fait(-il) l’histoire qui le fait. » ?

Bérénice ne veut pas entendre le bruit des bottes, elle ne veut pas voir le danger ; elle refuse de coudre l’étoile jaune sur ses vêtements ou de déclarer qu’elle est juive. Sa volonté est implacable : rien ni personne ne semble pouvoir la faire plier.

Pourtant, toute démesure (l’hybris) peut entraîner la chute, celui qui la commet  est coupable de vouloir plus que la part qui lui est attribuée, de désirer plus que ce que la juste mesure du destin lui concède.

Bérénice refuse la loi juive, refuse le destin qu’on lui a tracé.

« Tu crois que tu auras des enfants si tu es actrice ? Quel mari normal voudrait épouser une femme qui embrasse d’autres hommes sur scène ? », s’indigne sa mère.

Isabelle Stibbe nous avertit d’emblée : elle ne racontera pas cette histoire à ses enfants, elle ne pourra pas témoigner de ce qu’elle a vécu. Bérénice est une héroïne tragique qui doit sa grandeur à sa lutte contre des forces qui la dépassent et la feront succomber. Le titre annonce la fatalité d’un destin (34-44). Elle devra sacrifier son bonheur individuel à la lutte collective. La tragédie est toujours une histoire dont on connaît la fin. L’héroïne aura-t-elle lutté en vain ?

Si le destin de Bérénice est exemplaire, et s’il nous touche autant, c’est qu’il dit quelque chose de nous tous, et de ce qui nous fait Homme : le refus de plier, de rester à sa place, d’accepter l’inacceptable. Notre part de déraison, si précieuse, qui nous conduit à créer d’autres mondes que ceux qui nous sont donnés, est également celle qui nous donne le courage de suivre nos valeurs au péril parfois de nos vies.

Si folie il y eut , elle fut du côté de ceux qui brisèrent à jamais les destins de millions d’Hommes, sous prétexte qu’ils n’étaient pas ce qu’ils auraient dû être.

« Merci mon Dieu de m’avoir faite femme », s’écriera un jour Bérénice en parodiant la prière juive du matin.

Merci Isabelle Stibbe pour ce très beau roman, qui pour emprunter un thème tant de fois exploité, réussit à en faire un récit d’une grande originalité aux accents de la tragédie, qui nous émeut, nous transporte, et nous rend à la fin un peu plus grand.

Prix Simone Veil 2013.

Je remercie Clarisse et les éditions Serge Safran pour l’envoi de ce livre.

English: The "Comédie-Française" in ...
La Comédie Française à Paris (Photo credit: Wikipedia)

Les femmes, la philosophie et le voyage

       Christine de Suède  DavidNeel Isabella_Bird Isabelle Eberhardt

Christine de Suède   David-neel              Isabella Bird    Isabelle Eberhardt,

vignette Les femmes et la PenséePenser à la manière dont la philosophie nous y engage est toujours un voyage sur deux plans qui se complètent : philosopher c’est opérer une conversion du regard et de la pensée, partir de ces certitudes pour les confronter à l’altérité, à l’ailleurs de soi : il y a toujours un commencement qui est comme un départ. Celui qui philosophe est un migrateur. Tous les philosophes ont conceptualisé ce changement que ce soit le doute que Descartes avait dû expliquer à Christine de Suède qui, élevée à la dure, comme un garçon, féministe avant l’heure, cherchait à gommer toute féminité dans la façon de s’habiller et dans son comportement (on peut dire qu’elle doutait de beaucoup de choses), ou la transmigration des âmes, expliquée ainsi dans la Bhagavad-Gîtâ (II, 22) : « A la façon d’un homme qui a rejeté des vêtements usagés et en prend d’autres, neufs, l’âme incarnée, rejetant son corps, usé, voyage dans d’autres qui sont neufs, le cheminement de l’histoire, » ou l’immobilité de celle qui voyage par la pensée, accompagnée de sa duègne, entravée par des robes longues et inconfortables.

Homère est nouveau ce matin », s’émerveille Péguy, entreprenant le voyage de la lecture du voyage d’Ulysse. Qu’en est-il alors des femmes ? Quel sens a pris ce voyage pour elles ? On sait bien que Pénélope attend Ulysse et qu’elle tisse inlassablement. Elle attend…Pourtant la philosophie pose l’universalité de sa réflexion et n’en a pas écarté les femmes.

Prise dans de multiples obligations, elles ont peu voyagé ; un enfant attaché sur le dos, elles parcourent pourtant de grands espaces en Afrique : elles vont chercher l’eau à la rivière à plusieurs kilomètres, elles se rendent au marché, et leurs regards embrassent les espaces quotidiens. Elles connaissent le temps du voyage et sa fatigue. Comme l’écrivait l’auteur de Tristes Tropiques Claude Lévi-Strauss, tout déplacement dans l’espace est aussi, simultanément, un voyage dans le temps.

Nomades du désert, elles font vivre le foyer sous la tente, accompagnent leurs maris. Quelques siècles plus tard, Isabelle Eberhardt, née à Genève en 1877,  découvre le désert à 20 ans , se convertit à l’islam, pour trouver la mort, à 27 ans, dans la crue d’un oued.

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            Et c’est par le voyage que se diffusa la culture, la science, et les découvertes de tout genre. C’est dans ces échanges, dans ces voyages innombrables surtout au XVIIIe siècle, en rupture avec la barbarie des sanglantes découvertes de l’Amérique, que les savants voyageurs, laissant femme et enfants pour de longs mois, ont fécondé, entre autres, la science et la philosophie tout autant qu’ils ont créé le mythe du « bon sauvage ».On le trouve plus développé chez Montaigne, dans « Les cannibales ». Et la bonne sauvage ? Cet outrage à la pudeur, cachez ce sein que je ne saurais voir.

Mais aussi les sociétés matriarcales et bien plus tard les ouvrages de Margaret Mead. En résumé, son œuvre Mœurs et sexualité en Océanie vise à montrer que les traits de caractère de l’homme et de la femme sont le résultat d’un conditionnement social. « Elle pose une hypothèse qui serait celle de dégager les principes selon lesquels des types de personnalités si différentes ont pu être assignés aux hommes et aux femmes pendant l’histoire : les garçons devront dominer leurs émotions et les femmes pourront les manifester. Puis elle pose la question de savoir si une société est capable de choisir dans la vaste étendue des virtualités humaines un certain nombre de traits, et d’en faire la marque distinctive, soit de l’un des deux sexes, soit de toute la communauté. »source Wikipedia

Margaret mead au travail

Margaret Mead au travail.

Dès 1717, Lady Mary Wortley Montagu visite la Turquie (J’ai son livre sur ma table de nuit « Je ne mens pas autant que les autres voyageurs »),  suivie par quelques autres, qui se rendent en Palestine, en Syrie, en Egypte et jusqu’en Perse. Ces dames se déplacent avec de nombreux bagages et une importante domesticité en bonnes bourgeoises qu’elles sont. Elles observent les Orientales, visitent même un harem. Peut-être ont-elles goûté pour la première fois leur liberté de femmes occidentales.

Lady Mary Wortley Montague

Il y a des voyages qu’on n’accomplit qu’à son corps défendant (des femmes sont enlevées comme esclaves et sont séquestrées dans ces fameux harems): le voyage pour suivre le mari qu’on n’a pas choisi, l’exil ; la déportation.

L’exil dans des terres étrangères pour sauver ses enfants de la folie meurtrières des hommes ou de la famine. Nous devenons étrangers aux autres et à nous-mêmes comme Fadhma Aït Mansour Amrouche qui toujours fut en exil et le premier fut d’être femme.

La sexualité non conforme pouvait mettre en exil une femme dans sa propre culture.

Cette culture prise en otage par des colons français qui avaient voyagé jusque là pour prendre ce qui n’était pas à eux. C’est ainsi toutefois que Fadhma apprit à écrire.

Cet exil intérieur, Mary Barnes l’a raconté dans son Voyage à travers la folie . Elle était infirmière lorsque à 42 ans elle commença à éprouver les premiers symptômes de la  » schizophrénie « . Accompagnée par Joseph Berke (le psychiatre qui l’accompagna tout au long de ce  » voyage  » de cinq années), partisan du mouvement de l’antipsychiatrie ; elle put régresser jusqu’à des stades très primitifs de la vie affective, et à travers cette mort symbolique, renaître à elle-même et guérir. Son cas représente la réussite la plus exemplaire des méthodes préconisées par l’antipsychiatrie, opposée aux techniques médicales chimiques de la psychiatrie traditionnelle.

De ces voyages plus oniriques et plus sages de l’enfance ; c’est bien Alice, une petite fille qui va au pays des merveilles. Elle connaît d’Eve le goût pour les fruits défendus. Comme elle aussi, la chute.

Tout voyage peut présenter des dangers et engendrer des souffrances. Il existe certains voyages dont on ne revient pas. La mort est le plus ultime.

Mais le voyage est celui de l’exploratrice qui brise les tabous, abandonne mari et enfants quand elle choisit tout simplement de ne pas en avoir. L’Anglaise Isabella Bird, malade part, en 1873, serrée dans son corset et entravée par ses robes jusqu’aux chevilles. d’abord en Australie aux Iles Sandwich, qu’elle adora et sur laquelle elle a écrit son deuxième livre . Elle part ensuite aux Etats-Unis car elle a entendu dire que l’air était excellent pour les infirmes. Les femmes perdues peuvent voyager. La maladie elle aussi est un exil. Elle repartira à la fin de sa vie comme missionnaire. Christel Mouchard, dans Aventurières en crinoline (Points/Seuil) raconte les nombreuses aventures de ces femmes qui avaient parfois bien du mal à abandonner leurs préjugés.

 A la question: « Pourquoi voyager? », Ella Maillart, née en 1903 répondait: « Pour trouver ceux qui savent encore vivre en paix. »

 Mais celle qui sut le mieux allier l’expérience du voyage à la philosophie et qui me permettra de clore cet article sur les femmes et le voyage est sans aucun doute la magnifique Alexandra David-Néel, née à Paris en 1868, dont j’avais lu avec passion les aventures lorsque j’étais adolescente. En 1923, elle part à pied, et marche300 kilomètres ? Elle pénètre dans Lhassa, la ville interdite, (Voyage d’une Parisienne à Lhassa (Plon)).  Elle se convertit au bouddhisme.

On peut dire que pour une femme , le premier voyage, fut de se risquer seule sans mari, sans père, sans personne à ses côtés. Le deuxième moment du voyage fut la conquête des idées et de la philosophie et le dernier voyage est sans conteste la conquête de l’égalité. Au fond, femme et voyage sont exactement synonyme.

lundis philo

Ma cousine Phillis – Elizabeth Gaskell

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La cousine Phillis est une assez longue novella publiée pour la première fois en feuilleton dans the Comhill Magazine de novembre 1863 à février 1864, entre deux longs romans, Sylvia’s lovers (1863) , histoire d’amour et de guerre, et un de ses chef-d’œuvre  Femmes et Filles (1865) que la mort de l’auteure laissera inachevé.

 J’ai eu davantage de plaisir à lire cette nouvelle que le précédent livre que j’ai lu d’elle « Cranford ». Le récit est plus dynamique, et le narrateur décrivant ses pensées et sentiments apporte un point de vue personnel qui en dit aussi long sur lui que sur la fameuse cousine.

Ce récit est l’histoire de plusieurs amours, fraternel, filial, conjugal dont chacun éprouve sa nécessité à la défaillance de l’un des deux autres. Ce tissage affectif permet à chacun d’évoluer et de mûrir malgré les souffrances et les épreuves. C’est pour moi un récit sur l’importance de la relation en tant qu’elle n’en exclut aucune autre parce qu’elle est elle-même relative et non-absolue. Enfin, c’est de cette manière que je l’ai lu.

 Le narrateur, Paul Manning a dix-neuf ans, et s’installe dans la ville d’Eltham pour devenir employé aux écritures sous les ordres d’un ingénieur ambitieux et cultivé, Holdsworth,  chargé de superviser la construction d’une petite ligne de chemin de fer. Une vive amitié naît entre les deux hommes malgré la différence de position. Non loin de là, à Hope Farm (on se dit que ce nom n’est pas choisi au hasard !) vivent des cousins éloignés, les Holman. Ceux-ci ont une fille qu’ils chérissent par-dessus tout, Phyllis de deux ans plus jeune que Paul. La famille va vite adopter Paul et celui-ci décide un jour de leur présenter son ami et mentor.

 La cousine Phillis est bien sûr dans la veine du roman sentimental, largement réservé aux femmes qui écrivent mais dont elles renouvellent le genre en y introduisant des critiques et des observations sur la société de l’époque et notamment sur la place des femmes.

L’éducation des jeunes filles malgré des avancées importantes n’est pas toujours très bien vue.

« Vois-tu, continuai-je, elle est si instruite – elle raisonne plutôt comme un homme que comme une femme. » Or la beauté et l’apparence restent les qualités féminines par excellence. Une femme qui raisonne prétend ressembler aux hommes et cela amoindrit leurs capacités de séduction. Symbolique, le déplacement se fait de l’esprit au corps.

            « Une fille instruite, c’est vrai –mais on ne peut plus rien y faire maintenant, et elle est plus à plaindre qu’à blâmer là-dessus, vu qu’elle est la seule enfant d’un homme aussi instruit. »

Malgré  la création de Bedford College à Londres en 1849 par Elizabeth Jesser Reid, il faudra attendre 1870 et 1879 , pour que Cambridge et Oxford s’ouvrent enfin aux femmes ! Pour la grande majorité des femmes l’instruction supérieure n’est possible que si elle est permise par le père qui lui-même est seul détenteur des connaissances. Mais pourtant dès le début du XIXe siècle , les écoles primaires pour filles sont créées de manière systématique en Angleterre. Phillis est la représentante de cette femme nouvelle qui aime apprendre et désire ardemment s’instruire.

La mère est une personne « purement maternelle, dont l’intellect n’avait jamais été cultivé et dont le cœur aimant ne s’intéressait qu’à son mari. ». Elle jalouse les conversations de la fille et du père auxquelles elle ne comprend rien.

 Dans ces propos que tient le père de Paul, on voit que l’éducation des femmes, leur instruction ne peut être qu’un « mal », et que s’il se produit dans cette famille, c’est qu’il est le résultat d’un autre déplacement tout aussi symbolique, du garçon absent « mort en bas-âge », à la fille qui a survécu. La société patriarcale ne peut faire mieux que de déplacer l’axe, l’incliner sans bouleverser pour autant l’ordre social.

 Paul, lui même, alors qu’il ressent de l’attirance pour sa cousine, ose à peine lui parler de peur qu’elle ne s’aperçoive de son ignorance. Il se demande alors si elle est faite pour lui. De même qu’elle est plus grande que lui, et que cela renforce encore le sentiment d’infériorité qu’il éprouve.

 Mais des changements s’annoncent, le chemin de fer parvient dans des endroits de plus en plus reculés, la loi postale permet l’envoi de nombreux courriers et permet donc l’échange des idées. L’industrialisation menace les campagne et produit de grands bouleversements en même temps qu’elle ouvre aux idées nouvelles, à l’économie et à la science.

On voit ici comment ‘Elizabeth Gaskell renouvelle le genre et lui donne des résonances bien plus importantes que celles d’un simple roman sentimental.

Une nouvelle passionnante donc sur ce XIXe siècle fut le siècle du féminisme avec deux mary : Mary Astell et Mary Wollstonecraft.

Billet dans le cadre du mois anglais chez Lou ou Titine. Une occasion de parler pendant un mois de livres, films, voyages ou cuisine anglaise. Et en lecture commune avec Virgule.

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Entretien avec Maram el-Masri / Mureille Szac

Elle va nue la liberté, Maram al-masri

 Maram al-Masri – Elle va nue la liberté – Editions Bruno Doucey

Dans ce recueil, sorte de carnet intime,  Maram al-Masri nous fait entendre la voix blessée d’une femme dont le pays natal souffre terriblement dans la chair des hommes et de des femmes qui luttent pour la liberté. Elle guette chaque jour les vidéos sur Facebook ou YouTube et nous les donnent à re-voir à travers des mots écrits tels des instantanés : « saisir un instant par les mots, mettre en lumière un « détail », faire ainsi« arrêt sur image », c’est une façon d’exprimer le mouvement de lavidéo et de le figer sur le papier, de fixer l’instant et de le mettre en perspective. »

La guerre ravive d’autres blessures dont celle de l’exil,tenace et enfouie :

« Mon corps était ici et mon âme là-bas. J’ai éprouvéde la joie, de la douleur aussi. Et même une sensation de culpabilité de ne pasêtre sur place, bien que je vive en France depuis longtemps ».

Un très beau poème dit ce déracinement :

« Nous, les exilés,/Rôdons autour de nos maisons lointaines/Comme les amoureuses rôdent/Autour des prisons,/Espérant apercevoir l’ombre /De leurs amants. »

De toutes les atrocités de la guerre, la mort des enfants est la plus terrible, « Les enfants de Syrie,/emmaillotés dans leurs linceuls/comme des bonbons enveloppés. »

Mariam crée des images saisissantes, « Tout fuit. /Même les arbres », et on sait l’urgence d’échapper à la mort, aux tirs, aux embuscades.  « Sauf la faim. », ajoute-t-elle plus loin, un peuple dans la guerre ne peut même plus choisir entre deux morts. Mourir pour la liberté ? La faim tue comme les balles.

Ces poèmes sont plein du bruit et de la fureur de la guerre, « le bruit de la peur et du froid ».

 Terrible recensement : 15 mars 2013 : 5 000 femmes dans les prisons syriennes :

 « Que faites-vous, mes sœurs,

Maram al-Masri
Maram al-Masri (Photo credit: Wikipedia)

quand vos seins gonflent

et durcissent de douleur ?

 Quand la souffrance

Déchire

Votre ventre

 Que la tristesse vous inonde

 et que le sang

coulant entre vos jambes

noircit, durcit.

 Que faites-vous de l’odeur ?

 Comment faites-vous, mes sœurs,

Quand vos règles arrivent

Dans les prisons froides

Et obscures

Maram al-Masri
Maram al-Masri (Photo credit: Wikipedia)

Dans les prisons où l’on frappe et l’on torture

Dans les prisons où vous êtes

Entassées

Enchaînées ?

Que faites-vous, mes sœurs,

Lorsque la rage coule dans vos yeux ?

J’ai été prise totalement par l’écriture de Maram al-Masri qui m’a accompagnée plusieurs jours, recueillie avec elle, en pensée avec tous les syriens qui luttent face au cynisme froid d’un pouvoir assassin. Quelle est véritablement le pouvoir des mots et de la
poésie se demande-t-elle ? Il est de tenir les consciences éveillées, de
faire en sorte que les hommes partout savent qu’ils ne sont pas seuls.

Peut-être le silence est-il le pire des assassins.

Maram lit ses poèmes un peu partout, Paris cette semaine, Achères jeudi prochain, dans le 78.

Rendez-vous sur le site des éditions Bruno Doucey pour connaître toutes les dates.

Éditions Bruno Doucey

 Ce recueil est le travail également de l’éditrice Murielle Szac.

Je la remercie pour l’envoi de ce livre et lui renouvelle mon admiration pour son travail et celui de Bruno Doucey.

Et comme tous les dimanches, poetisons-Martine.

Martine, , ce dimanche, nous présente une poétesse, Maria Desmée,  née en Roumanie. Elle s’est établie en France en 1985, et se dédie particulièrement à la création plastique et poétique.