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A Rome, Tuba, une librairie d’autrices !

Tuba offre anche dei fantastici addii al nubilato. Info su - Foto ...

A Rome, la librairie Tuba offre des rangées de livres d’autrices ! Elle se situe rue Pigneto. Tenue par cinq associées, le lieu se veut un espace de convivialité féministe, engagé aussi dans la défense des droits des personnes qui ne sont pas hétéro-normées. Mais avant tout, librairie !

Gigliola Cinqueti – Si (1974)

Dolores Prato – Brûlures /Eté 2020 des romancières italiennes

Un Livre Que J'ai Lu (19) : Brûlures (Dolorès Prato) - LE JOURNAL ...

Éditeur : ALLIA (31/08/2000), nouvelle traduite par Monique Bacelli

« Cette nouvelle, que tous les critiques ont définie comme « parfaite », condense un univers poétique élaboré au long de toute une vie, et en même temps le dépasse par la description miraculeuse de l’instant du passage, de l’ouverture au monde, avec sa promesse effrayante de bonheur et de liberté. » Note de l’éditeur

En 1902, l’oncle qui l’avait recueillie, n’ayant pas les moyens de la garder, elle entra au collège des sœurs Visitandines, où elle resta huit ans.

Brûlures est l’évocation des brûlures externes et internes qui firent tant souffrir Dolores Prato.

«Je suis venu apporter le feu sur la terre ; que veux-tu d’autre sinon qu’il flambe ? »

Celle d’abord du mystère de ses origines et de sa mère qui l’abandonna, elle, la bâtarde.

« …un point noir, une tache, une zone d’ombre dans laquelle nous étions confondues elle et moi ; peut-être une terrible brûlure »

De ces années au couvent, où les mystères de la vie terrestre sont évoqués comme de possibles brûlures, le péché de chair, où la philosophie du lieu est de « punir son corps et le réduire en esclavage, non pas mourir mais souffrir », l’autrice évoque des moments symboliques, des moments charnières qui la menèrent vers la liberté.

« Pour la première fois je vis, au-delà des toits, un morceau de mer nocturne ! Il y avait de la lumière même dans le noir : une lumière chargée de nuit que je n’aurais jamais pu imaginer si je ne l’avais pas vue. »

De cette liberté qu’elle entrevoit, elle ne perçoit que des fragments, des promesses, durement conquises. Car on ne lui fait aucun cadeau, tout se paie par d’intenses brûlures, on dit de la honte qu’elle est cuisante, qu’elle vous met le feu aux joues, de la même façon que la chair brûle, elle aussi, et vous met le feu au derrière.

« Et, en effet, on évoquait souvent certaines « brûlures » sans plus de précisions, que le « monde » avait l’habitude d’infliger à ceux qui avaient trop de familiarités avec lui. »

Faire des études, fuir le pensionnat, devient le seul espoir… Échapper à la monotonie, à l’enfermement, à la sécurité mortifère d’une vie où l’on ne risque rien, retenue par l’obéissance de la dette, la reconnaissance de la honte.

« Je voyais toutes ces choses nouvelles sans savoir ce qu’elles étaient : un mystère sans peurs, plus grand que l’océan et moi libre, dans cette ampleur vitale. »

Nous ne sommes pas condamnés à brûler, il suffit juste d’apprendre les usages du monde, de la même façon qu’il faut utiliser de manière raisonnée l’eau et le soleil pour ne pas attraper d’insolation et de coups de soleil.

La brûlure est aussi celle du désir et de l’amour, de la vague qui claque contre une cuisse, de la morsure du soleil sous la peau.

La brûlure de la vie en soi.

Vivre tout simplement …

Dolores Prato – France Culture – Un penchant pour le peuple

France Culture – « Un penchant pour le peuple » – Dolorès Prato

Tout le mystère qu’il y a dans le livre est uniquement basé sur la langue, sur les mots qui composent cette langue, et chaque mot va éclore, s’expliquer et se réexpliquer au fur et à mesure du déroulement du ruban narratif. (Laurent Lombard)

Dans cette écriture, il y a la volonté de la dissidence à tout prix. Puisqu’on ne lui a pas offert le douceur de la vie, elle va l’arracher. (Jean-Paul Manganaro)

Elle joue sur le nom primaire des choses qu’elle entend en tant que petite fille, et qu’elle restitue ensuite avec la langue officielle. (…) Une des difficultés de la traduction a été de recréer les écarts entre ces mots et la sonorité des choses qu’elle percevait quand elle était petite fille. (Laurent Lombard)

Mélanie Traversier lit Dolores Prato, Bas la place y’a personne. Banquet du livre

Photo 1 : capture d’écran.

Dolores Prato 1892-1983, « Je suis née sous une petite table »/ L’été 2020 des romancières italiennes

« Je suis née sous une petite table », écrit Dolores Prato dont la naissance illégitime en 1892 à Rome de Maria Prato et d’un avocat de Calabre, marquera à jamais l’existence et aussi les lieux de la mémoire. Abandonnée par ses parents, elle fut recueillie par un oncle et une tante, membres d’une petite noblesse désargentée dans la ville de Treja, dans la région des Marches.

Elevée sans marque d’affection, esseulée et mélancolique, son oncle fut toutefois bienveillant et protecteur. Ce qu’elle ne reconnaîtra que bien plus tard dans son roman autobiographique  » .« Bas la place y’a personne », « Giù la piazza non c’è nessuno »

Elle laissera un récit « Brûlures », en 1967, de ses années de pensionnat pour religieuses au monastère de Santa Chiara puis intégra la faculté du magistère à Rome, en 1918, où elle rédigea sa thèse sur la  correspondance inédite de Prospero Viani et Pietro Fanfani. Une année plus tard, elle obtiendra son diplôme de professeur de littérature italienne. Elle enseigna de 1927 à 1928 en Toscane, et se rapprocha du parti communiste en la personne de Domenico Capocaccia.

Elle dut abandonner l’enseignement, car le régime fasciste en place l’empêcha de se présenter aux examens de titularisation.

En effet, Elle devient institutrice en 1927, sa formation s’appuie sur une pédagogie héritée de Montessori et Freinet, , et elle décourage les jeunes gens d’aller à la guerre pour le fascisme. D’autre part, elle revendique une généalogie juive.

Toutes ces raisons ont dû compter.

«Toujours j’ai vécu dans la lutte, jamais victorieuse, jamais vaincue, toujours résistante.» écrira-t-elle dans son roman autobiographique.

Ses amours sont malheureuses, elle n’aime pas le clergé mais tombe amoureuse de jésuites. ( Laurent Lombard, France Culture)

Elle arriva à Rome en 1930, et se mit à écrire pour la presse communiste (principalement Paese Sera)

En 1948, elle publia « Au pays des cloches » et en 1949 : Calycanthus. Qu’a-t-il à voir, lui ?

Elle entreprit alors « Bas la place y’a personne », « Giù la piazza non c’è nessuno » pendant plus de dix ans, récit autobiographique, dont une version tronquée sera publiée chez Einaudi grâce à Natalia Ginzburg en 1980. La version intégrale sera publiée chez Mondadori (presque 900 pages)

 En 1995 : Le Ore (Les heures), textes relatifs à son adolescence au couvent, et celui inachevé « Paroles » sera publié chez Adelphi et en 2000  Brûlures  chez Allia.

 En 2010, après sa mort, survenue en 1983,  : Sogni (Rêves) chez Quolibet et en 2018,  Verdier chargea son traducteur de la version intégrale de Bas la place y’a personne.

La vie et l’œuvre de Dolores Prato sont significatives de cette génération d’écrivaines, dont l’œuvre fut fortement marquée du sceau de la mémoire, de l’Histoire et de l’émancipation, à côté d’une écriture engagée face au fascisme, de journaliste.

Elle renouvela l’écriture de soi, dans une quête profonde de son identité, et des lieux de sa mémoire.

« Marcher sans halte possible, c’est ça la vie, sans savoir ce qu’il y aura de l’autre côté quand nous tournerons le coin … »

Des critiques élogieuses  ont eu lieu dans la presse française à la sortie de « Bas la place, y’a personne » et elle acquit une certaine renommée dans son pays.

Sources, éditions Verdier, journal Libération, émission France Culture

L’été 2020 des romancières italiennes sur Litterama

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Milena AgusSibilla Aleramo -Isabella Andreini (XVIe siècle) –Silvia Avallone – Cristina Caboni – Paola Capriolo – Luciano Castellina – Fausta Cialente – Antonella Cilento – Marquesa Colombi – Cristina Comencini – Cristina di Belgiojoso – Teresa Cremisi (Keisha)- Grazzia Deledda -Francesca D’Aloja – Luce d’Eramo – Isabelle d’Este – Caterina di Siena – Regina di Luanto – Valentina d’Urbano – Silvia Di Natale – Paola Drigo –

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Grazzia Deledda – wikipedia – Prix Nobel

Elena Ferrante – Silvia Ferreri – Elda Gianelli – Natalia Ginsburg -Amara Grazia –Simonetta Greggio – Ilaria Gremizi (Keisha) – Amalia Guglielminetti – – Fleur Jaeggy – Contessa Lara – Antonella Lattanzi – Lakhous Livi – Rosetta Loy – Liliana Magrini- Paola Masino –Margaret Mazzantini (Philisine) – Dacia Maraini (Le livre d’après) Francesca Melandri – Maria Messina – Rosa Mogliasso – Elsa Morante -Marta Morazzoni – Michela Murgia – Neera – Anna Maria Ortese – Valeria Parrella -Pia Pera – Caterina Percoto – Gilda Piersanti (Le livre d’après) – Rosella Postorino –

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Elsa Morante et ses chats – Wikipedia

Dolores PratoElisabetta Rasy (Le livre d’après) – Lalla Romano – Goliarda Sapienza– Maria Schiavo – Bruno Sperani – Gaspara Stampa – Laura Ulonati –  Maria Rosaria ValentiniRosa Ventrella – Simona Vinci – Serena Vitale – Ornella Vorpi – Silvia Zucca

File:Goliarda Sapienza.jpg - Wikipedia
Goliarda Sapienza Wikipedia

 

Connaissez-vous d’autres romancières italiennes traduites en français ? Je mettrai avec plaisir un lien vers vos blogs si vous les laissez en commentaire.

Ma liste s’est bien étoffée ! Si vous avez lu ces romancières, vous pouvez faire des liens en commentaire !

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Sibilla Aleramo – Caterina Bonvicini – Cristina Caboni – Paola Capriolo – Luciana Castellina – Paola Cereda – Fausta Cialente – Antonella Cilento –  Marquesa Colombi – Cristina Comencini – Cristina di Belgiojoso – Teresa Cremisi (Keisha)- Grazzia Deledda -Francesca D’Aloja – Luce d’Eramo – Isabelle d’Este – Catherine de Sienne – Regina di Luanto – Valentina d’Urbano – Silvia Di Natale – Paola Drigo –
Fichier:Grazia Deledda 1926.jpg — Wikipédia
Grazzia Deledda – wikipedia – Prix Nobel

Elena Ferrante – Silvia Ferreri – Elda Gianelli – Natalia Ginsburg -Amara Grazia –Simonetta Greggio – Ilaria Gremizi (Keisha) – Amalia Guglielminetti – – Fleur Jaeggy – Contessa Lara – Antonella Lattanzi – Lakhous Livi – Rosetta Loy – Liliana Magrini –Margaret Mazzantini (Philisine) – Dacia Maraini (Le livre d’après) Francesca Melandri – Maria Messina – Rosa Mogliasso – Elsa Morante -Marta Morazzoni – Michela Murgia – Neera – Anna Maria Ortese – Valeria Parrella -Pia Pera – Caterina Percoto – Gilda Piersanti (Le livre d’après) – Rosella Postorino –

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Elsa Morante et ses chats – Wikipedia

Dolores PratoElisabetta Rasy (Le livre d’après) – Lalla Romano – Goliarda Sapienza– Maria Schiavo – Bruno Sperani – Gaspara Stampa – Laura Ulonati –  Maria Rosaria ValentiniRosa Ventrella – Simona Vinci – Serena Vitale – Ornella Vorpi – Silvia Zucca

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Goliarda Sapienza Wikipedia

 

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