L’équipe de Gallica nous rappelle sur Twitter aujourd’hui que la comtesse de Ségur est née il y a exactement 220 ans à Saint-Pétersbourg : Le 1er août 1799 naissait à Saint-Pétersbourg Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur : retrouvez son œuvre sur @GallicaBnF, dont plusieurs epub à télécharger.https://t.co/9XTW9iDqqN pic.twitter.com/m5bEkjW5YQ — Gallica BnF (@GallicaBnF) August 1, 2019 […]
C’est en lisant l’excellent article consacré à Berthe Morisot par le non moins excellent blog « Plumes, pointes, palettes et partitions » que je me suis souvenue de mon intention de consacrer une partie de l’été à la lecture de biographies de femmes artistes.
J’en avais acheté plusieurs :
Berthe Morisot fut la seule femme du groupe des impressionnistes. Née en 1841, elle peint et expose avec Manet, Degas, Monet, Renoir. Dominique Bona brosse le portrait d’une femme qui inventa sa liberté.
Bien différente est « La femme qui pleure », photographe et peintre surréaliste mais aussi amante de Picasso, Dora Maar est une âme tourmentée. Après sa séparation d’avec le grand maître, elle décide de passer quelques jours à Venise, escapade que retrace Zoé Valdès dans ce livre.
Ce fut elle, sa fille, qui enfanta l’artiste, sauva et publia l’oeuvre de Marina Tsvetaeva, après seize années passées au goulag. « Je t’aime affreusement » est une lettre fictive écrite grâce au talent d’Estelle Gapp, dans laquelle la fille de l’artiste exprime les sentiments qu’elle a éprouvés auprès de cette mère « excentrique et exaltée » qui lui a transmis le meilleur comme le pire.
J’ai découvert Chana Orloff, grâce à la plume de Rebecca Benhamou. « Sculptrice renommée dans le monde entier », lit-on sur la quatrième de couverture, mais où est-elle donc à Paris ? Si vous le savez dites-le moi !
Elle sera l’amie fidèle de Soutine et de Modigliani et épousa un proche d’Apollinaire. Quand la guerre éclate, Chana commence une incroyable épopée pour sauver sa vie.
J’ai trouvé quelques-unes de ses sculptures sur la toile.
Français : Le peintre juif, Chana Orloff (1920) Bronze patiné wikimedia Commons, Musée d’art et d’histoire du judaïsme
C’est également en rédigeant cet article que j’apprends que depuis janvier 2019, son atelier est ouvert de manière permanente, près du parc Montsouris, dans la Villa Seurat.
« Je me sens vraiment ancrée dans cette tradition de la réflexion critique sur le langage. La langue elle-même parle, s’exprime, et elle le fait plutôt bien, allant jusqu’à révéler ses vérités intérieures. C’est pour cette raison que je me laisse volontiers aller aux calembours – aussi bien aux jeux de mots qu’aux blagues un peu plus osées -, que j’assume une part de trivialité, tout en pouvant me risquer, en même temps, au pathos. J’aime vraiment l’art du calembour, car je veux que le langage nous révèle sa vérité contre nos volontés. »
« J’utilise le son de chaque mot comme s’il s’agissait d’une composition musicale. J’essaie aussi de révéler le caractère idéologique du langage, de le contraindre à lui faire sortir ses contre-vérités, et ce avec beaucoup d’humour. »
source : L’Express , interview réalisée par par Baptiste Liger, publiée le , mise à jour le
Nous sommes à la saison des voyages, et je m’envole bientôt vers Vienne…
Stefan Zweig hante nos mémoires, et ses héroïnes sont toujours magnifiquement campées, écrites, décrites : Brûlant secret, Amok, Lettre d’une inconnue et Vingt-quatre heures de la vie d’une femme ont toujours autant de succès aujourd’hui.
On connait moins les romancières autrichiennes, même si Elfride Jelinek a eu le prix Nobel de littérature en 2004.
Elfriede Jelinek, Munich, 9.2004 (Foto: G. Huengsberg), Licence creative commons.
Selon la presse, elle entretient des relations difficiles avec son pays, qu’elle déteste, ou plutôt les partis nationalistes qu’elle exècre. Elle s’élève contre toutes les formes d’exploitation, sociale, par le genre, le sexisme et les stéréotypes qui contraignent les individus. Ses romans sont proches de l’avant-garde, souvent expérimentaux et parfois très difficiles à lire : distorsion du temps, collage, références multiples, populaires ou savantes. Très influencée par l’expressionisme, le dada, le surréalisme, mais aussi les sciences humaines et le structuralisme, son oeuvre est dense et difficile, d’autant plus quand on lit les traductions qui ne rendent pas toujours très fidèlement ses recherches sur la musicalité de la langue. Sa personnalité flamboyante, passionnée, à fleur de peau, en fait une personnalité exceptionnelle et controversée.
Parmi une oeuvre conséquente, citons: La pianiste, Méfions-nous de la nature sauvage.
Graffiti de Jef Aérosol au musée Robert Musil de Klagenfurt.
Ingeborg Bachman (1926-1973) est à tous les égards une grande femme des lettres autrichiennes, et elle tient également une place de choix dans mon panthéon littéraire.
Poéte, nouvelliste, romancière, elle cherche à renouveler le langage afin de pourvoir créer un monde nouveau (voir le groupe 47). Après le traumatisme du nazisme, ce groupe veut rénover la langue, « salie » par les nazis. Les femmes de ce groupe, dont Ilse Aichinger, veulent entreprendre un travail de refondation, de rénovation de la langue, dans un travail de réappropriation, les mots étant ceux qu’ont élaborés les hommes pour parler à leur place, pour ignorer leur monde, et leurs désirs.
Ainsi tente-t-elle d’écrire l’Amour, tel que les femmes le ressentent, avec leurs propres mots. Dans ce sens, Malina, se veut le premier roman d’une tétralogie sur la refondation féminine de la langue. Il sera le dernier, car Ingeborg Bachman qui voulait traduire le tragique de l’existence féminine, aura une fin également tragique, puisqu’elle mourra brûlée vive dans sa chambre d’hôtel à Rome, le
Bien sûr, ses recherches auront bien des développements par la suite, et on songe ici aux recherches de Luce Irigaray sur le féminin de la langue.
Elle est elle aussi une personnalité très attachante que je vous invite à découvrir.
Mais il faudrait aussi citer : Ilse Aichinger, Ruth Aspöck, Vicki Baum, Marie Von Ebner-Eschenbach, Jeannie Ebner, Marianne Fritz, Karin Gayer, Anna Gmeyner, Maja Haderlap ( L’Ange de l’oubli ), Enrica Von Handel-Mazzetti, Marlen Haushofer (traduite chez Actes Sud), Lotte Ingrish,Alma Karlin,Gina Kaus, Edith Kneifl (Un matin à Trieste, ed Fleuve noir),Alma Johanna Koenig, Susanna Kubelka (Madame rentre tard ce soir, Belfond, 1996 ), Eva Menasse (La Dernière Princesse de conte de fées, L’Arche Editeur),Caroline Von Pichier, Ursula Poznanski (Publiée aux Presses de la Cité), Elisabeth Reichart, Gabriele von Sazenhofen, Ossip Schubin, Hilde Spiel (exil à Londres, traduite en anglais), Marlene Steeruwitz.
Marie Von Ebner-Eschenbach Enrica Von Handel-Mazzetti Alma Karlin Gina Kaus
Malika porta la main à son ventre. La douleur disparut pendant un instant, pour revenir encore plus violente. L’enfant qu’elle abritait avait glissé d’elle, tous ses espoirs étaient réduits à néant.
Le néant, le vide… voilà ce qu’elle ressentait, ce matin, en se promenant sur la plage. Ses yeux ne voyaient plus rien, un poids immense pesait sur sa tête, ses épaules. Tout ce que l’enfance évoquait de doux, de tendre, avait fui dans un ailleurs inaccessible. Elle se trouvait nue jusqu’à l’os parcourue d’éclairs vertigineux à la limite de l’insoutenable.
Elle avait repris sa voiture, roula en direction de Cancale, et la gara dans le parking, qui fait face au port. Ses pas la portèrent vers la promenade de la Houle. Elle distinguait les autres promeneurs, les chiens qui couraient en jappant, les enfants qui se poursuivaient en riant. Bien sûr, ils sont en vacances pensa t’elle. Elle alla jusqu’au bout de la jetée, s’accouda à la balustrade derrière le phare, ferma les yeux, les rouvrit. Des vaguelettes venaient clapoter rythmiquement contre la paroi de béton. La mer s’étendait devant elle, calme, sereine.
Granville, le Mont Saint-Michel, Mont-Dol se profilaient au loin, comme des repères familiers. Elle aspira l’air et éprouva un plaisir qui la surprit. Il était chargé de l’odeur âcre du goudron et de celle si spéciale des algues. Il lui sembla que l’eau inondait ses narines, sa tête, son corps. Elle eut l’impression d’être portée, de flotter sur un coussin moelleux. Elle soupira et , détachant ses yeux de al mer qu’elle venait de fixer, reprit la direction du port. Elle regarda quelques vitrines, huma au passage le parfum de brioche qui provenait de la boulangerie, puis décida brusquement d’entrer au « Pied de cheval » et de déguster des huîtres. La jeune fille, souriante, vint prendre la commande, lui proposant des « pieds de cheval » ou des « portugaises ». Elle opta pour ces dernières. Lorsqu’elle revint vers sa table, chargée d’une assiette d’où débordaient des algues, Malika se détendit, sourit, et en contempla le contenu avant de se mettre à manger.
La première huître portée à sa bouche la remplit de joie. D’une joie qui dépassait de beaucoup le simple plaisir gustatif. Elle but le jus frais et une grande vague la frappa au visage, lui fit perdre pied, l’attira dans un fond marin, la comblant d’une félicité primitive, aqueuse et ronde. Elle flottait dans le ventre de sa mère, dans le ventre de la mer. Et du plus profond d’elle même remontait la certitude d’une autre filiation, celle qui la liait à la terre. Elle sut, d’une façon instinctive, que rien n’était irrémédiablement perdu. Que l’embryon qui s’était détaché de son ventre pour rouler vers la mort vivait mystérieusement quelque part dans une goutte d’eau salée, comme celle de la mer. Il lui semblait toucher toutes les vies et les morts, et qu’elles convergeaient vers un point unique que la goutte englobait.
Soudain, elle repensa à un rêve qu’elle avait fait quelques années auparavant : il en ressortait une phrase nette, inexplicable à ce moment là : « Cancale est le dernier bastion de la royauté ». Comme cela était vrai aujourd’hui. La clé du monde trouvée dans la goutte d’eau de la mer la sacrait reine de sa propre vie.
Dora Maar, connue surtout comme la muse de Picasso, fut aussi une photographe de génie et une peintre. Elle était à moitié croate, élevée en Argentine, et née en France, un 22 novembre 1907, rue d’Assas. Elle s’appelait en fait Henriette Théodora Markovitch.
Dora Maar rencontre Picasso à 28 ans, en 1935, présentée par Paul Eluard. Elle est alors l’ égérie de Georges Bataille. Leur liaison, orageuse, durera dix ans.
Il la peint comme une femme torturée, pour toujours elle sera « la femme qui pleure ».
« Un artiste n’est pas aussi libre qu’on pourrait le croire. Cest vrai aussi pour les portraits que j’ai faits de Dora Maar. Pour moi, c’est une femme qui pleure. Pendant des années, je l’ai peinte en formes torturées, non par sadisme ou par plaisir. Je ne faisais que suivre la vision qui s’imposait à moi. C’était la réalité profonde de Dora. Vous voyez, un peintre a des limites, et ce ne sont pas toujours celles qu’on imagine. »1
D’ailleurs, il la domine, de sa manière qu’on qualifierait aujourd’hui de perverse : il l’assure qu’il ne l’aime pas, qu’elle ne l’attire pas.
Mais Dora Maar a été une grande photographe : elle photographie le petit peuple des bas-fonds de l’Angleterre, Barcelone. « Elle immortalise les ouvriers, les gosses des rues ou les musiciens aveugles ». Elle traverse une période marquée par l’influence du surréalisme. Son Rolleiflex à la main, elle fut la contemporaine de Cartier-bresson, Brassaï et Man Ray. Mais elle travaillera aussi pour la publicité, pour preuve ces magnifiques nuques féminines qui servent de présentoir à de savantes arabesques et volutes réalisées au fer à friser. L’effet est saisissant.
Après la séparation d’avec Picasso, elle perd pied et internée à Sainte-Anne. Elle subit une cure, peut-être des électrochocs (mais on en n’est pas sûrs).
« L’enjeu de cette cure, c’est d’encourager chez Dora le penchant religieux. D’en faire une fervente catholique, de la détourner de la sublimation de l’art pour l’orienter vers la sublimation religieuse. »
Quelque temps après cet épisode, elle demeurera recluse dans son appartement jusqu’à sa mort, pendant plusieurs dizaines d’années. Période dont on ne sait rien ou presque.
Dora Maar est redécouverte aujourd’hui, dégagée de l’ombre portée de Picasso, en tant qu’artiste et c’est très bien.
Citation de Picasso in Françoise Gilot et Lake Carlton, Vivre avec Picasso, Paris, Calmann-Lévy, 1965, rééd. 1973 (page 114)
Poppy Adams – Le temps des métamorphoses (The Behaviour of Moths) , traduit de l’anglais par Isabelle Chapman, Belfond 2009, collection 10/18, 382 pages
Poppy Adams – Le temps des métamorphoses (The Behaviour of Moths) , traduit de l’anglais par Isabelle Chapman, Belfond 2009, collection 10/18, 3825 pages
Deux sœurs se retrouvent au soir de leur vie dans la grande maison familiale cinquante ans plus tard. A Bulburrow Court, Virginia Stone vit recluse, et l’arrivée inopinée de sa sœur Vivien après une si longue absence la laisse désemparée. Les souvenirs affluent, et les secrets qu’elle aurait aimé laisser enfouis.
Peu à peu, se dévoilent au cours du récit, de terribles révélations qui les conduiront vers l’issue la plus fatale. L’auteure distille savamment doutes et retournement de situations : Vivien a-t-elle véritablement accompli cette terrible chute du haut de la tour ou quelqu’un l’aurait-elle poussée ? Et la mère qui glisse sur les marches humides de la cave, un simple accident ?
Virginia serait-elle un peu « spéciale » ? Manipulée à son tour par une sœur égocentrique ? Un père qui ne voit rien en dehors de ses obsessions ? Une mère qui sombre …
L’histoire se déroule sur quatre jours du vendredi au mardi. L’auteure plante minutieusement le décor, avec force détails, le lecteur ne s’aventure guère au-delà du manoir, dans un huis-clos étouffant que les critiques ont souvent comparé à l’atmosphère hitchcockienne. Le drame s’annonce dès les premières pages, et les souvenirs s’égrènent comme une litanie qui révèle les vices, les traumatismes enfouis, l’incapacité à prendre en compte les désirs de l’Autre pour ramener tout à ses propres obsessions, qui mènera chacun vers une sorte de folie ou de fureur, étouffées derrière les murs épais de ce manoir victorien d’apparence respectable.
Les mœurs des lépidoptères illustrent parfaitement le déterminisme qui nous rend prisonniers de nos passés, à l’instar de ces insectes dont les actes répondent à des stimuli, programmés par leur instinct, et n’ont pas d’autre alternative. La seule chose qui nous différencie d’eux est notre conscience de ce qui nous arrive.
Le père entomologiste, obsédé par ses insectes lépidoptères au point de tout leur sacrifier, la relation particulière qu’il a entretenu avec Virginia, la mère qui perd pied peu à peu, la violence entre les êtres … Le récit se métamorphose à l’instar d’un lépidoptère, mais au lieu de se transformer en une créature merveilleuse, plonge au contraire dans la noirceur des êtres, et de leur inconscient.
Il faut déplorer quelques longueurs, quelques lenteurs, mais si vous aimez les âmes noires, ce livre est pour vous.
English summary
« From her lookout on the first floor, Ginny watches and waits for her younger sister to return to the crumbling mansion that was once their idyllic childhood home. Vivien has not set foot in the house since she left, forty-seven years ago; Ginny, the reclusive moth expert, has rarely ventured outside it.
But with Vivien’s arrival, dark, unspoken secrets surface. Told in Ginny’s unforgettable voice, this debut novel tells a disquieting story of two sisters and the ties that bind – sometimes a little too tightly. »
Ce livre retrace bien des duos pères-filles, pour le meilleur, comme pour le pire. Talleyrand fut un père idolâtre, mais Trotski, Orson Welles ou Albert Einstein furent plutôt minables, il faut bien l’avouer.
Mon père, premier amour ou première déchirure…
La psychanalyse a beaucoup analysé le complexe d’œdipe, pour délaisser le complexe d’Electre. Il avait tant à dire pourtant …
Que penser de cette lettre de Balzac ?
« Je suis père, voilà un secret que j’avais à te dire, et à la tête d’une gentille personne, la plus naîve créature qui soit, tombée comme une fleur du ciel, qui vient chez moi en cachette, n’exige ni correspondance ni soins et qui dit : « Aime-moi un an, je t’aimerai toute la vie! «
Le 4 juin 1834 à Sartrouville naît Marie-Caroline, fille de Marie du Fresnay, déjà mariée et qui prendra bien soin de cacher sa liaison adultère.
Que penser également d’Ada Lovelace, née en 1815, fille de Lord Byron et d’Annabella Milbanke, dont la vie sera forcément compliquée par les liaisons de son père, jugées scandaleuses à l’époque ? Elle deviendra une grande mathématicienne et élaborera le premier programme informatique. Comme quoi, à être éloignée de la littérature …
Quant à la fille de Molière, Esprit Madeleine Poquelin, née en 1665, elle sera élevée dans un couvent et mariée à un organiste d’église ! On ne pourra pas dire de Molière qu’il eut le talent de transmettre sa passion du théâtre.
Ce livre passionnant fourmille d’anecdotes plus savoureuses les unes que les autres !
De quoi revisiter la relation entre les filles et leurs pères…
Voici les quatrains (rubaiyat) d’une poétesse contemporaine d’Omar Khayyam, Mahsati Ganjavi (1089-1181), née à Ganja, Azerbaïdjan, offerts par Ulka que je remercie chaleureusement pour cette découverte.
« Depuis la période soviétique, il existe en Azerbaïdjan des rues et des écoles qui portent son nom. À Ganja, sa ville natale qui avait été rebaptisée Elisabethpol sous l’empire tsariste, un monument a été érigé en son honneur en 1980. »Voir ici…
Hier, j’ai vu un homme sur le chemin:
Avec le bâton qu’il tenait à sa main
Il frappait violemment une pauvre femme.
Les passants admiraient ce beau souverain.
Tu ne peux pas me forcer parce que tu es le roi
Tu ne peux pas me garder par la force de la loi
Tu ne peux pas enchaîner une femme chez toi
Une femme dont les tresses sont une chaîne de soie
On ne peut faire de nous objet pour le mari
Impossible de nous séquestrer dans une salle de torture.
Un femme, comme une tresse de cheveux, hélas,
Enchaînée, ne peut être détenue dans une cellule si petite.
J’avais prévu de tenir ce blog dix ans. Je n’en suis pas loin ! Mais plus que tout, c’est la lecture et la rencontre des autres blogueurs ou des lecteurs qui ont été, de loin, l’aventure la plus passionnante !
Contre vents et marées, entre absences et investissement passionné, Litterama est toujours là dans le flux de ma vie.
Parfois j’aimerais savoir davantage qui nous sommes les uns et les autres. Un blog est un mélange de biographie secrète et de partages raisonnés, un mélange de distance et de proximité qui en est un des paradoxes.
Le prix de littérature de l’Union Européenne, ouvert aux 37 pays participant au programme «Europe créative» dans les secteurs de la culture et de la création, récompense tous les ans les meilleurs écrivains émergents en Europe. Les critères sont assez exigeants, puisque il faut avoir publié entre deux et quatre œuvres et avoir déjà été nominé.
Il est organisé par un consortium composé de la Fédération des libraires européens (EBF), de la Fédération des associations européennes d’écrivains (FAEE) et de la Fédération des éditeurs européens (FEE).
Les œuvres de femmes sont très bien représentées mais elles sont très peu traduites en français. D’ailleurs, le fait est que les ouvrages primés sont, dans leur ensemble, très peu traduits. Pour un prix qui vise à » promouvoir une diffusion plus large de la littérature européenne; encourager les ventes transnationales de livres; renforcer l’intérêt pour l’édition, la vente et la lecture d’œuvres littéraires étrangères », le résultat est un peu décevant en ce qui concerne les traductions en français. Toutefois, très belle initiative, l’Europe existe, bel et bien, quoi qu’on en dise.
8 romans primés sur les 12 mais une seule traduction sur les 4.
Autriche : Carolina Schutti, Einmal muss ich über weiches Gras gelaufen sein (Un jour, j’ai dû marcher dans l’herbe tendre, Le ver à soie 2018)
Croatie : Luka Bekavac, Viljevo
France : Gaëlle Josse, Le Dernier Gardien d’Ellis Island
Hongrie : Edina Szvoren, Nincs, és ne is legyen
Irlande : Donal Ryan, The Spinning Heart (Le coeur qui tourne, Albin Michel, 2015)
Italie : Lorenzo Amurri, Apnea
Lituanie : Undinė Radzevičiūtė, Žuvys ir drakonai
Norvège : Ida Hegazi Høyer, Unnskyld
Pologne : Magdalena Parys, Magik ( Le Magicien (à paraître en français en 2018)
Portugal : David Machado, Índice Médio de Felicidade (Indice de bonheur moyen, l’Aube,2017)
Slovaquie : Svetlana Zuchova, Obrazy zo života M.
Suède : Sara Stridsberg, Beckomberga – ode till min familj ( Gallimard,Beckomberga – ode à ma famille 2016)
« J’avais commencé il y a dix ans à saisir des presque riens, des petites choses, « Le petit chien de Monsieur Bergeret ne regardait jamais le bleu du ciel incomestible. » C’est une phrase rtrouvée chez Anatole France. le spectacle se jourait sur des tapis roulants, on marchait sur place, on courait dssans avancer. Ce sont des visions, des images. L’éloge de la Folie d’Erasme, Lewis Caroll et Alice… Ce sont des moments de la folie, il y a aussi les gens de Depardon, des portraits d’humanités fragiles, enfermées, contraintes. Ce n’est pas une folie spectaculaire, mais une logique imperturbable. […]
La vérité et la folie ne se trouvent jamais là où on imagine. »
J’ai assisté aujourd’hui à cette très belle pièce, sensible, drôle, poétique et poignante.
Les comédiens sont d’une virtuosité et d’une rare justesse, entre déraison et poésie. Leur jeu est d’une grande précision; ils n’en font jamais trop mais parviennent à nous faire saisir un personnage, une atmosphère. La souffrance est parfois silencieuse, dans la désarticulation des corps, la profondeur d’un regard, l’immobilité et la stupeur, plutôt que dans l’agitation.
La mise en scène est extrêmement bien pensée, rythmée, intégrant la musique, la danse , le chant, mais le tout dans un bel équilibre.
J’ai été subjuguée …
Et c’est du 9 mai au 2 juin, à 21H, le dimanche à 15H30, relâche les lundis.